{"id":5134,"date":"2010-09-13T13:40:01","date_gmt":"2010-09-13T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/09\/13\/environnement-le-sud-se-bat-toujours-pour-arreter-la-biopiraterie-du-nord\/"},"modified":"2010-09-13T13:40:01","modified_gmt":"2010-09-13T13:40:01","slug":"environnement-le-sud-se-bat-toujours-pour-arreter-la-biopiraterie-du-nord","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/09\/13\/environnement-le-sud-se-bat-toujours-pour-arreter-la-biopiraterie-du-nord\/","title":{"rendered":"ENVIRONNEMENT: Le Sud se bat toujours pour arr\u00eater la biopiraterie du Nord"},"content":{"rendered":"<p>PARIS, 13 sep (IPS) &#8211; Les Nations Unies ont d\u00e9clar\u00e9 2010 l&#39;Ann\u00e9e de la biodiversit\u00e9. Mais 17 ans apr\u00e8s l\u2019adoption de la Convention sur la diversit\u00e9 biologique au cours du Sommet de la terre \u00e0 Rio de Janeiro, au Br\u00e9sil, la question de la biopiraterie dresse toujours le Nord contre le Sud.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Des chercheurs et militants ont invent\u00e9 le terme biopiraterie, &#8220;le vol de ressources g\u00e9n\u00e9tiques&#8221;, pour d\u00e9crire la pratique des soci\u00e9t\u00e9s consistant \u00e0 assurer &#8220;des monopoles priv\u00e9s rentables en surveillant les revendications de brevet sur les g\u00e8nes, les plantes et les connaissances traditionnelles connexes de l&#39;Afrique&#8221;, selon le Centre d&#39;Afrique du Sud pour la bios\u00e9curit\u00e9 (ACB).<\/p>\n<p> Le nouveau r\u00e9gime international sur l&#39;acc\u00e8s aux ressources g\u00e9n\u00e9tiques et le partage des avantages, propos\u00e9 au d\u00e9part en 2002, sera \u00e0 l&#39;ordre du jour \u00e0 la 10\u00e8me r\u00e9union prochaine de la Convention sur la diversit\u00e9 biologique qui aura lieu \u00e0 Nagoya, au Japon, du 18 au 29 octobre 2010.<\/p>\n<p> La controverse n&#39;est pas nouvelle. Le g\u00e9ant pharmaceutique allemand, Bayer, a d\u00e9pos\u00e9 un brevet en 1995 pour la fabrication de Glucobay, un m\u00e9dicament qui traite les diab\u00e8tes de type II et qui est bas\u00e9 sur une souche de bact\u00e9rie provenant du lac Ruiru au Kenya.<\/p>\n<p> Merck, un concurrent, a pris un brevet pour un produit antifongique identifi\u00e9 dans la crotte de girafe en Namibie en 1996. En 1999, Biotech du Canada a pris un brevet pour les semences de la famille du gingembre que les gu\u00e9risseurs traditionnels congolais utilisent depuis des si\u00e8cles pour soigner l&#39;impuissance. La liste est longue.<\/p>\n<p> Selon Krystyna Swiderska, qui fait des recherches sur la biopiraterie pour l&#39;Institut international pour l&#39;environnement et le d\u00e9veloppement (IIED), bas\u00e9 \u00e0 Londres, &#8220;le probl\u00e8me est qu&#39;il n&#39;existe pas de syst\u00e8me pour surveiller la biopiraterie&#8221;. L&#39;IIED, une organisation \u00e0 but non lucratif, fait la promotion du d\u00e9veloppement durable.<\/p>\n<p> &#8220;De temps en temps, les ONG (organisations non gouvernementales) lancent des campagnes sur des exemples particuliers de la biopiraterie, mais il est difficile de savoir combien de fois elle se produit ou la fa\u00e7on dont elle affecte des industries [&#8230;] les produits pharmaceutiques, les m\u00e9dicaments \u00e0 base de plantes, les agro-semences, les aliments, ou les proc\u00e9d\u00e9s industriels&#8221;, explique-t-elle.<\/p>\n<p> Le probl\u00e8me n&#39;est pas limit\u00e9 \u00e0 l&#39;Afrique, mais &#8220;les communaut\u00e9s autochtones telles que celles de l&#39;Afrique sont les d\u00e9tentrices des connaissances traditionnelles, que ce soit des vari\u00e9t\u00e9s de m\u00e9dicaments ou de cultures&#8221;, affirme Swiderska.<\/p>\n<p> Dans des cas de la biopiraterie, des rem\u00e8des longtemps identifi\u00e9s et d\u00e9velopp\u00e9s par les gu\u00e9risseurs traditionnels, sont accapar\u00e9s par des entreprises bas\u00e9es au Nord qui revendiquent des droits exclusifs sur leur utilisation \u00e0 travers des \u00e9l\u00e9ments de droit d\u2019auteur ou des proc\u00e9dures.<\/p>\n<p> Les peuples indig\u00e8nes d&#39;Afrique ont peu de recours institutionnel et r\u00e9glementaire pour prot\u00e9ger leurs connaissances dans ces cas.<\/p>\n<p> En tout, 192 Etats et l&#39;Union europ\u00e9enne ont maintenant sign\u00e9 la Convention sur la diversit\u00e9 biologique, qui vise entre autres \u00e0 assurer un partage juste et \u00e9quitable des avantages qui d\u00e9coulent des ressources g\u00e9n\u00e9tiques. La plupart des Etats l\u2019ont \u00e9galement ratifi\u00e9e.<\/p>\n<p> &#8220;Mais le probl\u00e8me est que beaucoup de ces ressources ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9j\u00e0 collect\u00e9es et sont maintenant dans des banques de g\u00e8nes ou dans des jardins botaniques au Nord. Tant que le brevet commercial n\u2019est pas lanc\u00e9, il est difficile de savoir ce qui se passe&#8221;, souligne Swiderska.<\/p>\n<p> Dans son rapport de 2009 intitul\u00e9 &#8220;Le piratage du patrimoine africain&#8221;, l\u2019ACB a enqu\u00eat\u00e9 sur sept nouveaux cas de biopiraterie pr\u00e9sum\u00e9e, y compris dans des pays africains comme l&#39;Ethiopie et le Madagascar.<\/p>\n<p> Les ressources touch\u00e9es comportent m\u00eame des virus qui ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s dans le sang des Baka, un peuple au Cameroun, et qui sont maintenant &#8220;revendiqu\u00e9s comme \u00e9tant la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle exclusive des soci\u00e9t\u00e9s&#8221;.<\/p>\n<p> Les dommages sont difficiles \u00e0 mesurer, d\u00e9clare Swiderska, mais &#8220;les estimations financi\u00e8res sont g\u00e9n\u00e9ralement fond\u00e9es sur la taille des march\u00e9s pour les produits naturels, qui sont \u00e9normes&#8221;.<\/p>\n<p> Ce n&#39;est que dans des cas tr\u00e8s rares que des accords sur le partage des avantages sont conclus entre les communaut\u00e9s traditionnelles et les soci\u00e9t\u00e9s. La plupart des autochtones qui ont cr\u00e9\u00e9 ou utilis\u00e9 ces ressources g\u00e9n\u00e9tiques pendant des si\u00e8cles n&#39;ont jamais partag\u00e9 les b\u00e9n\u00e9fices.<\/p>\n<p> &#8220;Les pays africains ratent donc potentiellement des avantages \u00e9normes&#8221;, selon Swiderska.<\/p>\n<p> Le cas du cactus Hoodia, que le peuple San utilise comme coupe-faim dans le d\u00e9sert du Kalahari en Afrique du Sud depuis des g\u00e9n\u00e9rations, est notoire.<\/p>\n<p> Les droits de commercialisation \u00e0 des extraits de la plante ont \u00e9t\u00e9 vendus \u00e0 Pfizer, une soci\u00e9t\u00e9 de fabrication de m\u00e9dicaments, afin qu\u2019elle d\u00e9veloppe un produit facilitant la perte de poids. Apr\u00e8s des ann\u00e9es de campagne, un accord a \u00e9t\u00e9 conclu selon lequel les San recevraient des royalties estim\u00e9es \u00e0 seulement 0,003 pour cent des ventes au d\u00e9tail, selon l\u2019ACB.<\/p>\n<p> La chose qui se rapproche le plus d&#39;une histoire de succ\u00e8s a \u00e9t\u00e9 l&#39;abrogation d&#39;un brevet sur un type de g\u00e9ranium sud-africain, le p\u00e9largonium, pour lequel une soci\u00e9t\u00e9 allemande avait r\u00e9clam\u00e9 le droit d&#39;auteur exclusif pour fabriquer des m\u00e9dicaments contre la toux.<\/p>\n<p> &#8220;La deuxi\u00e8me partie de l&#39;histoire devrait consister \u00e0 amener les gens \u00e0 reconna\u00eetre les connaissances traditionnelles de la communaut\u00e9, \u00e0 la faire accepter comme actrice&#8221;, d\u00e9clare Mariam Mayet, directrice de l&#39;ACB.<\/p>\n<p> &#8220;Il faut que les gouvernements obligent les entreprises \u00e0 signer des accords de partage des avantages afin que les communaut\u00e9s gagnent des revenus&#8221;, ajoute-t-elle.<\/p>\n<p> Mais Swiderska souligne que &#8220;le probl\u00e8me est que la Convention [sur la diversit\u00e9 biologique] n\u2019exige que le partage des avantages issus de la collecte de nouvelles ressources g\u00e9n\u00e9tiques apr\u00e8s son entr\u00e9e en vigueur. Avant, elle ne s&#39;applique \u00e0 rien, et la plupart de ces collectes ont \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9es au cours des 200 derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n<p> &#8220;Le syst\u00e8me vise \u00e0 prot\u00e9ger l&#39;innovation industrielle, \u00e0 travers des trait\u00e9s et conventions, mais il n&#39;y a rien de mutuellement contraignant sur les connaissances traditionnelles&#8221;, ajoute-t-elle.<\/p>\n<p> Avec la 10\u00e8me r\u00e9union sur la Convention sur la diversit\u00e9 biologique, qui n\u2019est pas loin, Swiderska estime que les n\u00e9gociations en cours, pour un r\u00e9gime international sur l&#39;acc\u00e8s aux ressources g\u00e9n\u00e9tiques, et le partage des avantages devraient inclure les connaissances traditionnelles.<\/p>\n<p> Mais les pays industrialis\u00e9s sont &#8220;fortement oppos\u00e9s&#8221; \u00e0 l&#39;inclusion des connaissances traditionnelles dans le r\u00e9gime, ce qui annonce une autre bataille difficile pour le Sud sur l\u2019\u00e9chiquier mondial.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>PARIS, 13 sep (IPS) &#8211; Les Nations Unies ont d\u00e9clar\u00e9 2010 l&#39;Ann\u00e9e de la biodiversit\u00e9. 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