{"id":4831,"date":"2010-04-16T13:40:01","date_gmt":"2010-04-16T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/04\/16\/cote-divoire-transformer-la-noix-de-cajou-pour-une-plus-value\/"},"modified":"2010-04-16T13:40:01","modified_gmt":"2010-04-16T13:40:01","slug":"cote-divoire-transformer-la-noix-de-cajou-pour-une-plus-value","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/04\/16\/cote-divoire-transformer-la-noix-de-cajou-pour-une-plus-value\/","title":{"rendered":"COTE D\u2019IVOIRE: Transformer la noix de cajou pour une plus value"},"content":{"rendered":"<p>BONDOUKOU, C\u00f4te d\u2019Ivoire, 16 avr (IPS) &#8211; A peine le jour lev\u00e9, Catherine Kob\u00e9nan, 34 ans, se presse de se rendre \u00e0 son travail dans l\u2019usine de d\u00e9corticage des noix de cajou qui vient d\u2019\u00eatre mise en marche \u00e0 S\u00e9pingo, dans la r\u00e9gion de Bondoukou, dans le nord-est de la C\u00f4te d\u2019Ivoire.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>&#8220;Notre groupe est charg\u00e9 de la cuisson \u00e0 l\u2019autoclave et du s\u00e9chage des noix&#8221;, indique Kob\u00e9nan \u00e0 IPS. &#8220;Apr\u00e8s notre t\u00e2che, d\u2019autres travailleuses vont se charger du d\u00e9corticage, du s\u00e9chage au four, du tri et enfin de l\u2019emballage&#8221;, explique-t-elle, heureuse de partir pour rejoindre ses coll\u00e8gues.  Kob\u00e9nan d\u00e9clare que &#8220;nous ne voulions plus continuer \u00e0 exporter de fa\u00e7on brute la noix de cajou, ou que d\u2019autres personnes viennent le faire \u00e0 notre place. Cela nous faisait perdre \u00e9norm\u00e9ment d\u2019argent&#8221;. Elle affirme que par le pass\u00e9, d\u00e8s la cueillette, ses productions &#8220;\u00e9taient livr\u00e9es brutes et \u00e0 un prix d\u00e9risoire&#8221; aux acheteurs interm\u00e9diaires qui, dit-elle, parcouraient la r\u00e9gion pour s\u2019en procurer et les revendre aux exportateurs \u00e0 Abidjan, la capitale \u00e9conomique ivoirienne.  Mais, depuis l\u2019installation en 2008 de l\u2019usine o\u00f9 elle livre la totalit\u00e9 des 500 kilogrammes produits sur son hectare d\u2019anacardiers, son revenu annuel est pass\u00e9 de 50.000 francs CFA (environ 104 dollars) \u00e0 250.000 FCFA (520 dollars). Cette situation est quasiment identique pour la majorit\u00e9 des producteurs de la r\u00e9gion.  De son c\u00f4t\u00e9, Gaoussou Ouattara, 52 ans, d\u00e9clare \u00e0 IPS : &#8220;Avec une tonne et demie de noix de cajou, mon revenu a plus que tripl\u00e9 entre 2001 o\u00f9 je livrais la production brute \u00e0 moins de 200.000 FCFA (environ 416 dollars) et aujourd\u2019hui o\u00f9 je gagne 700.000 FCFA (1.458 dollars) par an avec la transformation&#8221;.  L\u2019usine a \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement financ\u00e9e par les membres de la coop\u00e9rative de S\u00e9pingo dont les membres comme Kob\u00e9nan et d\u2019autres y sont employ\u00e9s et pay\u00e9s. Mais cela ne les emp\u00eache pas d\u2019avoir leurs champs d\u2019anacarde. Pour le moment, l\u2019usine transforme les noix de cajou brutes en noix grill\u00e9es au four.  Construite sur une superficie de deux hectares, l\u2019usine de S\u00e9pingo emploie pr\u00e8s de 620 personnes, dont environ 500 femmes. Elles doivent transformer au moins deux tonnes de cajou dans la journ\u00e9e pour une unit\u00e9 qui traite annuellement quelque 2.000 tonnes pour un chiffre d\u2019affaires d\u2019environ 610 millions FCFA (1,3 million de dollars).  &#8220;C\u2019est \u00e9videmment tr\u00e8s peu dans la mesure o\u00f9 sa capacit\u00e9 de traitement est faible et que la demande des entreprises locales, pour la fabrication d\u2019autres produits de consommation, est insignifiante. Ils (les producteurs) peuvent bien gagner mieux&#8221;, explique \u00e0 IPS, Th\u00e9odore N\u2019da, ing\u00e9nieur agronome sp\u00e9cialiste de l\u2019anacarde dans la r\u00e9gion de Bondoukou.  A ce jour, la transformation locale pour cette unit\u00e9 industrielle de S\u00e9pingo, est consacr\u00e9e \u00e0 la production de noix de cajou grill\u00e9es au four, sans sel ou sans huile pour la consommation. Une autre partie est livr\u00e9e aux entreprises de fabrication de produits cosm\u00e9tiques \u00e0 Abidjan, tandis qu\u2019une bonne quantit\u00e9 est export\u00e9e vers les pays d\u2019Asie.  &#8220;Il y a des opportunit\u00e9s pour la transformation de la pomme de cajou en vin, en jus et autres liqueurs qui ne sont pas fortement exploit\u00e9es&#8221;, d\u00e9plore Sounkalo Traor\u00e9, un \u00e9conomiste bas\u00e9 \u00e0 Abidjan. &#8220;M\u00eame sans grands moyens, des coop\u00e9ratives locales d\u00e9veloppent la fili\u00e8re jus. Mais elles ont besoin d\u2019\u00eatre plus soutenues financi\u00e8rement pour \u00eatre tr\u00e8s rentables&#8221;.  L&#39;anacardier est un arbre particuli\u00e8rement adapt\u00e9 aux conditions soudano-sah\u00e9liennes, selon des experts. Il prot\u00e8ge les sols affect\u00e9s par la s\u00e9cheresse et cohabite parfaitement avec les cultures vivri\u00e8res des villageois. La cueillette de la noix de cajou (deuxi\u00e8me culture du nord de la C\u00f4te d\u2019Ivoire apr\u00e8s le coton) procurait un revenu compl\u00e9mentaire aux productions traditionnelles en p\u00e9riode de soudure.  &#8220;D\u00e9sormais, cette culture constitue une mine d\u2019or pour nos populations (la fili\u00e8re emploie plus de 100.000 producteurs et nourrit 1,5 million de personnes). Surtout que la fili\u00e8re coton conna\u00eet depuis quelque temps des difficult\u00e9s&#8221;, ajoute N\u2019da.  En 2009, la C\u00f4te d\u2019Ivoire est devenue le deuxi\u00e8me pays producteur mondial de noix de cajou avec 350.000 tonnes devant le Vietnam et derri\u00e8re l&#39;Inde, pour un chiffre d\u2019affaires avoisinant les 100 milliards FCFA (environ 208 millions de dollars). Toutefois, les cinq usines que compte le pays, transforment seulement 10.500 tonnes, soit trois pour cent de la production totale.  &#8220;Le reste de la production est c\u00e9d\u00e9e brute vers l\u2019Inde et le Vietnam et cela constitue un manque \u00e0 gagner \u00e9norme pour la culture de l\u2019anacarde&#8221;, regrette Gaoussou Tour\u00e9, pr\u00e9sident de l\u2019Association pour le d\u00e9veloppement de la fili\u00e8re cajou africaine. &#8220;D\u2019ici \u00e0 2016, nous voulons atteindre les 20 pour cent (dans la transformation). Mais il faut que l\u2019activit\u00e9 soit valoris\u00e9e&#8221;, souligne-t-il \u00e0 IPS.  Tour\u00e9 propose, entre autres, l\u2019exon\u00e9ration totale des droits et taxes d\u2019entr\u00e9e et de la taxe sur valeur ajout\u00e9e sur le mat\u00e9riel d\u2019usine ainsi que sur le mat\u00e9riel de construction et sur les intrants, l\u2019exon\u00e9ration de l\u2019imp\u00f4t foncier sur cinq \u00e0 10 ans, et l\u2019incitation \u00e0 la consommation locale des produits d\u00e9riv\u00e9s de la noix de cajou.  Toutefois, selon des analystes, la fili\u00e8re anacarde en C\u00f4te d\u2019Ivoire devra aussi mettre un terme aux crises r\u00e9currentes auxquelles elle est confront\u00e9e en g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 la veille des diff\u00e9rentes campagnes agricoles. Ces crises portent notamment sur la fixation des prix d\u2019achat aux diff\u00e9rentes \u00e9tapes de la vente.  Pour la campagne 2010, le prix d\u2019achat bord champ est de 170 FCFA (0,35 dollar); 180 FCFA (0,37 dollar) au magasin; et 222 FCFA (0,46 dollar) au port. Ces prix ont \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9s dans un premier temps par les producteurs qui estimaient n\u2019avoir pas \u00e9t\u00e9 associ\u00e9s \u00e0 leur fixation. Ce qui a conduit \u00e0 un bras de fer momentan\u00e9 entre producteurs et structures de gestion de la fili\u00e8re.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BONDOUKOU, C\u00f4te d\u2019Ivoire, 16 avr (IPS) &#8211; A peine le jour lev\u00e9, Catherine Kob\u00e9nan, 34 ans, se presse de se rendre \u00e0 son travail dans l\u2019usine de d\u00e9corticage des noix de cajou qui vient d\u2019\u00eatre mise en marche \u00e0 S\u00e9pingo,&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/04\/16\/cote-divoire-transformer-la-noix-de-cajou-pour-une-plus-value\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":330,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,37,11,6,1,3,30,20,29],"tags":[],"class_list":["post-4831","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-afrique-cultiver-le-futur","category-developpement","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines","category-population-refugies","category-special-culture-religion-et-genre","category-travail","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4831","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/330"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4831"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4831\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4831"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4831"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4831"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}