{"id":5230,"date":"2010-11-03T13:40:01","date_gmt":"2010-11-03T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/11\/03\/rd-congo-le-nzango-un-jeu-qui-redonne-la-forme-aux-femmes\/"},"modified":"2010-11-03T13:40:01","modified_gmt":"2010-11-03T13:40:01","slug":"rd-congo-le-nzango-un-jeu-qui-redonne-la-forme-aux-femmes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/11\/03\/rd-congo-le-nzango-un-jeu-qui-redonne-la-forme-aux-femmes\/","title":{"rendered":"RD CONGO: Le &#39;Nzango&#39;, un jeu qui redonne la forme aux femmes"},"content":{"rendered":"<p>KINSHASA, 3 nov (IPS) &#8211; La plupart des femmes congolaises ont jou\u00e9 au &#39;Nzango&#39; quand elles \u00e9taient petites. C\u2019est un jeu d\u2019enfants plein de vitalit\u00e9, pratiqu\u00e9 dans la majorit\u00e9 des cas par des filles en R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC). <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Apr\u00e8s \u00eatre tomb\u00e9 dans l\u2019oubli, le &#39;Nzango&#39; pour les femmes de l\u2019ouest de la RDC, qui porte aussi le nom de &#39;Kange&#39; pour celles de l\u2019est du pays, a reparu dans la vie des Congolaises m\u00e8res de famille. Pour une population qui n\u2019a pas vraiment une culture de pratique du sport, il y a de quoi applaudir le retour de ce jeu.  Le Nzango se joue en groupe, entre deux \u00e9quipes de 10 \u00e0 12 personnes, chacune. Rang\u00e9es face \u00e0 face et s\u00e9par\u00e9s par environ deux m\u00e8tres, deux joueuses sautent et claquent les mains en projetant une jambe au devant de soi. Les \u00e9quipes marquent les points selon que les jambes de deux joueuses se croisent ou pas. Le choix de marquer selon la jambe droite ou gauche est fait auparavant. La joueuse qui marque de point continue la tourn\u00e9e jusqu&#39;\u00e0 ce que l&#39;adversaire arr\u00eate. Le jeu est agr\u00e9ment\u00e9 par des chants d&#39;animation de joueuses et parfois des supporters.<\/p>\n<p> \u00abJ\u2019essayais par tous les moyens de traiter des femmes qui avaient des probl\u00e8mes de surpoids et d\u2019autres troubles associ\u00e9s. Jusqu\u2019au jour o\u00f9 j\u2019ai vu de petites filles jouer au Nzango. Apr\u00e8s un temps d\u2019observation, j\u2019ai pos\u00e9 la question \u00e0 mes patientes en leur demandant si elles avaient d\u00e9j\u00e0 jou\u00e9 \u00e0 ce jeu. Elles ont acquiesc\u00e9. Je leur ai alors demand\u00e9 de recommencer \u00e0 le jouer\u00bb, raconte souvent Mpasi Titov, un m\u00e9decin du Congo-Brazzaville. \u00abApr\u00e8s quelques minutes de jeu, elles se sont mise \u00e0 transpirer\u00bb, affirme Mpasi, consid\u00e9r\u00e9 comme l\u2019initiateur du Nzango moderne, ajoutant que cet exercice leur permettra de perdre du poids avec le temps.<\/p>\n<p> Mpasi ignorait qu\u2019il relan\u00e7ait une tradition qui allait se r\u00e9pandre dans son pays. De sa ville d\u2019origine, Pointe-Noire, Mpasi a ramen\u00e9 ce jeu \u00e0 Brazzaville, la capitale congolaise. De l\u00e0, le Nzango a travers\u00e9 le fleuve Congo pour gagner Kinshasa, la capitale de la RDC, sur l\u2019autre rive.  Les deux capitales les plus rapproch\u00e9es du monde ont organis\u00e9 des tournois de Nzango et l\u2019information est all\u00e9e jusqu\u2019aux coins les plus recul\u00e9s de la RDC. Les femmes de tous les \u00e2ges jouent \u00e0 ce jeu qui, non seulement leur rappelle leur enfance, mais aussi et surtout leur permet de rester en forme. Les \u00e9glises, les entreprises, les \u00e9tablissements d\u2019enseignement sup\u00e9rieur, et bien d\u2019autres milieux sont conquis.  A la division urbaine du minist\u00e8re de la Jeunesse et des Sports de la RDC, une ligue est en train d\u2019\u00eatre mise en place pour organiser ce jeu et le transformer en loisir. \u00abUne ligue provinciale a \u00e9t\u00e9 mise sur pied pour programmer des tournois de Nzango. De septembre 2009 \u00e0 juin 2010, nous avons v\u00e9cu trois tournois&#8230; L\u2019engouement est grand. Rien que pour la partie ouest de la capitale (Kinshasa), nous avons 70 clubs affili\u00e9s\u00bb, explique Eulalie Yuma, pr\u00e9sidente de l\u2019Entente Kin ouest.  Mais tout le monde ne soutient pas cette activit\u00e9 de loisir. Certains st\u00e9r\u00e9otypes collent toujours \u00e0 la peau des femmes qui le pratiquent. Certaines personnes les accusent de d\u00e9serter leur foyer une journ\u00e9e durant pour aller jouer et ensuite se pavaner dans les bars apr\u00e8s une victoire. \u00abCe sont des femmes de m\u0153urs l\u00e9g\u00e8res qui le pratiquent. Je ne peux pas encourager cela\u00bb, affirme Paulin Ntula, un fonctionnaire de la RDC.  Ce ne sont pas que les hommes qui portent de telles accusations. M\u00eame certaines femmes enfoncent le clou : \u00abJe ne crois pas que cela soit quelque chose \u00e0 encourager. Ces femmes font beaucoup de bruit pour rien\u00bb, estime Clarisse Bukonzi, m\u00e8re d\u2019un enfant.  Un sketch a m\u00eame \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 par une troupe locale pour faire passer des messages d\u00e9courageants \u00e0 propos du Nzango, du genre \u00ables m\u00e8res de famille abandonnent leur foyer pour le Nzango, l\u2019\u00e9ducation des enfants est menac\u00e9e&#8230;\u00bb Face \u00e0 ces accusations gratuites et sans fondement, Yuma r\u00e9plique : \u00abC\u2019est une mauvaise fa\u00e7on de voir les choses. Des d\u00e9rapages ne manquent pas dans la vie. Mais pour moi, le Nzango permet aux personnes qui le pratiquent d\u2019\u00e9viter certains probl\u00e8mes de sant\u00e9. J\u2019ai des t\u00e9moignages des \u00e9poux qui encouragent leurs femmes \u00e0 continuer parce que ce loisir leur permet de garder une belle silhouette et de rester en forme\u00bb.  Marie Claire Mbala, une vendeuse de pains d\u2019une soixantaine d\u2019ann\u00e9es, est heureuse que ce jeu soit \u00e0 nouveau populaire. \u00abMon \u00e9glise a organis\u00e9 des activit\u00e9s r\u00e9cr\u00e9atives la derni\u00e8re semaine d\u2019ao\u00fbt pour ses fid\u00e8les. Et nous, les femmes, nous avons jou\u00e9 au Nzango \u00e0 un moment de la journ\u00e9e; c\u2019\u00e9tait fantastique\u00bb.  Il existe beaucoup de clubs de ce genre, cr\u00e9\u00e9s occasionnellement pour divertir des groupes de femmes dans une paroisse, un quartier ou encore une entreprise. Cela permet \u00e0 Yuma d\u2019esp\u00e9rer et d\u2019appeler les autres Congolaises \u00e0 soutenir ce jeu qui est pratiqu\u00e9 en majorit\u00e9 par des femmes.  Forts du soutien de la direction des loisirs de la ville de Kinshasa ainsi que des femmes et des hommes de bonne volont\u00e9, Yuma et son groupe n\u2019entendent pas baisser les bras. Au contraire, elles caressent le r\u00eave de voir ce loisir \u00eatre reconnu plus tard comme une discipline sportive \u00e0 part enti\u00e8re, avec un r\u00e8glement pr\u00e9cis, et qui serait accept\u00e9 par plusieurs autres pays.<\/p>\n<p> *(Anna Mayimona Ngemba est journaliste en RD Congo et a \u00e9crit cet article pour &#39;Gender Links&#39;, une ONG d\u2019Afrique australe qui lutte pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 de genre. Cet article est publi\u00e9 en vertu d&#39;un accord de coop\u00e9ration entre Gender Links et IPS).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>KINSHASA, 3 nov (IPS) &#8211; La plupart des femmes congolaises ont jou\u00e9 au &#39;Nzango&#39; quand elles \u00e9taient petites. 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