{"id":5440,"date":"2011-03-05T13:40:01","date_gmt":"2011-03-05T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/03\/05\/cote-divoire-la-situation-humanitaire-est-de-plus-en-plus-inquietante\/"},"modified":"2011-03-05T13:40:01","modified_gmt":"2011-03-05T13:40:01","slug":"cote-divoire-la-situation-humanitaire-est-de-plus-en-plus-inquietante","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/03\/05\/cote-divoire-la-situation-humanitaire-est-de-plus-en-plus-inquietante\/","title":{"rendered":"COTE D\u2019IVOIRE: La situation humanitaire est de plus en plus inqui\u00e9tante"},"content":{"rendered":"<p>ABIDJAN, 5 mars (IPS) &#8211; La situation humanitaire se d\u00e9grade de jour en jour en C\u00f4te d&#39;Ivoire alors que les deux parties rivales dans la crise post\u00e9lectorale sont engag\u00e9es dans une escalade de la violence et une strat\u00e9gie d&#39;affrontement dans le pays.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Le jeudi, 3 mars, une marche de femmes demandant le d\u00e9part du pr\u00e9sident sortant Laurent Gbagbo, a \u00e9t\u00e9 violemment r\u00e9prim\u00e9e \u00e0 Abidjan, la capitale \u00e9conomique ivoirienne, par des tirs venant d\u2019une artillerie lourde dans le quartier d\u2019Abobo, favorable au pr\u00e9sident \u00e9lu Alassane Ouattara. Au moins six femmes ont trouv\u00e9 la mort, selon plusieurs sources.  Pendant ce temps, l&#39;Union africaine proroge d&#39;un mois le mandat du panel des chefs d&#39;Etat charg\u00e9 de proposer une solution contraignante aux deux protagonistes de la crise. Mais, les Nations Unies estiment que le pays est au bord d&#39;une guerre civile. Le Haut commissariat de l\u2019ONU pour les r\u00e9fugi\u00e9s a d\u00fb r\u00e9duire ses activit\u00e9s dans l\u2019ouest du pays et rapatrier une partie de son personnel international. \t  L\u2019ONU a annonc\u00e9 jeudi que quelque 200.000 personnes avaient d\u00e9j\u00e0 fui le quartier populaire d\u2019Abobo (nord d\u2019Abidjan). Chaque matin, depuis maintenant une semaine, des sacs de voyage au dos, des balluchons sur la t\u00eate, des malades dans les brouettes, des nouveau-n\u00e9s en main, des milliers de personnes quittent Abobo \u00e0 pied. Elles cherchent refuge soit chez des parents ou amis dans d\u2019autres quartiers plus paisibles, soit dans des \u00e9glises ou des temples, pour un temps, avant de poursuivre le chemin de l\u2019exode forc\u00e9, a constat\u00e9 IPS.  Quant aux populations rest\u00e9es sur place, dans ce quartier, elles sont toujours priv\u00e9es de denr\u00e9es alimentaires du fait de la fermeture des march\u00e9s, mais aussi d\u2019eau courante et d\u2019\u00e9lectricit\u00e9. Les \u00e9coles, elles, sont pratiquement ferm\u00e9es sur l\u2019ensemble du territoire.  Pendant ce temps, dans l\u2019ouest du pays, selon des organisations humanitaires internationales, environ 65.000 r\u00e9fugi\u00e9s ivoiriens ont travers\u00e9 la fronti\u00e8re et ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s au Lib\u00e9ria voisin en deux semaines.  Toutes ces personnes fuient l\u2019escalade de la violence et les affrontements engag\u00e9s au cours de ces deux derniers mois entre les parties rivales qui revendiquent la victoire de l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle de novembre 2010 en C\u00f4te d\u2019Ivoire. Gbagbo a \u00e9t\u00e9 proclam\u00e9 \u00e9lu par le Conseil constitutionnel, tandis que Ouattara a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9 \u00e9lu par la Commission \u00e9lectorale ind\u00e9pendante et il est reconnu par la communaut\u00e9 internationale.  &#8220;Nous avons pass\u00e9 trois nuits blanches pendant les combats. Impossible de s\u2019alimenter&#8221;, raconte \u00e0 IPS, Adrienne Tohoua, 35 ans, m\u00e8re de quatre enfants, apr\u00e8s avoir abandonn\u00e9 sa maison \u00e0 Abobo PK 18, un sous-quartier pr\u00e9caire du nord de la capitale qui abrite environ 50.000 habitants.  &#8220;Nous avons laiss\u00e9 derri\u00e8re nous des personnes qui ne savent pas o\u00f9 aller et elles \u00e9taient expos\u00e9es aux combats. Des obus sont tomb\u00e9s dans des maisons et n\u2019ont \u00e9pargn\u00e9 personne&#8221;, ajoute-t-elle, les larmes aux yeux.  A la paroisse Saint-Ambroise de Cocody-Angr\u00e9 (nord-est d\u2019Abidjan), ce sont 300 r\u00e9fugi\u00e9s qui sont install\u00e9s. Quelque 500 autres y sont d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9s en transit pour d\u2019autres destinations. Sur la route menant \u00e0 cette \u00e9glise, d\u2019autres d\u00e9plac\u00e9s d\u00e9filent tous les jours vers ce site religieux, a constat\u00e9 IPS.  &#8220;J\u2019ai parcouru huit kilom\u00e8tres pour arriver ici (\u00e0 la paroisse). Je vais effectuer une pause avant de reprendre la route et rejoindre mon grand-fr\u00e8re qui accueille d\u00e9j\u00e0 13 personnes chez lui&#8221;, explique, ext\u00e9nu\u00e9, S\u00e9raphin T\u00e9ty, tenant son p\u00e8re sexag\u00e9naire par la main. &#8220;Il souffre d\u2019hypertension, alors il faut surtout se rapprocher d\u2019un centre hospitalier pour qu\u2019on puisse y faire face au cas o\u00f9&#8221;, dit-il \u00e0 IPS.  En outre, nombreux sont les d\u00e9plac\u00e9s qui ne disposent pas de moyens financiers suffisants pour faire face \u00e0 leurs d\u00e9penses pendant l\u2019exode. &#8220;J\u2019ai un peu d\u2019argent \u00e0 la banque, mais elle est ferm\u00e9e. Je dois faire partir toute la famille au village et je me trouve dans l\u2019incapacit\u00e9 de les \u00e9vacuer&#8221;, indique Marcellin Tanoh, un agent du secteur priv\u00e9.  Selon Tanoh, son quartier d\u2019Anyama (sortie nord-est d\u2019Abidjan) manque aussi cruellement d\u2019eau, au point o\u00f9 sa famille n\u2019a pu prendre une douche depuis quatre jours. La r\u00e9serve de trois bidons, qui est r\u00e9serv\u00e9e pour la consommation, est presque \u00e9puis\u00e9e.  Cette situation inqui\u00e8te consid\u00e9rablement les organisations humanitaires et les organisations de d\u00e9fense des droits de l\u2019Homme dans ce pays de l\u2019Afrique de l\u2019ouest plong\u00e9 dans une crise depuis la r\u00e9bellion de septembre 2002, aggrav\u00e9e par la crise post\u00e9lectorale.  Le 1er mars, le Comit\u00e9 international de la Croix-Rouge \u00e0 Abidjan s\u2019est dit &#8220;pr\u00e9occup\u00e9 par l\u2019exode massif des habitants, majoritairement des femmes et des enfants&#8221;. L\u2019organisation r\u00e9v\u00e8le que des familles sont toujours bloqu\u00e9es chez elles et ne sont autoris\u00e9es \u00e0 quitter la zone des affrontements qu&#39;apr\u00e8s avoir pay\u00e9 ou donn\u00e9 des biens personnels \u00e0 des groupes arm\u00e9s.  Pendant ce temps, des personnes \u00e2g\u00e9es, des malades et des femmes enceintes sont dans l\u2019incapacit\u00e9 de bouger, souligne la Croix-Rouge.  Le chef adjoint de la d\u00e9l\u00e9gation r\u00e9gionale de l\u2019organisation, Philippe Beauverd, note qu\u2019\u00e0 la suite des affrontements qui se sont produits, dans la derni\u00e8re semaine de f\u00e9vrier, \u00e0 Abidjan, entre les Forces de d\u00e9fense et de s\u00e9curit\u00e9 (FDS), loyales au pr\u00e9sident Gbagbo, et un groupe de personnes arm\u00e9es non identifi\u00e9es, les volontaires de la Croix-Rouge ont soign\u00e9 34 personnes et \u00e9vacu\u00e9 19 bless\u00e9s graves.  &#8220;La situation est d\u2019autant plus que d\u00e9plorable que ce sont les populations innocentes qui paient le lourd tribut d\u2019un contentieux \u00e9lectoral&#8221;, d\u00e9clare Gervais Boga, pr\u00e9sident de la Fondation ivoirienne pour les droits de l\u2019Homme et de la vie politique, une organisation non gouvernementale bas\u00e9e \u00e0 Abidjan.  &#8220;Nous sommes au bord d\u2019une grave crise humanitaire, et les diff\u00e9rents embargos impos\u00e9s au pays, dont celui portant sur les m\u00e9dicaments, constituent un crime contre l\u2019humanit\u00e9&#8221;, affirme-t-il \u00e0 IPS.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ABIDJAN, 5 mars (IPS) &#8211; La situation humanitaire se d\u00e9grade de jour en jour en C\u00f4te d&#39;Ivoire alors que les deux parties rivales dans la crise post\u00e9lectorale sont engag\u00e9es dans une escalade de la violence et une strat\u00e9gie d&#39;affrontement dans&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/03\/05\/cote-divoire-la-situation-humanitaire-est-de-plus-en-plus-inquietante\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":330,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,10,1,7,3,30,29],"tags":[],"class_list":["post-5440","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-droits-humains","category-headlines","category-politique","category-population-refugies","category-special-culture-religion-et-genre","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5440","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/330"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5440"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5440\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5440"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5440"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5440"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}