{"id":4950,"date":"2010-06-17T13:40:01","date_gmt":"2010-06-17T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/06\/17\/afrique-les-etats-en-amont-defient-legypte-au-sujet-des-eaux-du-nil\/"},"modified":"2010-06-17T13:40:01","modified_gmt":"2010-06-17T13:40:01","slug":"afrique-les-etats-en-amont-defient-legypte-au-sujet-des-eaux-du-nil","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/06\/17\/afrique-les-etats-en-amont-defient-legypte-au-sujet-des-eaux-du-nil\/","title":{"rendered":"AFRIQUE: Les Etats en amont d\u00e9fient l\u2019Egypte au sujet des eaux du Nil"},"content":{"rendered":"<p>LE CAIRE, 17 juin (IPS) &#8211; Un trait\u00e9 de partage d\u2019eau entre cinq pays en amont du bassin du Nil &#8211; \u00e0 l&#39;exclusion de l&#39;Egypte et du Soudan &#8211; a relanc\u00e9 le diff\u00e9rend de longue date sur la r\u00e9partition des eaux. Cependant, les experts locaux disent que l&#39;accord ne compromettra pas la part historique de l&#39;Egypte des eaux du Nil.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>&#8220;L&#39;Egypte d\u00e9pend des eaux du Nil depuis des milliers d&#39;ann\u00e9es&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS, Hani Raslan, chef du d\u00e9partement pour le Soudan et les pays du bassin du Nil au Centre Al-Ahram pour les \u00e9tudes politiques et strat\u00e9giques, bas\u00e9 au Caire. &#8220;Nul ne peut fixer une limite sur l&#39;utilisation du Nil par l&#39;Egypte, qui est prot\u00e9g\u00e9 par le droit international&#8221;.<\/p>\n<p> Mais l&#39;Ethiopie, le Rwanda, l&#39;Ouganda, la Tanzanie et le Kenya ont d&#39;autres id\u00e9es, comme il ressort du nouveau trait\u00e9 sur l&#39;eau qu\u2019ils ont \u00e9labor\u00e9 au cours d&#39;une r\u00e9union en mai \u00e0 Entebbe, en Ouganda.<\/p>\n<p> A la mi-avril, les repr\u00e9sentants de neuf Etats du bassin du Nil \u2013 y compris le Burundi, la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC), l\u2019Ethiopie, le Kenya, le Rwanda, la Tanzanie et l\u2019Ouganda \u2013 se sont rencontr\u00e9s dans la ville baln\u00e9aire \u00e9gyptienne de Charm el-Cheikh afin de parvenir \u00e0 un accord mutuellement acceptable sur le partage des eaux du fleuve.<\/p>\n<p> Tel que se pr\u00e9sentent les choses actuellement, le partage des eaux du Nil est d\u00e9termin\u00e9 par deux trait\u00e9s r\u00e9dig\u00e9s en 1929 et en 1959, qui accordent \u00e0 l&#39;Egypte et au Soudan la part du lion. Aux termes des deux accords, l&#39;Egypte a le droit d&#39;utiliser 55,5 milliards de m\u00e8tres cubes des eaux du Nil par an, tandis que le Soudan b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019un quota annuel de 18,5 milliards de m\u00e8tres cubes.<\/p>\n<p> Les trait\u00e9s stipulent \u00e9galement qu\u2019aucun grand projet d&#39;eau, tel que les barrages ou les travaux d&#39;irrigation, ne peut \u00eatre entrepris dans les pays en amont sans l&#39;autorisation expresse de l&#39;Egypte et du Soudan.<\/p>\n<p> Mais, les pays en amont se plaignent depuis longtemps que ces deux trait\u00e9s &#8211; sign\u00e9s pendant qu&#39;ils \u00e9taient sous occupation coloniale &#8211; ne parviennent pas \u00e0 garantir leurs droits l\u00e9gitimes \u00e0 l&#39;eau. Toutefois, l\u2019Egypte et le Soudan rejettent fermement toute r\u00e9duction de leurs parts actuelles de l\u2019eau.<\/p>\n<p> Depuis la fin des ann\u00e9es 1990, les Etats du bassin du Nil essaient en vain d\u2019\u00e9laborer un accord-cadre r\u00e9vis\u00e9 pour le partage de l&#39;eau, baptis\u00e9 l\u2019Initiative du bassin du Nil (NBI). Deux r\u00e9centes conf\u00e9rences consacr\u00e9es \u00e0 la question n\u2019ont pas r\u00e9ussi \u00e0 r\u00e9soudre l&#39;impasse.<\/p>\n<p> En mai 2009, les discussions organis\u00e9es \u00e0 Kinshasa, la capitale de la RDC, ont \u00e9chou\u00e9 parce que les quotas d&#39;eau historiques de l&#39;Egypte et du Soudan ne sont pas mentionn\u00e9s dans le texte de l&#39;accord propos\u00e9. Les ministres de l&#39;Eau se sont r\u00e9unis \u00e0 nouveau en juillet 2009 dans la ville c\u00f4ti\u00e8re \u00e9gyptienne d&#39;Alexandrie, o\u00f9 l&#39;Egypte et le Soudan ont r\u00e9affirm\u00e9 leur rejet de tout accord qui n&#39;indiquerait pas clairement leur part historique de l&#39;eau.<\/p>\n<p> Les Etats en amont accusent l&#39;Egypte et le Soudan de tenter de maintenir un monopole d\u00e9loyal datant de l&#39;\u00e9poque coloniale sur le fleuve. Cependant, les responsables \u00e9gyptiens et les analystes d\u00e9fendent leur position, faisant remarquer que l&#39;Egypte d\u00e9pend beaucoup plus du fleuve pour ses besoins en eau que ses voisins en amont.<\/p>\n<p> Selon Raslan, les eaux du Nil repr\u00e9sentent plus de 95 pour cent de la consommation totale en eau de l&#39;Egypte. Certains des pays en amont qui b\u00e9n\u00e9ficient des pr\u00e9cipitations beaucoup plus fortes d\u00e9pendent du fleuve pour moins de cinq pour cent de leurs besoins en eau.<\/p>\n<p> Les n\u00e9gociations de Charm el-Cheikh en avril ont \u00e9chou\u00e9 le long des lignes traditionnelles de combat, avec l&#39;Egypte et le Soudan d&#39;un c\u00f4t\u00e9 et les sept Etats en amont de l&#39;autre.  Dans un effort de faire une perc\u00e9e, les sept ont saisi l&#39;occasion pour faire une d\u00e9claration commune selon laquelle ils annonceraient &#8220;unilat\u00e9ralement&#8221; un nouvel accord plus \u00e9quitable &#8211; avec ou sans l&#39;Egypte et le Soudan.<\/p>\n<p> Le Caire et Khartoum ont condamn\u00e9 cette d\u00e9claration et ont pr\u00e9venu d&#39;une &#8220;r\u00e9action forte&#8221; \u00e0 une telle d\u00e9marche.<\/p>\n<p> &#8220;L&#39;Egypte dispose de certains moyens pour adopter une r\u00e9action forte \u00e0 toute position qui menace son droit historique \u00e0 l&#39;eau du Nil, a d\u00e9clar\u00e9 l&#39;ambassadeur Ridda Ba\u00efbars, porte-parole de la d\u00e9l\u00e9gation \u00e9gyptienne \u00e0 la conf\u00e9rence.<\/p>\n<p> N\u00e9anmoins, le 14 mai, l&#39;Ethiopie, le Rwanda, l&#39;Ouganda et la Tanzanie ont sign\u00e9 un nouveau trait\u00e9 sur l&#39;eau \u00e0 Entebbe. Quelques jours plus tard, le Kenya aussi a sign\u00e9 l&#39;accord.<\/p>\n<p> &#8220;Nous ne pouvions plus attendre longtemps, puisque nous n\u00e9gocions depuis plus de dix ans&#8221;, a confi\u00e9 \u00e0 la BBC peu apr\u00e8s, le ministre rwandais de l&#39;Environnement, Stanislas Kamanzi.<\/p>\n<p> A la grande d\u00e9ception de l&#39;Egypte et du Soudan, le nouveau trait\u00e9 n\u2019a ni fait mention de leur part historique de l&#39;eau du Nil, ni ne leur a accord\u00e9 le droit de veto sur les projets d&#39;eau en amont.<\/p>\n<p> Des voix dans la presse locale se sont lev\u00e9es pour qualifier l&#39;accord d\u2019Entebbe d\u2019une menace pour les ressources en eau de l&#39;Egypte. Les gros titres du 16 mai du quotidien ind\u00e9pendant &#39;Al-Dustour&#39; ont cit\u00e9 des experts qui avertissaient que le trait\u00e9 repr\u00e9sentait &#8220;un danger clair et pr\u00e9sent pour la part de l&#39;eau du Nil r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 l&#39;Egypte&#8221;.<\/p>\n<p> L&#39;Egypte, pour sa part, a refus\u00e9 de reconna\u00eetre l&#39;accord, r\u00e9it\u00e9rant son rejet cat\u00e9gorique de toute diminution de ses droits historiques sur l&#39;eau.<\/p>\n<p> &#8220;L&#39;Egypte a refus\u00e9 de reconna\u00eetre m\u00eame le trait\u00e9 d&#39;Entebbe&#8221;, a indiqu\u00e9 Raslan. &#8220;L&#39;Egypte refuse absolument de c\u00e9der une portion de sa part historique de l&#39;eau et prendra toutes les mesures n\u00e9cessaires pour conserver sa part actuelle&#8221;.<\/p>\n<p> Dans un entretien accord\u00e9 \u00e0 la cha\u00eene panarabe satellitaire, Al-Jazira, le Premier ministre \u00e9thiopien, Meles Zenawi, a dit que la poursuite du rejet par l\u2019Egypte d&#39;un projet de partage d&#39;eau modifi\u00e9 constitue &#8220;la source du probl\u00e8me&#8221;.<\/p>\n<p> &#8220;L&#39;Egypte continue de soutenir la notion obsol\u00e8te selon laquelle elle poss\u00e8de le Nil et peut dicter la r\u00e9partition de ses eaux, et que les Etats en amont sont incapables d&#39;utiliser l&#39;eau parce qu&#39;ils sont politiquement instables et frapp\u00e9s par la pauvret\u00e9&#8221;, a affirm\u00e9 Zenawi. &#8220;Mais les donn\u00e9es ont chang\u00e9&#8221;.<\/p>\n<p> Le 22 mai, il a \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9 que les ministres \u00e9gyptiens du Commerce et de l&#39;Industrie, de l&#39;Irrigation et des Investissements devaient se rendre au Burundi, en Tanzanie, au Kenya, au Rwanda et au Soudan dans les prochaines semaines pour discuter d\u2019une coop\u00e9ration mutuelle.<\/p>\n<p> &#8220;Les efforts \u00e9gyptiens visant une coop\u00e9ration conjointe avec les Etats en amont sont susceptibles de porter des fruits&#8221;, a pr\u00e9dit Raslan. &#8220;Mais s&#39;ils ne le font pas, l&#39;Egypte a bien des moyens pour prot\u00e9ger ses droits historiques &#8211; juridiquement, politiquement et mat\u00e9riellement&#8221;.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LE CAIRE, 17 juin (IPS) &#8211; Un trait\u00e9 de partage d\u2019eau entre cinq pays en amont du bassin du Nil &#8211; \u00e0 l&#39;exclusion de l&#39;Egypte et du Soudan &#8211; a relanc\u00e9 le diff\u00e9rend de longue date sur la r\u00e9partition des&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/06\/17\/afrique-les-etats-en-amont-defient-legypte-au-sujet-des-eaux-du-nil\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":777,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,25,11,27,26,12,1,17,7],"tags":[],"class_list":["post-4950","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-columnas","category-developpement","category-east-africa","category-energy","category-environnement","category-headlines","category-orient","category-politique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4950","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/777"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4950"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4950\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4950"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4950"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4950"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}