{"id":5270,"date":"2010-11-23T13:40:01","date_gmt":"2010-11-23T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/11\/23\/congo-expulses-les-pecheurs-beninois-reprendront-leurs-activites\/"},"modified":"2010-11-23T13:40:01","modified_gmt":"2010-11-23T13:40:01","slug":"congo-expulses-les-pecheurs-beninois-reprendront-leurs-activites","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/11\/23\/congo-expulses-les-pecheurs-beninois-reprendront-leurs-activites\/","title":{"rendered":"CONGO: Expuls\u00e9s, les p\u00eacheurs b\u00e9ninois reprendront leurs activit\u00e9s"},"content":{"rendered":"<p>POINTE-NOIRE, Congo, 23 nov (IPS) &#8211; Une balise rouge-blanc, plac\u00e9e sur plusieurs centaines de m\u00e8tres le long de l\u2019ancien village de p\u00eacheurs b\u00e9ninois, montre qu\u2019ils ne peuvent plus y acc\u00e9der parce qu\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9s d\u00e9but novembre par les autorit\u00e9s du Port autonome de Pointe-Noire, la capitale \u00e9conomique du Congo.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Mais, ces p\u00eacheurs, qui estiment leur nombre \u00e0 environ 8.000, contre quelque 5.000 selon le gouvernement, ne voulaient pas quitter leur centre d\u2019activit\u00e9s le long de la c\u00f4te atlantique. A c\u00f4t\u00e9 des baraques pr\u00e9caires construites durant des d\u00e9cennies dans ce &#8220;village des Popos&#8221; \u2013 comme ils l\u2019appellent &#8211; derri\u00e8re le camp militaire Nzoko, ils avaient \u00e9rig\u00e9 un march\u00e9 o\u00f9 le poisson se vendait \u00e0 des prix d\u00e9fiant toute concurrence \u00e0 Pointe-Noire.  &#8220;On venait quotidiennement se ravitailler \u00e0 bas prix en poisson frais. L\u00e0, il n&#39;y a m\u00eame plus une sardine&#8221;, regrette Cl\u00e9mentine Milandou, une habitante de Pointe-Noire, dans le sud du Congo-Brazzaville.<\/p>\n<p> &#8220;Je p\u00eache ici depuis ma jeunesse, et je ne sais pas l\u00e0 o\u00f9 il faut aller&#8221;, affirme \u00e0 IPS, Joseph Takpo, un p\u00eacheur b\u00e9ninois de 70 ans environ, triste.  &#8220;Je ne sais pas faire autre chose que p\u00eacher, comment recommencer?&#8221;, se demande, d\u00e9sempar\u00e9, Thomas Assogba, un autre p\u00eacheur, p\u00e8re d\u2019une famille nombreuse.  Pour sa part, Adelar Sossou arrange quelques paquets de poissons \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de sa pirogue. &#8220;En attendant de partir d\u00e9finitivement d&#39;ici, on peut encore p\u00eacher pour survivre&#8221;, dit-il \u00e0 IPS, n\u00e9gociant le prix avec un des rares clients qui s\u2019aventurent encore \u00e0 cet endroit.<\/p>\n<p> Assise pr\u00e8s d\u2019une baraque en t\u00f4le, Charlotte Makaya, une femme congolaise mari\u00e9e \u00e0 un p\u00eacheur b\u00e9ninois, reste perplexe. &#8220;Notre vie, c\u2019\u00e9tait ici. Saurons-nous vivre loin de la mer?&#8221;  &#8220;Je devais envoyer du poisson \u00e0 vendre \u00e0 Brazzaville, mais l\u00e0, le march\u00e9 a compl\u00e8tement disparu&#8221;, affirme, surprise, une vendeuse de poisson. &#8220;C&#39;est un coup pour nous, car on ne peut acheter aux soci\u00e9t\u00e9s de p\u00eache, c&#39;est trop cher&#8221;, ajoute-t-elle \u00e0 IPS.  Apr\u00e8s l\u2019expulsion, il ne reste plus qu\u2019un tas de planches, de bois et de t\u00f4les, m\u00eame si aux abords du camp Nzoko, on trouve encore quelques familles qui ne savent pas o\u00f9 aller. Les indemnisations, qui leur sont allou\u00e9es par les autorit\u00e9s portuaires, seraient insignifiantes pour aller s\u2019installer \u00e0 la cit\u00e9 (les quartiers populaires de Pointe-Noire).  &#8220;Ceux qui n&#39;avaient que les baraques en planches, re\u00e7oivent des forfaits de 50.000 \u00e0 58.000 francs CFA (environ 109 \u00e0 126 dollars)&#8221;, explique Joseph Itsalou-Mombo, directeur commercial du Port autonome de Pointe-Noire (PAPN). &#8220;Mais, il y en a qui per\u00e7oivent jusqu&#39;aux millions&#8221;, affirme-t-il.  Le PAPN a indemnis\u00e9 premi\u00e8rement, \u00e0 titre &#8220;humanitaire et forfaitaire&#8221;, 504 personnes. &#8220;Les autres ne voulaient d&#39;abord pas prendre l&#39;argent. Maintenant, ils sont revenus, et nous dressons une liste additive&#8221;, indique-t-il \u00e0 IPS.  Poisson frais moins cher &#8220;Ces gens occupent ce domaine depuis des ann\u00e9es, et ils font vivre le secteur informel. Ces indemnisations sont insignifiantes pour des familles&#8221;, d\u00e9plore Christian Mounz\u00e9o, pr\u00e9sident de la Rencontre pour la paix et les droits de l&#39;Homme, une organisation non gouvernementale (ONG) bas\u00e9e \u00e0 Pointe-Noire.  &#8220;La constitution congolaise de 2002 met au m\u00eame pied d&#39;\u00e9galit\u00e9 les Congolais et les \u00e9trangers. Il faut \u00e0 ces p\u00eacheurs dont nous connaissons l&#39;apport \u00e9conomique, des indemnisations justes et \u00e9quitables&#8221;, sugg\u00e8re Kevin Mviri, de l&#39;Association pour les droits de l&#39;Homme et l&#39;univers carc\u00e9ral, bas\u00e9e \u00e0 Brazzaville, la capitale congolaise.  D\u2019apr\u00e8s la communaut\u00e9 des p\u00eacheurs, les 8.000 habitants de leur village comprennent des p\u00eacheurs b\u00e9ninois et congolais confondus, m\u00eame si les B\u00e9ninois sont les plus nombreux et les premiers \u00e0 occuper cet endroit. Mais, le PAPN affirme \u00eatre propri\u00e9taire des lieux depuis 1939.  Apr\u00e8s l\u2019expulsion, nombre de p\u00eacheurs congolais ont regagn\u00e9 leurs familles \u00e0 Pointe-Noire. Certains cependant, et notamment des femmes, sont toujours aux abords de l\u2019ancien village, n&#39;ayant pas o\u00f9 aller en raison de la crise de logement.  Selon les statistiques officielles, la p\u00eache traditionnelle que pratiquent ces p\u00eacheurs repr\u00e9sente 12.000 tonnes de poissons par an, contre seulement 9.000 tonnes de p\u00eache industrielle. Et, pendant que le poulet congel\u00e9 import\u00e9 co\u00fbte en moyenne quatre dollars, on peut trouver \u00e0 un dollar environ un tas de six \u00e0 huit poissons frais vendus par les p\u00eacheurs b\u00e9ninois. Un avantage qu\u2019on ne conna\u00eet pas \u00e0 Brazzaville o\u00f9 le poisson co\u00fbte plus cher.<\/p>\n<p>  Toutefois, pour ne pas laisser ces p\u00eacheurs en d\u00e9perdition, le PAPN leur a attribu\u00e9 un autre espace d&#39;activit\u00e9s, \u00e0 Loango, \u00e0 quelque 30 kilom\u00e8tres de leur ancien village. Avec l&#39;appui du port, un entrep\u00f4t de mat\u00e9riel et intrants de p\u00eache est en construction. &#8220;Ce n&#39;est pas pour y habiter, mais pour garder leurs (moteurs) hors-bord, leurs filets, et autres&#8221;, pr\u00e9cise Itsalou-Mombo.  Aucun entre endroit n&#39;a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 pour le logement des p\u00eacheurs b\u00e9ninois. &#8220;Si nous avons proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 ces indemnisations, c&#39;est pour que chacun se d\u00e9brouille pour trouver une baraque dans la ville&#8221;, ajoute Itsalou-Mombo. Mais, une parcelle de terrain co\u00fbte environ 1.000 dollars dans les quartiers p\u00e9riph\u00e9riques \u00e0 Pointe-Noire, soit dix fois le montant de leurs maigres indemnit\u00e9s.<\/p>\n<p> De nombreux p\u00eacheurs sont d\u00e9j\u00e0 pr\u00eats \u00e0 rejoindre ce nouveau campement \u00e0 Loango. \u00abC\u2019est maintenant l\u2019affaire de coop\u00e9ratives; je ne sais pas si nous qui p\u00eachons individuellement aurons de la place l\u00e0-bas\u00bb, se pr\u00e9occupe Takpo.<\/p>\n<p> &#8220;Il faut aussi savoir que ces p\u00eacheurs vendaient leur poisson \u00e0 bas prix, permettant ainsi \u00e0 une cat\u00e9gorie pauvres de la population de Pointe-Noire de survivre&#8221;, affirme Mounz\u00e9o \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Selon le PAPN, plusieurs rencontres, depuis 2008, ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 ces expulsions. &#8220;Il s\u2019agit d\u2019une expulsion humaniste et concert\u00e9e, apr\u00e8s les d\u00e9lais&#8221;, indique un communiqu\u00e9 du directeur g\u00e9n\u00e9ral du PAPN, Jean-Marie Aniele.  Ces expulsions ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9es en octobre 2010 par le Tribunal de grande instance de Pointe-Noire, mena\u00e7ant m\u00eame d&#39;infliger des &#8220;astreintes comminatoires de 50.000 FCFA (environ 109 dollars) par jour de retard \u00e0 l\u2019encontre de celui qui r\u00e9sistera&#8221;.  Privil\u00e9giant les bonnes relations entre les deux peuples, les gouvernements du Congo et du B\u00e9nin ont souhait\u00e9 un &#8220;r\u00e8glement pacifique&#8221; de la situation. &#8220;Ils (les p\u00eacheurs b\u00e9ninois) sont chez eux l\u00e0-bas, il faut un peu patience et la solution sera trouv\u00e9e&#8221;, avait d\u00e9clar\u00e9, d\u00e9but novembre \u00e0 la presse, le ministre b\u00e9ninois des Affaires \u00e9trang\u00e8res, Jean-Marie Ehuzu.<\/p>\n<p> Le ministre congolais de la P\u00eache, Hellot Matson Mampouya, avait indiqu\u00e9: &#8220;Ces expulsions sont consensuelles, car il n&#39;est pas question de chasser comme \u00e7a ces p\u00eacheurs d&#39;un pays fr\u00e8re. Nous voulons d&#39;une solution favorable \u00e0 toutes les parties&#8221;.   Engag\u00e9 dans un programme d&#39;extension de ses activit\u00e9s, le Port autonome de Pointe-Noire a re\u00e7u des partenaires du Congo environ 14,5 millions de dollars pour construire de nouvelles infrastructures.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>POINTE-NOIRE, Congo, 23 nov (IPS) &#8211; Une balise rouge-blanc, plac\u00e9e sur plusieurs centaines de m\u00e8tres le long de l\u2019ancien village de p\u00eacheurs b\u00e9ninois, montre qu\u2019ils ne peuvent plus y acc\u00e9der parce qu\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9s d\u00e9but novembre par les autorit\u00e9s&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/11\/23\/congo-expulses-les-pecheurs-beninois-reprendront-leurs-activites\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":430,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[31,5,11,10,1,3,20,29],"tags":[],"class_list":["post-5270","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-africa-centrale","category-afrique","category-developpement","category-droits-humains","category-headlines","category-population-refugies","category-travail","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5270","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/430"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5270"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5270\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5270"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5270"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5270"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}