{"id":4944,"date":"2010-06-15T13:40:01","date_gmt":"2010-06-15T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/06\/15\/developpement-mali-la-secheresse-pousse-des-nomades-a-lexode\/"},"modified":"2010-06-15T13:40:01","modified_gmt":"2010-06-15T13:40:01","slug":"developpement-mali-la-secheresse-pousse-des-nomades-a-lexode","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/06\/15\/developpement-mali-la-secheresse-pousse-des-nomades-a-lexode\/","title":{"rendered":"DEVELOPPEMENT-MALI: La s\u00e9cheresse pousse des nomades \u00e0 l\u2019exode"},"content":{"rendered":"<p>BAMAKO, 15 juin (IPS) &#8211; Les communaut\u00e9s nomades des r\u00e9gions d\u00e9sertiques du nord du Mali sont confront\u00e9es \u00e0 une des plus graves s\u00e9cheresses des deux derni\u00e8res d\u00e9cennies. En attendant la saison des pluies dans la zone entre juin et juillet, plusieurs familles nomades se sont d\u00e9j\u00e0 d\u00e9plac\u00e9es vers des pays voisins.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\u00abDepuis la fin de l&#39;hivernage dernier, beaucoup de pasteurs ont compris qu&#39;il s&#39;agissait l\u00e0 d&#39;une ann\u00e9e de s\u00e9cheresse. L&#39;herbe n&#39;a pouss\u00e9 nulle part sur l&#39;\u00e9tendue du territoire de la commune. Alors, les \u00e9leveurs ont d\u00e9cid\u00e9 d&#39;aller \u00e0 la recherche des p\u00e2turages vers d&#39;autres contr\u00e9es plus lointaines\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS, Mohamed Assaleh, maire de la commune rurale de Talataye, dans le nord.  \u00abC&#39;est ainsi que plus d&#39;un quart de la population se trouve actuellement \u00e0 Tessit et \u00e0 Ouattagouna (nord du Mali, au bord du fleuve Niger), ainsi qu\u2019au Niger, et m\u00eame au Burkina Faso, \u00e0 la recherche des p\u00e2turages\u00bb, a-t-il indiqu\u00e9.<\/p>\n<p> Talataye est une localit\u00e9 du nord faisant partie de la liste des \u00ab43 communes \u00e0 risque alimentaire\u00bb rendue publique par le gouvernement malien en mars dernier. Sa population, aujourd&#39;hui estim\u00e9e \u00e0 30.000 habitants, vit principalement de l&#39;\u00e9levage de petits et grands ruminants. Cette activit\u00e9, d\u2019ordinaire menac\u00e9e par des s\u00e9cheresses successives, est actuellement confront\u00e9e au manque d\u2019eau et de p\u00e2turage si bien que les populations locales n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 comparer la situation aux pires s\u00e9cheresses des ann\u00e9es 1973 et 1984.  Certaines localit\u00e9s de la partie ouest du pays sont \u00e9galement touch\u00e9es par la p\u00e9nurie d\u2019eau et de nourriture. Mais l\u2019\u00e9conomie des r\u00e9gions d\u00e9sertiques du nord est particuli\u00e8rement atteinte. \u00abA l&#39;heure actuelle, la diff\u00e9rence entre les troupeaux d\u00e9plac\u00e9s et ceux rest\u00e9s \u00e0 Talataye n&#39;est pas tellement nette. Partout o\u00f9 ils vont, les animaux p\u00e9rissent en grand nombre, surtout les moutons, les vaches et les \u00e2nes. Les dromadaires et les ch\u00e8vres subsistent encore dans des endroits o\u00f9 il y a quelques arbres\u00bb, a expliqu\u00e9 Assaleh.  Cette situation jug\u00e9e catastrophique se traduit en une famine g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e dans toutes les communes concern\u00e9es. \u00abA cause de la p\u00e9nurie d\u2019eau, certains chefs de famille ont perdu la quasi-totalit\u00e9 de leurs b\u00eates, et m\u00eame ceux qui ont la chance d\u2019en garder un peu, n&#39;arrivent \u00e0 se procurer un sac de riz au march\u00e9 qu&#39;apr\u00e8s avoir vendu beaucoup de b\u00eates \u00e0 la fois. Les animaux se vendent \u00e0 vil prix sur les march\u00e9s\u00bb, a affirm\u00e9 \u00e0 IPS, Mahmoud Ag Idriss, un \u00e9leveur de la localit\u00e9 de Menaka, dans le nord du pays.  Il estime qu\u2019il faut cinq \u00e0 six ch\u00e8vres pour avoir le prix d\u2019un sac de 50 kilogrammes de riz, soit quelque 15.000 francs CFA (environ 30 dollars).    Baba Ould Ahmed, un autre \u00e9leveur de Menaka, a expliqu\u00e9 \u00e0 IPS : \u00abD\u2019habitude, je ne quitte les environs de Menaka que pendant la saison des pluies. Mais cette ann\u00e9e, mes animaux ne pourront pas tenir. Il n\u2019y a plus suffisamment d\u2019eau pour les abreuver, c\u2019est pour cela qu\u2019ils sont devenus tous maigres. La cause, c\u2019est que beaucoup de puits ont tari et il n\u2019y a ni herbes ni v\u00e9g\u00e9taux pour nourrir les animaux\u00bb.   Les r\u00e9percussions de cette crise vont au-del\u00e0 de l\u2019\u00e9conomie et affectent les services sociaux de base. \u00abM\u00eame l\u2019\u00e9cole est un peu touch\u00e9e par la crise. Certains de mes coll\u00e8gues m\u2019ont dit qu\u2019ils ont du mal \u00e0 retenir en classe des \u00e9l\u00e8ves qui sont oblig\u00e9s de suivre leurs parents vers le Niger \u00e0 la recherche d\u2019eau ou de p\u00e2turages\u00bb, a indiqu\u00e9 \u00e0 IPS, Babacary Adama Diarra, enseignant \u00e0 l\u2019\u00e9cole primaire d\u2019Anderaboucane, une ville du nord.  L\u2019aide s\u2019organise peu \u00e0 peu sur le terrain, mais elle ne donne pas satisfaction aux populations qui attendent bien plus. \u00abLa Croix-Rouge malienne, avec l\u2019aide du gouvernement am\u00e9ricain, vient de commencer des distributions gratuites de vivres aux populations. Il y a aussi des aliments de b\u00e9tail pour les animaux\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS, Diakaridia Demb\u00e9l\u00e9, responsable de communication \u00e0 la Croix-Rouge.  La Commission europ\u00e9enne a r\u00e9cemment d\u00e9cid\u00e9 de fournir une aide de 24 millions d&#39;euros aux pays de la r\u00e9gion sah\u00e9lienne. Toutefois, l\u2019organisation non gouvernementale &#39;Oxfam International&#39; a attir\u00e9 l\u2019attention des pays riches sur la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019accro\u00eetre l\u2019aide d\u2019urgence en faveur des populations sah\u00e9liennes. \u00abOxfam pr\u00e9vient que les gouvernements de l&#39;Union europ\u00e9enne et d&#39;autres bailleurs de fonds doivent augmenter leur aide pour \u00e9viter une catastrophe dans cette r\u00e9gion frapp\u00e9e de plein fouet par la s\u00e9cheresse\u00bb, souligne son communiqu\u00e9 dat\u00e9 du 4 juin.  L&#39;Etat malien a mis \u00e0 la disposition de la commune de Talataye, pour distribution gratuite, 389 tonnes de gros mil (sorgho). \u00abC&#39;est l\u00e0 un geste salutaire, mais&#8230; cette denr\u00e9e ne se consomme pas chez nous. Elle aurait d\u00fb \u00eatre remplac\u00e9e par le riz ou \u00e0 d\u00e9faut par le petit mil. Le pire est qu&#39;elle tue m\u00eame les animaux quand ils la consomment. Donc, ces dons ne serviront certainement ni \u00e0 nourrir les hommes, ni \u00e0 remplacer l&#39;aliment de b\u00e9tail pour les b\u00eates\u00bb, a d\u00e9plor\u00e9 Assaleh.  Le maire de Talataye a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS au t\u00e9l\u00e9phone, le lundi 14 juin, que le gouvernement n\u2019avait pas consult\u00e9 la population avant de lui envoyer ce gros mil.<\/p>\n<p> Selon des observateurs, l\u2019exode des populations locales fait monter le risque d\u2019ins\u00e9curit\u00e9, ce qui inqui\u00e8te les responsables politiques. \u00abSi la situation alarmante ne s\u2019am\u00e9liore pas en juin-juillet, p\u00e9riode traditionnelle de la saison des pluies, ce serait la catastrophe. C\u2019est un cycle infernal qui se mettra en route : tensions et conflits, surpopulation dans les villes comme Kidal (nord du Mali), et apparition de hameaux et camps sinistr\u00e9s\u00bb, a affirm\u00e9 Abdou Salam Ag Assalat, pr\u00e9sident de l\u2019Assembl\u00e9e r\u00e9gionale de Kidal.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BAMAKO, 15 juin (IPS) &#8211; Les communaut\u00e9s nomades des r\u00e9gions d\u00e9sertiques du nord du Mali sont confront\u00e9es \u00e0 une des plus graves s\u00e9cheresses des deux derni\u00e8res d\u00e9cennies. 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