{"id":5540,"date":"2011-05-07T13:40:01","date_gmt":"2011-05-07T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/05\/07\/sante-cote-divoire-des-craintes-de-resistance-aux-arv-dissipees-apres-la-crise\/"},"modified":"2011-05-07T13:40:01","modified_gmt":"2011-05-07T13:40:01","slug":"sante-cote-divoire-des-craintes-de-resistance-aux-arv-dissipees-apres-la-crise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/05\/07\/sante-cote-divoire-des-craintes-de-resistance-aux-arv-dissipees-apres-la-crise\/","title":{"rendered":"SANTE-COTE D\u2019IVOIRE: Des craintes de r\u00e9sistance aux ARV dissip\u00e9es apr\u00e8s la crise"},"content":{"rendered":"<p>ABIDJAN, 7 mai (IPS) &#8211; Caroline Ti\u00e9gna*, tresseuse \u00e0 Abobo, un quartier du nord-ouest d\u2019Abidjan, recevait habituellement ses m\u00e9dicaments anti-r\u00e9troviraux (ARV) dans l\u2019un des centres de sant\u00e9 communautaire de cette commune de la capitale \u00e9conomique ivoirienne o\u00f9 elle \u00e9tait enregistr\u00e9e. <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Ti\u00e9gna, cette femme de 28 ans, malade du SIDA, \u00e9tait d\u00e9plac\u00e9e \u00e0 Cocody (centre d\u2019Abidjan) en janvier 2011 en raison des affrontements arm\u00e9s entre les forces fid\u00e8les \u00e0 l\u2019ancien pr\u00e9sident Laurent Gbagbo et des insurg\u00e9s, et a \u00e9t\u00e9 confront\u00e9e \u00e0 une rupture de son traitement pendant trois semaines.  &#8220;C\u2019\u00e9tait la deuxi\u00e8me p\u00e9riode o\u00f9 je n\u2019avais pas pu avoir acc\u00e8s \u00e0 mes m\u00e9dicaments&#8221;, d\u00e9clare Ti\u00e9gna \u00e0 IPS. &#8220;D\u00e9j\u00e0 vers la fin de d\u00e9cembre 2010, il y a eu les premiers troubles. Cela intervenait, malheureusement, lorsque je devais renouveler mes produits. Alors j\u2019ai pass\u00e9 quatre jours sans prendre mes ARV. Puis, j\u2019ai repris le traitement apr\u00e8s&#8221;, assure-t-elle.  A Cocody, Ti\u00e9gna a pass\u00e9 22 jours sans traitement; et \u00e0 la mi-f\u00e9vrier, elle a commenc\u00e9 \u00e0 recevoir gratuitement ses m\u00e9dicaments apr\u00e8s s\u2019\u00eatre signal\u00e9e dans l\u2019un des centres de distribution des ARV de cette commune. &#8220;J\u2019ai re\u00e7u un coup de fil de mon association et le pr\u00e9sident m\u2019a inform\u00e9e que j\u2019avais d\u00e9sormais la possibilit\u00e9 d\u2019\u00eatre servie dans n\u2019importe quel centre&#8221;, ajoute-t-elle, soulag\u00e9e.  Barth\u00e9l\u00e9my Bahi*, 42 ans, s\u00e9ropositif et instituteur \u00e0 Agboville, \u00e0 environ 50 kilom\u00e8tres au nord d\u2019Abidjan, a lui aussi connu une longue p\u00e9riode difficile. &#8220;J\u2019\u00e9tais \u00e0 Abidjan pour la paie du mois de janvier, lorsque la voie menant \u00e0 mon lieu de r\u00e9sidence a \u00e9t\u00e9 barr\u00e9e par des insurg\u00e9s. Je n\u2019avais que le traitement de deux jours \u00e0 disposition&#8221;, raconte-il \u00e0 IPS.  &#8220;J\u2019\u00e9tais tr\u00e8s inquiet. Encore plus quand, chaque jour, aucune visibilit\u00e9 ne se pr\u00e9sentait pour que je retourne chez moi. J\u2019ai d\u00fb alerter une ONG anti-SIDA \u00e0 Abidjan qui m\u2019a confi\u00e9 \u00e0 un centre disponible afin que je reprenne mes traitements&#8221;, explique Bahi.  Pour sa part, Rodrigue Kouam\u00e9*, 36 ans et cadre de banque \u00e0 Abidjan, continue de d\u00e9bourser 1.000 francs CFA (environ 2,2 dollars) par mois pour ses ARV. Ne faisant pas partie des personnes b\u00e9n\u00e9ficiant de la gratuit\u00e9 du traitement, il avait pris des dispositions en se procurant ses m\u00e9dicaments pour trois mois de traitement.  &#8220;Il y avait les pr\u00e9mices d\u2019une longue crise. Alors j\u2019ai choisi des m\u00e9dicaments pour une longue p\u00e9riode afin d\u2019\u00e9viter une situation creuse et compliqu\u00e9e&#8221;, souligne-t-il \u00e0 IPS.  Le R\u00e9seau ivoirien des personnes vivant avec le VIH (RIP+) estime \u00e0 quelque 50.000 &#8211; environ la moiti\u00e9 des 104.000 personnes b\u00e9n\u00e9ficiant de la gratuit\u00e9 des ARV depuis 2008 &#8211; les s\u00e9ropositifs qui ont \u00e9t\u00e9 confront\u00e9s, comme Ti\u00e9gna et Bahi, \u00e0 la m\u00eame difficult\u00e9 d\u2019acc\u00e8s \u00e0 la th\u00e9rapie anti-r\u00e9trovirale. Le RIP+ est une organisation non gouvernementale bas\u00e9e \u00e0 Abidjan et regroupant 65 ONG anti-SIDA en C\u00f4te d\u2019Ivoire.  &#8220;A un moment donn\u00e9 de la crise et de l\u2019embargo sur les m\u00e9dicaments impos\u00e9s par l\u2019Union europ\u00e9enne, nous \u00e9tions tr\u00e8s pr\u00e9occup\u00e9s \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019\u00eatre confront\u00e9s \u00e0 des cas de r\u00e9sistance&#8221;, avoue \u00e0 IPS, Yaya Coulibaly, pr\u00e9sident du RIP+.  &#8220;A Abobo comme \u00e0 Yopougon (deux quartiers assi\u00e9g\u00e9s d&#39;Abidjan), de nombreux malades n\u2019avaient pas acc\u00e8s aux traitements en janvier et f\u00e9vrier&#8221;, affirme Coulibaly. &#8220;A l\u2019int\u00e9rieur, notamment dans l\u2019ouest du pays, la livraison \u00e9tait interrompue en d\u00e9cembre 2010, puis en avril 2011 pendant deux semaines, en raison des affrontements et des difficult\u00e9s de la Pharmacie de la sant\u00e9 publique d\u2019approvisionner les centres (de distribution)&#8221;.  Mais aujourd\u2019hui, Coulibaly para\u00eet rassur\u00e9 d\u2019avoir \u00e9vit\u00e9 de justesse une situation plus compliqu\u00e9e. &#8220;Il n\u2019y a aucun cas qui ait \u00e9t\u00e9 signal\u00e9 \u00e0 la date du 5 mai. Mais, il faudra attendre jusqu\u2019\u00e0 la fin de mai pour \u00eatre tr\u00e8s certain. Toutefois, nous devons cela \u00e0 une strat\u00e9gie mise en place par les ONG de lutte contre le SIDA depuis f\u00e9vrier&#8221;, se r\u00e9jouit-il.  &#8220;Avec les stocks disponibles et les centres qui ont \u00e9t\u00e9 rouverts, nous avons demand\u00e9 qu\u2019un malade, quel que soit son lieu d\u2019habitation, puisse recevoir des m\u00e9dicaments. S\u2019il \u00e9tait \u00e0 Yopougon, il peut \u00eatre servi \u00e0 Port-Bou\u00ebt (sud d\u2019Abidjan). Idem dans tous les centres du pays&#8221;, explique Coulibaly.  Pendant la crise, les ONG anti-SIDA avaient \u00e9galement ouvert des permanences au domicile de leurs responsables ou \u00e0 leur si\u00e8ge pour g\u00e9rer, \u00e0 partir de courriers \u00e9lectroniques sur Internet, des situations d\u00e9licates. &#8220;Les d\u00e9placements \u00e9taient quasi-impossibles, alors nous avons d\u00fb nous adapter de cette fa\u00e7on et nous en sommes satisfaits&#8221;, d\u00e9clare-t-il.  La C\u00f4te d\u2019Ivoire vient de traverser une nouvelle grave crise post\u00e9lectorale apr\u00e8s le scrutin pr\u00e9sidentiel de novembre 2010. Mais, depuis le 11 avril 2011, le pays a connu un changement de r\u00e9gime avec le d\u00e9part de Gbagbo, l\u2019ancien pr\u00e9sident, et l\u2019arriv\u00e9e de l\u2019opposant Alassane Ouattara au pouvoir. Durant plusieurs semaines, la capitale et des villes du l\u2019int\u00e9rieur ont \u00e9t\u00e9 le th\u00e9\u00e2tre d\u2019affrontements arm\u00e9s et de pillages.  La quarantaine de centres d\u2019approvisionnement en ARV &#8211; priv\u00e9s comme publics &#8211; que compte le pays, n\u2019avaient pas \u00e9chapp\u00e9 au pillage. Et seulement 45 pour cent d\u2019entre eux fonctionne actuellement, selon les ONG anti-SIDA.  Il est urgent de bien approvisionner les centres de distribution, souligne Boniface Si\u00e9, d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 m\u00e9dical \u00e0 la pharmacie au centre de sant\u00e9 communautaire d\u2019Att\u00e9coub\u00e9 (centre d\u2019Abidjan). &#8220;Et il faut \u00e9viter un engorgement ou un \u00e9garement de certains patients apr\u00e8s la normalisation de la situation&#8221;.  *Ce sont des noms d&#39;emprunt pour prot\u00e9ger l&#39;identit\u00e9 des personnes concern\u00e9es.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ABIDJAN, 7 mai (IPS) &#8211; Caroline Ti\u00e9gna*, tresseuse \u00e0 Abobo, un quartier du nord-ouest d\u2019Abidjan, recevait habituellement ses m\u00e9dicaments anti-r\u00e9troviraux (ARV) dans l\u2019un des centres de sant\u00e9 communautaire de cette commune de la capitale \u00e9conomique ivoirienne o\u00f9 elle \u00e9tait enregistr\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"author":330,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,10,1,7,3,4,29],"tags":[],"class_list":["post-5540","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-droits-humains","category-headlines","category-politique","category-population-refugies","category-sante","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5540","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/330"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5540"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5540\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5540"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5540"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5540"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}