{"id":5484,"date":"2011-04-02T13:40:01","date_gmt":"2011-04-02T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/04\/02\/senegal-bras-de-fer-entre-gouvernement-et-pecheurs\/"},"modified":"2011-04-02T13:40:01","modified_gmt":"2011-04-02T13:40:01","slug":"senegal-bras-de-fer-entre-gouvernement-et-pecheurs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/04\/02\/senegal-bras-de-fer-entre-gouvernement-et-pecheurs\/","title":{"rendered":"SENEGAL: Bras de fer entre gouvernement et p\u00eacheurs"},"content":{"rendered":"<p>DAKAR, 2 avr (IPS) &#8211; Les p\u00eacheurs s\u00e9n\u00e9galais s\u2019opposent au gouvernement qui, selon eux, a accord\u00e9 22 autorisations de p\u00eache \u00e0 des chalutiers \u00e9trangers, au moment o\u00f9 le poisson se rar\u00e9fie dans les eaux maritimes du S\u00e9n\u00e9gal.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Ils voulaient organiser une marche de protestation mercredi (30 mars), \u00e0 Dakar, la capitale s\u00e9n\u00e9galaise, avec les p\u00eacheurs artisanaux, mais la manifestation a \u00e9t\u00e9 interdite par les autorit\u00e9s.<\/p>\n<p> Le Groupement des armateurs et industriels de p\u00eache au S\u00e9n\u00e9gal (GAIPES) &#8211; un syndicat des patrons de p\u00eache \u2013 dirige cette lutte men\u00e9e par les acteurs de la p\u00eache pour emmener le minist\u00e8re de l\u2019Economie maritime \u00e0 retirer ces autorisations d\u00e9livr\u00e9es, selon lui, au premier trimestre de 2010.  \u00abEn 2010, nous avions sign\u00e9 des accords de p\u00eache avec six bateaux \u00e9trangers qui devaient p\u00eacher pendant quatre mois des p\u00e9lagiques qui transitaient par le S\u00e9n\u00e9gal, en provenance du Maroc, de la Mauritanie&#8230; Ces contrats ayant expir\u00e9, les bateaux sont repartis\u00bb, explique \u00e0 IPS, le commandant Matar Sambou, chef de la direction de la surveillance et du contr\u00f4le des p\u00eaches.  Sambou accuse le GAIPES de \u00abfaire de l\u2019amalgame\u00bb en parlant de 22 autorisations de p\u00eache. \u00abD\u00e9but mars 2011, nous avons sign\u00e9 des accords de p\u00eache avec 11 ou 12 bateaux pour une dur\u00e9e de deux mois\u00bb, affirme-t-il.  Selon le GAIPES, les chalutiers \u00e9trangers b\u00e9n\u00e9ficiaires des autorisations d\u00e9nonc\u00e9es par le GAIPES depuis le 11 mars 2011, sont russes, b\u00e9liziens, mauriciens, ukrainiens et comoriens.   \u00abCes bateaux p\u00eachent avec des protocoles ill\u00e9gaux car sign\u00e9s par le ministre de l\u2019Economie maritime sans \u00eatre enregistr\u00e9s ni num\u00e9rot\u00e9s par les services (techniques) comp\u00e9tents\u00bb de l\u2019Etat, d\u00e9clare \u00e0 IPS, Dougoutigui Coulibaly, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du GAIPES, qui d\u00e9nonce un &#8220;bradage&#8221; des ressources halieutiques du pays.   \u00abLa commission consultative d\u2019attribution des licences de p\u00eache du minist\u00e8re de l\u2019Economie maritime avait suspendu ces 11 ou 12 autorisations de p\u00eache en d\u00e9cembre 2010, parce que le GAIPES les avait d\u00e9nonc\u00e9es. Mais, puisque des membres de cette commission ont montr\u00e9 que signer ces accords peut permettre au Tr\u00e9sor public de percevoir des recettes, le ministre a \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9 \u00e0 les signer (en mars 2011)\u00bb, ajoute Sambou.  La p\u00eache est l\u2019une des principales activit\u00e9s \u00e9conomiques au S\u00e9n\u00e9gal, et occupe environ 600.000 personnes \u2013 huit fois plus nombreuses que les quelque 75.000 fonctionnaires de l\u2019Etat. En 2009 par exemple, la p\u00eache repr\u00e9sentait 13 pour cent des exportations s\u00e9n\u00e9galaises et 1,7 pour cent du produit int\u00e9rieur brut, selon le minist\u00e8re de l\u2019Economie maritime.  \u00abLa p\u00eache artisanale au S\u00e9n\u00e9gal est devenue une p\u00eache de subsistance parce que les stocks de poisson sont en constante diminution. Il n\u2019y a plus d\u2019esp\u00e8ces nobles comme la carpe et le merlu. Maintenant, les S\u00e9n\u00e9galais ne mangent que les petits poissons: les sardinelles, les chinchards, les maquereaux&#8230;\u00bb, d\u00e9plore Raoul Monsembula, de l\u2019organisation \u00e9cologiste Greenpeace Afrique.<\/p>\n<p> \u00abLes autorisations accord\u00e9es \u00e0 ces bateaux industriels vont entra\u00eener la disparition des ressources halieutiques et, par cons\u00e9quent, la perte des revenus des 600.000 acteurs de la p\u00eache\u00bb, pr\u00e9vient Amadou Ch\u00e9rif Diagne, un sociologue habitant Gueth-Ndar, un quartier de p\u00eacheurs de Saint-Louis, dans le nord du S\u00e9n\u00e9gal.   Le bureau r\u00e9gional de Greenpeace Afrique \u00e0 Dakar a lanc\u00e9 \u00abun appel au gouvernement s\u00e9n\u00e9galais pour qu\u2019il revienne sur sa d\u00e9cision\u00bb de d\u00e9livrer ces licences de p\u00eache, afin de \u00abmettre fin au pillage\u00bb des ressources halieutiques du pays.  Sada Fall, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Collectif national des p\u00eacheurs artisanaux (CNPA) du S\u00e9n\u00e9gal, exhorte \u00e9galement le gouvernement \u00e0 \u00abarr\u00eater ces licences de p\u00eache\u00bb qui vont \u00abtuer la p\u00eache artisanale\u00bb.  \u00abLe S\u00e9n\u00e9gal a souverainement d\u00e9cid\u00e9 d\u2019exploiter une partie des ressources halieutiques afin que le Tr\u00e9sor public puisse en b\u00e9n\u00e9ficier \u00e0 l\u2019instar des autres pays limitrophes\u00bb, d\u00e9clare le minist\u00e8re de l\u2019Economie maritime.   Le Tr\u00e9sor public per\u00e7oit 35 dollars de chaque tonne prise par ces chalutiers \u00e9trangers, indique-t-il, soulignant que des techniciens de p\u00eache s\u00e9n\u00e9galais montent \u00e0 bord de ces chalutiers pour contr\u00f4ler la quantit\u00e9 des prises.    \u00abUn stock de 1,450 million tonnes de p\u00e9lagiques transitent de la Mauritanie, du Cap-Vert, de la Guin\u00e9e-Bissau et de la Gambie vers le S\u00e9n\u00e9gal. Si ce stock n\u2019est pas p\u00each\u00e9, il meurt et ce sera une \u00e9norme perte pour notre pays\u00bb, a affirm\u00e9 le minist\u00e8re de l\u2019Economie maritime, Khoura\u00efchi Thiam, le 29 mars, sur une radio priv\u00e9e locale.<\/p>\n<p> \u00abSi le gouvernement ne suspend pas ces licences, nous irons chercher les chalutiers en mer et en d\u00e9coudre avec eux. Nous allons les chasser de nos eaux quel que soit le prix \u00e0 payer\u00bb, avertit Fall, du CNPA. Bas\u00e9 \u00e0 Saint-Louis o\u00f9 le gouvernement recense quelque 2.800 pirogues de p\u00eache, le CNPA revendique 15.000 membres.  Coulibaly, du GAIPES, ajoute: \u00abNous avons toute une panoplie d\u2019actions \u00e0 d\u00e9rouler (gr\u00e8ves) pour que le gouvernement retire ces licences de p\u00eache. Nous n\u2019\u00e9cartons pas de retirer des eaux toute la flotte industrielle et artisanale et, par cons\u00e9quent, fermer les usines\u00bb.  Selon le Code maritime s\u00e9n\u00e9galais, \u00ables ressources maritimes sont un patrimoine national. L\u2019Etat peut autoriser des personnes physiques et morales de nationalit\u00e9 s\u00e9n\u00e9galaise ou \u00e9trang\u00e8re \u00e0 p\u00eacher dans les eaux sous juridiction s\u00e9n\u00e9galaise\u00bb, a expliqu\u00e9 \u00e0 IPS, Alassane Ndiaye, professeur de droit \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Cheikh Anta Diop de Dakar.  Selon Ndiaye, le Code maritime stipule que les demandeurs de licences de p\u00eache doivent s\u2019adresser au ministre de l\u2019Economie maritime, qui doit prendre l\u2019avis de la Commission consultative d\u2019attribution des licences de p\u00eache. \u00abSi cette proc\u00e9dure est respect\u00e9e, les licences de p\u00eache en question sont conformes \u00e0 la l\u00e9galit\u00e9\u00bb, indique-t-il.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DAKAR, 2 avr (IPS) &#8211; Les p\u00eacheurs s\u00e9n\u00e9galais s\u2019opposent au gouvernement qui, selon eux, a accord\u00e9 22 autorisations de p\u00eache \u00e0 des chalutiers \u00e9trangers, au moment o\u00f9 le poisson se rar\u00e9fie dans les eaux maritimes du S\u00e9n\u00e9gal.<\/p>\n","protected":false},"author":578,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,38,11,6,12,1,29],"tags":[],"class_list":["post-5484","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-commerce-et-pauvrete","category-developpement","category-economie-finances-le-commerce","category-environnement","category-headlines","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5484","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/578"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5484"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5484\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5484"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5484"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5484"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}