{"id":4879,"date":"2010-05-13T13:40:01","date_gmt":"2010-05-13T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/05\/13\/environnement-tanzanie-lavenir-en-suspens-de-65-000-eleveurs-masai\/"},"modified":"2010-05-13T13:40:01","modified_gmt":"2010-05-13T13:40:01","slug":"environnement-tanzanie-lavenir-en-suspens-de-65-000-eleveurs-masai","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/05\/13\/environnement-tanzanie-lavenir-en-suspens-de-65-000-eleveurs-masai\/","title":{"rendered":"ENVIRONNEMENT-TANZANIE: L&#39;avenir en suspens de 65.000 \u00e9leveurs Masa\u00ef"},"content":{"rendered":"<p>DAR-ES-SALAAM, 13 mai (IPS) &#8211; Dans le nord de la Tanzanie, les jours des Masa\u00ef, une c\u00e9l\u00e8bre tribu d\u2019\u00e9leveurs, qui vivent dans la zone du crat\u00e8re du Ngorongoro, sont compt\u00e9s.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Suite aux pressions de l\u2019UNESCO de retirer ce site du Patrimoine mondial de l\u2019Humanit\u00e9, certains parlementaires tanzaniens veulent voir tous les Masa\u00ef loin de la zone du crat\u00e8re de ce volcan \u00e9teint et inactif, avant la fin de l\u2019ann\u00e9e.<\/p>\n<p> L\u2019avenir des Masa\u00ef dans la zone semble n\u2019\u00eatre qu\u2019une question de semaines ou de mois, apr\u00e8s la visite r\u00e9cente, en avril dernier, de parlementaires voulant leur d\u00e9part de la Zone de conservation du crat\u00e8re Ngorongoro (NCCA).  Cette visite fait suite \u00e0 l\u2019avertissement adress\u00e9 en 2009 par l\u2019Organisation des Nations Unies pour l\u2019\u00e9ducation, les sciences et la culture (UNESCO) \u00e0 la zone de conservation : elle pourrait retirer le crat\u00e8re Ngorongoro de sa prestigieuse liste des sites figurant au Patrimoine mondial de l\u2019Humanit\u00e9, \u00e0 laquelle il appartient depuis 1979.  La raison : trop de touristes mais surtout trop d\u2019\u00e9leveurs masa\u00ef au sein du crat\u00e8re, ce qui menace fortement l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me. L\u2019environnement de la NCCA supporterait 25.000 habitants, sans trop de d\u00e9t\u00e9rioration. Mais s\u2019il y a 50 ans, quelque 8.000 Masa\u00ef vivaient dans la zone, ils sont actuellement environ 65.000 \u00e9leveurs \u00e9tablis dans l\u2019enceinte du crat\u00e8re, soit huit fois plus.  Le gouvernement tanzanien estime qu\u2019il est vital que le crat\u00e8re de Ngorongoro, haut lieu du tourisme national, conserve son label de patrimoine mondial. La ministre du Tourisme, Shamsa Mwangunga, d\u00e9clare : \u00abSi l\u2019UNESCO retire la Zone de conservation de la liste du Patrimoine mondial, aucun touriste ne viendra visiter la r\u00e9gion; c\u2019est pourquoi il est essentiel de suivre ses recommandations\u00bb.  Le gouvernement a donc press\u00e9 les autorit\u00e9s de la NCCA de r\u00e9duire le nombre de v\u00e9hicules de safari au sein du crat\u00e8re. En haute saison, plus de 400 v\u00e9hicules 4&#215;4 circuleraient chaque jour dans le Ngorongoro, transportant des touristes en qu\u00eate d\u2019animaux \u00e0 photographier.  Mais, ce sont les \u00e9leveurs masa\u00ef qui sont clairement dans le viseur de l\u2019UNESCO. \u00abL\u2019augmentation des activit\u00e9s humaines est incompatible avec les int\u00e9r\u00eats de conservation du crat\u00e8re\u00bb, a indiqu\u00e9 l\u2019UNESCO au minist\u00e8re tanzanien du Tourisme et des Ressources naturelles en 2009. Malgr\u00e9 l\u2019interdiction officieuse d\u2019y vivre formul\u00e9e il y a d\u00e9j\u00e0 plusieurs ann\u00e9es par les autorit\u00e9s tanzaniennes, les Masa\u00ef sont toujours l\u00e0.  M. Ndugai, d\u00e9put\u00e9 du district Ngorongoro, s\u2019appuie sur l\u2019Acte fondateur de la Zone de conservation de 1959, qui les autorise \u00e0 vivre l\u00e0. Pour l\u00e9galiser leur d\u00e9part, Ndugai encourage le gouvernement \u00e0 revoir cette loi et \u00e0 bien prendre en compte les int\u00e9r\u00eats de tous les habitants pour les d\u00e9localisations. Les Masa\u00ef peuplent historiquement la zone; ils y cultivent et \u00e9l\u00e8vent du b\u00e9tail.  Rapha\u00ebl Chegeni, un autre d\u00e9put\u00e9 du m\u00eame district, est favorable \u00e0 l\u2019expulsion des Masa\u00ef. \u00abCette merveille du monde est sous pression. Nous ne pouvons pas continuer \u00e0 autoriser les Masa\u00ef \u00e0 y vivre, car le prix \u00e0 payer pour l\u2019environnement est trop fort\u00bb, dit-il. \u00abLes Masa\u00ef vont sans doute crier haut et fort, mais ils doivent \u00eatre expuls\u00e9s avant la fin de l\u2019ann\u00e9e\u00bb, ajoute-t-il \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> James Musalika, lui aussi d\u00e9put\u00e9, rappelle que dans l\u2019histoire du pays, d\u2019autres populations, du c\u00f4t\u00e9 du lac Victoria et du Mont Kilimandjaro, ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9es, avec succ\u00e8s. \u00abDans le cas du crat\u00e8re, les Masa\u00ef doivent \u00eatre d\u00e9plac\u00e9s. Cela peut se faire par \u00e9tapes\u00bb, propose-t-il.  Elisa Mollel, d\u2019origine masa\u00ef et d\u00e9put\u00e9e du district voisin d\u2019Arumeru, pr\u00f4ne, pour sa part, la voix du consensus qui arrangerait tout le monde. \u00abTrouvons une approche humaine s\u2019il faut les d\u00e9placer, car ce sont des \u00eatres humains et non du b\u00e9tail\u00bb, dit-elle \u00e0 IPS.  Metui Oleshaudo, un r\u00e9sident de la zone concern\u00e9e et pr\u00e9sident du Conseil pastoralisme du Ngorongoro, une organisation qui d\u00e9fend les int\u00e9r\u00eats des communaut\u00e9s vivant dans le crat\u00e8re, rappelle que les Masa\u00ef cohabitent depuis longtemps dans cet endroit avec les animaux sauvages. \u00abLes Masa\u00ef sont par nature conservateurs. Que le projet veuille les expulser pour prot\u00e9ger les animaux, n\u2019a donc aucune signification\u00bb, souligne-t-il \u00e0 IPS.  Ce n\u2019est pas la premi\u00e8re fois que les Masa\u00ef font face \u00e0 des menaces d\u2019expulsion. Dans l\u2019histoire contemporaine, ils ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 chass\u00e9s du parc voisin du Serengeti par les colons britanniques en 1959, apr\u00e8s de multiples conflits. Ce sont ces m\u00eames Britanniques qui les ont install\u00e9s cette ann\u00e9e-l\u00e0 dans la Zone de conservation du Ngorongoro. Les expulser reviendrait \u00e0 les faire passer pour des mal-aim\u00e9s, plus de 50 ans apr\u00e8s ces faits, estiment les d\u00e9fenseurs des Masa\u00ef.  Les Masa\u00ef de Tanzanie peuvent compter sur l\u2019organisation non gouvernementale &#39;Survival&#39; qui d\u00e9fend leurs int\u00e9r\u00eats depuis 1993. L\u2019ONG rappelle sur son site Internet www.survivalfrance.org: \u00abDepuis la p\u00e9riode coloniale, la plupart des terres masa\u00ef ont \u00e9t\u00e9 accapar\u00e9es au profit de fermiers et de domaines priv\u00e9s, de projets gouvernementaux ou de parcs consacr\u00e9s \u00e0 la vie sauvage. La majorit\u00e9 des Masa\u00ef, \u00e0 qui trop peu de terres ou les plus mauvaises ont \u00e9t\u00e9 laiss\u00e9es, se sont consid\u00e9rablement appauvris\u00bb.  Si leurs int\u00e9r\u00eats ne p\u00e8sent gu\u00e8re face aux pressions de l\u2019UNESCO, les Masa\u00ef se consoleront avec la mise en garde adress\u00e9e par l\u2019institution aux promoteurs des constructions d\u2019h\u00f4tels de luxe sur les bords du crat\u00e8re.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DAR-ES-SALAAM, 13 mai (IPS) &#8211; Dans le nord de la Tanzanie, les jours des Masa\u00ef, une c\u00e9l\u00e8bre tribu d\u2019\u00e9leveurs, qui vivent dans la zone du crat\u00e8re du Ngorongoro, sont compt\u00e9s.<\/p>\n","protected":false},"author":673,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,10,27,12,1,7,3],"tags":[],"class_list":["post-4879","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-droits-humains","category-east-africa","category-environnement","category-headlines","category-politique","category-population-refugies"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4879","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/673"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4879"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4879\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4879"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4879"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4879"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}