{"id":5507,"date":"2011-04-16T13:40:01","date_gmt":"2011-04-16T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/04\/16\/congo-des-villas-plutot-que-des-legumes-a-brazzaville\/"},"modified":"2011-04-16T13:40:01","modified_gmt":"2011-04-16T13:40:01","slug":"congo-des-villas-plutot-que-des-legumes-a-brazzaville","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/04\/16\/congo-des-villas-plutot-que-des-legumes-a-brazzaville\/","title":{"rendered":"CONGO: Des villas plut\u00f4t que des l\u00e9gumes \u00e0 Brazzaville!"},"content":{"rendered":"<p>BRAZZAVILLE, 16 avr (IPS) &#8211; \u00abToutes les maisons que vous voyez ici, c\u2019\u00e9taient nos cultures. Les plus forts nous ont arrach\u00e9 la terre\u00bb, affirme \u00e0 IPS, Ang\u00e9lique Voutila, une mara\u00eech\u00e8re de 60 ans, montrant de belles villas construites en peu de temps au centre mara\u00eecher de Talanga\u00ef, pr\u00e8s de Brazzaville. <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\u00abLorsque mes parents ont commenc\u00e9 \u00e0 cultiver ici en 1958, il y avait de la terre pour tous, plus de 2.000 m\u00e8tres carr\u00e9s par mara\u00eecher. Aujourd\u2019hui, il ne reste plus rien\u00bb, regrette, d\u2019un ton m\u00e9lancolique, Jos\u00e9e Mayingana, une autre productrice de la ceinture mara\u00eech\u00e8re de Talanga\u00ef, au nord de Brazzaville, la capitale congolaise.  A sa cr\u00e9ation par l\u2019administration coloniale en 1949, la ceinture mara\u00eech\u00e8re de Talanga\u00ef s\u2019\u00e9talait sur plus de 100 hectares. \u00abAujourd\u2019hui, nous sommes \u00e0 23 hectares de terre\u00bb, affirme Joseph Moutanda, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du centre mara\u00eecher de Talanga\u00ef.  Chaque jour, les propri\u00e9taires terriens, r\u00e9habilit\u00e9s au Congo en 1991, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 d\u00e9poss\u00e9d\u00e9s par l\u2019Etat en 1969, viennent lotir et vendre des terrains sur ce site. Les clients ne sont pas des citoyens ordinaires, car les parcelles de 400 m\u00e8tres carr\u00e9s sont vendues \u00e0 environ 12.000 dollars, selon un acqu\u00e9reur anonyme.<\/p>\n<p> \u00abD\u00e8s qu\u2019une parcelle est vendue, les acqu\u00e9reurs d\u00e9barquent le lendemain pour saccager les cultures\u00bb, t\u00e9moigne \u00e0 IPS, Jean Mampouya, un mara\u00eecher.  \u00abJ\u2019ai tout perdu. Pour survivre avec ma famille, je suis oblig\u00e9e de venir aider les autres ici (comme ouvri\u00e8re agricole). Je suis r\u00e9duite \u00e0 rien\u00bb, se plaint V\u00e9ronique Mban, une autre productrice. Les mara\u00eechers affirment que 90 anciens exploitants de Talanga\u00ef viennent chercher du travail journalier sur ce site.<\/p>\n<p> D\u2019apr\u00e8s les responsables de ce centre qui compte 320 exploitants, les revenus de nombreux producteurs ont chut\u00e9 drastiquement. \u00abAvec seulement 400 m\u00e8tres carr\u00e9s de terre, on ne peut pas gagner 100.000 francs CFA (environ 200 dollars) en trois mois. Or avant, on arrivait \u00e0 plus de 500.000 FCFA (1.000 dollars) dans la m\u00eame p\u00e9riode\u00bb, r\u00e9v\u00e8le Moutanda.  \u00abJe n\u2019esp\u00e8re gagner que 15.000 FCFA (30 dollars) quand je r\u00e9colterai, six mois apr\u00e8s, mes 10 m\u00e8tres carr\u00e9s de choux. C\u2019est la mis\u00e8re\u00bb, s\u2019exclame Ferdinand Oloulou.  Selon les autorit\u00e9s, 1.153 personnes dont 873 femmes ont travaill\u00e9 comme mara\u00eechers en 2010 \u00e0 Brazzaville. Au centre mara\u00eecher de Djou\u00e9, un autre site agricole, pr\u00e8s d\u2019une rivi\u00e8re qui coule dans la partie sud de la capitale, les terres sont prot\u00e9g\u00e9es au profit des mara\u00eechers gr\u00e2ce \u00e0 l&#39;obtention des titres fonciers au nom des coop\u00e9ratives.  \u00abNous avons r\u00e9ussi \u00e0 s\u00e9curiser depuis 2001 quelque 41 hectares de terre avec des titres fonciers. Les mara\u00eechers ont chacun 1.000 m\u00e8tres carr\u00e9s de terre et peuvent cultiver librement\u00bb, souligne Rodin Ankoula, directeur d\u00e9partemental de l\u2019agriculture \u00e0 Brazzaville. Neuf autres hectares de terre sont d\u00e9j\u00e0 trouv\u00e9s \u00e0 Djou\u00e9 pour des mara\u00eechers en attente, ajoute-t-il \u00e0 IPS.  Il y a \u00e9galement des centaines de \u00abproducteurs isol\u00e9s\u00bb dans la ville, qui cultivent dans leurs habitations ou dans les cours de certaines administrations publiques. \u00abLeur apport sur le march\u00e9 local est tr\u00e8s important\u00bb, reconna\u00eet Ankoula.  D&#39;apr\u00e8s le gouvernement, les mara\u00eechers de Brazzaville ont produit 1.200 tonnes de fruits et l\u00e9gumes en 2010, contre 1.035 tonnes en 2009.  Mais toutes ces productions, encore tr\u00e8s insuffisantes, ont pouss\u00e9 Brazzaville \u00e0 importer en 2010 quelque 280 tonnes de fruits et l\u00e9gumes de Kinshasa, en R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo voisin.  Selon l\u2019Organisation des Nations Unies pour l\u2019alimentation et l\u2019agriculture, seulement deux pour cent des 10 millions d\u2019hectares des terres agricoles du Congo sont exploit\u00e9s.  Le gouvernement indique que l\u2019essentiel des 100.000 exploitations agricoles dans le pays sont consacr\u00e9es aux cultures vivri\u00e8res.  Face \u00e0 la d\u00e9possession des mara\u00eechers des terres agricoles de Talanga\u00ef par les propri\u00e9taires terriens, l\u2019Etat congolais avait d\u00e9clar\u00e9 cette zone \u00abd\u2019utilit\u00e9 publique\u00bb, mais cela n\u2019est pas respect\u00e9. \u00abNous ne sommes pas dupes. Pourquoi l\u2019Etat ne dit-il pas clairement que cette zone est r\u00e9serv\u00e9e aux activit\u00e9s agricoles?\u00bb, demande Moutanda.  Par ailleurs, le gouvernement annonce la construction, sur ce site de 23 hectares, un march\u00e9 moderne et une gare routi\u00e8re. \u00abIl y aura encore de la place pour faire le mara\u00eechage\u00bb, soutient Ankoula.  Les mara\u00eechers d\u00e9noncent \u00abl\u2019impuissance de l\u2019Etat\u00bb face aux propri\u00e9taires terriens. \u00abLes fonciers poursuivent tranquillement les lotissements ici\u00bb, affirme Georges Biy\u00e9, membre d\u2019un groupement de mara\u00eechers de Talanga\u00ef.  \u00abNous avons des papiers d\u00e9livr\u00e9s par l\u2019Etat qui nous permettent de lotir et vendre ces terres. Si les mara\u00eechers veulent y travailler, ils doivent acheter la terre comme tout le monde\u00bb, d\u00e9clare \u00e0 IPS, Gaspard Mpion, un propri\u00e9taire terrien \u00e0 Talanga\u00ef.  \u00abNous ne d\u00e9fions pas l\u2019Etat, mais ici, l\u2019Etat n\u2019a pas de terre\u00bb, souligne Joseph Mouloki, un autre propri\u00e9taire terrien. La loi congolaise stipule que \u00abla terre appartient \u00e0 l\u2019Etat\u00bb qui donne la possibilit\u00e9 \u00e0 tout citoyen de devenir \u00abpropri\u00e9taire par un titre foncier\u00bb.  Interrog\u00e9e par IPS, Nina Cynthia Kiyindou, une juriste, estime que \u00abl\u2019Etat devrait reconna\u00eetre \u00e0 ces mara\u00eechers la prescription acquisitive du fait de plus de 30 ans d\u2019exploitation de ces terres\u00bb. Elle ajoute: \u00abOn ne peut pas d\u00e9clarer une zone d\u2019utilit\u00e9 publique si elle n\u2019appartient pas aux particuliers. L\u2019Etat est affaibli pour avoir reconnu le droit traditionnel des terres\u00bb.<\/p>\n<p> \u00abAu Congo, la terre appartient \u00e0 ceux qui la mettent en valeur, la loi est claire. Les mara\u00eechers ont le droit d\u2019y rester\u00bb, insiste Guy Roger Kinga, un autre juriste. D&#39;apr\u00e8s le principe d&#39;ant\u00e9riorit\u00e9 des actes, explique-t-il \u00e0 IPS, les mara\u00eechers ont mis en premier la terre en valeur en y cultivant.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BRAZZAVILLE, 16 avr (IPS) &#8211; \u00abToutes les maisons que vous voyez ici, c\u2019\u00e9taient nos cultures. Les plus forts nous ont arrach\u00e9 la terre\u00bb, affirme \u00e0 IPS, Ang\u00e9lique Voutila, une mara\u00eech\u00e8re de 60 ans, montrant de belles villas construites en peu&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/04\/16\/congo-des-villas-plutot-que-des-legumes-a-brazzaville\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":430,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[31,5,37,11,10,1,20],"tags":[],"class_list":["post-5507","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-africa-centrale","category-afrique","category-afrique-cultiver-le-futur","category-developpement","category-droits-humains","category-headlines","category-travail"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5507","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/430"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5507"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5507\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5507"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5507"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5507"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}