{"id":5286,"date":"2010-11-30T13:40:01","date_gmt":"2010-11-30T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/11\/30\/cote-divoire-encadrer-les-menages-pour-combattre-la-mortalite-maternelle\/"},"modified":"2010-11-30T13:40:01","modified_gmt":"2010-11-30T13:40:01","slug":"cote-divoire-encadrer-les-menages-pour-combattre-la-mortalite-maternelle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/11\/30\/cote-divoire-encadrer-les-menages-pour-combattre-la-mortalite-maternelle\/","title":{"rendered":"COTE D\u2019IVOIRE: Encadrer les m\u00e9nages pour combattre la mortalit\u00e9 maternelle"},"content":{"rendered":"<p>ABIDJAN, 30 nov (IPS) &#8211; La mauvaise perception des services de maternit\u00e9 par de nombreuses femmes et l\u2019ignorance de certaines d\u2019entre elles en C\u00f4te d\u2019Ivoire, les exposent aux risques de l\u2019accouchement \u00e0 domicile, notamment la mortalit\u00e9 maternelle.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Pour limiter ces risques, Les autorit\u00e9s sanitaires ivoiriennes ont choisi de faire encadrer les m\u00e9nages par des agents de sant\u00e9 communautaires.   Une feuille de notes et un stylo en main, Mathurin Br\u00e9ka, infirmier \u00e0 Abobo, un quartier d\u2019Abidjan, la capitale \u00e9conomique ivoirienne, fait partie des quelque 7.800 agents de sant\u00e9 qui rendent visite quotidiennement depuis 2008 aux diff\u00e9rents m\u00e9nages dans tout le pays. Dans chaque maison, ils s\u2019int\u00e9ressent \u00e0 chaque femme enceinte avec laquelle ils ont un entretien d\u2019environ 30 minutes.   &#8220;Nous \u00e9tablissons d\u2019entr\u00e9e une relation de confiance&#8221;, explique Br\u00e9ka \u00e0 IPS. &#8220;Car selon la p\u00e9riode de grossesse, nous sommes emmen\u00e9s \u00e0 rester en contact jusqu\u2019\u00e0 terme. C\u2019est dire que nous avons entre un mois et six mois pour convaincre chaque cas sur la n\u00e9cessit\u00e9 de choisir l\u2019h\u00f4pital pour accoucher&#8221;, affirme-t-il.   &#8220;La visite r\u00e9guli\u00e8re \u00e0 la maternit\u00e9, le respect des vaccins, mais surtout le choix du centre de sant\u00e9 comme lieu d\u2019accouchement sont les th\u00e8mes essentiels des \u00e9changes. Et ces derniers mois, nous notons une adh\u00e9sion r\u00e9elle des unes et des autres&#8221;, souligne Br\u00e9ka qui couvre une centaine de m\u00e9nages.   Il en veut pour preuve qu\u2019au mois de juillet 2010, l&#39;h\u00f4pital g\u00e9n\u00e9ral d&#39;Abobo-sud, a d\u00e9nombr\u00e9 seulement 11 accouchements \u00e0 domicile (dont deux cas compliqu\u00e9s) sur les 360 enregistr\u00e9s dans ses fichiers, contre 65 sur 345 accouchements \u00e0 la m\u00eame p\u00e9riode en 2008, dont deux d\u00e9c\u00e8s.   A Marcory (sud d\u2019Abidjan), ce sont environ 30 accouchements \u00e0 domicile (pour cinq complications) qui ont \u00e9t\u00e9 signal\u00e9s sur les 300 notifi\u00e9s il y a quatre mois, contre 76 sur 289 accouchements il y a deux ans, dont trois d\u00e9c\u00e8s.   &#8220;Il y a un travail de fond qui est fait. La premi\u00e8re ann\u00e9e a \u00e9t\u00e9 difficile en raison de quelques r\u00e9serves d\u2019ordre culturel ou financier dans des m\u00e9nages. Mais aujourd\u2019hui, les r\u00e9actions sont positives&#8221;, soutient Lamine Timit\u00e9, un autre agent communautaire bas\u00e9 \u00e0 Adjam\u00e9 (centre d\u2019Abidjan).   Dans sa maison d\u2019une pi\u00e8ce \u00e0 Gobelet (quartier pr\u00e9caire du nord-est d\u2019Abidjan), le frigoriste Claver Gnizako, 32 ans, ne manque pas de rappeler chaque lundi \u00e0 sa compagne, Caroline Kodja, 28 ans, la visite de l\u2019agent de sant\u00e9.   Depuis le d\u00e9but de la grossesse de sa compagne, Gnizako est m\u00e9ticuleux sur les recommandations de l\u2019agent concernant les vaccinations \u00e0 faire pour ce mois de novembre, ainsi que le rendez-vous pour le test du groupe sanguin. &#8220;Il y a trois ans, j\u2019avais failli perdre Caroline&#8221;, se souvient-t-il encore, feuilletant un carnet de sant\u00e9.   &#8220;Au terme de sa premi\u00e8re grossesse, elle avait accouch\u00e9 \u00e0 la maison. Avec mon revenu mensuel de 25.000 francs CFA (environ 53 dollars), je ne pouvais pas assurer le co\u00fbt de l\u2019accouchement qui s\u2019\u00e9levait \u00e0 8.750 FCFA (18 dollars), car tout ce qui me restait devait assurer le trousseau&#8221;, raconte Gnizako \u00e0 IPS.   &#8220;Une h\u00e9morragie s\u2019est d\u00e9clar\u00e9e subitement, elle a perdu du sang et connaissance par la suite. Il avait fallu de peu pour que le pire arrive&#8221;, dit-il. Pour la nouvelle grossesse, Gnizako a choisi de suivre \u00e0 la lettre les recommandations de l\u2019agent communautaire.   &#8220;J\u2019irai moi-m\u00eame \u00e0 l\u2019h\u00f4pital le jour de l\u2019accouchement. M\u00eame si les moyens ne sont pas suffisants ce jour-l\u00e0, on trouvera un terrain d\u2019entente avec les sages-femmes. La priorit\u00e9 sera de faire accoucher Caroline d\u2019abord afin qu\u2019elle soit en s\u00e9curit\u00e9&#8221;, souligne-t-il.   Mieux vaut pr\u00e9venir De son c\u00f4t\u00e9, pour avoir perdu sa cousine \u00e0 l\u2019accouchement, Eug\u00e8ne Kouam\u00e9, 36 ans, chauffeur de taxi \u00e0 Yopougon-Wassakara (nord d\u2019Abidjan), accueille \u00e0 chaque visite, l\u2019agent de sant\u00e9, pour sa femme de 32 ans qui attend leur troisi\u00e8me enfant. &#8220;L\u2019ent\u00eatement de ma tante \u00e0 vouloir faire accoucher notre cousine \u00e0 la maison, lui a co\u00fbt\u00e9 la vie, il y a cinq mois&#8221;, r\u00e9v\u00e8le-t-il \u00e0 IPS.   Kouam\u00e9 explique que sa tante, qui a toujours eu une mauvaise perception des services de la maternit\u00e9, &#8220;a fait venir une matrone du village qui n\u2019a rien su ma\u00eetriser quand notre cousine a commenc\u00e9 \u00e0 saigner abondamment&#8221;.   &#8220;Le probl\u00e8me r\u00e9el qui se pose aujourd\u2019hui, c\u2019est que de nombreuses familles adoptent un syst\u00e8me \u00e0 risque&#8221;, affirme \u00e0 IPS, Madiara Traor\u00e9, sage-femme \u00e0 Port-Bou\u00ebt (sud d\u2019Abidjan). Selon elle, ces femmes fuient la chert\u00e9 de l\u2019accouchement \u00e0 la maternit\u00e9, pour accoucher \u00e0 la maison. &#8220;Puis le lendemain, elles se rendent \u00e0 l\u2019h\u00f4pital pour une consultation&#8221;, estimant que &#8220;cela r\u00e9duirait de moiti\u00e9 leurs d\u00e9penses hospitali\u00e8res&#8221;.   Fabienne Kodjo, une autre sage-femme, explique \u00e0 IPS: &#8220;Ces femmes ne connaissent pas en g\u00e9n\u00e9ral les risques. Pourtant, elles peuvent accoucher et le probl\u00e8me des frais se r\u00e8glera apr\u00e8s. Malheureusement, elles s\u2019exposent et le tableau est devenu alarmant en quatre ans seulement&#8221;.   En effet, dans son rapport 2009 sur la situation des femmes et des enfants, le Fonds des Nations Unies pour l\u2019enfance (UNICEF), qui forme ces agents de sant\u00e9 communautaire, a signal\u00e9 810 d\u00e9c\u00e8s maternels pour 100.000 naissances vivantes en C\u00f4te d\u2019Ivoire. Ce chiffre \u00e9tait 690 d\u00e9c\u00e8s maternels pour 100.000 naissances vivantes en 2005, selon le Programme national de la sant\u00e9 de la reproduction et de la planification familiale.   Pour obtenir une baisse significative de ce taux \u00e0 moyen terme, &#8220;il faudra poursuivre l\u2019assistance des accouchements par du personnel qualifi\u00e9 afin de r\u00e9tablir la confiance de base avec les femmes&#8221;, souligne \u00e0 IPS, Dr Geoffroy Kouadio, gyn\u00e9cologue \u00e0 Sassandra (sud-ouest du pays).  Il faudra \u00e9galement &#8220;imposer six heures d\u2019observation pour une femme qui vient d\u2019accoucher&#8221;, sugg\u00e8re-t-il. &#8220;Nos maternit\u00e9s observent \u00e0 peine deux heures, alors que 60 pour cent des d\u00e9c\u00e8s maternels surviennent g\u00e9n\u00e9ralement 48 heures apr\u00e8s l\u2019accouchement&#8221;.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ABIDJAN, 30 nov (IPS) &#8211; La mauvaise perception des services de maternit\u00e9 par de nombreuses femmes et l\u2019ignorance de certaines d\u2019entre elles en C\u00f4te d\u2019Ivoire, les exposent aux risques de l\u2019accouchement \u00e0 domicile, notamment la mortalit\u00e9 maternelle.<\/p>\n","protected":false},"author":330,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,1,4,30,29],"tags":[],"class_list":["post-5286","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-headlines","category-sante","category-special-culture-religion-et-genre","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5286","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/330"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5286"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5286\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5286"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5286"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5286"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}