{"id":5430,"date":"2011-02-26T13:40:01","date_gmt":"2011-02-26T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/02\/26\/mali-les-petits-producteurs-craignent-une-flambee-des-prix-des-cereales\/"},"modified":"2011-02-26T13:40:01","modified_gmt":"2011-02-26T13:40:01","slug":"mali-les-petits-producteurs-craignent-une-flambee-des-prix-des-cereales","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/02\/26\/mali-les-petits-producteurs-craignent-une-flambee-des-prix-des-cereales\/","title":{"rendered":"MALI: Les petits producteurs craignent une flamb\u00e9e des prix des c\u00e9r\u00e9ales"},"content":{"rendered":"<p>BAMAKO, 26 f\u00e9v (IPS) &#8211; Apr\u00e8s une mauvaise r\u00e9colte, des paysans maliens, qui doivent acheter le compl\u00e9ment de leur nourriture, redoutent une flamb\u00e9e des prix des denr\u00e9es de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9 et une crise alimentaire. Ils estiment que le sorgho et le mil, principales cultures vivri\u00e8res du pays, co\u00fbtent d\u00e9j\u00e0 cher.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Le petit village de Gw\u00e9l\u00e9koro, situ\u00e9 \u00e0 environ 60 kilom\u00e8tres au sud de Bamako, la capitale malienne, est d\u00e9j\u00e0 frapp\u00e9 par la chert\u00e9 des c\u00e9r\u00e9ales, un fait peu habituel dans le sud du Mali pendant les mois qui suivent les r\u00e9coltes. Dans cette bourgade, situ\u00e9e au milieu des bois, les champs sont maintenant abandonn\u00e9s en cette p\u00e9riode de s\u00e9cheresse, laissant appara\u00eetre de loin des maisons en banco et des cases aux toits coniques.  \u00abLes c\u00e9r\u00e9ales sont particuli\u00e8rement ch\u00e8res cette ann\u00e9e. Le kilo du mil, par exemple, n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 vendu en dessous de 100 francs CFA (environ 20 cents US). Il y a longtemps que je n\u2019ai pas vu \u00e7a. Les autres ann\u00e9es, le kilo pouvait \u00eatre vendu \u00e0 50 FCFA (10 cents)\u00bb \u00e0 la p\u00e9riode actuelle, a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS, Karim Diarra, 43 ans, un paysan du village.  En attendant le d\u00e9but des prochaines pluies (vers juillet) pour que les travaux champ\u00eatres reprennent, les paysans du village, qui ne produisent plus, sont un peu inquiets. M\u00e9fiants de la sp\u00e9culation, ils suivent de pr\u00e8s la chert\u00e9 du prix de certaines denr\u00e9es alimentaires. Sur les march\u00e9s locaux o\u00f9 ils s\u2019approvisionnent lorsque leurs r\u00e9coltes ne suffisent plus pour les nourrir, la tendance des prix leur est d\u00e9j\u00e0 d\u00e9favorable.  Depuis les derni\u00e8res r\u00e9coltes en novembre dernier, beaucoup de paysans de Gw\u00e9l\u00e9koro appr\u00e9hendent la reprise des travaux agricoles qui correspondent \u00e0 la p\u00e9riode de soudure au cours de laquelle les producteurs ach\u00e8tent des c\u00e9r\u00e9ales pour se nourrir.  Assise sur un mirador, le regard tourn\u00e9 vers l\u2019horizon, Ni\u00e8n\u00e8 Traor\u00e9, une dame de 65 ans, a parl\u00e9 de son d\u00e9sespoir \u00e0 IPS: \u00abNous nous attendons \u00e0 des moments difficiles \u00e0 cause de la chert\u00e9 pr\u00e9coce des c\u00e9r\u00e9ales. Nous n\u2019avons pas beaucoup de r\u00e9serves pour la saison des pluies (juillet \u00e0 octobre), des moments marqu\u00e9s par une hausse vertigineuse du prix des denr\u00e9es de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9\u00bb.  Plusieurs villages des environs se trouvent dans la m\u00eame situation. Dans le village de Heremakono, \u00e0 sept kilom\u00e8tres de Gwelekoro, des paysans estiment que la chert\u00e9 des c\u00e9r\u00e9ales est en partie li\u00e9e \u00e0 la pr\u00e9c\u00e9dente pluviom\u00e9trie abondante \u00e0 laquelle leurs cultures n\u2019\u00e9taient pas adapt\u00e9es. Les pluies ont d\u00e9truit les r\u00e9coltes.  T\u00e9moignant \u00e0 IPS, Madou Kon\u00e9, un cultivateur, qui trouvait toujours dans ses champs assez de r\u00e9coltes pour nourrir sa famille d\u2019une trentaine de personnes, dit qu\u2019il s\u2019attend, lui aussi, \u00e0 une situation alimentaire difficile: \u00abChaque ann\u00e9e, je trouve de quoi nourrir toute ma famille en cultivant, mais pour la premi\u00e8re fois, je risque d\u2019acheter des c\u00e9r\u00e9ales au march\u00e9. Cela m\u2019inqui\u00e8te parce que les prix vont continuer \u00e0 augmenter\u00bb.   Actuellement, le kilo du mil tourne autour de 150 FCFA (environ 30 cents US) dans les march\u00e9s de Heremakono. Cette chert\u00e9 fait \u00e9cho \u00e0 un rapport de l&#39;Organisation des Nations Unies pour l&#39;alimentation et l&#39;agriculture (FAO) en janvier dernier qui tirait la sonnette d\u2019alarme sur la hausse des denr\u00e9es de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9 au plan mondial. Mais les paysans de la localit\u00e9 imputent moins leur situation \u00e0 la conjoncture internationale ou \u00e0 une p\u00e9nurie.  Ils estiment que la chert\u00e9 du prix des c\u00e9r\u00e9ales sur le march\u00e9 n\u2019a rien \u00e0 voir avec le niveau de la production locale. \u00abAu Mali, le probl\u00e8me de la chert\u00e9 des c\u00e9r\u00e9ales, ce n\u2019est pas la p\u00e9nurie, c\u2019est la sp\u00e9culation. Les autorit\u00e9s doivent contr\u00f4ler le march\u00e9 des c\u00e9r\u00e9ales avec des magasins t\u00e9moins (o\u00f9 des c\u00e9r\u00e9ales subventionn\u00e9es seraient vendues) pour casser les prix pendant l\u2019hivernage\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS, Baba Dram\u00e9, 78 ans, chef du village de H\u00e9r\u00e9makono, tr\u00e8s furieux contre les autorit\u00e9s.  Avec une production de pr\u00e8s de sept millions de tonnes de c\u00e9r\u00e9ales, la campagne agricole 2010-2011, qui vient de s&#39;achever au Mali, a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s bonne, affirme Moussa L\u00e9o Sidib\u00e9, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du minist\u00e8re de l\u2019Agriculture.  Selon Sidib\u00e9, de nombreuses commandes d\u2019exportation de c\u00e9r\u00e9ales ont \u00e9t\u00e9 faites par de gros acheteurs, comme le Programme alimentaire mondial (PAM).  La t\u00e9l\u00e9vision nationale a indiqu\u00e9, en f\u00e9vrier, que le PAM a fait une demande d&#39;achat de 15.000 tonnes de c\u00e9r\u00e9ales pour le B\u00e9nin et le S\u00e9n\u00e9gal. Ces exportations et d\u2019autres commandes annonc\u00e9es renforceront la croissance \u00e9conomique du Mali en 2011, ajoute la m\u00eame source.  Pour l\u2019instant, aucune mesure n\u2019a \u00e9t\u00e9 prise par le gouvernement malien contre la tendance \u00e0 la hausse du prix des c\u00e9r\u00e9ales en 2011. En attendant le d\u00e9but des travaux agricoles, les populations rurales arrivent encore \u00e0 joindre les deux bouts. Mais pour combien de temps?  De leur c\u00f4t\u00e9, les banques de c\u00e9r\u00e9ales ne sont ouvertes qu&#39;en p\u00e9riode de soudure lorsque la chert\u00e9 des prix devient g\u00e9n\u00e9rale et touche tout le pays. Les g\u00e9rants des banques de c\u00e9r\u00e9ales sont autonomes dans leur d\u00e9cision d&#39;ouvrir les stocks \u00e0 la vente, mais ils ne l&#39;ont jamais fait avant l&#39;hivernage.<\/p>\n<p> Les villages maliens, organis\u00e9s en associations, reconstituent, au lendemain des r\u00e9coltes, leurs banques de c\u00e9r\u00e9ales qui sont des provisions leur permettant de r\u00e9guler les prix de ces produits sur le march\u00e9. Ces stocks seront vendus aux populations locales en p\u00e9riode de soudure, de juin \u00e0 septembre.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BAMAKO, 26 f\u00e9v (IPS) &#8211; Apr\u00e8s une mauvaise r\u00e9colte, des paysans maliens, qui doivent acheter le compl\u00e9ment de leur nourriture, redoutent une flamb\u00e9e des prix des denr\u00e9es de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9 et une crise alimentaire. 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