{"id":5127,"date":"2010-09-07T13:40:01","date_gmt":"2010-09-07T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/09\/07\/afrique-du-sud-la-xenophobie-sur-le-point-declater\/"},"modified":"2010-09-07T13:40:01","modified_gmt":"2010-09-07T13:40:01","slug":"afrique-du-sud-la-xenophobie-sur-le-point-declater","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/09\/07\/afrique-du-sud-la-xenophobie-sur-le-point-declater\/","title":{"rendered":"AFRIQUE DU SUD: &quot;La x\u00e9nophobie sur le point d\u2019\u00e9clater&quot;"},"content":{"rendered":"<p>CAPE TOWN, 7 sep (IPS) &#8211; &#8220;La x\u00e9nophobie fait partie de la vie. Nous ne vivons pas dans la tranquillit\u00e9 ici. Nous survivons seulement&#8221;, d\u00e9clare, d\u2019un air tendu, cheikh Aden Abdinasir, un commer\u00e7ant somalien.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Il arpente la rue du Cap central o\u00f9 sa petite boutique se trouve coinc\u00e9e entre deux autres entreprises. Bien que les menaces et les attaques x\u00e9nophobes qui ont repris avant la Coupe du monde de football FIFA 2010 en juillet aient largement baiss\u00e9, les r\u00e9fugi\u00e9s somaliens restent sur leurs gardes.<\/p>\n<p> Aden a \u00e9t\u00e9 menac\u00e9 de mort au cours de la p\u00e9riode qui a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 la coupe. Il a \u00e9t\u00e9 chass\u00e9 de sa petite \u00e9picerie et on lui a dit que les \u00e9trangers n&#39;auraient pas d&#39;avenir en Afrique du Sud une fois que les touristes et les fans seraient rentr\u00e9s chez eux apr\u00e8s le match final le 11 juillet.<\/p>\n<p> La peur a pouss\u00e9 des dizaines de personnes \u00e0 plier bagage et \u00e0 se diriger vers les autoroutes, les gares et les fronti\u00e8res d&#39;Afrique du Sud.<\/p>\n<p> Avec le massacre x\u00e9nophobe de mai 2008 qui a fait 66 morts, le d\u00e9placement de quelque 6.000 \u00e9trangers africains et le pillage des biens en Afrique du Sud restent un souvenir amer; rentrer au pays semblait l&#39;option la plus s\u00fbre. Beaucoup de ceux qui ont quitt\u00e9 le pays \u00e9taient des Zimbabw\u00e9ens.<\/p>\n<p> Dans la province du Cap occidental o\u00f9 se trouve la ville du Cap, 55 incidents de x\u00e9nophobie ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s entre mai et juillet, ce qui a conduit \u00e0 40 arrestations.<\/p>\n<p> Miranda Madikane, directrice du Centre Scalabrini, bas\u00e9 au Cap, qui aide les migrants, a dit que 68 pour cent des migrants que le centre a interrog\u00e9s avaient re\u00e7u des menaces peu avant la Coupe du monde en juin et juillet de cette ann\u00e9e.<\/p>\n<p> &#8220;La police \u00e9tait en \u00e9tat d&#39;alerte maximale, le gouvernement \u00e9tait en \u00e9tat d&#39;alerte maximale, la soci\u00e9t\u00e9 civile \u00e9tait en alerte maximale. Tout le monde \u00e9tait pr\u00eat \u00e0 r\u00e9pondre et cela a permis d\u2019\u00e9teindre les flammes&#8221;.<\/p>\n<p> Les organisations non gouvernementales, la police et les r\u00e9fugi\u00e9s eux-m\u00eames disent que les menaces se sont dissip\u00e9es et la vie a surtout retrouv\u00e9 un calme quelque peu troubl\u00e9.<\/p>\n<p> Il y a environ deux semaines, la police a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS qu&#39;elle n&#39;avait pas \u00e9t\u00e9 inform\u00e9e d\u2019actes x\u00e9nophobes r\u00e9cemment mais qu\u2019elle resterait \u00e0 l&#39;aff\u00fbt des criminels qui ont intimid\u00e9 des ressortissants \u00e9trangers. Elle travaillait avec la soci\u00e9t\u00e9 civile et les r\u00e9sidents.<\/p>\n<p> &#8220;La police maintient cette approche de collaboration. Au cas o\u00f9 des activit\u00e9s criminelles r\u00e9apparaissent, nous les affronterons de fa\u00e7on d\u00e9cisive&#8221;, d\u00e9clare avec assurance \u00e0 IPS, Zweli Mnisi, directeur des communications pour les services de police sud-africaine.<\/p>\n<p> Mais, Bien que des attaques ouvertes aient pu peut-\u00eatre dispara\u00eetre, &#8220;nous devons \u00eatre toujours en \u00e9tat d&#39;alerte maximale parce que la menace d&#39;une attaque est sur le point de se r\u00e9aliser&#8221;, indique Madikane.<\/p>\n<p> Il demeure une combinaison dangereuse des conditions de vie exigu\u00ebs et de la concurrence pour les emplois. La r\u00e9cession et l&#39;aggravation du ch\u00f4mage en Afrique du Sud exacerbent la pression sur les communaut\u00e9s pauvres.<\/p>\n<p> Le haut Commissariat des Nations Unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s (HCR) indique qu\u2019environ 357.000 personnes ont le statut officiel de demandeurs d&#39;asile ou de r\u00e9fugi\u00e9s en Afrique du Sud. Mais il n&#39;existe pas de statistiques officielles sur les autres personnes estim\u00e9es \u00e0 plusieurs millions qui ont afflu\u00e9 en Afrique du Sud \u00e0 la recherche d&#39;emplois et de moyens de subsistance.<\/p>\n<p> &#8220;Il y a beaucoup de personnes sans-papiers qui se prom\u00e8nent. Les Sud-Africains ont le droit d&#39;\u00eatre f\u00e2ch\u00e9s contre cela. Il y a la surpopulation \u2013 et plus de gens arrivent dans le pays. Le gouvernement doit trouver un tout nouveau syst\u00e8me pour y faire face&#8221;, estime Madikane.<\/p>\n<p> Mais pour des gens comme Liliane Mukangwa, qui s\u2019est install\u00e9e en Afrique du Sud avec son mari et cinq enfants, retourner en R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC) n&#39;est pas une option.<\/p>\n<p> &#8220;C\u2019est difficile pour nous puisque nous n&#39;avons nulle part o\u00f9 aller. Nous ne voulons pas rentrer au pays. C\u2019est trop dangereux l\u00e0-bas&#8221;. Mukangwa vit en Afrique du Sud depuis huit ans et vend des objets d\u00e9coratifs et des tissus, principalement aux touristes \u00e0 Greenmarket Square au Cap.<\/p>\n<p> Elle affirme que les \u00e9trangers ressentent toujours la chaleur. &#8220;La vie est difficile ici. Les Sud-Africains nous disent que nous sommes venus ici pour prendre leurs maris, leurs femmes, leurs emplois&#8230;&#8221; Elle partage l\u2019espace avec des marchands sud-africains dans le march\u00e9 mais fait en sorte qu&#39;elle rentre \u00e0 la maison tous les jours avant la tomb\u00e9e de la nuit accompagn\u00e9e de sa famille et des amis de la RDC. Elle a peur de voyager seule sur les transports publics: &#8220;Il y a souvent des tensions dans les trains&#8221;.<\/p>\n<p> Dans des \u00e9tablissements informels comme Masiphumelele, \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie de la banlieue de Hout Bay au Cap, les habitants et les r\u00e9fugi\u00e9s font de leur mieux pour vivre c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te. La communaut\u00e9 a re\u00e7u un grand prix pour avoir apais\u00e9 les tensions x\u00e9nophobes il y a quelques ann\u00e9es.<\/p>\n<p> Le r\u00e9v\u00e9rend Mzuvukile Nikelo, \u00e0 Masiphumelele, raconte qu\u2019apr\u00e8s les attaques x\u00e9nophobes de 2008, les gens se sont entass\u00e9s dans le township, le consid\u00e9rant comme un havre de paix s\u00fbr. Certains propri\u00e9taires ont refus\u00e9 de louer aux gens du coin puisqu\u2019ils ont constat\u00e9 qu&#39;ils pourraient exiger des \u00e9trangers plus d\u2019argent pour la location des cabanes.<\/p>\n<p> Nikelo estime qu&#39;environ 20 pour cent de la communaut\u00e9, soit quelque 40.000 personnes, sont des ressortissants \u00e9trangers.<\/p>\n<p> Malgr\u00e9 ces difficult\u00e9s, il fonce avec des initiatives qui encouragent l&#39;unit\u00e9 dans la zone. Son Mouvement pour la coh\u00e9sion sociale a eu un impact \u00e0 travers le regroupement des gens dans des activit\u00e9s sportives et de musique, et les journ\u00e9es de pri\u00e8re. Il dirige \u00e9galement un mouvement des commer\u00e7ants somaliens visant \u00e0 partager leurs comp\u00e9tences avec les potentiels entrepreneurs locaux.<\/p>\n<p> Les zones surpeupl\u00e9es et frapp\u00e9es par la pauvret\u00e9 risquent le plus une reprise des tensions.<\/p>\n<p> Mais certaines des personnes \u00e0 qui IPS a parl\u00e9, qui vivent et travaillent dans le centre-ville, assurent que leur vie continue comme d&#39;habitude. Mohammed Ahmed, qui vend des bonbons, des chocolats et des cigarettes dans une boutique de fortune pr\u00e8s du parlement national au Cap, affirme que ses clients sont gentils et qu&#39;il n&#39;a pas de probl\u00e8mes.<\/p>\n<p> Son coll\u00e8gue commer\u00e7ant somalien, Aden, a lanc\u00e9 un appel pour la culture de cet esprit: &#8220;Accueillez-nous comme des fr\u00e8res&#8221;, supplie-t-il.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>CAPE TOWN, 7 sep (IPS) &#8211; &#8220;La x\u00e9nophobie fait partie de la vie. Nous ne vivons pas dans la tranquillit\u00e9 ici. Nous survivons seulement&#8221;, d\u00e9clare, d\u2019un air tendu, cheikh Aden Abdinasir, un commer\u00e7ant somalien.<\/p>\n","protected":false},"author":805,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,10,6,1,3,28,22,20],"tags":[],"class_list":["post-5127","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-droits-humains","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines","category-population-refugies","category-southern-africa","category-transport","category-travail"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5127","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/805"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5127"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5127\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5127"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5127"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5127"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}