{"id":5071,"date":"2010-08-13T13:40:01","date_gmt":"2010-08-13T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/08\/13\/cote-divoire-la-culture-du-sesame-simpose-dans-le-nord\/"},"modified":"2010-08-13T13:40:01","modified_gmt":"2010-08-13T13:40:01","slug":"cote-divoire-la-culture-du-sesame-simpose-dans-le-nord","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/08\/13\/cote-divoire-la-culture-du-sesame-simpose-dans-le-nord\/","title":{"rendered":"COTE D\u2019IVOIRE: La culture du s\u00e9same s\u2019impose dans le nord"},"content":{"rendered":"<p>ABIDJAN, 13 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Connu pour \u00eatre une l\u00e9gumineuse dont les graines regorgent de min\u00e9raux, le s\u00e9same n\u2019est plus, dans le nord de la C\u00f4te d\u2019Ivoire, une simple denr\u00e9e alimentaire pour assaisonner les repas. C\u2019est d\u00e9sormais une culture commerciale dont les producteurs veulent tirer un meilleur profit. <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Selon des sp\u00e9cialistes, le s\u00e9same contient du magn\u00e9sium, du zinc et du fer. Au march\u00e9 de Touba (nord-ouest de la C\u00f4te d\u2019Ivoire), M\u2019fa Bamba, un agriculteur de 38 ans et un acheteur discutent. Bamba explique \u00e0 IPS : &#8220;Il veut ma r\u00e9colte de 875 kilogrammes \u00e0 218.750 francs CFA (environ 437,5 dollars) au lieu de 240.625 FCFA (481 dollars); ce que je refuse. La demande est actuellement forte et il a int\u00e9r\u00eat \u00e0 revoir sa position&#8221;.  &#8220;Si lui ou d\u2019autres acheteurs ne retiennent pas mon prix, je retournerai chez moi pour revenir plus tard. J\u2019esp\u00e8re que cela va permettre de monter encore les ench\u00e8res&#8221;, confie Bamba, montrant n\u00e9anmoins quelques signes d\u2019inqui\u00e9tude face au risque de ne pas voir son produit \u00eatre \u00e9coul\u00e9 au plus vite.  Producteur de riz et de coton depuis longtemps, Bamba a ajout\u00e9 \u00e0 sa liste depuis trois ans, la culture de s\u00e9same. &#8220;C\u2019est une culture qui \u00e9tait d\u00e9volue aux femmes et inconnue de beaucoup. Mais avec le temps, nous avons compris qu\u2019il fallait y accorder un int\u00e9r\u00eat parce que les revenus sont importants&#8221;, avoue-t-il.  En 2008, sur une superficie d\u2019un hectare et demi, Bamba avait produit 650 kg pour un revenu de 178.750 FCFA (environ 357,5 dollars). En 2009, il avait r\u00e9colt\u00e9 sur la m\u00eame superficie 725 kg pour 199.375 FCFA (398,75 dollars). &#8220;Chaque ann\u00e9e, mes r\u00e9coltes vont croissantes. Elles seront plus abondantes dans un an, car j\u2019ai cultiv\u00e9 cinq hectares de s\u00e9same&#8221;, r\u00e9v\u00e8le-t-il.  Nafissatou Kon\u00e9, 43 ans, a \u00e9galement chang\u00e9 ses habitudes. &#8220;Je ne cultive plus le s\u00e9same entre les butes d\u2019ignames ou entre les plants de ma\u00efs. Mais j\u2019en fais une culture \u00e0 part enti\u00e8re&#8221;, dit-elle \u00e0 IPS. Avec un demi-hectare, Elle s\u2019est content\u00e9e cette ann\u00e9e de 350 kg qu\u2019elle doit livrer prochainement sur le march\u00e9 de Touba.  &#8220;Mes sept sacs de 50 kg son en attente d\u2019\u00eatre vendus. J\u2019ai besoin de trouver une offre int\u00e9ressante et un d\u00e9marcheur de confiance&#8221;, souligne-t-elle. &#8220;Cette culture a besoin d\u2019\u00eatre encadr\u00e9e et soutenue, car la production est importante tant dans la r\u00e9gion que dans tout le nord, mais les producteurs sont le plus souvent grug\u00e9s par des acheteurs v\u00e9reux qui proposent des prix tr\u00e8s bas&#8221;.  Une opinion que partage Mianman Kon\u00e9, pr\u00e9sident de l\u2019organisation non gouvernementale (ONG) locale &#39;Y\u00e9ya&#39; (qui signifie espoir en langue locale Mahou). Cette ONG soutient la culture du s\u00e9same dans la r\u00e9gion.  &#8220;Progressivement, nous tissons une toile dans le d\u00e9partement puis tout le nord afin de mieux organiser la culture du s\u00e9same. Il y a eu des revenus importants ces deux derni\u00e8res ann\u00e9es. Mais du fait du cadre informel dans lequel elle \u00e9voluait, son impact n\u2019a pu \u00eatre v\u00e9ritablement \u00e9valu\u00e9&#8221;, explique-t-il \u00e0 IPS.  Cependant, selon les coop\u00e9ratives agricoles, ce sont environ 5.000 tonnes de s\u00e9same qui ont pu \u00eatre produites en 2008-2009 dans tout le nord de la C\u00f4te d\u2019Ivoire. Avec un prix bord champ atteignant les 275 FCFA (0,55 dollar) le kilogramme, environ 1,375 milliard FCFA (2,750 millions de dollars) ont pu \u00eatre obtenus par les producteurs et coop\u00e9ratives.  La production annuelle du pays, selon les coop\u00e9ratives, est estim\u00e9e \u00e0 5.100 tonnes. Apr\u00e8s la r\u00e9colte, les producteurs effectuent un s\u00e9chage avant de faire un d\u00e9corticage traditionnel pour obtenir les graines de s\u00e9same qui sont vendues. En g\u00e9n\u00e9ral, des d\u00e9marcheurs appel\u00e9s &#8220;pisteurs&#8221; parcourent les villages producteurs, en qu\u00eate de s\u00e9same pour le revendre aux gros acheteurs en ville.   &#8220;Aujourd\u2019hui, il est question que le s\u00e9same se pr\u00e9sente comme une culture \u00e0 part enti\u00e8re et non comme une culture interm\u00e9diaire entre le coton, le riz, le ma\u00efs, l\u2019igname et autres&#8221;, souligne Kon\u00e9.  Son ONG a mis \u00e0 la disposition des producteurs des semences de s\u00e9same d\u2019autant plus qu\u2019il existe d\u00e9sormais de grandes superficies (entre deux et cinq hectares) de cette culture. &#8220;L\u2019objectif est de doper la production nationale pour approvisionner le march\u00e9 international&#8221;, affirme Kon\u00e9.  Avec 1.670 producteurs pr\u00e9sents dans 167 villages de la r\u00e9gion de Touba, l\u2019ONG Y\u00e9ya entend faire progresser le rendement du s\u00e9same de 400 kg \u00e0 l\u2019hectare \u00e0 800 kg les deux prochaines ann\u00e9es. &#8220;Nous savons que le s\u00e9same est beaucoup pris\u00e9 en Chine (premier consommateur mondial avec 700.000 tonnes par an) et en Europe pour son huile aux vertus pharmaceutiques, cosm\u00e9tiques et nutritionnelles&#8221;, indique Kon\u00e9.  &#8220;Alors, avec 1.400 ou 1.500 dollars la tonne sur le march\u00e9 international, il nous faut non seulement doubler notre production en passant de 5.000 \u00e0 10.000 tonnes pour se positionner derri\u00e8re le Mali, le Burkina Faso et le S\u00e9n\u00e9gal, mais surtout offrir un excellent prix d\u2019achat aux producteurs&#8221;, souligne-t-il.  Mais, l\u2019implication des autorit\u00e9s ivoiriennes est encore inexistante dans cette culture. Et l\u2019Agence nationale pour le d\u00e9veloppement rural, la structure \u00e9tatique d\u2019encadrement des paysans, ne fournit que de simples conseils aux producteurs de s\u00e9same.  &#8220;Pourtant, cette culture est facile et les co\u00fbts de production faibles&#8221;, explique \u00e0 IPS, Fr\u00e9d\u00e9ric Koffi, ing\u00e9nieur agronome \u00e0 Abidjan, la capitale \u00e9conomique ivoirienne. &#8220;Une fois les semences obtenues et mises en terre, la plante n\u00e9cessite peu de soins&#8230; Le cycle de maturit\u00e9 est court (trois mois), ce qui peut permettre de faire plusieurs fois la culture&#8230;&#8221;  Kon\u00e9 ajoute : &#8220;C\u2019est une plante qui contribue aussi \u00e0 lutter contre l\u2019\u00e9rosion des sols. Elle est un excellent fertilisant permettant de r\u00e9aliser une agriculture sans trop d\u2019engrais min\u00e9ral&#8221;. Selon lui, &#8220;l\u2019alternance du riz, du ma\u00efs ou d\u2019autres plantes avec le s\u00e9same permet d\u2019avoir de bonnes r\u00e9coltes des cultures pr\u00e9cit\u00e9es&#8221;.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ABIDJAN, 13 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Connu pour \u00eatre une l\u00e9gumineuse dont les graines regorgent de min\u00e9raux, le s\u00e9same n\u2019est plus, dans le nord de la C\u00f4te d\u2019Ivoire, une simple denr\u00e9e alimentaire pour assaisonner les repas. 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