{"id":5465,"date":"2011-03-23T13:40:01","date_gmt":"2011-03-23T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/03\/23\/malawi-incertitude-au-sujet-du-role-des-accoucheuses-traditionnelles\/"},"modified":"2011-03-23T13:40:01","modified_gmt":"2011-03-23T13:40:01","slug":"malawi-incertitude-au-sujet-du-role-des-accoucheuses-traditionnelles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/03\/23\/malawi-incertitude-au-sujet-du-role-des-accoucheuses-traditionnelles\/","title":{"rendered":"MALAWI: Incertitude au sujet du r\u00f4le des accoucheuses traditionnelles"},"content":{"rendered":"<p>LILONGWE, 23 mars (IPS) &#8211; Lorsque l\u2019interdiction des accoucheuses traditionnelles a \u00e9t\u00e9 lev\u00e9e l\u2019an dernier, des femmes enceintes ont rapidement fait leur apparition devant la porte de Dorothy Chirwa, dans le village de Malombe, \u00e0 Mangochi, un district sur les rives du lac Malawi, dans le sud du pays. <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Chirwa faisait partie des milliers de TBA interdites de fournir des soins aux femmes en 2007.  Le minist\u00e8re de la Sant\u00e9 a impos\u00e9 l\u2019interdiction, attribuant le fort taux de mortalit\u00e9 maternelle du pays \u00e0 un manque de comp\u00e9tences de la part des accoucheuses traditionnelles (TBA). Les TBA, a d\u00e9clar\u00e9 le minist\u00e8re, n\u2019\u00e9taient pas capables de reconna\u00eetre rapidement les cas d\u2019urgences obst\u00e9tricales et n\u2019arrivaient pas \u00e0 prendre des mesures pour pr\u00e9venir la transmission du VIH des m\u00e8res \u00e0 leurs nouveau-n\u00e9s.  Pendant les trois ann\u00e9es o\u00f9 les TBA ont \u00e9t\u00e9 interdites, des cas de complications mortelles, telles que la rupture de l\u2019ut\u00e9rus ou de la vessie, ont diminu\u00e9 selon le pr\u00e9sident de l\u2019Association des gyn\u00e9cologues, Dr Frank Taulo.  Solution imparfaite  L\u2019interdiction semblait avoir un effet positif. En 2007, le taux de mortalit\u00e9 maternelle au Malawi \u00e9tait de 807 femmes pour 100.000 naissances vivantes. Selon les chiffres publi\u00e9s au cours de la Revue des objectifs du mill\u00e9naire pour le d\u00e9veloppement (OMD) des Nations Unies en septembre 2010, il avait baiss\u00e9 \u00e0 510 femmes pour 100.000 naissances vivantes.  Mais derri\u00e8re l\u2019am\u00e9lioration des chiffres, une mauvaise extension du syst\u00e8me de sant\u00e9 publique signifiait que beaucoup de femmes continuaient de se tourner vers les TBA pendant l\u2019interdiction, selon Dorothy Ngoma, directeur ex\u00e9cutif de l\u2019Organisation nationale des infirmiers et sages-femmes du Malawi.  &#8220;Ce qui s\u2019est pass\u00e9 est que [les accoucheuses traditionnelles] sont entr\u00e9es dans la clandestinit\u00e9 de peur d\u2019\u00eatre amend\u00e9es. Alors, en termes de statistiques, nous \u00e9tions perdants, puisque les d\u00e9c\u00e8s et les naissances chez ces personnes n\u2019\u00e9taient pas enregistr\u00e9s&#8221;.  Taulo reconna\u00eet que les femmes enceintes ne jouissent pas, en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, d\u2019un acc\u00e8s suffisant aux soins. L\u2019association a longtemps recommand\u00e9 au gouvernement d\u2019augmenter le nombre de centres de sant\u00e9, de former plus de gens et de rappeler les infirmi\u00e8res retrait\u00e9es pour compenser le manque en accoucheuses qualifi\u00e9es au lieu d\u2019impliquer des personnes non qualifi\u00e9es.  Deux postes sur trois dans le syst\u00e8me de sant\u00e9 publique du Malawi sont vacants, selon les statistiques actuelles du minist\u00e8re de la Sant\u00e9.  La lev\u00e9e de l\u2019interdiction  A son retour du sommet sur les OMD en septembre, le pr\u00e9sident du Malawi Bingu wa Mutharika a pris tout le monde au d\u00e9pourvu lorsqu\u2019il a annul\u00e9 la d\u00e9cision d\u2019interdiction faite aux accoucheuses traditionnelles.  &#8220;L\u2019on ne doit pas emp\u00eacher les accoucheuses traditionnelles de pratiquer. L\u2019on doit plut\u00f4t les former sur des m\u00e9thodes d\u2019accouchement plus s\u00fbres&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 Mutharika.  L\u2019interdiction a \u00e9t\u00e9 imm\u00e9diatement lev\u00e9e. &#8220;Les femmes en travail ont commenc\u00e9 \u00e0 frapper \u00e0 ma porte sur-le-champ, demandant que je les aide \u00e0 accoucher&#8221;, a affirm\u00e9 Chirwa \u00e0 IPS.  La r\u00e9gion o\u00f9 r\u00e9side Chirwa, Malombe, illustre parfaitement la demande des services des accoucheuses: c\u2019est environ \u00e0 70 kilom\u00e8tres de l\u2019H\u00f4pital du district de Mangochi, le centre de sant\u00e9 le plus proche qui fournit des soins de maternit\u00e9.  &#8220;Je ne peux pas renvoyer les femmes. Je connais un certain nombre de femmes qui ont accouch\u00e9 en pleine route vers l\u2019h\u00f4pital. De nombreuses femmes enceintes ont du mal \u00e0 voyager sur une longue distance. La route est jalonn\u00e9e de tant de fleuves et de cours d\u2019eau, qui la traversent. Il est difficile pour la plupart des femmes en travail de les traverser et certaines accouchent sur les rives du fleuve&#8221;, a-t-elle expliqu\u00e9.  Chirwa a reconnu que le service qu\u2019elle et les autres accoucheuses traditionnelles fournissent dans les communaut\u00e9s \u00e0 travers le pays, n\u2019est pas parfait.  &#8220;Il y a des complications que je ne peux pas g\u00e9rer. Je n\u2019\u00e9tais pas d\u00e9rang\u00e9e par l\u2019interdiction, mais je ne peux pas refuser de rendre service aux femmes qui sont tellement dans le besoin&#8221;, a-t-elle dit.  Des m\u00e9contents  Mais l\u2019Association des gyn\u00e9cologues n\u2019est pas impressionn\u00e9e. &#8220;Nous sommes \u00e9tonn\u00e9s que le Malawi revienne \u00e0 une politique permettant aux TBA de faire des accouchements. Comment est-ce que les accoucheuses traditionnelles aideront-elles en cas de complications de grossesse en l\u2019absence d\u2019un centre m\u00e9dical?&#8221;, a demand\u00e9 Taulo.  La lev\u00e9e de l\u2019interdiction a aussi soulev\u00e9 une pr\u00e9occupation dans plusieurs communaut\u00e9s. Dans le village de Pitala \u00e0 Mchinji, dans le centre du Malawi, les gens avaient mis en place diff\u00e9rents groupes de travail et des comit\u00e9s sur la maternit\u00e9 sans risque, sous la direction du chef du village.  &#8220;Nous avions adopt\u00e9 des r\u00e8glements qui emp\u00eachaient les accoucheuses traditionnelles de faire des accouchements et qui interdisaient \u00e9galement aux femmes d\u2019accoucher au domicile des TBA. Les contrevenants payaient des amendes au chef et le paiement allait d\u2019un poulet \u00e0 une ch\u00e8vre&#8221;, a indiqu\u00e9 Margret Dambe, 59 ans, habitante de Pitala.  Dambe, dont la fille de 25 ans est d\u00e9c\u00e9d\u00e9e pendant le travail en 2005 alors qu\u2019elle \u00e9tait suivie par une accoucheuse traditionnelle, a d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019elle ne voyait aucune n\u00e9cessit\u00e9 \u00e0 ramener ces accoucheuses non qualifi\u00e9es.  &#8220;C\u2019est risqu\u00e9 d\u2019\u00eatre assist\u00e9e par une TBA. Ma fille est d\u00e9c\u00e9d\u00e9e parce qu\u2019elle a perdu beaucoup de sang pendant l\u2019accouchement et l\u2019accoucheuse traditionnelle ne pouvait pas effectuer une transfusion sanguine&#8221;, a expliqu\u00e9 Dambe.  L\u2019Organisation nationale des infirmiers et sages-femmes du Malawi insiste pour dire que la solution \u00e0 long terme doit \u00eatre l\u2019augmentation du nombre de sages-femmes form\u00e9es pour combler le vide que les accoucheuses traditionnelles n\u2019arrivent pas \u00e0 remplir.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LILONGWE, 23 mars (IPS) &#8211; Lorsque l\u2019interdiction des accoucheuses traditionnelles a \u00e9t\u00e9 lev\u00e9e l\u2019an dernier, des femmes enceintes ont rapidement fait leur apparition devant la porte de Dorothy Chirwa, dans le village de Malombe, \u00e0 Mangochi, un district sur les&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/03\/23\/malawi-incertitude-au-sujet-du-role-des-accoucheuses-traditionnelles\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":739,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,1,4,28,30],"tags":[],"class_list":["post-5465","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-headlines","category-sante","category-southern-africa","category-special-culture-religion-et-genre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5465","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/739"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5465"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5465\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5465"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5465"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5465"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}