{"id":4898,"date":"2010-05-26T13:40:01","date_gmt":"2010-05-26T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/05\/26\/rwanda-les-prostitues-desertent-le-metier-faute-de-rendement\/"},"modified":"2010-05-26T13:40:01","modified_gmt":"2010-05-26T13:40:01","slug":"rwanda-les-prostitues-desertent-le-metier-faute-de-rendement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/05\/26\/rwanda-les-prostitues-desertent-le-metier-faute-de-rendement\/","title":{"rendered":"RWANDA: Les prostitu\u00e9s d\u00e9sertent le m\u00e9tier faute de rendement"},"content":{"rendered":"<p>KIGALI, 26 mai (IPS) &#8211; Choisir entre rester prostitu\u00e9es et devenir balayeuses, des femmes, r\u00e9unies en association \u00e0 Muhanga, dans le sud du Rwanda, n&#39;h\u00e9sitent pas \u00e0 quitter le plus vieux m\u00e9tier du monde o\u00f9 elles risquent leur vie, n&#39;ont pas de revenus fixes et perdent le respect d&#39;elles-m\u00eames. <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Tous les jours, bon nombre de jeunes femmes de Muhanga se l\u00e8vent t\u00f4t le matin pour se rendre \u00e0 leur travail quotidien : le nettoyage des rues et diff\u00e9rents coins sales de la ville. Ce sont des membres de l\u2019association &#8220;Tubusezerere&#8221;, (Abandonnons la prostitution), compos\u00e9e d&#39;anciennes prostitu\u00e9es qui ont renonc\u00e9 \u00e0 ce vieux m\u00e9tier dont les revenus sont al\u00e9atoires.  &#8220;Nous avons d\u00e9cid\u00e9 d&#39;abandonner la prostitution pour travailler dur et gagner notre vie dignement&#8221;, t\u00e9moigne Jeannette, 36 ans, v\u00eatue d&#39;une salopette kaki, de bottes et gants noirs, et tr\u00e8s fi\u00e8re de balayer le tron\u00e7on de la grande voie Kigali-Butare. &#8220;Dans ces travaux manuels, nous gagnons peu, mais du moins, nous sommes s\u00fbres de notre gain et de notre sant\u00e9. Mais dans la prostitution, les clients nous maltraitaient, nous battaient et souvent refusaient de nous payer&#8221;, souligne-t-elle.   Le d\u00e9partement des affaires sociales du district Muhanga a r\u00e9uni dans l&#39;association, il y a deux ans, plus de 220 anciennes professionnelles du sexe dont une cinquantaine est affect\u00e9e au nettoyage de la ville. Les autres s\u2019occupent d\u2019autres petits projets comme la vente de l\u00e9gumes et fruits au march\u00e9 de Gitarama, et l\u2019agriculture. Les nettoyeuses re\u00e7oivent 21000 francs rwandais (environ 37 dollars) par mois, un salaire proche de celui d\u2019un enseignant d\u00e9butant \u00e0 l\u2019\u00e9cole primaire.<\/p>\n<p> Difficile r\u00e9int\u00e9gration dans sa soci\u00e9t\u00e9  &#8220;M\u00eame apr\u00e8s avoir quitt\u00e9 la prostitution, il y a des hommes qui viennent me draguer croyant que j\u2019y reste&#8221;, d\u00e9clare une de ces femmes. Pour bon nombre de membres de Tubusezerere, quitter ce m\u00e9tier n\u2019est pas une d\u00e9cision facile, car une prostitu\u00e9e est connue comme telle par tout le monde. Aussi, celles qui ont pu le faire mettent-elles en garde celles qui le pratiquent encore.  &#8220;La prostitution est un m\u00e9tier mortel. S\u2019y engager, c\u2019est se tuer soi-m\u00eame. Souvent, nous sommes emprisonn\u00e9es, nous attrapons le VIH. Il y a des risques d\u2019entrer dans les bagarres avec des rivales et des hommes. Pour gagner plus d\u2019argent, je prenais des drogues pour pouvoir tenir deux ou trois hommes pendant la nuit. C\u2019est la mort&#8221;, met en garde Monique, une ancienne prostitu\u00e9e.  Cet avis est partag\u00e9 par sa coll\u00e8gue bien connue sous le sobriquet de Kiliwanzenze, aujourd&#39;hui vendeuse de pagnes: &#8220;J\u2019ai fait ce m\u00e9tier pendant plus de 18 ans au Rwanda comme en RD Congo. Mais je n\u2019ai trouv\u00e9 ni argent, ni mari. J\u2019ai une cicatrice sur la bouche, l\u00e0 o\u00f9 mes rivales m\u2019ont frapp\u00e9e avec une bouteille vide quand nous \u00e9tions en bagarre dans un bar en RDC. C&#39;est depuis que j&#39;ai quitt\u00e9 que je parviens \u00e0 gagner un peu d&#39;argent et \u00e9pargner&#8221;.<\/p>\n<p> Certains clients proposent beaucoup d&#39;argent \u00e0 condition de faire des rapports sexuels non prot\u00e9g\u00e9s. &#8220;Plut\u00f4t que de perdre de l&#39;argent, nombreuses femmes de joie acceptent sans souci d&#39;attraper le VIH\/SIDA&#8221;, t\u00e9moigne l&#39;une des membres de Tubusezerere. &#8220;Le fait que la majorit\u00e9 des prostitu\u00e9es n&#39;ont pas d&#39;emploi, limite leur marge de n\u00e9gociation et augmente leur vuln\u00e9rabilit\u00e9&#8221;, explique-t-elle. Le taux de pr\u00e9valence actuel du VIH\/SIDA chez les prostitu\u00e9es est estim\u00e9 \u00e0 56 pour cent.  La pauvret\u00e9 reste la principale cause qui pousse les jeunes femmes \u00e0 vendre leurs corps. Celles qui en ont fait une exp\u00e9rience am\u00e8re ne cherchent qu&#39;\u00e0 regagner le respect et l&#39;estime de soi. &#8220;Toutes veulent fonder une famille et avoir une vie bien rang\u00e9e, avoir un mari et des enfants&#8221;, estime Jacqueline, une ancienne prostitu\u00e9e. &#8220;Avec tr\u00e8s peu d&#39;argent, nous pouvons d\u00e9marrer de petits commerces. Du moment que ma famille arrive \u00e0 survivre avec ce que je gagne ici, je pr\u00e9f\u00e8re me fatiguer physiquement que de risquer ma vie&#8221;, ajoute-t-elle.  *(Diane Uwanyirijuru est journaliste \u00e0 Syfia, une agence de presse bas\u00e9e \u00e0 Montpellier. Cet article est publi\u00e9 en vertu d&#39;un accord de coop\u00e9ration entre l\u2019agence de presse InfoSud et IPS).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>KIGALI, 26 mai (IPS) &#8211; Choisir entre rester prostitu\u00e9es et devenir balayeuses, des femmes, r\u00e9unies en association \u00e0 Muhanga, dans le sud du Rwanda, n&#39;h\u00e9sitent pas \u00e0 quitter le plus vieux m\u00e9tier du monde o\u00f9 elles risquent leur vie, n&#39;ont&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/05\/26\/rwanda-les-prostitues-desertent-le-metier-faute-de-rendement\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":772,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[31,5,11,10,27,6,1,4,30,20],"tags":[],"class_list":["post-4898","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-africa-centrale","category-afrique","category-developpement","category-droits-humains","category-east-africa","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines","category-sante","category-special-culture-religion-et-genre","category-travail"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4898","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/772"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4898"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4898\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4898"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4898"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4898"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}