{"id":5294,"date":"2010-12-06T13:40:01","date_gmt":"2010-12-06T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/12\/06\/congo-realiser-de-bonnes-affaires-agricoles-grace-au-telephone-portable\/"},"modified":"2010-12-06T13:40:01","modified_gmt":"2010-12-06T13:40:01","slug":"congo-realiser-de-bonnes-affaires-agricoles-grace-au-telephone-portable","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/12\/06\/congo-realiser-de-bonnes-affaires-agricoles-grace-au-telephone-portable\/","title":{"rendered":"CONGO: R\u00e9aliser de bonnes affaires agricoles gr\u00e2ce au t\u00e9l\u00e9phone portable"},"content":{"rendered":"<p>BRAZZAVILLE, 6 d\u00e9c (IPS) &#8211; Un t\u00e9l\u00e9phone portable coll\u00e9 \u00e0 l&#39;oreille, Jules Mbouesse, un jeune commer\u00e7ant, crie en plein march\u00e9 de PK M&#39;filou, un quartier ouest de Brazzaville, la capitale congolaise: &#8220;Ne laisse rien, embarque tout le gingembre dans le train, ici le terrain est vide et les prix sont bons&#8221;.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Depuis un certain temps, les commer\u00e7ants de produits agricoles agissent ainsi. Ils ne font venir leurs marchandises des villages que quand ils sont assur\u00e9s que les prix leur sont favorables. &#8220;Il y a une semaine, il y avait surabondance de gingembre ici, il ne fallait pas risquer de faire venir la marchandise. L\u00e0, je r\u00e9colte le fruit de ma patience&#8221;, d\u00e9clare Mbouesse \u00e0 IPS, satisfait.<\/p>\n<p> &#8220;Le t\u00e9l\u00e9phone est venu arranger beaucoup de choses, les mots comme &#39;m\u00e9vente&#39; ou &#39;perte&#39; n&#39;existent presque plus chez nous&#8221;, affirme \u00e0 IPS, Germain Kombo Gala, un autre commer\u00e7ant et producteur agricole \u00e0 Mouyondzi, dans le sud-ouest du Congo.  Cet instrument ne fait pas seulement le bonheur des commer\u00e7ants. Des producteurs agricoles sont \u00e9galement heureux. &#8220;Souvent, j&#39;appelle mon fils qui est \u00e0 Brazzaville pour savoir si le produit est rare sur le march\u00e9. Et je d\u00e9cide ou pas de vendre, l&#39;objectif \u00e9tant de gagner plus&#8221;, indique Albert Kikouama, producteur d&#39;arachide dans le bassin agricole de Bouansa, dans le sud.<\/p>\n<p> &#8220;Des commer\u00e7ants me proposent un dollar pour un kilogramme de haricot, mais avec mon t\u00e9l\u00e9phone, je me suis d\u2019abord renseign\u00e9 aupr\u00e8s des amis, avant de leur r\u00e9pondre: j&#39;ai alors vendu \u00e0 1,5 dollar&#8221;, t\u00e9moigne Anatole Mboungou-Kimp\u00e9, producteur de haricot \u00e0 Bouansa.<\/p>\n<p> &#8220;Avant, les commer\u00e7ants venaient dans nos champs avec les billets de banque, et on leur c\u00e9dait un sac d&#39;arachide de 30 kilogrammes \u00e0 10 dollars. Maintenant, \u00e7a varie entre 15 et 25 dollars, selon les prix des villes&#8221;, souligne Pierre Mavinda, de Ngouha II, dans le sud. &#8220;Nous laissons toujours au moins 10 dollars de marge aux commer\u00e7ants&#8221;, ajoute-t-il.  Kinga Mouaka, un autre producteur de Ngouha II d\u00e9clare \u00e0 IPS : &#8220;Avant d\u2019aller vendre mon manioc roui \u00e0 Pointe-Noire, je dois m\u2019assurer, gr\u00e2ce \u00e0 mon t\u00e9l\u00e9phone, que les prix sont au dessus de 100 dollars pour un sac de 60 kilos, et qu\u2019il n\u2019y a pas assez de ce produit sur le march\u00e9&#8221;.  Des pratiques ont m\u00eame chang\u00e9 dans certaines localit\u00e9s. &#8220;C&#39;est gr\u00e2ce au t\u00e9l\u00e9phone qu&#39;on a su vendre les courges dans un sac de 30 kilogrammes \u00e0 80 dollars. Avant, on le vendait par petits paniers \u00e0 deux dollars, et on \u00e9tait tr\u00e8s perdant&#8221;, explique Mavinda \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Les producteurs et les commer\u00e7ants agricoles disent avoir juste su exploiter le t\u00e9l\u00e9phone. &#8220;Nous n&#39;avons \u00e9t\u00e9 inform\u00e9s ou guid\u00e9s par aucune autorit\u00e9 quelconque, c&#39;est juste notre imagination, et \u00e7a marche. Maintenant, on ne peut plus aller avec des produits au march\u00e9, sans conna\u00eetre \u00e0 l&#39;avance les prix, et si \u00e7a va s\u2019\u00e9couler rapidement&#8221;, d\u00e9clare Kombo Gala.  &#8220;Nous n&#39;avons pas promu cette pratique, mais c&#39;est \u00e0 encourager, car les paysans n&#39;ont plus \u00e0 subir les prix&#8221;, indique \u00e0 IPS, Antoine Ngoma-Bakana, directeur de recherche, encadrement et vulgarisation au minist\u00e8re de l&#39;Agriculture.  &#8220;Nous ne pouvons faire plus que les encourager, d&#39;autant plus que nous n&#39;aurions pas de t\u00e9l\u00e9phones portables \u00e0 donner \u00e0 chaque paysan ou groupement agricole s&#39;ils nous le demandaient. Nous admirons de loin leur imagination&#8221;, ajoute-t-il.  &#8220;J\u2019ai \u00e9t\u00e9 surprise de constater que certains producteurs d\u2019arachide de plus de 60 ans se renseignaient d\u2019abord au t\u00e9l\u00e9phone sur les prix avant de vendre. Et pourtant, je ne leur ai rien dit sur cette pratique. C&#39;est d&#39;abord leur propre id\u00e9e&#8221;, avoue Lydie Nsoko, une animatrice agricole \u00e0 Bouansa.  Selon Kombo Gala,&#8221;Nombre de paysans ont acquis un t\u00e9l\u00e9phone portable juste pour se renseigner sur les prix et savoir n\u00e9gocier avec les commer\u00e7ants&#8221;.<\/p>\n<p>  Mais, certains commer\u00e7ants revendeurs d\u00e9plorent l&#39;usage abusif du t\u00e9l\u00e9phone dans la fixation des prix. &#8220;Le t\u00e9l\u00e9phone est venu tout g\u00e2cher, notre marge b\u00e9n\u00e9ficiaire est tr\u00e8s maigre maintenant&#8221;, regrette Fr\u00e9d\u00e9ric Saou, un commer\u00e7ant de Mouyondzi.  &#8220;Gr\u00e2ce au t\u00e9l\u00e9phone, les agriculteurs imposent leurs prix, mais cela cause aussi des fluctuations sur le march\u00e9, on fait de la sp\u00e9culation, ce n&#39;est pas bien&#8221;, d\u00e9plore Jean Claude Elombila, inspecteur g\u00e9n\u00e9ral des techniques agricoles au Congo.<\/p>\n<p> D&#39;apr\u00e8s le gouvernement, quelque 1,7 million de personnes sur plus de quatre millions d&#39;habitants au Congo poss\u00e8dent un t\u00e9l\u00e9phone portable. La soci\u00e9t\u00e9 de t\u00e9l\u00e9phonie mobile Airtel dit \u00eatre pr\u00e9sente dans 825 localit\u00e9s du pays sur environ 1.600, touchant la plupart des paysans.  &#8220;Nous achetons un t\u00e9l\u00e9phone chez Airtel \u00e0 20 dollars. Ce n&#39;est rien par rapport \u00e0 un sac de gingembre vendu \u00e0 240 dollars&#8221;, confie Kombo Gala.<\/p>\n<p> Les agriculteurs utilisent g\u00e9n\u00e9ralement leurs t\u00e9l\u00e9phones le matin et le soir, pour ne pas vite \u00e9puiser les batteries. Ils payent environ 0,4 dollar pour les recharger chez des personnes poss\u00e9dant des groupes \u00e9lectrog\u00e8nes. &#8220;Surtout en ce moment de r\u00e9colte, on ne badine pas avec \u00e7a. Quand on a fini de parler, on \u00e9teint&#8221;, souligne Kikouama.  Selon le gouvernement sur les 230.000 exploitants agricoles congolais, 74 pour cent sont les femmes. Elles consommaient les trois quarts de leur production, le reste \u00e9tant vendu pour acqu\u00e9rir quelques biens. &#8220;Avant, c&#39;\u00e9tait juste pour acheter le savon et le sel. Maintenant, avec ces prix int\u00e9ressants, on peut s&#39;habiller et varier les repas&#8221;, affirme Flore Moupiha, cultivatrice de manioc \u00e0 Bouansa.  &#8220;La vente de nos r\u00e9coltes nous aide \u00e0 vivre mieux, nombreux se d\u00e9courageaient parce qu\u2019on ne gagnait rien&#8221;, explique Mboungou-Kimp\u00e9 \u00e0 IPS.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BRAZZAVILLE, 6 d\u00e9c (IPS) &#8211; Un t\u00e9l\u00e9phone portable coll\u00e9 \u00e0 l&#39;oreille, Jules Mbouesse, un jeune commer\u00e7ant, crie en plein march\u00e9 de PK M&#39;filou, un quartier ouest de Brazzaville, la capitale congolaise: &#8220;Ne laisse rien, embarque tout le gingembre dans le&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/12\/06\/congo-realiser-de-bonnes-affaires-agricoles-grace-au-telephone-portable\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":430,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[31,5,37,38,11,6,1],"tags":[],"class_list":["post-5294","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-africa-centrale","category-afrique","category-afrique-cultiver-le-futur","category-commerce-et-pauvrete","category-developpement","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5294","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/430"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5294"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5294\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5294"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5294"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5294"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}