{"id":5563,"date":"2011-05-21T13:40:01","date_gmt":"2011-05-21T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/05\/21\/kenya-le-vide-juridique-persiste-et-la-biotechnologie-est-introduite-en-douceur\/"},"modified":"2011-05-21T13:40:01","modified_gmt":"2011-05-21T13:40:01","slug":"kenya-le-vide-juridique-persiste-et-la-biotechnologie-est-introduite-en-douceur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/05\/21\/kenya-le-vide-juridique-persiste-et-la-biotechnologie-est-introduite-en-douceur\/","title":{"rendered":"KENYA: Le vide juridique persiste et la biotechnologie est introduite en douceur"},"content":{"rendered":"<p>NAIROBI, 21 mai (IPS) &#8211; L\u2019agriculture associ\u00e9e aux organismes g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9s (OGM) devient de plus en plus r\u00e9pandue au Kenya \u00e0 cause de la promotion de la biotechnologie \u00e0 travers des syst\u00e8mes ing\u00e9nieux, aggrav\u00e9e par l\u2019absence d\u2019un cadre juridique pour la commercialisation de ces produits controvers\u00e9s.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Le syst\u00e8me d\u2019assurance de Kilimo Salama (Agriculture sans risque) ne d\u00e9dommage pas seulement les agriculteurs pour les pertes subies, \u00e0 cause de la s\u00e9cheresse prolong\u00e9e, mais aussi pour la destruction due aux pluies excessives, selon Rose Goslinga, coordonnatrice d\u2019assurance \u00e0 la Fondation Syngenta pour une agriculture durable.<\/p>\n<p> La Fondation Syngenta est une organisation \u00e0 but non lucratif rattach\u00e9e \u00e0 l\u2019entreprise Syngenta qui fait des recherches et produit des semences g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9es. La fondation est impliqu\u00e9e dans le projet &#8220;Safe Biotechnology Management&#8221; (Gestion sans risque de la biotechnologie \u2013 SABIMA) visant \u00e0 promouvoir la technologie des OGM au sein des petits agriculteurs au Ghana, au Nigeria, au Burkina Faso, au Kenya, en Ouganda et au Malawi.<\/p>\n<p> Goslinga explique le projet au Kenya comme suit: les agriculteurs qui subissent des pertes de r\u00e9colte sont d\u00e9dommag\u00e9s \u00e0 travers des paiements de semences. Au d\u00e9part, ils ach\u00e8tent huit kilogrammes de semences, qui est la mesure normalis\u00e9e pour semer un hectare de terre. Le revendeur d\u00e9livre \u00e0 l\u2019agriculteur un code.<\/p>\n<p> L\u2019agriculteur envoie ensuite le code \u00e0 un num\u00e9ro de ligne fixe \u00e0 travers les messages SMS du t\u00e9l\u00e9phone portable, qui est ensuite re\u00e7u et enregistr\u00e9 dans les bases de donn\u00e9es de la compagnie d\u2019assurance UAP et de la Fondation Syngenta.<\/p>\n<p> Chaque saison de r\u00e9colte est surveill\u00e9e par une station m\u00e9t\u00e9orologique \u00e9quip\u00e9e de technologie solaire pour informer la compagnie d\u2019assurance sur une mauvaise r\u00e9colte imminente. Les donn\u00e9es sont ensuite trait\u00e9es pour d\u00e9terminer la port\u00e9e du d\u00e9dommagement, affirme-t-elle.<\/p>\n<p> &#8220;S\u2019il y a eu une mauvaise r\u00e9colte, chaque agriculteur est inform\u00e9 des paiements par SMS&#8221;, indique Goslinga. &#8220;Les stations m\u00e9t\u00e9orologiques automatis\u00e9es minimisent les co\u00fbts en \u00e9vitant le besoin de visites de terrain co\u00fbteuses dans les fermes pour d\u00e9terminer les risques et les pertes. Cela rend l\u2019assurance possible \u00e0 la fois pour l\u2019agriculteur et la compagnie d\u2019assurance&#8221;.<\/p>\n<p> Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, 12.000 agriculteurs kenyans ont \u00e9t\u00e9 inscrits dans le syst\u00e8me et, selon le directeur ex\u00e9cutif de la Fondation Syngenta, Marco Ferroni, quelque 50.000 autres devraient y adh\u00e9rer.<\/p>\n<p> &#8220;Cette initiative s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e \u00e0 partir d\u2019un petit programme pilote en 2009 pour devenir le plus grand programme d\u2019assurance en Afrique et le premier \u00e0 utiliser la technologie du t\u00e9l\u00e9phone mobile pour acc\u00e9l\u00e9rer l\u2019acc\u00e8s et les paiements aux agriculteurs ruraux&#8221;, indique Ferroni.<\/p>\n<p> La Coalition pour la biodiversit\u00e9 du Kenya (KBioC) consid\u00e8re le syst\u00e8me comme faisant partie de l\u2019app\u00e9tit renouvel\u00e9 des firmes multinationales de fabrication de semences \u00e0 utiliser le Kenya comme un terrain d\u2019essai pour les OGM en offrant des semences aux agriculteurs.<\/p>\n<p> Wanjiru Kamau, porte-parole de KBioC, reconna\u00eet que c\u2019est une id\u00e9e noble d\u2019offrir l\u2019assurance aux agriculteurs qui sont confront\u00e9s continuellement \u00e0 la mauvaise r\u00e9colte, mais elle s\u2019\u00e9nerve quand elle apprend que Syngenta est l\u2019une des organisations qui sont derri\u00e8re cela.<\/p>\n<p> &#8220;Nous doutons que cela soit dans l\u2019int\u00e9r\u00eat des Kenyans parce que Syngenta est l\u2019une des principales firmes multinationales qui fabriquent des semences g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9es&#8221;, observe Kamau. &#8220;Les groupes favorables \u00e0 la biotechnologie, financ\u00e9s par des multinationales qui fabriquent des semences, exercent beaucoup de pression sur les d\u00e9cideurs politiques du Kenya pour commercialiser les OGM&#8221;.<\/p>\n<p> La technologie des OGM s\u2019est introduite dans l\u2019agriculture au Kenya bien qu\u2019un cadre juridique ne soit pas encore mis en place.<\/p>\n<p> Par exemple, la vari\u00e9t\u00e9 de coton Bt a \u00e9t\u00e9 test\u00e9e, mais Roy Mugiira, le pr\u00e9sident en exercice de la &#8220;National Biosafety Authority&#8221; (Autorit\u00e9 nationale de la bios\u00e9curit\u00e9 \u2013 NBA), d\u00e9clare que son agence ne peut pas encore autoriser sa distribution parce que les r\u00e9glementations sur la commercialisation des OGM n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 finalis\u00e9es.<\/p>\n<p> Selon Mugiira, trois s\u00e9ries de r\u00e8glementations sur l\u2019utilisation contenue, la protection environnementale ainsi que sur l\u2019exportation et l\u2019importation ont \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9es et doivent \u00eatre minutieusement examin\u00e9es avant approbation.<\/p>\n<p> Mais une enqu\u00eate men\u00e9e par KBioC a constat\u00e9 que la vari\u00e9t\u00e9 de la semence a \u00e9t\u00e9 sem\u00e9e par des agriculteurs dans la r\u00e9gion de Rift Valley malgr\u00e9 la confirmation selon laquelle elle contenait une souche g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9e. Cela, selon KBioC, est arriv\u00e9 avant que le pr\u00e9sident Mwai Kibaki n\u2019ait approuv\u00e9 la Loi sur la bios\u00e9curit\u00e9 en f\u00e9vrier 2009.<\/p>\n<p> &#8220;Nous soup\u00e7onnions que beaucoup de semences g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9es, notamment pour le ma\u00efs, \u00e9taient en train d\u2019\u00eatre import\u00e9es d\u2019Afrique du Sud, soit comme du ma\u00efs contamin\u00e9 soit comme des OGM simples&#8221;, se rappelle Kamau. &#8220;Nous sommes all\u00e9s dans les principales r\u00e9gions de production du ma\u00efs et nous avons fait des pr\u00e9l\u00e8vements d\u2019\u00e9chantillons au hasard. Nous avons achet\u00e9 les semences et avons constat\u00e9 qu\u2019elles \u00e9taient associ\u00e9es \u00e0 des souches g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9es.<\/p>\n<p> Apr\u00e8s avoir soumis la preuve \u00e0 l\u2019agence charg\u00e9e des importations de semences, le Service d\u2019inspection phytosanitaire du Kenya (KEPHIS), il s\u2019est av\u00e9r\u00e9 qu\u2019il n\u2019y avait aucun certificat de d\u00e9charge pour prouver que les semences n\u2019\u00e9taient pas des OGM.<\/p>\n<p> &#8220;KEPHIS a fait une sortie publique et a d\u00e9menti les all\u00e9gations, mais nous avons su, \u00e0 partir de nos r\u00e9seaux en Afrique du Sud, que l\u2019agence n\u2019avait pas exig\u00e9 un certificat qui aurait montr\u00e9 que l\u2019importation \u00e9tait en r\u00e9alit\u00e9 des semences de ma\u00efs g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9es&#8221;, affirme Kamau.<\/p>\n<p> &#8220;Donc, m\u00eame si le Kenya n\u2019a pas commercialis\u00e9 les OGM, il est probable que les agriculteurs mettent en terre des semences g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9es sans les conna\u00eetre&#8221;, explique Kamau.<\/p>\n<p> Bien que les partisans des OGM nient le fait que les cultures g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9es poussent peut-\u00eatre d\u00e9j\u00e0 dans des centaines de petites fermes du Kenya, le directeur du Service international pour l\u2019acquisition des applications de biotechnologie agricole (ISAAA) \u00e0 Nairobi, Dr Margaret Karembu, pr\u00e9voit que 10 pays africains auront adopt\u00e9 la technologie avant 2015. L\u2019ISAAA promeut l\u2019utilisation des OGM par des agriculteurs pauvres.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>NAIROBI, 21 mai (IPS) &#8211; L\u2019agriculture associ\u00e9e aux organismes g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9s (OGM) devient de plus en plus r\u00e9pandue au Kenya \u00e0 cause de la promotion de la biotechnologie \u00e0 travers des syst\u00e8mes ing\u00e9nieux, aggrav\u00e9e par l\u2019absence d\u2019un cadre juridique pour&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/05\/21\/kenya-le-vide-juridique-persiste-et-la-biotechnologie-est-introduite-en-douceur\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":797,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,38,11,27,6,12,1,21],"tags":[],"class_list":["post-5563","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-commerce-et-pauvrete","category-developpement","category-east-africa","category-economie-finances-le-commerce","category-environnement","category-headlines","category-science-technologie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5563","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/797"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5563"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5563\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5563"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5563"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5563"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}