{"id":4871,"date":"2010-05-09T13:40:01","date_gmt":"2010-05-09T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/05\/09\/politique-tchad-pourquoi-la-guerre-de-tissi\/"},"modified":"2010-05-09T13:40:01","modified_gmt":"2010-05-09T13:40:01","slug":"politique-tchad-pourquoi-la-guerre-de-tissi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/05\/09\/politique-tchad-pourquoi-la-guerre-de-tissi\/","title":{"rendered":"POLITIQUE-TCHAD: Pourquoi la guerre de Tissi?"},"content":{"rendered":"<p>N\u2019DJAMENA, 9 mai (IPS) &#8211; La reprise des combats entre rebelles et soldats tchadiens, le 24 avril \u00e0 Tissi, dans le sud-est du Tchad, \u00e9tonne nombre d\u2019observateurs d\u2019autant qu\u2019ils surviennent peu apr\u00e8s la normalisation des relations diplomatiques entre le Tchad et le Soudan.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Les bruits de bottes ont repris apr\u00e8s seulement deux mois d&#39;accalmie sur la fronti\u00e8re des deux Etats voisins. Paradoxalement, c\u2019est pendant qu\u2019un \u00e9missaire du pr\u00e9sident tchadien, \u00e9galement m\u00e9diateur national, Abd\u00e9raman Moussa, \u00e9tait en visite au Soudan pour tenter de convaincre les rebelles de faire la paix, qu\u2019un autre groupe rebelle se faisait entendre.<\/p>\n<p> Avant les combats d\u2019avril dernier, les rebelles et soldats du pr\u00e9sident tchadien Idriss D\u00e9by s&#39;\u00e9taient affront\u00e9s la derni\u00e8re fois le 7 mai 2009 \u00e0 Am-Dam, une localit\u00e9 situ\u00e9e \u00e0 environ 900 kilom\u00e8tres \u00e0 l&#39;est de la capitale N&#39;Djamena. A l&#39;\u00e9poque, huit diff\u00e9rents groupes rebelles avaient uni leurs troupes sous la banni\u00e8re de l&#39;Union des forces de la r\u00e9sistance (UFR). Parmi eux, figurait le Front populaire pour la renaissance nationale (FPRN). Bien arm\u00e9e, l&#39;UFR qui avait franchi la fronti\u00e8re tchado-soudanaise d\u00e9but mai 2009, avait pour principal objectif la prise de N&#39;Djamena, comme au d\u00e9but de f\u00e9vrier 2008.  Mais l&#39;arm\u00e9e tchadienne \u00e9tait all\u00e9e plut\u00f4t \u00e0 la rencontre des rebelles \u00e0 plusieurs centaines de kilom\u00e8tres de leur objectif. Pour certains, la terrible bataille d&#39;Am-Dam (200 rebelles tu\u00e9s, 67 faits prisonniers, des armes saisies, 21 soldats tchadiens tu\u00e9s, des dizaines de bless\u00e9s, selon le bilan fourni par le gouvernement tchadien) avait sonn\u00e9 le glas de la r\u00e9bellion. Il s&#39;en \u00e9tait suivi en effet un calme relatif, jusqu&#39;aux combats de Tissi, le 24 avril dernier.<\/p>\n<p> La guerre de Tissi est beaucoup plus l&#39;expression de la volont\u00e9 d&#39;une arm\u00e9e tchadienne qui chercherait \u00e0 exercer un contr\u00f4le total sur les fronti\u00e8res du pays qu&#39;une nouvelle offensive rebelle. Car le FPRN est le seul groupe rebelle \u00e0 ne pas \u00eatre associ\u00e9 aux derni\u00e8res n\u00e9gociations du Soudan conduites par le m\u00e9diateur national. Contrairement aux autres groupes rebelles ayant souvent leur base arri\u00e8re au Soudan, le FPRN aurait install\u00e9 son poste de commandement (PC) en terre tchadienne, dans la localit\u00e9 de Tissi, depuis plus de deux ans.  Deux violentes batailles auraient secou\u00e9 la zone de Tissi, la premi\u00e8re, engag\u00e9e le 24 avril : l&#39;arm\u00e9e \u00e9tait tomb\u00e9e dans une embuscade tendue par le FPRN; et la seconde, survenue deux jours plus tard, avec l&#39;arm\u00e9e qui, apr\u00e8s avoir fait appel \u00e0 d&#39;importants renforts, s\u2019est jet\u00e9e sur le FPRN en guise de repr\u00e9sailles.  Pour Wadal Abdelkader Kamougu\u00e9, ministre tchadien de la D\u00e9fense nationale, &quot;il n&#39;est pas admissible, pendant que nous disons aux Tchadiens qu&#39;il y a la paix au Tchad, qu&#39;un groupe comme celui-l\u00e0 ose installer son PC en terre tchadienne, dans une zone que nous connaissons bien&quot;.<\/p>\n<p> Selon Kamougu\u00e9, &#8220;il n&#39;est pas dit qu&#39;il n&#39;y aura plus de guerre au Tchad; il y aura de temps en temps des accrochages, quelques escarmouches, mais nous sommes d\u00e9termin\u00e9s \u00e0 faire la paix; pour autant, les brebis galeuses seront toujours sanctionn\u00e9es&#8221;.  Pourtant, les bilans de ces trois jours de combats sont contradictoires. Le gouvernement affirme avoir inflig\u00e9 une lourde perte au FPRN: plus de 100 morts, 60 prisonniers, de nombreuses armes d\u00e9truites et saisies.<\/p>\n<p> Mais ce bilan est rejet\u00e9 en bloc par Annette Laokol\u00e9 Yoram, la porte-parole du FPRN, bas\u00e9e en France: &quot;Nous apportons un d\u00e9menti formel \u00e0 ce bilan ridicule et des plus fantaisistes dont l&#39;objectif \u00e9tait surtout de cacher la racl\u00e9e prise par les forces gouvernementales et ce, malgr\u00e9 leur impressionnante artillerie&quot;.  &quot;Le gouvernement dit avoir dans ses rangs un mort et huit bless\u00e9s, mais le d\u00e9menti le plus cinglant est venu de l&#39;amiral Christophe Prazuck, porte-parole de l&#39;Etat-major des arm\u00e9es fran\u00e7aises, qui confirme l&#39;\u00e9vacuation par l&#39;arm\u00e9e fran\u00e7aise d&#39;une soixantaine de soldats tchadiens bless\u00e9s, parmi lesquels des officiers&quot;, souligne-t-elle dans un entretien par e-mail avec IPS.  Pri\u00e9e de dire pourquoi le FPRN refuse la main tendue du pr\u00e9sident D\u00e9by, Yoram d\u00e9clare que &#8220;le FPRN pose comme pr\u00e9alable \u00e0 toute n\u00e9gociation avec le pouvoir la condition d&#39;associer \u00e0 cette rencontre toutes les forces vives de la nation, \u00e0 savoir les partis politiques, la soci\u00e9t\u00e9 civile et, bien entendu, les politico-militaires. Toute n\u00e9gociation en dehors de cette configuration est vou\u00e9e \u00e0 l&#39;\u00e9chec&#8221;, ajoute-t-elle.  Le contr\u00f4le triangle Tchad-Soudan-Centrafrique est essentiel. En effet, la partie-est du Tchad est s\u00e9curis\u00e9e par la force mixte tchado-soudanaise conform\u00e9ment au dernier accord de paix entre les deux pays. Deux bases de cette force sont implant\u00e9es, l&#39;une \u00e0 El-G\u00e9ne\u00efna dans la partie soudanaise, et l&#39;autre \u00e0 Adr\u00e9, dans la partie tchadienne.  Les militaires, qui patrouillent le long des 1.000 km de cette fronti\u00e8re, emp\u00eachent toute infiltration des forces ennemies de part et d&#39;autre, raison pour laquelle le sud-est devient le nouveau foyer de tensions, selon des analystes.  La derni\u00e8re probable raison, c&#39;est que dans la partie sud du Tchad, op\u00e8rent d&#39;autres groupes rebelles que le r\u00e9gime D\u00e9by veut amener, de gr\u00e9 ou de force, \u00e0 d\u00e9poser les armes. Il s\u2019agit d&#39;abord de la milice du Dr Nahor Ngawara. Ralli\u00e9 au pouvoir, il est \u00e0 N&#39;Djamena depuis le 13 d\u00e9cembre 2009, mais ses miliciens restent toujours arm\u00e9s et cantonn\u00e9s dans le fameux triangle.  Le dernier groupe rebelle qui op\u00e8re au sud est aujourd&#39;hui fragilis\u00e9 par la blessure et la capture de son chef Djibrine Dassert. Bless\u00e9 aux combats, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9port\u00e9 le 4 janvier 2010 \u00e0 N&#39;Djamena pour y \u00eatre emprisonn\u00e9, et serait transf\u00e9r\u00e9 quelques semaines apr\u00e8s dans la prison de Koro-Toro en plein d\u00e9sert du Tibesti, dans le nord du pays.  Pour sa part, la population tchadienne s&#39;inqui\u00e8te de la reprise des hostilit\u00e9s. Selon Delphine Kemneloum Djira\u00efb\u00e9, coordinatrice du comit\u00e9 de suivi de l&#39;appel \u00e0 la paix et \u00e0 la r\u00e9conciliation, une plate-forme de plaidoyer, &quot;seul un dialogue inclusif r\u00e9unissant acteurs politiques et soci\u00e9t\u00e9 civile, peut ramener la paix au Tchad&quot;.  Dobian Assingar, repr\u00e9sentant de la F\u00e9d\u00e9ration internationale des droits de l\u2019Homme en Afrique centrale, partage cette opinion. &#8220;Nous sommes fatigu\u00e9s de toutes ces guerres intestines et interminables, le peuple tchadien a besoin de paix, de qui\u00e9tude pour profiter au mieux des potentialit\u00e9s que regorge le pays&#8221;.  Le m\u00e9diateur tchadien demande aux rebelles de &#8220;d\u00e9poser les armes et de rallier sans condition&#8221;.  Les rebelles interpr\u00e8tent ces propos comme une sorte d&#39;injonction. &quot;Pour nous, il n&#39;est pas question de rallier, nous exigeons une table ronde, un dialogue inclusif sur un terrain neutre et sous l\u2019auspice de la communaut\u00e9 internationale avant d&#39;examiner les conditions de notre retour au pays&quot;, d\u00e9clare Abd\u00e9raman Koulamallah, porte-parole de l&#39;UFR.  Le m\u00e9diateur est donc rentr\u00e9 bredouille \u00e0 N&#39;Djamena.<\/p>\n<p> L\u2019histoire du Tchad, qui c\u00e9l\u00e8bre cette ann\u00e9e, \u00e0 l\u2019instar d\u2019autres pays africains, le cinquantenaire de son ind\u00e9pendance obtenue en 1960, est marqu\u00e9e par quatre d\u00e9cennies de guerres civiles \u00e0 rebondissements.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>N\u2019DJAMENA, 9 mai (IPS) &#8211; La reprise des combats entre rebelles et soldats tchadiens, le 24 avril \u00e0 Tissi, dans le sud-est du Tchad, \u00e9tonne nombre d\u2019observateurs d\u2019autant qu\u2019ils surviennent peu apr\u00e8s la normalisation des relations diplomatiques entre le Tchad&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/05\/09\/politique-tchad-pourquoi-la-guerre-de-tissi\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":763,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[31,5,27,1,7,3],"tags":[],"class_list":["post-4871","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-africa-centrale","category-afrique","category-east-africa","category-headlines","category-politique","category-population-refugies"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4871","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/763"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4871"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4871\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4871"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4871"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4871"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}