{"id":5577,"date":"2011-06-01T13:40:01","date_gmt":"2011-06-01T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/06\/01\/finances-nigeria-les-femmes-sentraident\/"},"modified":"2011-06-01T13:40:01","modified_gmt":"2011-06-01T13:40:01","slug":"finances-nigeria-les-femmes-sentraident","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/06\/01\/finances-nigeria-les-femmes-sentraident\/","title":{"rendered":"FINANCES-NIGERIA: Les femmes s\u2019entraident"},"content":{"rendered":"<p>LAGOS, 1 juin (IPS) &#8211; Dans un espace ouvert pr\u00e8s de sa maison \u00e0 Makoko, une banlieue peupl\u00e9e de la ville tentaculaire de Lagos, au Nigeria, Latifat Agboola est assise au milieu des sacs de charbon, s\u2019occupant de ses clients. Certains d\u2019entre eux l\u2019appellent &#8220;la femme du charbon au boulot sale&#8221;, mais elle se consid\u00e8re comme une femme d\u2019affaires en progression.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Il y a moins d\u2019un an, Agboola, 35 ans, s\u2019occupait de la boutique d\u2019une autre personne, mais elle a cr\u00e9\u00e9 sa propre entreprise en septembre dernier, apr\u00e8s avoir obtenu un pr\u00eat de 20.000 nairas (130 dollars) aupr\u00e8s d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 coop\u00e9rative dans son quartier.<\/p>\n<p> &#8220;Cela avait \u00e9t\u00e9 un mauvais d\u00e9part parce qu\u2019il restait tr\u00e8s peu d\u2019argent pour les activit\u00e9s proprement dites, apr\u00e8s avoir utilis\u00e9 la majeure partie de l\u2019argent pour me faire enregistrer comme un membre de l\u2019association des vendeurs de charbon&#8221;, a-t-elle d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS. &#8220;Je pouvais acheter seulement un sac de charbon \u00e0 ce moment et je le revendais en petits paquets&#8221;.<\/p>\n<p> Agboola a fait des progr\u00e8s tout de m\u00eame puisqu\u2019en janvier 2011, elle avait rembours\u00e9 le pr\u00eat, et elle pouvait b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un autre pr\u00eat de 200 dollars (30.000 nairas). &#8220;Ce second pr\u00eat a fourni les ressources suppl\u00e9mentaires n\u00e9cessaires pour am\u00e9liorer l\u2019entreprise puisqu\u2019elles m\u2019ont permis d\u2019acheter du charbon en quantit\u00e9 beaucoup plus grande, mon b\u00e9n\u00e9fice a donc augment\u00e9&#8221;, affirme-t-elle.<\/p>\n<p> Le b\u00e9n\u00e9fice qu\u2019elle obtient des ventes du charbon en une semaine peut atteindre 60 dollars (9.000 nairas), \u00e9quivalents \u00e0 son salaire mensuel de vendeuse dans une boutique. &#8220;Avec un meilleur revenu, je ne suis plus oblig\u00e9e de supplier les gens pour de l\u2019argent; aujourd\u2019hui, je peux acheter ce que je veux, je peux manger ce que je veux \u00e0 tout moment. Mais en tant que vendeuse de boutique, je devais attendre jusqu\u2019\u00e0 la fin du mois avant de pouvoir sortir de l\u2019argent&#8221;.<\/p>\n<p> Assistance mutuelle Agboola a obtenu de l\u2019argent aupr\u00e8s d\u2019une coop\u00e9rative locale d\u2019\u00e9pargne et de pr\u00eat. La coop\u00e9rative Gumi met en commun l\u2019argent de ses membres pour faire des pr\u00eats sur lesquels elle fait payer un petit int\u00e9r\u00eat de 15 pour cent.<\/p>\n<p> &#8220;Le groupe est constitu\u00e9 de petites femmes qui sont impliqu\u00e9es dans de petites entreprises&#8221;, indique Tosun Jimoh, responsable du groupe. &#8220;Nous nous occupons principalement de petits pr\u00eats, entre 20.000 nairas et 40.000 nairas (270 dollars) et les membres peuvent payer dans l\u2019intervalle de six mois. Les membres n\u2019ont pas besoin de garantie, tant qu\u2019elles peuvent avoir un garant \u00e0 qui nous pouvons faire confiance&#8221;.<\/p>\n<p> L\u2019analyste des questions de genre, Emem Okon, estime que le progr\u00e8s rapide d\u2019Agboola repr\u00e9sente exactement le type de transformation que le micro-cr\u00e9dit peut permettre dans la vie des femmes pauvres comme elle.<\/p>\n<p> &#8220;L\u00e0 o\u00f9 le micro-cr\u00e9dit est bien g\u00e9r\u00e9, il aide \u00e0 am\u00e9liorer le revenu des femmes pauvres; qu\u2019elles soient impliqu\u00e9es dans le petit commerce ou l\u2019agriculture, il fournit l\u2019argent pour l\u2019acquisition des intrants tr\u00e8s n\u00e9cessaires&#8221;, d\u00e9clare Okon, qui est le responsable de &#39;Kebetkache Women Development and Resource Centre&#39; (Centre de d\u00e9veloppement et de ressources des femmes de Kebetkache), une organisation non gouvernementale bas\u00e9e \u00e0 Port Harcourt, une ville du sud-est.<\/p>\n<p> C\u2019est la bonne affaire dans laquelle il faut s\u2019engager \u00e0 Makoko, avec un fort taux de pauvret\u00e9 et une population dense. &#8220;Avec le prix \u00e9lev\u00e9 du p\u00e9trole lampant, la plupart des habitants sont trop pauvres pour cuisiner avec [d\u2019autres types de] fourneaux, le charbon est donc une alternative beaucoup moins co\u00fbteuse pour eux&#8221;, indique Agboola. &#8220;Il y a une forte demande de charbon dans ce quartier, mais personne n\u2019en vend. Je suis la seule personne qui en vend actuellement ici&#8221;.<\/p>\n<p> Vital pour l\u2019\u00e9conomie informelle &#8220;Les syst\u00e8mes de micro-cr\u00e9dit sont importants au Nigeria parce que cela couvre les besoins de la grande majorit\u00e9 de la population pauvre qui n\u2019a aucun acc\u00e8s au syst\u00e8me bancaire formel&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS, Kwekwu Brown, ancien banquier. &#8220;Les plus pauvres, qui forment la majeure partie de la population, ne peuvent pas satisfaire aux exigences bancaires strictes comme les garanties et une tr\u00e9sorerie ant\u00e9rieure consistante. Ainsi, ce syst\u00e8me informel est la seule option qui existe pour eux quand ils ont besoin de cr\u00e9dit&#8221;.<\/p>\n<p> La Banque centrale du Nigeria reconna\u00eet le r\u00f4le important que le micro-cr\u00e9dit joue dans l\u2019\u00e9conomie informelle du pays, la pratique ayant une histoire remontant \u00e0 des si\u00e8cles dans certains endroits.<\/p>\n<p> Seulement 35 pour cent de la population \u00e9conomiquement active a acc\u00e8s au syst\u00e8me financier formel, selon la Banque centrale, tandis que les 65 pour cent restants &#8220;sont souvent servis par le secteur financier informel comme les institutions de micro-finance, les pr\u00eateurs d\u2019argent, et les coop\u00e9ratives de cr\u00e9dit&#8221;.<\/p>\n<p> &#8220;A cause des opportunit\u00e9s limit\u00e9es dont elles disposent, les femmes constituent une grande partie de la population qui n\u2019a aucun acc\u00e8s au syst\u00e8me financier formel&#8221;, affirme Okon. Elle ajoute que, de par son exp\u00e9rience, les nombreux probl\u00e8mes auxquels ces femmes sont confront\u00e9es, en acc\u00e9dant aux cr\u00e9dits provenant du secteur informel, constituent un fardeau suppl\u00e9mentaire.<\/p>\n<p> &#8220;Nous avons limit\u00e9 l\u2019adh\u00e9sion \u00e0 Gumi aux femmes uniquement afin d\u2019augmenter leurs chances d\u2019obtenir de petits cr\u00e9dits&#8221;, explique Jimoh.<\/p>\n<p> &#8220;La culture est l\u2019un des probl\u00e8mes. Les femmes sont parfois priv\u00e9es des pr\u00eats du micro-cr\u00e9dit sur la base de la croyance culturelle selon laquelle elles sont moins susceptibles de r\u00e9ussir dans toute activit\u00e9 qu\u2019elles font, elles sont donc consid\u00e9r\u00e9es comme un groupe \u00e0 haut risque&#8221;, souligne Okon.<\/p>\n<p> La Banque centrale affirme qu\u2019elle a une politique visant \u00e0 d\u00e9velopper les institutions de micro-finance &#8220;pour couvrir la majorit\u00e9 de la population pauvre mais \u00e9conomiquement active d\u2019ici \u00e0 2020, cr\u00e9ant ainsi des millions d\u2019emplois et r\u00e9duisant la pauvret\u00e9&#8221;.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LAGOS, 1 juin (IPS) &#8211; Dans un espace ouvert pr\u00e8s de sa maison \u00e0 Makoko, une banlieue peupl\u00e9e de la ville tentaculaire de Lagos, au Nigeria, Latifat Agboola est assise au milieu des sacs de charbon, s\u2019occupant de ses clients.&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/06\/01\/finances-nigeria-les-femmes-sentraident\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":283,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,6,1,30,20,29],"tags":[],"class_list":["post-5577","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines","category-special-culture-religion-et-genre","category-travail","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5577","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/283"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5577"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5577\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5577"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5577"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5577"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}