{"id":4960,"date":"2010-06-22T13:40:01","date_gmt":"2010-06-22T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/06\/22\/developpement-niger-des-femmes-qui-vivent-de-la-vente-du-sable\/"},"modified":"2010-06-22T13:40:01","modified_gmt":"2010-06-22T13:40:01","slug":"developpement-niger-des-femmes-qui-vivent-de-la-vente-du-sable","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/06\/22\/developpement-niger-des-femmes-qui-vivent-de-la-vente-du-sable\/","title":{"rendered":"DEVELOPPEMENT-NIGER: Des femmes qui vivent de la vente du sable"},"content":{"rendered":"<p>NIAMEY, 22 juin (IPS) &#8211; Confront\u00e9es \u00e0 la pauvret\u00e9 urbaine, des femmes s\u2019activent \u00e0 Niamey dans le transport et la vente du sable : une activit\u00e9 qui ne demande pas un capital financier, mais exige courage et endurance. Pour tenir le coup, ces femmes vivent et travaillent regroup\u00e9es en communaut\u00e9.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>A Niamey, la capitale du Niger, on les appelle &#8220;takalakoyes&#8221; en langue Zarma, pour d\u00e9signer l\u2019\u00e9quipement en forme de balancier horizontal en bois muni de deux calebasses contenant du sable aux extr\u00e9mit\u00e9s, qu\u2019elles portent sur leurs \u00e9paules du petit matin au coucher du soleil.  Les &#8220;takalakoyes&#8221; sont des femmes \u00e2g\u00e9es de 40 \u00e0 50 ans qui transportent sur leurs \u00e9paules du sable destin\u00e9 \u00e0 la vente. Les unes approvisionnent les commer\u00e7ants des march\u00e9s traditionnels qui veulent embellir leurs hangars, d\u2019autres les ma\u00e7ons pour de petits travaux de construction. Mais, leurs plus grands clients r\u00e9sident dans les quartiers populeux, dont principalement les m\u00e9nag\u00e8res qui utilisent ce sable tamis\u00e9 pour orner la cour de leur maison.  Les femmes vendeuses de sable vivent en communaut\u00e9 \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie de Niamey. Elles sont toutes venues des villages environnants de la capitale. &#8220;Ce n\u2019est pas un travail de femme, mais nous n\u2019avons pas le choix&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS, Hadi Moussa, une sexag\u00e9naire venue de Karma, une localit\u00e9 situ\u00e9e \u00e0 une cinquantaine de kilom\u00e8tres de Niamey.  &#8220;Lorsque les bouches \u00e0 nourrir sont nombreuses et que le revenu du mari couvre \u00e0 peine les besoins alimentaires de la famille, il faut s\u2019y mettre&#8221;, a ajout\u00e9 Fati Gna, une vendeuse de sable de 43 ans, adoss\u00e9e \u00e0 un mur, visiblement \u00e9puis\u00e9e par le travail. Chaque jour, cette femme fait trois \u00e0 cinq voyages en brousse pour chercher du sable. &#8220;Nous faisons ce travail pour manger sans avoir \u00e0 mendier. La nuit, je rentre \u00e0 la maison tr\u00e8s fatigu\u00e9e, et je trouve difficilement le sommeil&#8221;, a-t-elle soulign\u00e9 \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Les &#8220;takalakoyes&#8221; trouvent gratuitement le sable dans des champs de cultures, au bord du fleuve ou dans les anciennes carri\u00e8res de concassage de gravier. Quel que soit le site, les femmes parcourent une longue distance pour trouver ce sable. Sur la dizaine de leurs lieux de travail, elles sont assises \u00e0 m\u00eame le sol, jambes tendues, en train de tamiser sans rel\u00e2che du sable.  Transport\u00e9 \u00e0 pieds en ville et en une fois, le sable d\u2019une quantit\u00e9 d\u2019environ 20 kilogrammes est vendu \u00e0 250 francs CFA (0,5 dollar). &#8220;Chaque semaine, j\u2019en ach\u00e8te pour 400 FCFA (0,8 dollar)&#8221;, raconte \u00e0 IPS, Hadiza Moussa, une cliente r\u00e9sidant au quartier Zongo de Niamey.<\/p>\n<p> &#8220;Regardez : toutes les all\u00e9es du march\u00e9 sont couvertes de sable blanc. Ce sont ces femmes qui ont tout transport\u00e9&#8221;, explique \u00e0 IPS, Sani Maiguizo, commer\u00e7ant au march\u00e9 Rive droite de Niamey.  &#8220;Le prix est d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment bas&#8230; Pourtant, certaines personnes sans scrupules cherchent encore \u00e0 le r\u00e9duire. Il faut soutenir ces femmes qui ont choisi de travailler dignement pour \u00e9viter la mendicit\u00e9&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS, Hadjia Haoua, secr\u00e9taire \u00e0 l\u2019information d\u2019une organisation non gouvernementale bas\u00e9e \u00e0 Niamey et qui lutte contre les violences faites aux femmes.  Selon Fati Ali, une syndicaliste, les mentalit\u00e9s ont aujourd\u2019hui \u00e9volu\u00e9, il n\u2019y a pas de travail sp\u00e9cifique aux hommes et aux femmes. Les femmes sont capables de faire des travaux aussi difficiles que ceux effectu\u00e9s par les hommes, a-t-elle dit \u00e0 IPS.  Cette activit\u00e9 de vente de sable se fait sans contrainte majeure pour les femmes. La mairie ne leur impose aucune taxe. &#8220;Les mairies ne taxent que les carri\u00e8res des entrepreneurs et les camionneurs vendeurs de sable. L\u2019activit\u00e9 de ces femmes est tr\u00e8s d\u00e9risoire&#8221;, explique \u00e0 IPS, Adamou Zada, agent municipal de la commune 5 de Niamey qui regorge plus de femmes vendeuses de sable.<\/p>\n<p> Pour Mery Abdou, une femme d\u2019une cinquantaine d\u2019ann\u00e9es, qui a exerc\u00e9 longtemps ce m\u00e9tier, la seule difficult\u00e9 se trouve au niveau des propri\u00e9taires des champs. &#8220;Ils nous chassent, ils disent que nous creusons dans leur patrimoine. Avec eux, c\u2019est toujours des histoires&#8221;, a-t-elle soulign\u00e9 \u00e0 IPS.  Abdou a indiqu\u00e9 \u00e0 IPS qu\u2019avec ses petites \u00e9conomies mises de c\u00f4t\u00e9, elle a pu s\u2019acheter une vache et quatre brebis qu\u2019elle essaie d\u2019\u00e9lever. Comme elle, Ramatou Ali, qui ramasse \u00e9galement du sable depuis trois ans, a achet\u00e9 aussi un agneau. Cette ann\u00e9e, elle compte offrir un matelas \u00e0 sa fille rest\u00e9e au village aupr\u00e8s de son mari.  Ces quelque 200 femmes vendeuses de sable \u00e0 Niamey gagnent en moyenne 750 \u00e0 1.000 FCFA (environ 1,5 et deux dollars) par jour. Une somme non n\u00e9gligeable dans un pays o\u00f9 les gens vivent avec moins d\u2019un dollar par jour, selon le Programme des Nations Unies pour le d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>NIAMEY, 22 juin (IPS) &#8211; Confront\u00e9es \u00e0 la pauvret\u00e9 urbaine, des femmes s\u2019activent \u00e0 Niamey dans le transport et la vente du sable : une activit\u00e9 qui ne demande pas un capital financier, mais exige courage et endurance. 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