{"id":5475,"date":"2011-03-29T13:40:01","date_gmt":"2011-03-29T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/03\/29\/liberia-des-villages-frontaliers-sefforcent-a-accueillir-des-refugies-ivoiriens\/"},"modified":"2011-03-29T13:40:01","modified_gmt":"2011-03-29T13:40:01","slug":"liberia-des-villages-frontaliers-sefforcent-a-accueillir-des-refugies-ivoiriens","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/03\/29\/liberia-des-villages-frontaliers-sefforcent-a-accueillir-des-refugies-ivoiriens\/","title":{"rendered":"LIBERIA: Des villages frontaliers s\u2019efforcent \u00e0 accueillir des r\u00e9fugi\u00e9s ivoiriens"},"content":{"rendered":"<p>BUTUO, Lib\u00e9ria, 29 mars (IPS) &#8211; Cet homme de Butuo ne conna\u00eet qu&#39;une seule phrase en fran\u00e7ais: &#39;Viens manger&#39;. C&#39;est ce que les gens lui disaient il y a des ann\u00e9es, quand il \u00e9tait l&#39;un des centaines de milliers qui ont fui vers la C\u00f4te d&#39;Ivoire pour \u00e9chapper \u00e0 la brutale guerre civile de 14 ans au Lib\u00e9ria. <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>&#8220;C\u2019est comme cela que je la connais [la phrase]&#8221;, d\u00e9clare-t-il. &#8220;Ils nous donnaient des vivres&#8221;.  Les choses ont chang\u00e9 de camp aujourd&#39;hui. Cette ville situ\u00e9e \u00e0 quelques kilom\u00e8tres de la fronti\u00e8re accueille des milliers d&#39;Ivoiriens depuis l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle contest\u00e9e de novembre 2010, qui pousse ce pays premier producteur mondial de cacao encore plus pr\u00e8s de la guerre civile.  Le pr\u00e9sident sortant, Laurent Gbagbo, a brav\u00e9 la pression internationale lui demandant de se retirer, apr\u00e8s une d\u00e9faite certifi\u00e9e par les Nations Unies, au profit de son rival de longue date, Alassane Ouattara. Le conflit qui a suivi a tu\u00e9 des centaines de personnes, d\u00e9plac\u00e9 pr\u00e8s d\u2019un million et jet\u00e9 l&#39;\u00e9conomie du pays dans le chaos.  Cette crise est en train d\u2019avoir un impact croissant sur les pays voisins, dont beaucoup se remettent de leurs propres guerres.  Des villageois \u00e0 Butuo ont accueilli des douzaines d\u2019Ivoiriens dans leurs petites maisons, dans certains cas, donnant litt\u00e9ralement aux r\u00e9fugi\u00e9s une partie de leur nourriture et de leurs v\u00eatements. Comme l\u2019a dit un agent d\u2019une organisation non gouvernementale, ils se souviennent de ce que signifie \u00eatre r\u00e9fugi\u00e9, courir \u00e0 travers la brousse fuyant les tirs des mitrailleuses. Ils se rappellent les personnes qui ont pris soin d&#39;eux dans leurs moments difficiles.  Titos Peters, un habitant ancien de Butuo, vit dans la maison familiale avec une douzaine d&#39;autres parents. Depuis que les r\u00e9fugi\u00e9s ont commenc\u00e9 \u00e0 affluer vers Butuo, bon nombre en provenance du village de Bin Houye, juste apr\u00e8s la fronti\u00e8re, la famille de Peters compte environ 60 personnes sous son toit. Certains sont des parents, beaucoup sont des \u00e9trangers qui ont besoin d&#39;aide, d\u00e9clare Peters.  &#8220;Nous sommes tous parent\u00e9s, vous savez&#8221;, souligne Peters, qui a pass\u00e9 des ann\u00e9es \u00e0 Bin Houye pendant la guerre au Lib\u00e9ria. &#8220;Si quelque chose se passe ici de ce c\u00f4t\u00e9, nous courons vers l\u2019autre c\u00f4t\u00e9. Si quelque chose se produit de ce c\u00f4t\u00e9, ils courent vers nous&#8221;.  Mais les semaines sont devenues des mois, \u00e9puisant les vivres d\u00e9j\u00e0 maigres et les approvisionnements en eau, accablant les installations sanitaires et d\u2019assainissement. Comme des maladies commencent \u00e0 se propager et que davantage de personnes souffrent de la faim, des tensions commencent \u00e0 faire surface.  Annie W. Kwaleh, repr\u00e9sentante des femmes du district, est \u00e0 bout de patience. Elle dit que les r\u00e9fugi\u00e9s remplissent les maisons des gens et mangent leur nourriture, qu&#39;ils soient invit\u00e9s ou non, et que des maladies se r\u00e9pandent, puisque les gens d\u00e9f\u00e8quent sur les espaces publics, faute d&#39;installations ad\u00e9quates.  &#8220;Le peu que vous avez, vous le partagez avec les \u00e9trangers&#8221;, indique Kwaleh. &#8220;Ils ne veulent pas aller [dans les camps] et nous ne pouvons pas les mettre dehors. Ils ont mang\u00e9 tous nos r\u00e9serves alimentaires, [et] il ne nous reste rien. Nous ne savons pas quoi faire&#8221;.  Le Haut commissariat des Nations Unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s (HCR) d\u00e9place lentement des r\u00e9fugi\u00e9s venus des villages \u00e9parpill\u00e9s le long de la fronti\u00e8re recul\u00e9e vers un camp principal \u00e0 Bahn, situ\u00e9 \u00e0 60 kilom\u00e8tres sur une route cahoteuse. Ce camp a une capacit\u00e9 d&#39;environ 15.000 personnes \u2013 bien que moins de 2.000 soient l\u00e0 maintenant. Un autre camp est en construction et des camps de transit ont pouss\u00e9 \u00e0 travers le comt\u00e9 de Nimba, l&#39;\u00e9picentre de la crise des r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 ce jour.  Auparavant, des agences assistaient les r\u00e9fugi\u00e9s dans cette r\u00e9gion frontali\u00e8re. Mais le 24 f\u00e9vrier, des affrontements violents ont \u00e9clat\u00e9 le long de la bordure ouest de la C\u00f4te d&#39;Ivoire entre les forces pro-Gbagbo et l&#39;ancienne arm\u00e9e rebelle alli\u00e9e \u00e0 Ouattara.  &#8220;Cette journ\u00e9e a commenc\u00e9 avec un coup de t\u00e9l\u00e9phone indiquant qu&#39;il y avait 2.000 personnes \u00e0 la fronti\u00e8re&#8221;, d\u00e9clare Dina Sinigallia, un agent des relations ext\u00e9rieures au sous-bureau du HCR \u00e0 Saclepea, pr\u00e8s de Bahn.  Le HCR est confront\u00e9 maintenant \u00e0 la croissance du nombre et \u00e0 la d\u00e9t\u00e9rioration de la s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 la fronti\u00e8re, et l&#39;accent est concentr\u00e9 \u00e0 pr\u00e9sent sur comment d\u00e9placer les gens de cette r\u00e9gion frontali\u00e8re. Sinigallia explique que la politique est de recommander aux r\u00e9fugi\u00e9s d\u2019aller \u00e0 Bahn ou vers l&#39;une des 15 communaut\u00e9s qui ont des zones d\u2019installation.  &#8220;L\u2019assistance ne sera plus fournie dans la r\u00e9gion frontali\u00e8re. Une autre distribution de vivres est peu probable&#8221;, dit-elle.  Mais beaucoup de r\u00e9fugi\u00e9s refusent d&#39;\u00eatre transf\u00e9r\u00e9s \u00e0 Bahn &#8211; ils ne veulent pas s&#39;\u00e9loigner davantage des membres de la famille qui sont encore en C\u00f4te d&#39;Ivoire et ils disent qu&#39;ils ne peuvent pas manger le boulgour distribu\u00e9 par le HCR sans tomber malade.  &#8220;Nous ne pouvons pas obliger quelqu\u2019un \u00e0 se d\u00e9placer&#8221;, indique Sinigallia. &#8220;C\u2019est volontaire&#8221;.  P. Zoyeagbander D. Gbeardeu, adjoint au chef de Butuo, affirme que le peu de vivres qui ont \u00e9t\u00e9 distribu\u00e9s ne convenaient pas &#8211; le m\u00eame boulgour qui emp\u00eache les r\u00e9fugi\u00e9s d\u2019aller dans les camps &#8211; et l&#39;assainissement qui se d\u00e9t\u00e9riore. Au moins sept personnes sont mortes de diarrh\u00e9e depuis l&#39;afflux provoqu\u00e9 par les combats de fin f\u00e9vrier, dit-il.  &#8220;Nous leur avons dit: il vaut mieux que vous alliez au camp parce que nos vivres ici sont totalement \u00e9puis\u00e9s&#8221;, souligne Gbeardeu. &#8220;S&#39;ils restent, nous devrons tous aller au camp ou mourir de faim&#8221;.  Il s&#39;inqui\u00e8te \u00e9galement de la s\u00e9curit\u00e9 &#8211; ce district, avec une population de 47.000 habitants, dispose de trois policiers, de 13 gardes-fronti\u00e8re et de huit agents de l&#39;immigration, et les combats sont assez proches que les villageois peuvent entendre le bruit des mitrailleuses et de l&#39;artillerie lourde.  &#8220;Nous ne prions pas pour que quelque de mal se produise, mais si c\u2019\u00e9tait le cas, nous serions tr\u00e8s vuln\u00e9rables&#8221;.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BUTUO, Lib\u00e9ria, 29 mars (IPS) &#8211; Cet homme de Butuo ne conna\u00eet qu&#39;une seule phrase en fran\u00e7ais: &#39;Viens manger&#39;. C&#39;est ce que les gens lui disaient il y a des ann\u00e9es, quand il \u00e9tait l&#39;un des centaines de milliers qui&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/03\/29\/liberia-des-villages-frontaliers-sefforcent-a-accueillir-des-refugies-ivoiriens\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":859,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,10,1,7,3,29],"tags":[],"class_list":["post-5475","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-droits-humains","category-headlines","category-politique","category-population-refugies","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5475","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/859"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5475"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5475\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5475"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5475"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5475"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}