{"id":5594,"date":"2011-06-14T13:40:01","date_gmt":"2011-06-14T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/06\/14\/sante-cote-divoire-des-soins-gratuits-aux-populations-eprouvees-par-la-crise\/"},"modified":"2011-06-14T13:40:01","modified_gmt":"2011-06-14T13:40:01","slug":"sante-cote-divoire-des-soins-gratuits-aux-populations-eprouvees-par-la-crise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/06\/14\/sante-cote-divoire-des-soins-gratuits-aux-populations-eprouvees-par-la-crise\/","title":{"rendered":"SANTE-COTE D\u2019IVOIRE: Des soins gratuits aux populations \u00e9prouv\u00e9es par la crise"},"content":{"rendered":"<p>ABIDJAN, 14 juin (IPS) &#8211; Le gouvernement a d\u00e9cid\u00e9 de prolonger la gratuit\u00e9 des soins de sant\u00e9 aux populations \u00e9prouv\u00e9es par la crise post\u00e9lectorale en C\u00f4te d\u2019Ivoire. La premi\u00e8re op\u00e9ration, qui a dur\u00e9 plus d\u2019un mois &#8211; du 1er mai au 5 juin &#8211; a permis de soulager des milliers de personnes, selon les autorit\u00e9s sanitaires.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>&#8220;Une \u00e9valuation de la premi\u00e8re phase est en cours pour d\u00e9celer les \u00e9ventuelles insuffisances. Mais face \u00e0 l\u2019engouement et \u00e0 la forte demande de prestations, il \u00e9tait n\u00e9cessaire de poursuivre la gratuit\u00e9 des soins&#8221;, explique \u00e0 IPS, Ousmane A\u00efdara, charg\u00e9 de communication au minist\u00e8re ivoirien de la Sant\u00e9.   Au Centre hospitalier et universitaire (CHU) de Treichville, une commune du sud d\u2019Abidjan, la capitale \u00e9conomique, l\u2019affluence, qui avait fortement baiss\u00e9 ces derniers jours avec la fin de la premi\u00e8re p\u00e9riode de gratuit\u00e9, a repris. Dans les couloirs qui m\u00e8nent des salles d\u2019attente aux salles d\u2019hospitalisation et de consultations, le personnel m\u00e9dical a du mal \u00e0 se frayer un chemin, a constat\u00e9 IPS.   Fatou Diabat\u00e9, 36 ans, une m\u00e9nag\u00e8re accompagn\u00e9e de ses trois enfants, est arriv\u00e9e \u00e0 pied de Campement, un quartier pr\u00e9caire de la commune de Koumassi (sud d\u2019Abidjan), situ\u00e9 \u00e0 environ 3,5 kilom\u00e8tres de Treichville. Ses enfants \u00e2g\u00e9s de deux ans \u00e0 sept ans ont le visage partiellement couvert de furoncles qui sont, selon les m\u00e9decins, des boutons enflamm\u00e9s se trouvant sous la peau, et encombr\u00e9s de pus.   &#8220;C\u2019est une maladie r\u00e9currente chez mes enfants et je n\u2019avais pas les moyens de les soigner. Mais aujourd\u2019hui, nous b\u00e9n\u00e9ficions d\u2019un traitement r\u00e9gulier, ce qui a estomp\u00e9 quelque peu le mal&#8221;, indique-t-elle \u00e0 IPS. &#8220;La consultation ainsi que les m\u00e9dicaments m\u2019ont \u00e9t\u00e9 offerts&#8221;.   Soulag\u00e9e, Diabat\u00e9 affirme: &#8220;Pour nous autres, il est encore impossible, dans ce contexte difficile, d\u2019avoir \u00e0 l\u2019id\u00e9e de se battre au quotidien pour assurer la pitance de la famille, et en m\u00eame temps penser \u00e0 des cas de maladie&#8221;. Elle dit ne pas pouvoir s\u2019acheter une plaquette de Paracetamol, qui ne co\u00fbte pourtant que 200 francs CFA (environ 0,44 cent US). Elle souhaite donc une prolongation \u00e0 long terme de la gratuit\u00e9 des soins.   De son c\u00f4t\u00e9, Daouda Soro, 42 ans, menuisier \u00e0 Adjam\u00e9 (centre d\u2019Abidjan), d\u00e9clare avoir perdu ses \u00e9conomies pendant la crise, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9 d\u2019\u00e9vacuer en urgence sa femme et ses quatre enfants dans le nord du pays. Ces derni\u00e8res semaines, il souffrait r\u00e9guli\u00e8rement de paludisme, mais ne pouvait se rendre \u00e0 l\u2019h\u00f4pital parce son activit\u00e9 ne tourne pas encore \u00e0 plein r\u00e9gime pour lui procurer suffisamment d\u2019argent.   &#8220;Je suis rest\u00e9 au lit deux jours durant, sans le moindre traitement. C\u2019est quand j\u2019ai \u00e9t\u00e9 inform\u00e9 de la gratuit\u00e9 des soins que je me suis rendu au centre de sant\u00e9&#8221;, raconte-il \u00e0 IPS. &#8220;Les infirmiers m\u2019ont d\u2019abord fait des perfusions et \u00e0 la sortie, j\u2019ai re\u00e7u un lot de m\u00e9dicaments. Maintenant, je viens \u00e0 la consultation pour me rassurer que je suis totalement gu\u00e9ri&#8221;.   Bertin Adjoumani, 29 ans et sans emploi, souffre d\u2019une hernie depuis trois mois. En d\u00e9pit d\u2019un r\u00e9veil tr\u00e8s matinal, il n\u2019a pu trouver que la dixi\u00e8me place dans une longue queue d\u2019environ 75 personnes venues en consultation. Il esp\u00e8re qu\u2019on lui fera une intervention chirurgicale parce qu\u2019il souffre beaucoup.   Sans grands moyens, Adjoumani se contentait de traitements \u00e0 base de plantes traditionnelles pour calmer les douleurs p\u00e9riodiques de son mal. Maintenant, il peut se faire soigner \u00e0 l\u2019h\u00f4pital. &#8220;J\u2019ai re\u00e7u l\u2019assurance que tout allait bien se passer. Et l\u2019important, c\u2019est que je ne d\u00e9bourse aucun centime&#8221;, se r\u00e9jouit-il.   &#8220;Nous faisons l\u2019effort de satisfaire tout le monde. Seulement, les choses ne se pr\u00e9sentent pas aussi facilement&#8221;, d\u00e9clare Am\u00e9lie Kouam\u00e9, aide-soignante au CHU de Treichville. Elle souhaite que les autorit\u00e9s &#8220;trouvent un m\u00e9canisme pour renflouer les caisses des h\u00f4pitaux et centres de sant\u00e9 car une partie du personnel est r\u00e9mun\u00e9r\u00e9e gr\u00e2ce aux frais des consultations. Or depuis que la gratuit\u00e9 des soins est entr\u00e9e en vigueur, cette cat\u00e9gorie n\u2019a pas per\u00e7u de salaire&#8221;, confie Kouam\u00e9 \u00e0 IPS.  Le directeur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019h\u00f4pital g\u00e9n\u00e9ral de Koumassi, Narcisse Alla Koffi, rel\u00e8ve que dans les h\u00f4pitaux, &#8220;il y a souvent une rupture de m\u00e9dicaments, surtout ceux destin\u00e9s aux traitements de pathologies fr\u00e9quentes comme le paludisme&#8221;.   Il \u00e9nonce par ailleurs d\u2019autres difficult\u00e9s qui pourraient contrarier l\u2019op\u00e9ration. &#8220;Avec les nombreuses prestations et consultations, le personnel commence \u00e0 \u00eatre \u00e0 bout de souffle&#8230; et puis, il y a de faux malades qui viennent ici pour faire des stocks de m\u00e9dicaments&#8221;, indique-t-il.  Selon Koffi, cet h\u00f4pital, qui avait l\u2019habitude de recevoir entre 25 et 30 patients par jour, est d\u00e9sormais confront\u00e9 \u00e0 200, voire 300 consultations. L\u2019h\u00f4pital compte une douzaine de m\u00e9decins dont six g\u00e9n\u00e9ralistes.<\/p>\n<p> Aminata Dosso, infirmi\u00e8re en chef dans cet h\u00f4pital, explique que des pathologies li\u00e9es aux cons\u00e9quences de la crise sont aussi diagnostiqu\u00e9es. &#8220;C&#39;est au cours de nos consultations que nous sommes parvenus \u00e0 d\u00e9tecter le chol\u00e9ra, avec 48 cas pour trois d\u00e9c\u00e8s la semaine derni\u00e8re (8 juin)&#8221;. Les tas d&#39;immondices n&#39;avaient pas \u00e9t\u00e9 ramass\u00e9s dans la zone durant la crise post\u00e9lectorale, indique-t-elle.  &#8220;A Abobo (nord d&#39;Abidjan), nos coll\u00e8gues font face \u00e9galement aux cas de b\u00e9rib\u00e9ri (maladie due \u00e0 la malnutrition) qui a d\u00e9j\u00e0 caus\u00e9 la mort d&#39;une dizaine de personnes et provoqu\u00e9 la paralysie d&#39;autres habitants de la commune. Pendant la crise, une grande partie de la population ne se nourrissait que de riz, sans d&#39;autres aliments vitamin\u00e9s&#8221;, ajoute Dosso.<\/p>\n<p> Dans une d\u00e9claration dat\u00e9e du 8 juin, l\u2019organisation on gouvernementale (ONG) internationale &#39;Save the Children&#39; a salu\u00e9 la suppression du paiement, par les usagers, des frais de sant\u00e9 &#8220;qui a permis aux personnes les plus vuln\u00e9rables d\u2019avoir acc\u00e8s au traitement&#8221;.   L\u2019ONG a appel\u00e9 les autorit\u00e9s ivoiriennes \u00e0 supprimer de fa\u00e7on permanente ces frais et fait un plaidoyer pour l\u2019introduction graduelle d\u2019un syst\u00e8me de sant\u00e9 universel gratuit.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ABIDJAN, 14 juin (IPS) &#8211; Le gouvernement a d\u00e9cid\u00e9 de prolonger la gratuit\u00e9 des soins de sant\u00e9 aux populations \u00e9prouv\u00e9es par la crise post\u00e9lectorale en C\u00f4te d\u2019Ivoire. 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