{"id":4882,"date":"2010-05-16T13:40:01","date_gmt":"2010-05-16T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/05\/16\/madagascar-les-femmes-associent-agriculture-et-protection-de-lenvironnement\/"},"modified":"2010-05-16T13:40:01","modified_gmt":"2010-05-16T13:40:01","slug":"madagascar-les-femmes-associent-agriculture-et-protection-de-lenvironnement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/05\/16\/madagascar-les-femmes-associent-agriculture-et-protection-de-lenvironnement\/","title":{"rendered":"MADAGASCAR: Les femmes associent agriculture et protection de l\u2019environnement"},"content":{"rendered":"<p>ANDASIBE, Madagascar, 16 mai (IPS) &#8211; Le d\u00e9veloppement durable requiert \u00e9galement la participation des femmes malgaches qui, conscientes des enjeux de la pr\u00e9servation de la nature, se sont impliqu\u00e9es, aux c\u00f4t\u00e9s des hommes, dans l\u2019ex\u00e9cution d\u2019un projet de restauration des for\u00eats.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>&#39;Tetik &#39;Asa Mampody Savoka&#39; (TAMS) est un projet de restauration des for\u00eats \u00e9pargn\u00e9es par la pratique des feux de brousse et la culture sur br\u00fblis &#8211; initi\u00e9 en 2003 par &#39;Conservation International&#39; dans la commune rurale d\u2019Andasibe, situ\u00e9e \u00e0 145 kilom\u00e8tres de la capitale malgache, Antananarivo.  Le projet concerne particuli\u00e8rement la restauration des for\u00eats figurant dans le corridor Ankeniheny-Zahamena, incluant les for\u00eats de Mantadia, de Vohimena, de Vohidrazana, de Maromizaha, du Parc National d\u2019Andasibe Mantadia et de Mitsinjo. Les paysans concern\u00e9s par le projet se mobilisent dans des &#39;Sustainable Livelihoods Activities&#39; (SLA): ce sont des activit\u00e9s bas\u00e9es sur l\u2019agriculture, l\u2019\u00e9levage, l\u2019artisanat et l\u2019\u00e9cotourisme, qui leur permettent d\u2019am\u00e9liorer leurs revenus et leurs conditions de vie.  La participation des femmes \u00e0 la pr\u00e9servation de la biodiversit\u00e9 leur sera b\u00e9n\u00e9fique si on pense aux richesses qui seront l\u00e9gu\u00e9es aux enfants gr\u00e2ce \u00e0 la conservation de ce qu\u2019elles ont accompli.  Travail de technicienne  Une technicienne au service des villageois doit avoir des comp\u00e9tences et une bonne connaissance du terrain. Les gens ne sont pas nombreux \u00e0 choisir cette profession car le travail est difficile. Arm\u00e9e d\u2019une bonne volont\u00e9, un technicien(ne) doit parcourir 11 villages et trois fokontany (un comit\u00e9 de quartier) dans la commune rurale d\u2019Andasibe pour prendre en main l\u2019\u00e9ducation et la sensibilisation de quelque 200 hommes et femmes impliqu\u00e9s dans ce projet de restauration des for\u00eats.  Par exemple, Honorine Rasoanandrasana est technicienne aupr\u00e8s de l\u2019Association nationale d\u2019action environnementale (ANAE), qui est simultan\u00e9ment une des gestionnaires du projet TAMS. Elle explique qu\u2019en s\u2019engageant dans une SLA, les paysans s\u2019installent sur un terrain o\u00f9 ils peuvent travailler en permanence et en toute tranquillit\u00e9. &#8220;Il s\u2019agit de faire travailler les terres pour qu\u2019elles deviennent arables&#8221;.  Une fois que les paysans arrivent \u00e0 les labourer et \u00e0 r\u00e9colter des fruits, ils peuvent soumettre une demande aupr\u00e8s des communes pour devenir propri\u00e9taires des terres. Ils ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de sommes d\u2019argent pour installer des p\u00e9pini\u00e8res, et certains d\u2019entre eux ont obtenu des \u00e9quipements, des semences et des engrais pour le bon d\u00e9marrage de leurs activit\u00e9s.  Diff\u00e9rents techniciens appuient les b\u00e9n\u00e9ficiaires dans les travaux agricoles. Dans un premier temps, ils s\u2019initient au proc\u00e9d\u00e9 du z\u00e9ro labour, explique Rasoanandrasana. Les techniques agricoles s\u2019appuient en g\u00e9n\u00e9ral sur l\u2019apprentissage des m\u00e9thodes de base : le calcul de la courbe de niveau, la mise en terre et le suivi de chaque culture.  Les techniciens ont effectu\u00e9 un encadrement des paysans pour une dur\u00e9e de six mois et lors d\u2019une inspection sur le terrain, le mois dernier, le chef de projet a d\u00e9montr\u00e9 l\u2019efficacit\u00e9 de l\u2019initiation de quelques agricultrices.  A cinq kilom\u00e8tres de la bifurcation menant vers Andasibe, toujours sur la Route nationale 2 vers Toamasina, se trouve le fokontany de Morafeno. La majorit\u00e9 des habitants de cette localit\u00e9 se concentre principalement sur l\u2019exploitation des carri\u00e8res. Norine Louisette, agricultrice et \u00e9pouse du chef fokontany, a choisi de s\u2019investir dans la culture vivri\u00e8re en se conformant aux techniques de l\u2019ANAE dans un endroit particulier, \u00e0 500 m\u00e8tres d\u2019altitude.  A premi\u00e8re vue, il est difficile d\u2019imaginer qu\u2019une culture puisse survivre \u00e0 si haute altitude o\u00f9 il fait froid. Pourtant, ce que Louisette a mis en terre \u00e0 cet endroit est une exception. \u00abCela fait des ann\u00e9es que nous avons pratiqu\u00e9 la culture sur br\u00fblis. Une sensibilisation men\u00e9e par les associations \u0153uvrant pour la protection de l\u2019environnement dans notre fokontany nous a ouvert les yeux\u00bb, affirme-t-elle.  \u00abNous \u00e9tions convaincus que notre survie d\u00e9pendait des ressources naturelles qui nous entourent. Or depuis octobre dernier, j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 mettre en terre des graines de mucuna, commun\u00e9ment appel\u00e9es pois mascate qui se transforment en plantes grimpantes et qui servent de couverture v\u00e9g\u00e9tale\u00bb.<\/p>\n<p> Louisette ajoute : \u00abJ\u2019ai \u00e9galement am\u00e9nag\u00e9 le terrain de fa\u00e7on \u00e0 obtenir une courbe de niveau que j\u2019utilise pour la fouille d\u2019un canal anti\u00e9rosif et dans lequel je plante du stylosanthes en guise de haie vive qui retient le sol. Il s\u2019agit d\u2019un excellent fourrage, riche en prot\u00e9ines, qui reste vert et pousse pendant la saison froide et s\u00e8che\u00bb.  \u00abVers le mois d\u2019ao\u00fbt, cette couverture v\u00e9g\u00e9tale se d\u00e9t\u00e9riorera et elle deviendra un bon fertilisant qui peut produire jusqu\u2019\u00e0 deux tonnes de biomasse. Je n\u2019aurais plus \u00e0 travailler la terre et il ne me restera plus qu\u2019\u00e0 sarcler et \u00e0 semer les graines de mon choix\u00bb, raconte-t-elle. \u00abPendant l\u2019hiver, mon mari et moi allons opter pour la culture de haricot et de ma\u00efs. L\u2019ann\u00e9e prochaine, nous pourrons varier les cultures en alternant les cacahu\u00e8tes, le riz et le ma\u00efs; et la rotation de cultures am\u00e9liorera \u00e9galement notre rendement\u00bb.  Cette jeune femme a soulign\u00e9 que bien que le projet soit tout r\u00e9cent, elle garde confiance et esp\u00e8re que d\u2019ici quelques temps, les r\u00e9coltes lui rapporteront une coquette somme d\u2019argent pour d\u00e9velopper ses affaires sur le march\u00e9.<\/p>\n<p> La culture &#39;p\u00eale-m\u00eale&#39;, un nouveau style Dans le fokontany d\u2019Anevoka et sur une parcelle de d\u00e9monstration install\u00e9e conjointement par le Groupe d&#39;\u00e9tudes et de recherches des primates de Madagascar (GERP), l\u2019ANAE et &#39;Conservation International&#39;, un couple a eu l\u2019id\u00e9e de se concentrer sur une technique dite \u00abVolin&#39;Ikala Adala\u00bb qui signifie une sorte de culture &#39;p\u00eale-m\u00eale&#39;. Dans ce champ, les arbres fruitiers poussent aux c\u00f4t\u00e9s des l\u00e9gumineuses et de certains l\u00e9gumes.  Soatalata, une femme rencontr\u00e9e dans ce champ, explique la technique adopt\u00e9e. \u00abCela fait deux ans que nous avons d\u00e9marr\u00e9 le projet. Nous n\u2019avions jamais eu l\u2019habitude de labourer, mais avec un peu de volont\u00e9 et d\u2019\u00e9nergie, nous avons am\u00e9nag\u00e9 les flancs pour organiser l\u2019agencement des arbres des for\u00eats et des diff\u00e9rentes cultures\u00bb, affirme-t-elle.  \u00abIl s\u2019agit de disposer ensemble le tarot, le manioc, le haricot, les tomates. Pendant toute l\u2019ann\u00e9e, la r\u00e9colte est possible et est \u00e9tal\u00e9e sur trois, six, huit et neuf mois. Les v\u00e9g\u00e9tales se compl\u00e8tent et les apports calorifiques de certaines nourrissent les autres et elles enrichissent la qualit\u00e9 du sol\u00bb, ajoute-t-elle.<\/p>\n<p> Dans un futur proche, cette parcelle de d\u00e9monstration fera l\u2019objet d\u2019un projet d\u2019\u00e9cotourisme. Des infrastructures seront install\u00e9es pour que les visiteurs puissent go\u00fbter aux fruits et l\u00e9gumes r\u00e9colt\u00e9s ou encore aux poissons qui nagent dans le lac sur le bas-c\u00f4t\u00e9. L\u2019\u00e9cotourisme sera un des moyens visant \u00e0 r\u00e9duire l\u2019\u00e9mission de gaz \u00e0 effet de serre par les touristes qui viennent \u00e0 Madagascar.  L\u2019argent per\u00e7u comme droit d\u2019entr\u00e9e soutiendra d\u2019une part les activit\u00e9s des communaut\u00e9s de base dans le cadre du projet de restauration des for\u00eats, et offrira d\u2019autre part d\u2019int\u00e9ressants revenus aux paysans pour qu\u2019ils ne pratiquent plus l\u2019exploitation massive et ill\u00e9gale des ressources naturelles.  *(Volana Rasoanirainy est journaliste \u00e0 Madagascar et a \u00e9crit cet article pour &#39;Gender Links&#39;, une ONG d\u2019Afrique australe qui lutte pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 de genre. Cet article est publi\u00e9 en vertu d&#39;un accord de coop\u00e9ration entre Gender Links et IPS).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ANDASIBE, Madagascar, 16 mai (IPS) &#8211; Le d\u00e9veloppement durable requiert \u00e9galement la participation des femmes malgaches qui, conscientes des enjeux de la pr\u00e9servation de la nature, se sont impliqu\u00e9es, aux c\u00f4t\u00e9s des hommes, dans l\u2019ex\u00e9cution d\u2019un projet de restauration des&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/05\/16\/madagascar-les-femmes-associent-agriculture-et-protection-de-lenvironnement\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":768,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,12,1,3,28,30],"tags":[],"class_list":["post-4882","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-environnement","category-headlines","category-population-refugies","category-southern-africa","category-special-culture-religion-et-genre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4882","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/768"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4882"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4882\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4882"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4882"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4882"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}