{"id":5043,"date":"2010-07-30T13:40:01","date_gmt":"2010-07-30T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/07\/30\/kenya-toujours-pas-de-decision-definitive-sur-les-accoucheuses-traditionnelles\/"},"modified":"2010-07-30T13:40:01","modified_gmt":"2010-07-30T13:40:01","slug":"kenya-toujours-pas-de-decision-definitive-sur-les-accoucheuses-traditionnelles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/07\/30\/kenya-toujours-pas-de-decision-definitive-sur-les-accoucheuses-traditionnelles\/","title":{"rendered":"KENYA: Toujours pas de d\u00e9cision d\u00e9finitive sur les accoucheuses traditionnelles"},"content":{"rendered":"<p>NAIROBI, 30 juil (IPS) &#8211; Le gouvernement du Kenya encourage les femmes \u00e0 accoucher \u00e0 l&#39;h\u00f4pital. Les accouchements \u00e0 domicile par des accoucheuses traditionnelles sont consid\u00e9r\u00e9s comme \u00e9tant un facteur majeur des d\u00e9c\u00e8s maternels. <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Les accoucheuses traditionnelles seraient mal \u00e9quip\u00e9es pour remarquer les signes d\u2019un danger qui pourrait \u00eatre fatal. Le gouvernement envisage d&#39;interdire compl\u00e8tement les accoucheuses traditionnelles.  Selon la derni\u00e8re enqu\u00eate d\u00e9mographique et de sant\u00e9, publi\u00e9e par le gouvernement en 2009, le Kenya pr\u00e9sente l&#39;un des taux les plus \u00e9lev\u00e9s de mortalit\u00e9 maternelle dans le monde, qui s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 448 pour 100.000 naissances vivantes. Les accouchements \u00e0 domicile sont consid\u00e9r\u00e9s comme \u00e9tant un facteur majeur.  &#8220;Lorsqu\u2019une femme entre en couches au milieu de la nuit dans les bidonvilles de Mathare&#8221;, affirme Elizabeth Sibuor, une accoucheuse traditionnelle \u00e0 Nairobi, &#8220;l\u2019option d&#39;obtenir un taxi est hors de question en raison du co\u00fbt et de l&#39;ins\u00e9curit\u00e9.  &#8220;Ces femmes finissent par accoucher avec l&#39;aide des accoucheuses traditionnelles. La grossesse et le travail sont une question de vie ou de mort; je ne resterai pas les bras crois\u00e9s et laisser une femme et son b\u00e9b\u00e9 mourir si je peux offrir de l&#39;aide&#8221;.  L\u2019enqu\u00eate d\u00e9mographique et de sant\u00e9 de 2009 montre que moins de la moiti\u00e9 des femmes accouchent sous la surveillance d&#39;une accoucheuse qualifi\u00e9e au Kenya. Environ 57 pour cent accouchent \u00e0 domicile avec 28 pour cent assist\u00e9es par une accoucheuse traditionnelle.  Sibuor prend 500 shillings &#8211; pr\u00e8s de six dollars &#8211; pour un accouchement; par rapport \u00e0 4.000 shillings (50 dollars) si une femme accouche dans un h\u00f4pital public.  Elle reste souvent impay\u00e9e par ses clientes; parmi celles qui le font, bon nombre r\u00e8glent leur facture en petites tranches ou en nature par des dons. Certaines sont incapables de payer, mais elle dit qu&#39;elle ne rejette personne.  Dr Isaak Bashir, le directeur de la sant\u00e9 de la reproduction au minist\u00e8re de la Sant\u00e9 publique et de l&#39;Assainissement du Kenya, insiste sur le fait que le gouvernement ne devrait pas reconna\u00eetre les accoucheuses traditionnelles et que les femmes accouchent avec l&#39;aide de praticiens m\u00e9dicaux.  &#8220;Pour qu\u2019une personne soit reconnue comme une accoucheuse qualifi\u00e9e, elle doit avoir des documents d\u00e9livr\u00e9s par une \u00e9cole de formation en m\u00e9decine reconnue. Le pays ne manque pas d&#39;infirmi\u00e8res et de sages-femmes qualifi\u00e9es. Les institutions d&#39;enseignement sup\u00e9rieur sont en train de former en s\u00e9rie suffisamment de candidats; ce qu\u2019il faut faire, c\u2019est d\u2019embaucher de nouvelles personnes&#8221;, d\u00e9clare Bashir.  Mais Monica Ogutu, la directrice ex\u00e9cutive de &#39;Kisumu Medical and Education Trust (K-MET)&#39;, une organisation non gouvernementale, indique que le syst\u00e8me de sant\u00e9 a d\u00e9\u00e7u les femmes du Kenya.  &#8220;Aucune femme ne veut accoucher \u00e0 domicile. Le syst\u00e8me de sant\u00e9 est en train de d\u00e9cevoir les femmes. Quand une femme est en couches, elle a besoin de quelqu&#39;un pour l&#39;\u00e9couter et lui offrir de confort. Une sage-femme s\u2019occupant de 10 femmes \u00e0 la fois n&#39;aura pas le temps pour une telle femme. C&#39;est l\u2019une des nombreuses raisons pour lesquelles les femmes optent pour les services des accoucheuses traditionnelles&#8221;, souligne Ogutu.  Alors que l&#39;interdiction du gouvernement sur les accoucheuses traditionnelles peut \u00eatre bien intentionn\u00e9e, Ogutu dit que cette mesure est dangereuse.  Au lieu de les diaboliser, Ogutu estime que le gouvernement devrait relancer les efforts ant\u00e9rieurs de former les accoucheuses traditionnelles comme un pont entre la communaut\u00e9 et le syst\u00e8me de sant\u00e9 publique.  &#8220;Pendant des centaines d&#39;ann\u00e9es, les accoucheuses traditionnelles ont aid\u00e9 les femmes \u00e0 accoucher dans notre nation et elles sont tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9es dans certaines communaut\u00e9s, notamment les zones rurales. Leur interdiction n\u2019am\u00e8nera pas les femmes qui sollicitent leurs services \u00e0 aller accoucher \u00e0 l&#39;h\u00f4pital&#8221;, explique Ogutu.  Sibuor insiste que le gouvernement &#8211; et les femmes &#8211; n&#39;ont rien \u00e0 craindre des accoucheuses traditionnelles.  &#8220;Je ne sais pas le nombre de femmes que j&#39;ai aid\u00e9es au cours de l&#39;accouchement pendant mes plus de 20 ans d&#39;exp\u00e9rience et aucune femme n\u2019est d\u00e9c\u00e9d\u00e9e sous ma garde&#8221;, dit-elle. &#8220;Quand je remarque des signes de danger, j\u2019accompagne la femme au centre de sant\u00e9 le plus proche.  &#8220;J&#39;encourage les femmes \u00e0 fr\u00e9quenter l\u2019h\u00f4pital et aussi \u00e0 amener leurs enfants pour la vaccination. J&#39;insiste aussi qu\u2019elles doivent faire le test de d\u00e9pistage du VIH et si elles sont s\u00e9ropositives, je n&#39;accepte pas de faire l\u2019accouchement &#8211; elles doivent aller dans un centre de sant\u00e9&#8221;.  Sibuor affirme que les femmes des bidonvilles continueront \u00e0 d\u00e9pendre fortement des accoucheuses traditionnelles. Au lieu d&#39;\u00eatre per\u00e7ues comme incomp\u00e9tentes, elle souhaite que le gouvernement identifie les accoucheuses traditionnelles cr\u00e9dibles et les aide \u00e0 am\u00e9liorer leur service.  &#8220;La r\u00e9alit\u00e9 pour une femme dans les banlieues de Mathare est diff\u00e9rente de celle d&#39;une femme dans un milieu riche. Puisque le travail commence \u00e0 n\u2019importe quel moment et peut \u00e9voluer tr\u00e8s vite, la femme de Mathare continuera par avoir besoin de mes services. Je continuerai \u00e0 aider les femmes \u00e0 accoucher dans cette nation&#8221;.  Le gouvernement k\u00e9nyan, comme d&#39;autres gouvernements africains, est aux prises avec le d\u00e9fi d&#39;\u00e9tendre les services ad\u00e9quats afin de respecter son engagement \u00e0 r\u00e9duire la mortalit\u00e9 maternelle de deux tiers d&#39;ici \u00e0 2015 par rapport aux niveaux de 1990. Le gouvernement reconna\u00eet le r\u00f4le important jou\u00e9 par les accoucheuses traditionnelles, d\u00e9clare Dr Bashir, et est sur le point de parvenir \u00e0 une charte pour les r\u00e9orienter comme des compagnes de l\u2019accouchement.  Il sera indispensable d&#39;\u00e9valuer avec pr\u00e9cision la qualit\u00e9 des soins donn\u00e9s par des femmes comme Sibuor, et de leur trouver une place appropri\u00e9e dans le syst\u00e8me de sant\u00e9 publique du pays.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>NAIROBI, 30 juil (IPS) &#8211; Le gouvernement du Kenya encourage les femmes \u00e0 accoucher \u00e0 l&#39;h\u00f4pital. 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