{"id":5487,"date":"2011-04-04T13:40:01","date_gmt":"2011-04-04T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/04\/04\/cote-divoire-le-pays-si-proche-du-chaos\/"},"modified":"2011-04-04T13:40:01","modified_gmt":"2011-04-04T13:40:01","slug":"cote-divoire-le-pays-si-proche-du-chaos","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/04\/04\/cote-divoire-le-pays-si-proche-du-chaos\/","title":{"rendered":"COTE D\u2019IVOIRE: Le pays si proche du chaos!"},"content":{"rendered":"<p>ABIDJAN, 4 avr (IPS) &#8211; Des habitants apeur\u00e9s encore enferm\u00e9s dans leurs maisons, des sc\u00e8nes de pillages, des domiciles saccag\u00e9s et des attaques contre des civils \u00e0 Abidjan, ajout\u00e9s aux affrontements interethniques dans l&#39;ouest du pays, donnent l\u2019image d\u2019une C\u00f4te d\u2019Ivoire qui bascule progressivement dans le chaos.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>A Abidjan, les forces de l\u2019ordre ont d\u00e9sert\u00e9 les commissariats et postes de gendarmerie, cr\u00e9ant un vide s\u00e9curitaire dans la ville. Des commerces ont \u00e9t\u00e9 donc saccag\u00e9s et pill\u00e9s dans les communes de Marcory, Koumassi, deux communes du sud de la capitale \u00e9conomique ivoirienne.<\/p>\n<p> Clo\u00eetr\u00e9es dans les maisons depuis bient\u00f4t cinq jours, les populations commencent \u00e0 voir leurs provisions s\u2019\u00e9puiser. Aussi, la fourniture d\u2019eau est interrompue dans plusieurs quartiers d\u2019Abidjan, dont Cocody-Anono (ouest), Treichville (sud) et Adjam\u00e9 (centre) ces deux derniers jours.  Lundi matin (4 avril), ce sont des charretiers qui s\u2019employaient, avec de gros bidons et des barriques, \u00e0 trouver de l\u2019eau dans les communes de Deux Plateaux, Cocody (centre-est) pour approvisionner des foyers, ont rapport\u00e9 des t\u00e9moins \u00e0 IPS. &#8220;Un bidon de 20 litres d\u2019eau \u00e0 500 francs CFA (environ 1,2 dollar): c\u2019est \u00e0 prendre o\u00f9 \u00e0 laisser et nous n\u2019avons pas le choix&#8221;, souligne \u00e0 IPS, Fabrice Kokora, un agent de mairie \u00e0 Cocody.  Dans le quartier de Cocody-II Plateaux o\u00f9 IPS s\u2019est rendu ce lundi, l\u2019un des supermarch\u00e9s, qui a ouvert ses portes, a \u00e9t\u00e9 pris d\u2019assaut par de longues files d\u2019attente. Les populations ont brav\u00e9 les coups de canons entre les combattants pro-Gbagbo et pro-Ouattara pour se trouver de quoi \u00e0 manger. Certains clients portaient des sacs de riz au dos, d\u2019autres leurs colis sur la t\u00eate. Aucun v\u00e9hicule de transport en commun n\u2019\u00e9tant disponible.  Le couvre-feu commence \u00e0 12 heures locales pour s\u2019achever \u00e0 6 heures du matin.  A la boulangerie, la baguette de pain de 150 FCFA (32 cents) co\u00fbte d\u00e9sormais 400 FCFA (64 cents). Et chaque client n\u2019a droit qu\u2019\u00e0 deux baguettes. &#8220;Il faut que tout le monde ait au moins quelque chose \u00e0 manger. Ce n\u2019est pas m\u00e9chant, mais la situation actuelle prouve que nous sommes tous vuln\u00e9rables&#8221;, confie tristement Souleymane Sanogo, un cadre de banque \u00e0 Abidjan.  Les march\u00e9s ferm\u00e9s, des commer\u00e7antes occupent d\u00e9sormais certains trottoirs et carrefours pour \u00e9couler quelques marchandises qu\u2019elles avaient en stocks. Ainsi, une boule d\u2019atti\u00e9k\u00e9 (semoule de manioc tr\u00e8s consomm\u00e9e dans le pays) revient \u00e0 400 FCFA (64 cents) voire 500 FCFA (1,2 dollar), contre 100 FCFA (16 cents) en temps normal. Les autres produits ont vu leurs prix tripler ou quadrupler.  &#8220;Nous sommes au bord du chaos&#8221;, commente s\u00e8chement au t\u00e9l\u00e9phone avec IPS, Gervais Boka Sako, pr\u00e9sident de la Fondation ivoirienne pour les droits de l\u2019Homme et la vie politique, bas\u00e9e \u00e0 Abidjan.  &#8220;Le pays a certainement atteint le point du non retour&#8221;, ajoute, de son c\u00f4t\u00e9, Marcelline Gu\u00e9\u00ef, restauratrice dans le quartier chic de Cocody-II Plateaux. Apr\u00e8s avoir ferm\u00e9 les portes de son restaurant, elle cherche d\u00e9sormais \u00e0 quitter la capitale \u00e9conomique comme bon nombre d\u2019habitants qui r\u00e9sident non loin des zones de combats.  Seulement, &#8220;on ne sait pas vraiment o\u00f9 aller. L\u2019ins\u00e9curit\u00e9 est partout&#8221;, rench\u00e9rit Rolande Tour\u00e9, une couturi\u00e8re anciennement domicili\u00e9e \u00e0 Abobo \u2013 soumis aux violents combats arm\u00e9s depuis longtemps &#8211; et qui avait trouv\u00e9 refuge \u00e0 Cocody.  Par ailleurs, Tour\u00e9 d\u00e9nonce des r\u00e8glements de compte et autres affrontements interethniques ou intercommunautaires qui ont actuellement cours un peu partout dans le pays. C\u2019est le cas notamment dans la r\u00e9gion Aky\u00e9 (fief de Gbagbo), dans le sud-est du pays.  &#8220;Depuis l\u2019arriv\u00e9e, il y a cinq jours, des forces pro-Ouattara, les autochtones et allog\u00e8nes s\u2019accusent mutuellement de destructions des biens et d\u2019agressions physiques&#8221;, raconte \u00e0 IPS, St\u00e9phane Abouo, enseignant \u00e0 N\u2019douci (environ 85 kilom\u00e8tres au nord d\u2019Abidjan). &#8220;La tension est vive et les premiers affrontements intercommunautaires se profilent chaque soir \u00e0 l\u2019horizon apr\u00e8s l\u2019assassinat du chef du village&#8221;.  Ce chef traditionnel, d\u00e9nonc\u00e9 par des allog\u00e8nes, selon Abouo, a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 en raison de son pr\u00e9sum\u00e9 soutien au candidat Laurent Gbagbo, lors de l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle de novembre 2010.    Le sous-quartier Port-Bou\u00ebt II de Yopougon (Abidjan) d\u2019environ 3.000 habitants favorables \u00e0 Alassane Ouattara, accus\u00e9 de constituer un nid des forces pro-Ouattara, a \u00e9t\u00e9 pratiquement d\u00e9truit samedi (2 avril) par des \u00e9l\u00e9ments des Forces de d\u00e9fense et de s\u00e9curit\u00e9 (FDS), fid\u00e8les \u00e0 Gbagbo).  &#8220;A la premi\u00e8re intervention des forces pro-Gbagbo fin-mars, certains habitants ont eu la vie sauve en quittant les lieux. Mais, cette fois-ci (le 2 avril au matin), il a eu un vrai massacre de combattants rebelles et de civils&#8221;, confie \u00e0 IPS au t\u00e9l\u00e9phone, Bertin Konan, informaticien r\u00e9sidant dans le secteur de Siporex (pr\u00e8s de Port-Bou\u00ebt II).  Konan soutient que le secteur est fortement d\u00e9sert avec quelques rares habitants encore rest\u00e9s sur place, tandis qu\u2019un grand nombre s\u2019est enfui hors d\u2019Abidjan.   En outre, dans le d\u00e9partement de Du\u00e9kou\u00e9, dans l\u2019ouest du pays, quatre jours apr\u00e8s l\u2019occupation de la ville par des soldats des Forces r\u00e9publicaines (pro-Ouattara), la r\u00e9gion continue de conna\u00eetre l\u2019horreur. Selon un communiqu\u00e9 de M\u00e9decins sans fronti\u00e8res (MSF) dont IPS a re\u00e7u copie dimanche (3 avril), des bless\u00e9s affluent \u00e0 Man, Bangolo et Danan\u00e9 (extr\u00eame ouest du pays).   &#8220;Le nombre de nouveaux bless\u00e9s est inqui\u00e9tant et indique que des violences continuent. Les tensions intercommunautaires sont extr\u00eamement vives&#8221;, souligne le document.   Le communiqu\u00e9 affirme que 195 personnes souffrant de blessures par balles ou machettes ont eu besoin de soins d\u2019urgence. La situation sanitaire se d\u00e9grade davantage au moment o\u00f9 les h\u00f4pitaux du pays ont du mal \u00e0 faire face \u00e0 l\u2019afflux des bless\u00e9s et autres malades, en raison d\u2019un embargo sur les m\u00e9dicaments impos\u00e9s contre la C\u00f4te d\u2019Ivoire par l\u2019Union europ\u00e9enne depuis deux mois.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ABIDJAN, 4 avr (IPS) &#8211; Des habitants apeur\u00e9s encore enferm\u00e9s dans leurs maisons, des sc\u00e8nes de pillages, des domiciles saccag\u00e9s et des attaques contre des civils \u00e0 Abidjan, ajout\u00e9s aux affrontements interethniques dans l&#39;ouest du pays, donnent l\u2019image d\u2019une C\u00f4te&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/04\/04\/cote-divoire-le-pays-si-proche-du-chaos\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":330,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,10,1,7,3,29],"tags":[],"class_list":["post-5487","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-droits-humains","category-headlines","category-politique","category-population-refugies","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5487","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/330"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5487"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5487\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5487"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5487"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5487"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}