{"id":5267,"date":"2010-11-20T13:40:01","date_gmt":"2010-11-20T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/11\/20\/ouganda-des-crimes-sexuels-continuent-dans-limpunite\/"},"modified":"2010-11-20T13:40:01","modified_gmt":"2010-11-20T13:40:01","slug":"ouganda-des-crimes-sexuels-continuent-dans-limpunite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/11\/20\/ouganda-des-crimes-sexuels-continuent-dans-limpunite\/","title":{"rendered":"OUGANDA: Des crimes sexuels continuent dans l\u2019impunit\u00e9"},"content":{"rendered":"<p>KAMPALA, 20 nov (IPS) &#8211; Des milliers de femmes ont \u00e9t\u00e9 viol\u00e9es pendant la guerre civile de l\u2019Ouganda, mais le gouvernement a d\u00e9ploy\u00e9 peu d\u2019efforts pour les assister, notamment par des services psychosociaux et de conseils.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>La guerre de deux d\u00e9cennies au nord de l\u2019Ouganda entre le gouvernement et les rebelles de l\u2019Arm\u00e9e de r\u00e9sistance du Seigneur (LRA) a entra\u00een\u00e9 le d\u00e9placement interne d\u2019environ 1,5 million de personnes et la mort de milliers de gens. Les femmes qui \u00e9taient dans les camps des personnes d\u00e9plac\u00e9es internes (PDI) ont souffert de violences sexuelles de la part des soldats du gouvernement et de la part des civils.<\/p>\n<p> Bien qu\u2019il n\u2019y ait pas de chiffres officiels sur le nombre de femmes touch\u00e9es, les rapports montrent que cela a \u00e9t\u00e9 un fait r\u00e9pandu. Les rebelles sont bien connus pour l\u2019enl\u00e8vement des enfants utilis\u00e9s comme des enfants soldats et pour celui des filles utilis\u00e9es comme esclaves sexuelles.<\/p>\n<p> La guerre a touch\u00e9 le nord et le nord-est de l\u2019Ouganda jusqu\u2019en 2007 au moment o\u00f9 les rebelles de la LRA ont \u00e9t\u00e9 exclus de la RDC (R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo) apr\u00e8s l\u2019\u00e9chec des n\u00e9gociations de paix avec le gouvernement, sous la m\u00e9diation du gouvernement du Sud-Soudan.<\/p>\n<p> Un r\u00e9cent programme de rel\u00e8vement post-conflictuel du gouvernement lanc\u00e9 l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re manque une composante abordant les cons\u00e9quences sur les victimes de violences sexuelles pendant la guerre.<\/p>\n<p> En outre, les recommandations, demandant des r\u00e9parations pour les victimes des violences sexuelles, faites par une commission d\u2019enqu\u00eate sur les violations des droits humains en Ouganda, couvrant la p\u00e9riode depuis l\u2019ind\u00e9pendance en 1962 au deuxi\u00e8me r\u00e9gime d\u2019Obote (1980\u20131985), n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 mises en \u0153uvre.<\/p>\n<p> Des sanctions insuffisantes Et selon un rapport de suivi de la r\u00e9solution 1325 du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 des Nations Unies (RCSNU) sur l\u2019Ouganda, publi\u00e9 le 9 novembre par le &#39;Center for Women in Governance&#39; (CEWIGO &#8211; le Centre pour les femmes dans la gouvernance) bas\u00e9 \u00e0 Kampala, plusieurs cas de violences sexuelles en Ouganda ne sont pas poursuivis. La RSCNU 1325, qui a c\u00e9l\u00e9br\u00e9 son 10e anniversaire le mois dernier, a reconnu, pour la premi\u00e8re fois, les violences bas\u00e9es sur le sexe pendant un conflit comme un crime de guerre et un crime contre l\u2019humanit\u00e9.<\/p>\n<p> Le rapport, destin\u00e9 \u00e0 suivre le progr\u00e8s de l\u2019Ouganda sur l\u2019application de la r\u00e9solution, a constat\u00e9 que de nombreux cas ne sont pas signal\u00e9s. Le viol est l\u2019infraction sexuelle la moins signal\u00e9e en Ouganda et le droit ougandais ne reconna\u00eet pas encore le viol conjugal.<\/p>\n<p> De ces cas signal\u00e9s, environ la moiti\u00e9 fait l\u2019objet de poursuites et tr\u00e8s peu sont passibles de peines au bout du compte.<\/p>\n<p> En 2009, l\u2019Ouganda a enregistr\u00e9 et examin\u00e9 619 cas de viol. Parmi ces derniers, 37 pour cent (228 cas) ont fait l\u2019objet de poursuites et cinq pour cent seulement ont \u00e9t\u00e9 sanctionn\u00e9s. Plus de sept mille cas de viol d\u2019enfants ont \u00e9t\u00e9 signal\u00e9s et seuls 467 de ces cas ont abouti \u00e0 une peine. De m\u00eame, 550 femmes ont signal\u00e9 une atteinte \u00e0 la pudeur et 79 cas seulement ont \u00e9t\u00e9 sanctionn\u00e9s.<\/p>\n<p> Une injustice aux victimes de violences sexuelles Maude Mugisha de CEWIGO d\u00e9clare que la plupart des familles ne peuvent pas se permettre d\u2019emmener les victimes pour l\u2019examen m\u00e9dical ou de d\u00e9placer la police sur le lieu du crime. En cons\u00e9quence, elles optent pour la n\u00e9gociation avec l\u2019auteur de l\u2019infraction. La justice p\u00e9nale en Ouganda demande \u00e0 toute personne ayant \u00e9t\u00e9 victime de violence sexuelle d\u2019avoir un test m\u00e9dical, ce qui joue sur la r\u00e9ussite ou l\u2019\u00e9chec d\u2019un proc\u00e8s.<\/p>\n<p> Cependant, seuls les chirurgiens autoris\u00e9s de la police peuvent proc\u00e9der \u00e0 l\u2019examen. Non seulement les chirurgiens de la police sont insuffisants mais les victimes doivent \u00e9galement payer entre 15 et 25 dollars pour \u00eatre examin\u00e9es.<\/p>\n<p> &#8220;Ceci est la plus grande injustice \u00e0 laquelle les survivantes de violences sexuelles sont soumises en Ouganda&#8221;, d\u00e9clare Judy Kamanyi, une consultante en questions de genre et de d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p> Rebecca Kadaga, vice-pr\u00e9sidente du parlement en convient. &#8220;\u00c7a ne peut pas \u00eatre seulement un chirurgien de la police qui peut examiner une victime si nous voulons rendre la justice. Les services d\u2019examens m\u00e9dicaux doivent \u00eatre m\u00eame effectu\u00e9s par les sages-femmes afin que les femmes arr\u00eatent de payer beaucoup d\u2019argent pour acc\u00e9der \u00e0 la justice&#8221;.<\/p>\n<p> Kamanyi d\u00e9clare que le gouvernement doit \u00e9tablir des refuges pour les femmes dont la vie est en danger et proposer un plan d\u2019urgence pour les femmes et les enfants victimes de s\u00e9vices, assurant leur s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p> L\u2019acc\u00e8s \u00e0 la justice pour les survivantes des violences bas\u00e9es sur le sexe est aussi limit\u00e9 par le fait que les infractions sexuelles sont seulement jug\u00e9es au niveau des tribunaux de grande instance et que ces derniers se retrouvent dans cinq r\u00e9gions seulement du pays. Les victimes parcourent de longues distances pour acc\u00e9der aux tribunaux et pour seulement trouver qu\u2019il n\u2019y a aucun chirurgien de la police pr\u00e9sent pour l\u2019audience. En cons\u00e9quence, les cas d\u2019infractions sexuelles peuvent prendre des ann\u00e9es pour \u00eatre entendus.<\/p>\n<p> Selon le CEWIGO, ces lacunes dans le fait de rendre justice aux femmes victimes de violences sexuelles montrent que l\u2019Ouganda est loin d\u2019appliquer les instruments r\u00e9gionaux et internationaux destin\u00e9s \u00e0 sauvegarder la vie des femmes, surtout dans le cas des viols en temps de guerre.<\/p>\n<p> Miria Matembe, membre fondateur de CEWIGO, d\u00e9clare que les femmes doivent continuer \u00e0 faire pression sur les gouvernements, surtout dans la r\u00e9gion des grands lacs de l\u2019Afrique, pour l\u2019application de la r\u00e9solution 1325.<\/p>\n<p> &#8220;Cette r\u00e9solution demeure extr\u00eamement importante pour nous&#8230; Nous sommes un continent encore infest\u00e9 de conflits avec des niveaux \u00e9lev\u00e9s de violences bas\u00e9es sur le sexe&#8221;, d\u00e9clare-t-elle.<\/p>\n<p> Les rebelles de la LRA demeurent actifs en RDC, en R\u00e9publique centrafricaine et au Sud-Soudan, o\u00f9 ils continuent avec les enl\u00e8vements.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>KAMPALA, 20 nov (IPS) &#8211; Des milliers de femmes ont \u00e9t\u00e9 viol\u00e9es pendant la guerre civile de l\u2019Ouganda, mais le gouvernement a d\u00e9ploy\u00e9 peu d\u2019efforts pour les assister, notamment par des services psychosociaux et de conseils.<\/p>\n","protected":false},"author":796,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,10,27,1,7,30],"tags":[],"class_list":["post-5267","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-droits-humains","category-east-africa","category-headlines","category-politique","category-special-culture-religion-et-genre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5267","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/796"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5267"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5267\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5267"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5267"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5267"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}