{"id":5420,"date":"2011-02-19T13:40:01","date_gmt":"2011-02-19T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/02\/19\/commerce-la-societe-civile-assure-le-maintien-du-developpement-a-lordre-du-jour-des-ape\/"},"modified":"2011-02-19T13:40:01","modified_gmt":"2011-02-19T13:40:01","slug":"commerce-la-societe-civile-assure-le-maintien-du-developpement-a-lordre-du-jour-des-ape","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/02\/19\/commerce-la-societe-civile-assure-le-maintien-du-developpement-a-lordre-du-jour-des-ape\/","title":{"rendered":"COMMERCE: La soci\u00e9t\u00e9 civile assure le maintien du d\u00e9veloppement \u00e0 l\u2019ordre du jour des APE"},"content":{"rendered":"<p>GENEVE, 19 f\u00e9v (IPS) &#8211; Dans une d\u00e9marche inhabituelle, les organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile d\u2019Afrique occidentale et centrale ont particip\u00e9 aux n\u00e9gociations entre leurs pays et l\u2019Union europ\u00e9enne (UE) concernant les accords de partenariat \u00e9conomique (APE).<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Les organisations soulignent les probl\u00e8mes de d\u00e9veloppement tout en aidant les gouvernements africains qui manquent de ressource en expertise commerciale.<\/p>\n<p> Les organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile (OSC) sont aussi descendues dans la rue pour persuader les gouvernements de ne pas signer les APE int\u00e9rimaires, au Mali par exemple.<\/p>\n<p> La signature d\u2019un APE int\u00e9rimaire par le Cameroun en 2009 a n\u00e9cessit\u00e9 un changement de strat\u00e9gie. &#8220;Ce recul a modifi\u00e9 le cours des n\u00e9gociations dans la r\u00e9gion. Apr\u00e8s cela, nous sommes pass\u00e9s du plaidoyer \u00e0 la fourniture d\u2019expertise aux gouvernements&#8221;, d\u00e9clare Jacob Kotchao, repr\u00e9sentant des OSC dans l\u2019\u00e9quipe de n\u00e9gociation des APE pour l\u2019Afrique centrale.<\/p>\n<p> Les APE sont des accords globaux de lib\u00e9ralisation du commerce qui ont fait l\u2019objet de n\u00e9gociation depuis 2003 entre l\u2019UE et les pays d\u2019Afrique, des Cara\u00efbes et du Pacifique (ACP) pour remplacer le r\u00e9gime pr\u00e9f\u00e9rentiel de l\u2019accord de Cotonou.<\/p>\n<p> La raison \u00e9vidente de la ren\u00e9gociation du r\u00e9gime commercial entre l\u2019UE et l\u2019ACP est son incompatibilit\u00e9 avec les r\u00e8gles de l\u2019Organisation mondiale du commerce (OMC). Les APE ont fait l\u2019objet de discussion lors d\u2019une table ronde au Forum social mondial qui s\u2019est d\u00e9roul\u00e9 du 6 au 11 f\u00e9vrier \u00e0 Dakar, au S\u00e9n\u00e9gal.<\/p>\n<p> Les APE auraient d\u00fb \u00eatre conclus en 2007 mais seul un accord complet \u2013 avec les Cara\u00efbes \u2013 a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 \u00e0 ce jour. Sur fond de controverse, le Cameroun a sign\u00e9 un APE int\u00e9rimaire en Afrique centrale, avec la C\u00f4te d\u2019Ivoire et le Ghana faisant de m\u00eame en Afrique de l\u2019ouest.<\/p>\n<p> Selon Silke Trommer de l\u2019universit\u00e9 d\u2019Helsinki, qui \u00e9tudie ce qu\u2019elle appelle &#8220;la gouvernance commerciale participative&#8221;, la soci\u00e9t\u00e9 civile a jou\u00e9 un r\u00f4le d\u00e9cisif en mettant l\u2019accent sur l\u2019aspect des APE li\u00e9 au d\u00e9veloppement et en sensibilisant l\u2019opinion publique sur sa composante sociale.<\/p>\n<p> &#8220;En ao\u00fbt 2004, lorsque les ministres du Commerce de la CEDEAO (Communaut\u00e9 \u00e9conomique des Etats de l\u2019Afrique de l\u2019ouest) ont permis aux repr\u00e9sentants de la soci\u00e9t\u00e9 civile et au secteur priv\u00e9 de participer aux n\u00e9gociations, les autorit\u00e9s n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s enthousiastes&#8221;, explique-t-elle.<\/p>\n<p> &#8220;Mais, au fil du temps, les OSC se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9es \u00eatre une source d\u2019expertise fiable, flexible et ind\u00e9pendante tout en \u00e9tant capable de se prononcer sur des sujets que les autorit\u00e9s ne peuvent pas se permettre [de dire]. Depuis lors, les gouvernements africains ont \u00e9t\u00e9 heureux de les avoir \u00e0 bord&#8221;.<\/p>\n<p> Visiblement, cette concession ne s\u2019applique pas dans l\u2019autre sens: les OSC n\u2019assistent pas aux n\u00e9gociations, du c\u00f4t\u00e9 europ\u00e9en.<\/p>\n<p> Sur le papier, les APE doivent avoir une composante li\u00e9e \u00e0 la fois au commerce et au d\u00e9veloppement, mais la r\u00e9alit\u00e9 est diff\u00e9rente. Les OSC &#8220;ont d\u00e9couvert&#8221; que, selon les r\u00e8gles de l\u2019OMC, l\u2019Afrique ne doit pas r\u00e9duire de 80 pour cent les tarifs, comme l\u2019a soulign\u00e9 l\u2019UE, mais de 60 pour cent seulement.<\/p>\n<p> L\u2019UE a maintenu sa position, ce qui a oblig\u00e9 une proposition de compromis africaine de 71 pour cent; mais, pour l\u2019UE, la r\u00e9duction est encore trop l\u00e9g\u00e8re.<\/p>\n<p> Concernant la composante li\u00e9e au d\u00e9veloppement, plusieurs points de friction continuent de bloquer les n\u00e9gociations.<\/p>\n<p> Une importante question est la compensation des pertes des recettes r\u00e9sultant des baisses de tarif: &#8220;pour les pays d\u2019Afrique centrale, les tarifs ne sont pas seulement un instrument de d\u00e9fense commerciale, mais aussi une importante source de revenu&#8221;, explique Kotchao. &#8220;Dans certains pays, les recettes provenant des droits repr\u00e9sentent 25 \u00e0 40 pour cent du revenu de l\u2019Etat&#8221;.<\/p>\n<p> Une autre question ouverte est le renforcement des capacit\u00e9s productives des Etats africains. &#8220;M\u00eame si l\u2019UE autorise les pays ACP d\u2019exporter vers le march\u00e9 europ\u00e9en, en vertu d\u2019un r\u00e9gime commercial pr\u00e9f\u00e9rentiel \u2013 sans droit et sans quota pour les pays les moins avanc\u00e9s \u2013, nos exportations n\u2019ont pas augment\u00e9 et nous continuons de vendre des produits non transform\u00e9s&#8221;, souligne Kotchao.<\/p>\n<p> &#8220;Les APE n\u2019apporteraient pas davantage d\u2019opportunit\u00e9s si nos pays ne d\u00e9veloppent pas de r\u00e9elles capacit\u00e9s productives&#8221;.<\/p>\n<p> Les pays d\u2019Afrique centrale ont identifi\u00e9 des programmes pour renforcer ces capacit\u00e9s dans l\u2019agriculture et dans la fabrication, mais il n\u2019y a pas de consensus sur la fa\u00e7on de mieux les appuyer. Cheikh Tidiane Dieye, un repr\u00e9sentant d\u2019OSC dans l\u2019\u00e9quipe de n\u00e9gociation de l\u2019Afrique de l\u2019ouest, est fortement en d\u00e9saccord avec les n\u00e9gociateurs europ\u00e9ens qui &#8220;continuent de dire que &#39;plus vous lib\u00e9ralisez, plus vous cr\u00e9ez la croissance et le d\u00e9veloppement&#39;. Rien ne pouvait \u00eatre plus \u00e9loign\u00e9 de la v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p> &#8220;Ce point n\u2019a rien \u00e0 avoir avec l\u2019id\u00e9ologie. Les pays d\u2019Afrique de l\u2019ouest n\u2019ont pas d\u2019industrie, ou ont seulement une industrie embryonnaire et un secteur agricole tr\u00e8s faible. Le rythme et le calendrier de la lib\u00e9ralisation du commerce doivent \u00eatre ordonn\u00e9s&#8221;.<\/p>\n<p> Un autre point de divergence est la clause de la nation la plus favoris\u00e9e (NPF) que l\u2019UE a voulu int\u00e9grer dans l\u2019accord depuis 2007. Si elle est accept\u00e9e, elle obligerait les Etats africains \u00e0 accorder automatiquement \u00e0 l\u2019Union les m\u00eames avantages que ceux offerts aux partenaires commerciaux de l\u2019Afrique tels que la Chine, l\u2019Inde, l\u2019Indon\u00e9sie, le Br\u00e9sil ou l\u2019Arabie Saoudite, que ceux-ci soient des Etats en d\u00e9veloppement ou non.<\/p>\n<p> Dieye analyse la position europ\u00e9enne comme suit: &#8220;En 1970, les \u00e9changes commerciaux entre l\u2019Europe et l\u2019Afrique de l\u2019ouest repr\u00e9sentaient 70 pour cent du commerce de la r\u00e9gion. Aujourd\u2019hui, ils s\u2019\u00e9l\u00e8vent \u00e0 32 pour cent au maximum, alors que les \u00e9changes avec le reste du monde ont augment\u00e9 \u00e0 un rythme rapide \u2013 10 pour cent par an avec l\u2019Asie.<\/p>\n<p> &#8220;En 2007, le pr\u00e9sident du S\u00e9n\u00e9gal a d\u00e9clar\u00e9 que le partenariat commercial avec l\u2019Europe avait \u00e9chou\u00e9. En novembre 2010, le pr\u00e9sident libyen Mouammar Kadhafi a d\u00e9clar\u00e9 la m\u00eame chose. L\u2019Europe essaie d\u2019obtenir les m\u00eames privil\u00e8ges que l\u2019Afrique accorde aux autres principaux partenaires commerciaux, mais le syst\u00e8me qu\u2019elle propose est inacceptable&#8221;, explique Dieye.<\/p>\n<p> &#8220;Nous demeurerons un fournisseur de mati\u00e8res premi\u00e8res et un importateur de produits manufactur\u00e9s. Donc, nous ne voyons pas comment l\u2019accord pourrait \u00eatre sign\u00e9&#8221;, soutient-il.<\/p>\n<p> Il explique en outre que l\u2019argument juridique pour refuser la clause de la NPF est la clause d\u2019habilitation de l\u2019OMC qui autorise que les pays en d\u00e9veloppement s\u2019accordent des avantages qu\u2019ils n\u2019offrent pas aux pays industrialis\u00e9s. A l\u2019OMC, les pays africains peuvent lib\u00e9raliser les march\u00e9s pour le Br\u00e9sil ou la Chine sans faire de m\u00eame pour l\u2019UE.<\/p>\n<p> Kotchao conclut: &#8220;Il y a une guerre commerciale entre l\u2019UE et les pays \u00e9mergents concernant nos march\u00e9s. L\u2019on peut s\u00e9rieusement se demander si nous devons poursuivre les n\u00e9gociations des APE&#8221;.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>GENEVE, 19 f\u00e9v (IPS) &#8211; Dans une d\u00e9marche inhabituelle, les organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile d\u2019Afrique occidentale et centrale ont particip\u00e9 aux n\u00e9gociations entre leurs pays et l\u2019Union europ\u00e9enne (UE) concernant les accords de partenariat \u00e9conomique (APE).<\/p>\n","protected":false},"author":551,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,38,11,6,8,1,29,32],"tags":[],"class_list":["post-5420","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-commerce-et-pauvrete","category-developpement","category-economie-finances-le-commerce","category-europe","category-headlines","category-west-africa","category-wto-conference-hong-kong"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5420","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/551"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5420"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5420\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5420"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5420"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5420"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}