{"id":5690,"date":"2011-08-22T13:40:01","date_gmt":"2011-08-22T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/08\/22\/zimbabwe-des-femmes-en-quete-de-justice-face-aux-regles-archaiques\/"},"modified":"2011-08-22T13:40:01","modified_gmt":"2011-08-22T13:40:01","slug":"zimbabwe-des-femmes-en-quete-de-justice-face-aux-regles-archaiques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/08\/22\/zimbabwe-des-femmes-en-quete-de-justice-face-aux-regles-archaiques\/","title":{"rendered":"ZIMBABWE: Des femmes en qu\u00eate de justice face aux r\u00e8gles archa\u00efques"},"content":{"rendered":"<p>HARARE, 22 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Les quatre bandits arm\u00e9s qui l\u2019ont collectivement viol\u00e9e auraient pu \u00eatre condamn\u00e9s pour leurs crimes, mais six ans plus tard, la justice du Zimbabwe s&#39;est av\u00e9r\u00e9e \u00eatre un mythe pour Mildred Mapingure.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>&#8220;Aucune prophylaxie post-exposition pour le VIH ne m\u2019a \u00e9t\u00e9 administr\u00e9e et il n&#39;y avait aucune &#39;pilule du lendemain&#39; pour \u00e9viter une grossesse. On me tra\u00eenait de bureau en bureau; dans le m\u00eame temps, je priais silencieusement pour ne pas \u00eatre enceinte&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS, Mapingure depuis sa maison rurale dans le Mashonaland Ouest, au Zimbabwe.  Il est ill\u00e9gal d&#39;interrompre une grossesse au Zimbabwe, sauf si la &#39;grossesse met en danger la vie de la m\u00e8re et\/ou est le r\u00e9sultat d\u2019une p\u00e9n\u00e9tration ill\u00e9gale (viol)&#39;, selon la Loi sur l\u2019interruption de la grossesse. Et l&#39;avortement n&#39;est autoris\u00e9 que dans le premier trimestre.   Lorsque Mapingure a constat\u00e9 que l&#39;in\u00e9vitable s\u2019\u00e9tait produit deux mois apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 viol\u00e9e, les procureurs ont acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 la demande pour une ordonnance d\u2019interruption de grossesse par le tribunal d\u2019instance r\u00e9gional de Chinhoyi, dans le Mashonaland Ouest.<\/p>\n<p> Mais, les longs retards judiciaires ont fait que l&#39;ordonnance a \u00e9t\u00e9 accord\u00e9e au moment o\u00f9 sa grossesse avait atteint huit mois. Mapingure n&#39;avait pas d\u2019autres choix que d\u2019accoucher.<\/p>\n<p> Quatre ans plus tard, et avec l&#39;aide de la &#39;Zimbabwe Women Lawyers Association&#39; (Association des femmes juristes du Zimbabwe &#8211; ZWLA), elle a poursuivi le gouvernement pour 52.000 dollars d\u2019amende pour naissance injustifi\u00e9e et entretien de l\u2019enfant.<\/p>\n<p> &#8220;Jusqu&#39;\u00e0 aujourd\u2019hui, je suis toujours dans l&#39;attente de l\u2019issue de mon cas. Et comme mon petit gar\u00e7on grandit, ses besoins augmentent \u00e9galement. Je suis au ch\u00f4mage et pas mari\u00e9e, mais je suis cependant cens\u00e9e de subvenir \u00e0 ses besoins. Je n&#39;ai pas pay\u00e9 les frais scolaires de ce trimestre&#8221;, a indiqu\u00e9 Mapingure.<\/p>\n<p> Elle a refus\u00e9 de discuter de ses sentiments pour son fils longuement, insistant sur le fait qu&#39;elle l&#39;aimait malgr\u00e9 les circonstances entourant sa conception.<\/p>\n<p> Mais, le cas de Mapingure n&#39;est pas le seul d\u2019une justice d\u00e9faillante dans ce pays d&#39;Afrique australe.<\/p>\n<p> La directrice de la ZWLA, Emilie Muchawa, a confi\u00e9 \u00e0 IPS qu\u2019avant que toute personne n\u2019acc\u00e8de \u00e0 la justice au Zimbabwe, les ressources et le soutien familial sont primordiaux.<\/p>\n<p> &#8220;Dans toute juridiction, des fonds suffisants sont essentiels avant que l\u2019on n\u2019acc\u00e8de \u00e0 la justice au tribunal. Au Zimbabwe, c\u2019est encore plus difficile pour les femmes d&#39;acc\u00e9der \u00e0 la justice parce que les femmes n&#39;ont ni les ressources ni acc\u00e8s \u00e0 une aide juridique gratuite. Les tribunaux sont \u00e9loign\u00e9s, aggravant davantage la situation aux femmes cherchant \u00e0 obtenir justice pour tout mal dont elles ont souffert&#8221;, a-t-elle affirm\u00e9.<\/p>\n<p> Elle a dit que les quelques braves femmes, qui ont approch\u00e9 les tribunaux pour obtenir justice sont \u00e0 peine repr\u00e9sent\u00e9es, tandis que les hommes qu\u2019elles poursuivent ont une repr\u00e9sentation juridique parce qu&#39;ils peuvent prendre des avocats.<\/p>\n<p> &#8220;Les proc\u00e9dures et le langage juridiques constituent un obstacle pour les femmes au Zimbabwe, dont la plupart sont moins instruites que les hommes. Nous avons re\u00e7u des rapports sur des femmes qui ont \u00e9t\u00e9 refoul\u00e9es \u00e0 l&#39;entr\u00e9e par de simples gardes des tribunaux, avant m\u00eame qu&#39;elles n\u2019aient d\u00e9pos\u00e9 leurs plaintes&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 Muchawa.<\/p>\n<p> On exige que les femmes aillent dans un tribunal d&#39;instance pour des demandes d\u2019ordonnance de pension alimentaire, la r\u00e9partition des biens du d\u00e9funt, la garde des enfants mineurs, et les ordonnances de protection. Le divorce et la r\u00e9partition des biens sont trait\u00e9s \u00e0 la Haute cour.<\/p>\n<p> &#8220;Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 refoul\u00e9es pour de simples choses comme le code vestimentaire des tribunaux (pour avoir port\u00e9 des jeans, un pantalon, des robes courtes), la plupart des femmes ne reviennent jamais. Et parce que les tribunaux sont \u00e9loign\u00e9s de la population en g\u00e9n\u00e9ral, le ticket de bus devient un obstacle&#8221;, a indiqu\u00e9 Muchawa.<\/p>\n<p> Elle a confi\u00e9 que la famille d&#39;une femme devait \u00eatre un grand soutien mais, \u00e0 cause des croyances culturelles et d\u2019une \u00e9ducation conservatrice, la plupart des femmes sont confront\u00e9es \u00e0 une r\u00e9sistance lorsqu\u2019elles cherchent justice \u00e0 travers les tribunaux.<\/p>\n<p> En mai, Wallen Chiwawa, un conseiller juridique au bureau du procureur g\u00e9n\u00e9ral, a accus\u00e9 son \u00e9pouse (dont le nom ne peut pas \u00eatre publi\u00e9 en raison d&#39;une ordonnance du tribunal) d&#39;infid\u00e9lit\u00e9 et l\u2019a physiquement tortur\u00e9e.<\/p>\n<p> Cependant, &#39;apr\u00e8s un dialogue entre leurs familles&#39;, elle a retir\u00e9 la plainte.<\/p>\n<p> &#8220;Le cas de l&#39;\u00e9pouse de Chiwawa est un bon exemple de la fa\u00e7on dont les femmes subissent la pression de leurs familles ou de leurs communaut\u00e9s pour laisser lib\u00e9rer les coupables. A cause de la docilit\u00e9 des femmes, les pressions culturelles d\u00e9passent les injustices dont elles sont souvent victimes de la part de ces m\u00eames familles&#8221;, a soulign\u00e9 Muchawa.<\/p>\n<p> La vice-ministre des Affaires f\u00e9minines, Fungayi Jessie Majome, qui est \u00e9galement un membre du parlement et avocate en exercice, a confi\u00e9 \u00e0 IPS que les proc\u00e9dures judiciaires et les cadres des tribunaux, qui &#8220;sont porteurs des traditions patriarcales, demeurent un d\u00e9fi pour les femmes qui utilisent les tribunaux pour obtenir justice&#8221;.<\/p>\n<p> &#8220;Les b\u00e9b\u00e9s et les enfants ne sont pas autoris\u00e9s \u00e0 entrer dans les tribunaux. Et la plupart des femmes qui cherchent justice dans les tribunaux ont des b\u00e9b\u00e9s ou enfants qui t\u00e8tent qu\u2019elles ne peuvent pas laisser seuls&#8221;, a-t-elle expliqu\u00e9.<\/p>\n<p> Elle a affirm\u00e9 qu&#39;elle a une fois repr\u00e9sent\u00e9 une femme physiquement maltrait\u00e9e qui a fui son mari avec ses b\u00e9b\u00e9s jumeaux de 10 mois.<\/p>\n<p> &#8220;Elle n&#39;\u00e9tait pas autoris\u00e9e \u00e0 entrer dans le tribunal avec ses b\u00e9b\u00e9s alors qu\u2019elle cherchait une ordonnance de protection. Et c&#39;est juste une femme qui m&#39;a prise comme avocate. Qu&#39;est-ce qui arrive au reste des femmes comme elle?&#8221;, a demand\u00e9 Majome.<\/p>\n<p> En plus de cela, les femmes sont tenues de payer les frais d&#39;administration pour obtenir des ordonnances de protection au Zimbabwe. Et dans un pays o\u00f9, selon la Banque mondiale, 96 pour cent de la population est au ch\u00f4mage, cela est difficile.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>HARARE, 22 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Les quatre bandits arm\u00e9s qui l\u2019ont collectivement viol\u00e9e auraient pu \u00eatre condamn\u00e9s pour leurs crimes, mais six ans plus tard, la justice du Zimbabwe s&#39;est av\u00e9r\u00e9e \u00eatre un mythe pour Mildred Mapingure.<\/p>\n","protected":false},"author":884,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,10,1,28,30],"tags":[],"class_list":["post-5690","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-droits-humains","category-headlines","category-southern-africa","category-special-culture-religion-et-genre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5690","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/884"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5690"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5690\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5690"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5690"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5690"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}