{"id":5349,"date":"2011-01-13T13:40:01","date_gmt":"2011-01-13T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/01\/13\/malawi-les-femmes-reclament-un-partage-egal-de-la-propriete-familiale\/"},"modified":"2011-01-13T13:40:01","modified_gmt":"2011-01-13T13:40:01","slug":"malawi-les-femmes-reclament-un-partage-egal-de-la-propriete-familiale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/01\/13\/malawi-les-femmes-reclament-un-partage-egal-de-la-propriete-familiale\/","title":{"rendered":"MALAWI: Les femmes r\u00e9clament un partage \u00e9gal de la propri\u00e9t\u00e9 familiale"},"content":{"rendered":"<p>MZUZU, Malawi, 13 jan (IPS) &#8211; Assise sur un banc en bois dans sa maison, dans le township de Katoto \u00e0 Mzuzu, au Malawi, Grace Mkandawire a le visage qui refl\u00e8te les exp\u00e9riences traumatisantes endur\u00e9es depuis la mort de son mari en 1998.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Elle a l\u2019air perdue et confuse et elle raconte son histoire avec la crainte, la haine et la r\u00e9signation face \u00e0 la loi sur la propri\u00e9t\u00e9 familiale de (1882) qui prive les pauvres femmes, comme elle, de leurs droits.<\/p>\n<p> Bien que la constitution du Malawi stipule que les femmes ont le droit de &#8220;disposer \u00e9quitablement de la propri\u00e9t\u00e9 d\u00e9tenue conjointement avec un mari&#8221; \u00e0 la fin du mariage, la loi actuelle consid\u00e8re que la propri\u00e9t\u00e9 ne devra \u00eatre d\u00e9tenue &#8220;conjointement&#8221; que si elles avaient fait des contributions financi\u00e8res directes \u00e0 ladite propri\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p> Mkandawire a des souvenirs douloureux de ses plus beaux jours en famille. &#8220;Mon mari avait 19 voitures, une soci\u00e9t\u00e9 de construction, des maisons et plus de 40 millions de MK (trois millions de dollars US) dans diff\u00e9rentes banques, mais je n\u2019ai h\u00e9rit\u00e9 que de mes trois enfants&#8221;, a confi\u00e9 Mkandawire \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Sa belle-soeur a pris tous les biens, y compris les diff\u00e9rentes maisons, la laissant avec rien pratiquement. &#8220;J\u2019ai d\u00fb recommencer \u00e0 z\u00e9ro pour acheter m\u00eame les ustensiles de m\u00e9nage et les meubles&#8221;, a-t-elle ajout\u00e9.<\/p>\n<p> L\u2019un des enfants de Mkandawire a \u00e9t\u00e9 diagnostiqu\u00e9 de d\u00e9pression et a plusieurs fois tent\u00e9 de se suicider parce que ne pouvant pas supporter leur situation. Il est finalement d\u00e9c\u00e9d\u00e9 de complications d\u2019ulc\u00e8res.<\/p>\n<p> Mkandawire a aussi souffert d\u2019\u00e9pisodes d\u00e9pressifs, mais elle a r\u00e9ussi \u00e0 s\u2019en sortir gr\u00e2ce aux conseils et aux m\u00e9dicaments.<\/p>\n<p> &#8220;Nous avions acquis tous les biens ensemble avec mon mari. En fait, quand il a termin\u00e9 ses \u00e9tudes sup\u00e9rieures et qu\u2019il \u00e9tait au ch\u00f4mage, c\u2019\u00e9tait moi qui le supportais avec mon maigre salaire d\u2019enseignante. Ses parents ne l\u2019ont jamais aid\u00e9&#8221;, a expliqu\u00e9 Mkandawire qui enseigne depuis 30 ans maintenant.<\/p>\n<p> Cependant, les choses semblent s\u2019am\u00e9liorer pour les femmes mari\u00e9es du Malawi. L\u2019organisation &#39;Women and Law in Southern Africa Research Trust (WILSA \u2013 Malawi) a traduit le gouvernement devant la Cour constitutionnelle o\u00f9 elle remet en cause la Loi sur la propri\u00e9t\u00e9 familiale actuelle, soutenant que cette derni\u00e8re discrimine les femmes.<\/p>\n<p> Mais, le gouvernement est aussi en train de se d\u00e9fendre, all\u00e9guant que la WILSA n\u2019a pas donn\u00e9 d\u2019exemple de femmes identifiables ayant \u00e9t\u00e9 affect\u00e9es par ladite loi.<\/p>\n<p> Le premier substitut, Thabo Chakaka Nyirenda, repr\u00e9sentant le procureur g\u00e9n\u00e9ral, m\u00e9prise les questions &#8220;hypoth\u00e9tiques et imaginaires&#8221; soulev\u00e9es par la WILSA.<\/p>\n<p> Selon la WILSA-Malawi, la plupart des femmes au Malawi continuent d\u2019\u00eatre escroqu\u00e9es en cas de dissolution du mariage ou de d\u00e9c\u00e8s d\u2019un mari parce qu\u2019elles n\u2019ont jamais dispos\u00e9 \u00e9quitablement des biens. Elle ajoute qu\u2019il y a une forte tendance internationale concernant le partage \u00e9gal des biens d\u2019un couple mari\u00e9.  Dans de nombreuses juridictions, y compris en Australie, au Canada, en Croatie, au Danemark, en France, en Allemagne, en Gr\u00e8ce, en Italie, au Pays-Bas, en Nouvelle-Z\u00e9lande, en Norv\u00e8ge, en Espagne, en Su\u00e8de et aux Etats-Unis, une approche matrimoniale de la propri\u00e9t\u00e9 refl\u00e9tant une p\u00e9r\u00e9quation des actifs matrimoniaux en cas de dissolution du mariage, a \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9e en reconnaissance des contributions non-\u00e9conomiques et indirectes des femmes aux biens matrimoniaux, selon la WILSA-Malawi.<\/p>\n<p> &#8220;Nous consid\u00e9rons la femme de mani\u00e8re holistique. Non seulement apr\u00e8s la mort de son mari, mais sa condition dans le mariage et apr\u00e8s le divorce&#8221;, a expliqu\u00e9 le coordonnateur national de la WILSA, Seodi White.<\/p>\n<p> La WLSA-Malawi demande \u00e0 la Cour constitutionnelle de d\u00e9clarer l\u2019article 17 de la Loi sur la propri\u00e9t\u00e9 des femmes mari\u00e9es nul et non avenu, ou que l\u2019article 17 soit interpr\u00e9t\u00e9 de mani\u00e8re \u00e0 reconna\u00eetre les contributions des femmes aux biens matrimoniaux et \u00e0 garantir aux femmes la r\u00e9ception de la moiti\u00e9 des actifs matrimoniaux \u00e0 la fin du mariage.<\/p>\n<p> &#8220;Ceci parce qu\u2019au Malawi, la propri\u00e9t\u00e9 est rarement enregistr\u00e9e au nom des femmes. Par cons\u00e9quent, elles ne peuvent pas prouver une contribution directe, \u00e9conomique \u00e0 son acquisition et \u00e0 son entretien&#8221;, a expliqu\u00e9 White.<\/p>\n<p> &#8220;Je ne pense pas que la nouvelle loi fonctionnera. Notre culture constitue le principal obstacle ici. Le fait que le lobola (la dot) ait \u00e9t\u00e9 pay\u00e9e donne \u00e0 la famille de l\u2019homme le pouvoir de faire ce qu\u2019elle veut&#8221;, a not\u00e9 Mkandawire.<\/p>\n<p> Selon un document de recherche r\u00e9alis\u00e9 par Duncan McPherson et intitul\u00e9 &#8220;Accaparement des biens et la g\u00e9n\u00e9ration des orphelins d\u2019Afrique: Une analyse juridique des implications de la pand\u00e9mie du VIH\/SIDA pour l\u2019h\u00e9ritage des enfants orphelins en Ouganda, au Kenya, en Zambie et au Malawi&#8221;, l\u2019accaparement des biens semble \u00eatre simplement le sympt\u00f4me d\u2019une crise plus profonde \u00e0 laquelle est confront\u00e9e l\u2019Afrique \u2013 celle d\u2019une pauvret\u00e9 chronique.<\/p>\n<p> &#8220;Dans les pays touch\u00e9s, donc, la plupart des gens (y compris les femmes) voient la d\u00e9possession des veuves et des orphelins comme une r\u00e9alit\u00e9 de la vie, pas comme un probl\u00e8me \u00e0 surmonter. Les veuves et les orphelins sont cens\u00e9s s\u2019y faire \u2013 les premi\u00e8res en retournant chez leurs parents, les derniers en acceptant tout ce que la tutelle a pr\u00e9vu pour eux, quelle que soit l\u2019oppression \u2013 pour ne pas se plaindre&#8221;, souligne McPherson.<\/p>\n<p> La question ici frise une opposition entre la culture et la constitution, en convient Chagara Phiri, assistant juridique de &#39;Church and Society of the Livingstonia Synod.&#39; (Eglise et Soci\u00e9t\u00e9 du Synode de Livingstonia), avec McPherson et Mkandawire.<\/p>\n<p> Phiri, dont le cabinet traite pr\u00e8s de 400 cas d\u2019accaparement de biens par an, d\u00e9clare: &#8220;Concernant les cas d\u2019accaparement de biens, nous examinons d\u2019abord si le mariage a \u00e9t\u00e9 officiellement reconnu par la tradition ou par d\u2019autres moyens l\u00e9gaux&#8221;.<\/p>\n<p> &#8220;Si la femme ne travaillait pas, cela signifie qu\u2019elle contribuait seulement [? &#8211; elle ne travaillait pas, mais contribuait seulement ?], par cons\u00e9quent, elle n\u2019a pas droit \u00e0 la moiti\u00e9 des biens&#8221;, a-t-il indiqu\u00e9.<\/p>\n<p> Mais la WILSA veut que les tribunaux reconnaissent les travaux domestiques et de prise en charge accomplis pendant le mariage comme une activit\u00e9 \u00e9conomique qui contribue \u00e0 l\u2019acquisition de la propri\u00e9t\u00e9 familiale.<\/p>\n<p> Toutefois, dans une interview accord\u00e9e aux m\u00e9dias locaux, le chef Mtwalo du district de Mzimba a accus\u00e9 les militants des droits humains de d\u00e9peindre certaines pratiques culturelles des Ngoni comme la violence conjugale et l\u2019accaparement des biens.<\/p>\n<p> Mtwalo a d\u00e9clar\u00e9 que c\u2019\u00e9tait une simple sp\u00e9culation et une exag\u00e9ration de dire que les veuves du district ont vu m\u00eame leurs terres agricoles saisies.<\/p>\n<p> Mais Love Ngulube, une veuve habitant \u00e0 Embangweni, dans le district, n\u2019est pas d\u2019accord avec le chef.<\/p>\n<p> &#8220;Puisque mon mari n\u2019a pas pay\u00e9 la dot, je suis retourn\u00e9e chez moi au village apr\u00e8s sa mort. J\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 cultiver, mais les anciens du villages m\u2019ont dit d\u2019arr\u00eater, pr\u00e9tendant que je n\u2019avais aucun droit \u00e0 la terre parce que j\u2019\u00e9tais une femme&#8221;, a expliqu\u00e9 Ngulube.<\/p>\n<p> Mais, le chef est intransigeant et proteste davantage contre ces d\u00e9clarations: &#8220;Autrement, combien de parcelles de terre doit avoir une femme si elle conserve le droit \u00e0 la terre de son premier mari alors qu\u2019elle est mari\u00e9e \u00e0 un autre homme du clan de son premier mari?&#8221;, a-t-il demand\u00e9.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>MZUZU, Malawi, 13 jan (IPS) &#8211; Assise sur un banc en bois dans sa maison, dans le township de Katoto \u00e0 Mzuzu, au Malawi, Grace Mkandawire a le visage qui refl\u00e8te les exp\u00e9riences traumatisantes endur\u00e9es depuis la mort de son&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/01\/13\/malawi-les-femmes-reclament-un-partage-egal-de-la-propriete-familiale\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":816,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,13,11,10,1,7,28,30],"tags":[],"class_list":["post-5349","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-culture-religion-sport","category-developpement","category-droits-humains","category-headlines","category-politique","category-southern-africa","category-special-culture-religion-et-genre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5349","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/816"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5349"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5349\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5349"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5349"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5349"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}