{"id":5164,"date":"2010-09-30T13:40:01","date_gmt":"2010-09-30T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/09\/30\/afrique-les-commercantes-victimes-de-harcelement-sexuel-aux-frontieres\/"},"modified":"2010-09-30T13:40:01","modified_gmt":"2010-09-30T13:40:01","slug":"afrique-les-commercantes-victimes-de-harcelement-sexuel-aux-frontieres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/09\/30\/afrique-les-commercantes-victimes-de-harcelement-sexuel-aux-frontieres\/","title":{"rendered":"AFRIQUE: Les commer\u00e7antes victimes de harc\u00e8lement sexuel aux fronti\u00e8res"},"content":{"rendered":"<p>TSHWANE, Afrique du Sud, 30 sep (IPS) &#8211; Le harc\u00e8lement et l&#39;exploitation sexuels de la part des autorit\u00e9s frontali\u00e8res en qu\u00eate de pots-de-vin constituent les principaux obstacles pour les femmes exer\u00e7ant dans le commerce informel transfrontalier en Afrique.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>C\u2019est ce qu\u2019indique une \u00e9tude de recherche du Fonds de d\u00e9veloppement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM), lanc\u00e9e le 21 septembre \u00e0 Tshwane (autrefois Pretoria).  Cette \u00e9tude, qui a port\u00e9 sur plus de 700 commer\u00e7antes informelles \u00e0 leur domicile, sur leurs lieux de travail et dans les march\u00e9s au Zimbabwe et au Swaziland, ainsi qu\u2019au niveau des fronti\u00e8res avec l&#39;Afrique du Sud, mentionne le harc\u00e8lement des commer\u00e7antes de la part des policiers, des militaires et des douaniers sud-africains au cas o\u00f9 les commer\u00e7antes refusent de payer des pots-de-vin.  &#8220;Les femmes sont plus susceptibles d&#39;\u00eatre victimes d&#39;abus sexuels de la part des responsables. Le d\u00e9fi majeur est le harc\u00e8lement au niveau des fronti\u00e8res de la part des douaniers, et le fait que les commer\u00e7antes ne peuvent pas acc\u00e9der aux informations n\u00e9cessaires&#8221;, a expliqu\u00e9 Nomcebo Manzini, directeur r\u00e9gional de l&#39;UNIFEM pour l\u2019Afrique australe, au cours du lancement de l\u2019\u00e9tude.  L&#39;\u00e9tude qualifie l&#39;Afrique du Sud de pays aux &#8220;p\u00e2turages verts&#8221;, avec beaucoup de personnes qui viennent des pays voisins pour y vendre leurs marchandises ou acheter des produits \u00e0 vendre dans leurs pays d&#39;origine.  L&#39;\u00e9tude estime que pr\u00e8s des trois quarts des commer\u00e7ants transfrontaliers informels contribuent aux recettes des gouvernements \u00e0 travers le paiement des droits et des frais de licence.  Malgr\u00e9 l&#39;absence de donn\u00e9es statistiques officielles, certaines estimations ont \u00e9valu\u00e9 les contributions du commerce transfrontalier informel entre 30 et 40 pour cent du commerce \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la Communaut\u00e9 de d\u00e9veloppement d\u2019Afrique australe (SADC).  La plupart des commer\u00e7ants sond\u00e9s \u00e9taient instruits, avec 90 pour cent de ceux interrog\u00e9s ayant un niveau d\u2019\u00e9ducation secondaire ou sup\u00e9rieure, en partie une cons\u00e9quence des faibles niveaux d&#39;emploi formel dans l&#39;\u00e9conomie zimbabw\u00e9enne en d\u00e9clin.  Le ch\u00f4mage est identifi\u00e9 comme une cause structurelle du commerce transfrontalier informel, avec beaucoup de personnes qui se lancent dans de telles activit\u00e9s pour g\u00e9n\u00e9rer des revenus et assurer la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire.  Ottilia Chikosha de la &#39;Regional Export Promotion Women&#39;s Trust&#39; (Association des femmes pour la promotion des exportations r\u00e9gionales), bas\u00e9e \u00e0 Harare, estime qu\u2019au Zimbabwe, environ 70 pour cent des femmes en \u00e2ge de procr\u00e9er sont impliqu\u00e9es dans le commerce transfrontalier.  Chikosha d\u00e9crit le &#8220;cercle vicieux de la pauvret\u00e9&#8221; comme alimentant les activit\u00e9s du commerce transfrontalier actuel. &#8220;Nous avons besoin d&#39;argent pour l&#39;\u00e9cole, nous avons besoin d&#39;argent pour la nourriture, nous avons besoin d&#39;argent pour le loyer. Nous ne pouvons pas nous asseoir l\u00e0 \u00e0 ne rien faire s&#39;il n&#39;y a aucune solution&#8221;.  La participation aux activit\u00e9s commerciales transfrontali\u00e8res comporte parfois des risques graves. &#8220;Il y a toute la question relative \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9. Une fois que les commer\u00e7antes atteignent leur pays de destination, elles se battent vraiment pour trouver un logement et, dans beaucoup de cas, finissent par dormir dans les rues&#8221;, explique Manzini.  L&#39;\u00e9tude de l&#39;UNIFEM d\u00e9crit les effets de l&#39;environnement des affaires des commer\u00e7ants sur leur sant\u00e9. Une d\u00e9pendance du transport en commun, le mauvais entretien des infrastructures, les co\u00fbts \u00e9lev\u00e9s ainsi que les cas de vol et de harc\u00e8lement sexuel signifient que les femmes commer\u00e7antes sont confront\u00e9es \u00e0 de graves menaces.  La difficult\u00e9 d&#39;obtenir des pr\u00eats et le capital de d\u00e9marrage des petites entreprises oblige beaucoup de femmes commer\u00e7antes \u00e0 emprunter de l&#39;argent aupr\u00e8s des &#8220;usuriers&#8221; afin de payer le transport et acheter des marchandises.  Des autorit\u00e9s frontali\u00e8res corrompues, qui profitent du niveau de compr\u00e9hension du processus douanier parfois limit\u00e9 des commer\u00e7antes, peuvent \u00e9galement confisquer ill\u00e9galement certains de leurs biens.  Beaucoup sont oblig\u00e9es de se livrer \u00e0 des rapports sexuels transactionnels le long des corridors commerciaux afin d\u2019obtenir un logement, le transport ou passer les fronti\u00e8res &#8211; comme le dit Chikosha, &#8220;simplement pour s&#39;en sortir et gagner sa vie&#8221;.  D\u00e8s leur retour \u00e0 la maison, les femmes commer\u00e7antes &#8211; qui peuvent \u00eatre absentes parfois pendant des semaines &#8211; peuvent \u00eatre accus\u00e9es de prostitution et stigmatis\u00e9es.  Chikosha affirme que le d\u00e9fi majeur est de savoir comment aider les femmes commer\u00e7antes informelles \u00e0 entrer dans l&#39;\u00e9conomie formelle. &#8220;Les femmes ont peu d\u2019options en termes d&#39;acc\u00e8s aux march\u00e9s. Elles recherchent des march\u00e9s, mais le d\u00e9fi est que les gouvernements ne sont pas dispos\u00e9s \u00e0 mettre en place des structures pour faciliter l&#39;acc\u00e8s&#8221;, d\u00e9clare-t-elle.  Le r\u00e9gime commercial simplifi\u00e9 du March\u00e9 commun de l&#39;Afrique orientale et australe (COMESA), par exemple, a facilit\u00e9 les \u00e9changes commerciaux au sein du bloc r\u00e9gional, mais avantage surtout les petites et moyennes entreprises et non les commer\u00e7ants informels.  Le r\u00e9gime permet l&#39;all\u00e8gement des tarifs et une plus grande facilit\u00e9 des proc\u00e9dures de d\u00e9douanement, mais ne s&#39;applique qu&#39;aux marchandises qui proviennent des pays membres. La plupart des femmes commer\u00e7antes informelles font essentiellement le commerce des produits import\u00e9s peu co\u00fbteux tels que des v\u00eatements, des articles de m\u00e9nage ainsi que des aliments achet\u00e9s en Afrique du Sud et import\u00e9s d&#39;Asie.  Ainsi, le r\u00e9gime du COMESA a un impact peu positif sur leur vie.  &#8220;Dans le contexte de l&#39;Afrique du Sud comme un pays d&#39;accueil pour des commer\u00e7ants, il y a un besoin crucial de comprendre les questions telles que la fourniture des services d\u2019appui et l&#39;orientation qui leur est donn\u00e9e.  &#8220;Nous devons r\u00e9fl\u00e9chir sur la fa\u00e7on dont nous pouvons rendre lucratif ce commerce. L\u2019Afrique du Sud en profite aussi. Les commer\u00e7ants ach\u00e8tent leurs marchandises ici, ils permettent \u00e0 l&#39;\u00e9conomie de l&#39;Afrique du Sud de tourner&#8221;, a soulign\u00e9 Manzini.  Actuellement, aucune m\u00e9thodologie n&#39;existe pour documenter et enregistrer les avantages que les commer\u00e7ants informels apportent \u00e0 un pays.  Un atelier de consultation, organis\u00e9 par l&#39;UNIFEM et le gouvernement sud-africain au cours de la troisi\u00e8me semaine de septembre 2010, est une \u00e9tape vers l\u2019implication de tous les acteurs pertinents dans la discussion.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>TSHWANE, Afrique du Sud, 30 sep (IPS) &#8211; Le harc\u00e8lement et l&#39;exploitation sexuels de la part des autorit\u00e9s frontali\u00e8res en qu\u00eate de pots-de-vin constituent les principaux obstacles pour les femmes exer\u00e7ant dans le commerce informel transfrontalier en Afrique.<\/p>\n","protected":false},"author":710,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,38,11,10,27,6,1,28,30,22,20],"tags":[],"class_list":["post-5164","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-commerce-et-pauvrete","category-developpement","category-droits-humains","category-east-africa","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines","category-southern-africa","category-special-culture-religion-et-genre","category-transport","category-travail"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5164","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/710"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5164"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5164\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5164"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5164"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5164"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}