{"id":5621,"date":"2011-07-04T13:40:01","date_gmt":"2011-07-04T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/07\/04\/sante-madagascar-les-sages-femmes-traditionnelles-a-la-rescousse\/"},"modified":"2011-07-04T13:40:01","modified_gmt":"2011-07-04T13:40:01","slug":"sante-madagascar-les-sages-femmes-traditionnelles-a-la-rescousse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/07\/04\/sante-madagascar-les-sages-femmes-traditionnelles-a-la-rescousse\/","title":{"rendered":"SANTE-MADAGASCAR: Les sages-femmes traditionnelles \u00e0 la rescousse"},"content":{"rendered":"<p>ANTANANARIVO, 4 juil (IPS) &#8211; A Madagascar, une femme sur deux accouche toute seule ou en pr\u00e9sence d\u2019une sage-femme traditionnelle. Si 44 pour cent des femmes re\u00e7oivent l\u2019assistance d\u2019un personnel qualifi\u00e9 durant leur accouchement, seuls 35 pour cent de ces accouchements ont lieu dans les centres de sant\u00e9. <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Le taux de mortalit\u00e9 maternelle y est tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9, avec une estimation de pr\u00e8s de 10 femmes malgaches qui meurent quotidiennement durant l\u2019accouchement. Pourtant, la sage-femme traditionnelle est une personne qui pourrait jouer un r\u00f4le cl\u00e9 pour la promotion de la sant\u00e9 maternelle.  Longtemps ignor\u00e9es par la m\u00e9decine moderne, les sages-femmes traditionnelles cens\u00e9es avoir un pouvoir divin ou transmis par les anc\u00eatres font accoucher des femmes tout au long de l&#39;ann\u00e9e et cela dans des conditions ne r\u00e9pondant pas aux normes sanitaires. Malgr\u00e9 cela, elles ont toujours gard\u00e9 une place importante dans la communaut\u00e9 malgache et continuent \u00e0 jouir de ce m\u00eame prestige et de la m\u00eame consid\u00e9ration.   Beaucoup ont appris la fameuse histoire de la femme qui a accouch\u00e9 de siamois, Mahagaga et Mahalatsa, mis au monde par une matrone traditionnelle, au fin fond de la brousse dans le sud de Madagascar il y a quelques ann\u00e9es. Les Malgaches \u00e9taient sid\u00e9r\u00e9s par la fa\u00e7on dont ces jumeaux ont \u00e9t\u00e9 mis au monde et vivants malgr\u00e9 les risques encourus.<\/p>\n<p> Les matrones traditionnelles n\u2019exercent pas qu\u2019en brousse. Elles existent m\u00eame dans la capitale malgache, Antananarivo. Beaucoup de femmes leur font encore confiance. Mais les textes en vigueur exigent que les accoucheuses traditionnelles op\u00e8rent dans des lieux o\u00f9 il y a des \u00e9quipements sanitaires ad\u00e9quats.  Mais au vu de la mortalit\u00e9 maternelle, on apprend que d\u2019apr\u00e8s le Service de la maternit\u00e9 sans risque du minist\u00e8re de la Sant\u00e9 et de la Planification familiale, les accoucheuses traditionnelles jouent d\u00e9sormais un r\u00f4le de sensibilisatrices. Leur mission est d\u2019identifier les signes de danger chez les femmes enceintes, de faire la promotion de l\u2019accouchement et de la consultation pr\u00e9natale dans un centre de sant\u00e9 de base. Les accoucheuses traditionnelles peuvent pratiquer les accouchements.<\/p>\n<p> La volont\u00e9 de renforcer les capacit\u00e9s et les comp\u00e9tences de ces femmes est pr\u00e9sente car le monde de la m\u00e9decine est conscient du r\u00f4le accru qu\u2019elles peuvent jouer.  \u00abLes sages-femmes qui s\u2019y connaissent sont insuffisantes pour desservir une population de pr\u00e8s de 21 millions d\u2019habitants. Une sage-femme s\u2019occupe des besoins de 6.600 habitants alors que la norme internationale est d\u2019une sage-femme pour 2.200 habitants\u00bb, explique Bakoly Vololona Ravelonjanahary, vice-pr\u00e9sidente de l\u2019Ordre national des sages-femmes, comptant plus de 3.600 membres, et qui n\u2019est pas oppos\u00e9e au m\u00e9tier d\u2019accoucheuse traditionnelle.  Elle souhaite toutefois que ces accoucheuses puissent envoyer leurs clientes dans des centres de sant\u00e9 les plus proches d\u00e8s qu\u2019elles tombent sur une complication de grossesse, afin d\u2019\u00e9viter le pire. Seules les femmes vivant non loin des centres de sant\u00e9 ont le privil\u00e8ge d\u2019\u00eatre suivies de fa\u00e7on normale par les sages-femmes. Les femmes vivant dans les zones recul\u00e9es sont par contre l\u00e9s\u00e9es. D\u2019o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 de renforcer les comp\u00e9tences des sages-femmes qui op\u00e8rent en brousse.  La formation des accoucheuses traditionnelles remonte aux ann\u00e9es 1990, initi\u00e9e par le minist\u00e8re de la Sant\u00e9. A cette \u00e9poque, elles recevaient des formations en accouchement. Puis diverses associations et organisations non gouvernementales ont pris le relais. L\u2019association &#39;Ny Tanintsika&#39; et &#39;Feed-back Madagascar&#39; ont d\u00e9cid\u00e9 de d\u00e9livrer des formations \u00e0 ces accoucheuses traditionnelles. A cette \u00e9poque, pr\u00e8s de 600 femmes vivant dans la partie haute terre sud de Madagascar, o\u00f9 le taux de mortalit\u00e9 maternelle durant l\u2019accouchement est particuli\u00e8rement \u00e9lev\u00e9, ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de cette formation.  Sur le site web de &#39;Feed-back Madagascar&#39;, Marie Dety, la vingtaine et habitant dans la commune rurale de Tsararano, situ\u00e9e \u00e0 plus de 20 kilom\u00e8tres du centre de sant\u00e9 t\u00e9moigne: \u00abJ\u2019ai donn\u00e9 naissance \u00e0 tous mes enfants ici au village gr\u00e2ce \u00e0 une accoucheuse traditionnelle, qui est ma m\u00e8re. Elle a suivi toutes les formations n\u00e9cessaires avec les associations Ny Tanintsika et Feed-back Madagascar\u00bb, explique-t-elle.<\/p>\n<p> Elle ajoute: \u00abEn tant qu\u2019accoucheuse traditionnelle, ma m\u00e8re m\u2019a \u00e9t\u00e9 d\u2019un apport inestimable. Elle assure non seulement une naissance en toute s\u00e9curit\u00e9, mais veille aussi \u00e0 la survie de la m\u00e8re. Donner naissance est d\u00e9sormais bien plus s\u00fbr dans mon village\u00bb.  Quelques ann\u00e9es plus tard, le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) \u00e0 Madagascar a pris le relais en collaboration avec le minist\u00e8re de la Sant\u00e9. La formation de ces femmes, exer\u00e7ant dans des zones isol\u00e9es de l\u2019\u00eele, comprend la reconnaissance des signes d\u2019urgence, les gestes pour sauver les vies, ainsi que l\u2019hygi\u00e8ne.  Jeanne d\u2019Arc, 50 ans, garde encore sa notori\u00e9t\u00e9 dans son village natal. Cette femme aux cheveux gris est une r\u00e9f\u00e9rence dans le domaine de la sant\u00e9 maternelle. Apr\u00e8s avoir suivi quelques jours de formation dispens\u00e9e par le minist\u00e8re de la Sant\u00e9, elle encourage les consultations pr\u00e9natales des femmes enceintes aux centres de sant\u00e9 de base pour mieux d\u00e9pister les \u00e9ventuelles complications durant leur grossesse.<\/p>\n<p> \u00abLes accoucheuses traditionnelles doivent suivre les femmes tout pendant leur grossesse et elles doivent \u00eatre au chevet des femmes vivant dans les zones isol\u00e9es et loin des centres de sant\u00e9. Une formation suppl\u00e9mentaire est toujours la bienvenue pour vulgariser notre activit\u00e9\u00bb, a-t-elle soulign\u00e9.<\/p>\n<p> La valeur des accoucheuses traditionnelles prend de plus en plus d\u2019importance dans un pays pauvre comme Madagascar. Elles sont les ressources additionnelles pour que le pays puisse arriver \u00e0 combattre la mortalit\u00e9 maternelle.<\/p>\n<p> *(Fanja Razafimahatratra est journaliste freelance \u00e0 Madagascar et a \u00e9crit cet article pour &#39;Gender Links&#39;, une ONG d\u2019Afrique australe qui lutte pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 de genre. Cet article est publi\u00e9 en vertu d&#39;un accord de coop\u00e9ration entre Gender Links et IPS).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ANTANANARIVO, 4 juil (IPS) &#8211; A Madagascar, une femme sur deux accouche toute seule ou en pr\u00e9sence d\u2019une sage-femme traditionnelle. 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