{"id":4973,"date":"2010-06-28T13:40:01","date_gmt":"2010-06-28T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/06\/28\/sante-congo-engouement-au-depistage-du-vih-sida-controverse-sur-le-traitement\/"},"modified":"2010-06-28T13:40:01","modified_gmt":"2010-06-28T13:40:01","slug":"sante-congo-engouement-au-depistage-du-vih-sida-controverse-sur-le-traitement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/06\/28\/sante-congo-engouement-au-depistage-du-vih-sida-controverse-sur-le-traitement\/","title":{"rendered":"SANTE-CONGO: Engouement au d\u00e9pistage du VIH\/SIDA, controverse sur le traitement"},"content":{"rendered":"<p>BRAZZAVILLE, 28 juin (IPS) &#8211; &#8220;Je suis venu comme un simple curieux, et j&#39;ai fini par faire mon test du SIDA. J&#39;ai des r\u00e9sultats&#8221;, d\u00e9clare G\u00e9rard \u00e0 IPS, 30 ans, avant d&#39;ajouter, en s&#39;\u00e9loignant: &#8220;Le test est n\u00e9gatif&#8221;.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>&#8220;Mon fr\u00e8re et moi savions que le v\u00e9hicule allait venir ici, et nous sommes venus comme volontaires&#8221;, confie Judith, l&#39;une des rares filles dans les rangs de ceux qui allaient passer le test au d\u00e9but de juin \u00e0 Kinsoundi, un quartier du sud de Brazzaville, la capitale congolaise.<\/p>\n<p> &#8220;Nous sommes d\u00e9j\u00e0 \u00e0 plus de 50 cas, mais la foule est toujours l\u00e0&#8221;, fait constater \u00e0 IPS, Dr Wilfrid Herv\u00e9 Poaty, responsable de l&#39;unit\u00e9 mobile de d\u00e9pistage, un v\u00e9hicule acquis en d\u00e9cembre 2009 par le Conseil national de lutte contre le SIDA (CNLS) au Congo.<\/p>\n<p> A chaque sortie du v\u00e9hicule, des foules suivent pour se faire d\u00e9pister. &#8220;Nous enregistrons 100 \u00e0 115 cas par sortie. Et dans ce nombre, nous avons souvent deux \u00e0 trois personnes s\u00e9ropositives. Nous sommes d\u00e9bord\u00e9s et nous sommes parfois oblig\u00e9s d&#39;arr\u00eater&#8221;, indique Dr Poaty.<\/p>\n<p> Pour le mois de mai, par exemple, 1.311 personnes ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9pist\u00e9es et 18 sont contr\u00f4l\u00e9es s\u00e9ropositives. D&#39;apr\u00e8s le CNLS, depuis le lancement du d\u00e9pistage mobile en d\u00e9cembre 2009 jusqu&#39;en avril dernier, 5.275 personnes ont fait le d\u00e9pistage, et 114 ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9pist\u00e9es s\u00e9ropositives, soit 2,4 pour cent.<\/p>\n<p> Cette unit\u00e9 mobile de d\u00e9pistage a pouss\u00e9 des populations de Brazzaville \u00e0 conna\u00eetre leur statut s\u00e9rologique. Le v\u00e9hicule est souvent pris d&#39;assaut par de simples curieux ou des personnes engag\u00e9es, dans des lieux publics comme les march\u00e9s et les grands carrefours de la ville. &#8220;Certaines \u00e9glises et soci\u00e9t\u00e9s de la place nous font aussi venir&#8221;, affirme Poaty.<\/p>\n<p> Au Congo, \u00e0 peine 10 pour cent de personnes connaissent leur s\u00e9rologie. Le CNLS veut hausser ce taux \u00e0 50 pour cent d&#39;ici \u00e0 2013. &#8220;C&#39;est pourquoi nous avons adopt\u00e9 cette strat\u00e9gie mobile, et qui fonctionne tr\u00e8s bien&#8221;, se r\u00e9jouit Poaty.<\/p>\n<p> Quelque 215.000 dollars ont \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaires pour acqu\u00e9rir ce v\u00e9hicule \u00e9quip\u00e9 d&#39;un fauteuil de pr\u00e9l\u00e8vement, d&#39;une cha\u00eene de froid, d&#39;un laboratoire, d&#39;un groupe \u00e9lectrog\u00e8ne. Et cet argent est le fruit d&#39;un &#39;t\u00e9l\u00e9thon&#39; organis\u00e9 \u00e0 Brazzaville en f\u00e9vrier 2009. De m\u00eame, en envoyant un message sms libell\u00e9 &#8220;SIDA&#8221; tax\u00e9 \u00e0 200 francs CFA (0,4 dollar) \u00e0 partir de leur t\u00e9l\u00e9phone portable, les populations ont aussi contribu\u00e9 \u00e0 l&#39;achat de ce v\u00e9hicule.<\/p>\n<p> A c\u00f4t\u00e9 de cette unit\u00e9 mobile, il y a des centres fixes de d\u00e9pistage, mais tr\u00e8s peu fr\u00e9quent\u00e9s. Le pays compte deux centres de d\u00e9pistage volontaire anonyme qui, de 2004 \u00e0 2009, ont pu enregistrer 40.085 personnes et d\u00e9pister 4.323 s\u00e9ropositifs. &#8220;Ici, nous recevons moins de dix cas par jour. Les gens ne sont pas inform\u00e9s que le d\u00e9pistage est gratuit, et d&#39;autres ont peur de conna\u00eetre leur statut&#8221;, explique Dr Daniel Yokolo, m\u00e9decin-chef du Centre de Bissita, situ\u00e9 \u00e0 Bacongo, un quartier sud de Brazzaville.<\/p>\n<p> Au Centre de traitement ambulatoire (CTA), le taux de d\u00e9pistage est encore plus faible. &#8220;Nous recevons deux \u00e0 quatre personnes par jour. Mais, nous faisons plus de la prise en charge que du d\u00e9pistage&#8221;, souligne Dr Merlin Diafouka, du CTA de Brazzaville.<\/p>\n<p> Une fois d\u00e9pist\u00e9s positifs, les malades sont r\u00e9f\u00e9r\u00e9s vers les centres de prise en charge. &#8220;Le traitement est disponible ici, et les gens viennent parce qu&#39;ils savent que c&#39;est gratuit&#8221;, affirme Dr Yokolo dont le centre suit une centaine de patients.<\/p>\n<p> Cependant, malgr\u00e9 la gratuit\u00e9 du traitement du SIDA, les malades ne sont pas toujours satisfaits. Ils ont m\u00eame manifest\u00e9 le 18 juin au minist\u00e8re de la Sant\u00e9. &#8220;Les produits qu&#39;on nous donne comme les Alivia ou les Calitra sont p\u00e9rim\u00e9s, et il y a des ruptures de stocks assez souvent&#8221;, d\u00e9nonce \u00e0 IPS, Val\u00e9rie Maba, une s\u00e9ropositive responsable du Conseil d&#39;administration du R\u00e9seau national des positifs du Congo, bas\u00e9 dans la capitale.<\/p>\n<p> &#8220;Les nouveaux malades n&#39;ont pas de r\u00e9actifs sur le bilan d&#39;inclusion, encore moins sur le bilan de suivi pour les anciens patients. C&#39;est une vraie catastrophe&#8221;, s&#39;insurge, de son c\u00f4t\u00e9, Thierry Maba, s\u00e9ropositif, pr\u00e9sident de l&#39;Association des jeunes positifs du Congo, bas\u00e9e \u00e0 Brazzaville.<\/p>\n<p> Mais, les autorit\u00e9s affirment plut\u00f4t que les m\u00e9dicaments sont bel et bien disponibles. &#8220;Couper le traitement aux s\u00e9ropositifs, c&#39;est criminel. Les m\u00e9dicaments sont disponibles partout, ils n&#39;y a que certains malades qui veulent s&#39;agiter, on ne sait pas pourquoi&#8221;, s&#39;\u00e9tonne Alexis Elira Dokekias, directeur g\u00e9n\u00e9ral de la sant\u00e9 au Congo.  &#8220;Nous n&#39;avons plus connu de rupture de m\u00e9dicaments depuis deux ans. Tous les centres de prise en charge ont leurs m\u00e9dicaments, et le gouvernement y veille. Lorsque ces quelques malades ont commenc\u00e9 l&#39;agitation, nous leur avons montr\u00e9 nos stocks qui ont aussi des m\u00e9dicaments. Aucun m\u00e9dicament n&#39;est p\u00e9rim\u00e9, comme ils le pr\u00e9tendent&#8221;, r\u00e9plique-t-il.  Toutefois, IPS a constat\u00e9 que le v\u00e9hicule de d\u00e9pistage n&#39;\u00e9tait pas sorti pendant des jours (entre la fin-mai et la mi-juin) \u00e0 cause des r\u00e9actifs qui manquaient pour r\u00e9aliser des examens de laboratoire, selon le service de communication du CNLS.<\/p>\n<p> Au CTA de Brazzaville, quelque 1.700 patients suivent r\u00e9guli\u00e8rement leur traitement. &#8220;Les m\u00e9dicaments sont disponibles. Nous prenons toujours une marge de trois mois dans nos stocks pour \u00e9viter les ruptures&#8221;, affirme \u00e0 IPS, Dr Merlin. Le CTA est financ\u00e9 par la Croix-Rouge fran\u00e7aise.  Selon des statistiques publi\u00e9es en 2009 par le CNLS, 3,2 pour cent des Congolais vivent avec le SIDA, soit \u00e0 peu pr\u00e8s 120.000 malades.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BRAZZAVILLE, 28 juin (IPS) &#8211; &#8220;Je suis venu comme un simple curieux, et j&#39;ai fini par faire mon test du SIDA. J&#39;ai des r\u00e9sultats&#8221;, d\u00e9clare G\u00e9rard \u00e0 IPS, 30 ans, avant d&#39;ajouter, en s&#39;\u00e9loignant: &#8220;Le test est n\u00e9gatif&#8221;.<\/p>\n","protected":false},"author":430,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[31,5,11,6,1,4],"tags":[],"class_list":["post-4973","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-africa-centrale","category-afrique","category-developpement","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines","category-sante"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4973","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/430"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4973"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4973\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4973"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4973"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4973"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}