{"id":4774,"date":"2010-03-16T13:40:01","date_gmt":"2010-03-16T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/03\/16\/tanzanie-les-changements-de-temps-rendent-lagriculture-incertaine\/"},"modified":"2010-03-16T13:40:01","modified_gmt":"2010-03-16T13:40:01","slug":"tanzanie-les-changements-de-temps-rendent-lagriculture-incertaine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/03\/16\/tanzanie-les-changements-de-temps-rendent-lagriculture-incertaine\/","title":{"rendered":"TANZANIE: Les changements de temps rendent l\u2019agriculture incertaine"},"content":{"rendered":"<p>DAR-ES-SALAAM, 16 mars (IPS) &#8211; Les changements des tendances climatiques ont transform\u00e9 l&#39;agriculture en un pari avec la nature pour les agriculteurs tanzaniens. Des s\u00e9cheresses prolong\u00e9es et des inondations ont rendu extr\u00eamement difficile la vie des petits fermiers qui n&#39;ont pas acc\u00e8s \u00e0 l&#39;irrigation.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>En Tanzanie, o\u00f9 l&#39;\u00e9conomie d\u00e9pend essentiellement de l&#39;agriculture, la population rurale largement pauvre est devenue encore plus vuln\u00e9rable.<\/p>\n<p> Selon le minist\u00e8re national de l&#39;Agriculture (MoA), l&#39;agriculture repr\u00e9sente jusqu&#39;\u00e0 60 pour cent du produit int\u00e9rieur brut (PIB) du pays. Plus de 80 pour cent de la population travaille dans ce secteur, qui constitue 60 pour cent des exportations du pays.<\/p>\n<p> Un rapport publi\u00e9 en 2009 par l&#39;Institut international pour l&#39;environnement et le d\u00e9veloppement (IIED) annonce que la Tanzanie a deux d\u00e9cennies pour adapter son agriculture aux changements climatiques ou aux principaux trous de risque dans son PIB. Autrement, la perte du PIB pourrait s&#39;\u00e9lever \u00e0 un pour cent au cours des 20 premi\u00e8res ann\u00e9es et atteindre entre 5 et 65 pour cent au cours des 75 prochaines ann\u00e9es, d\u00e9clare Muyeye Chambwera, qui a co-r\u00e9dig\u00e9 le rapport.<\/p>\n<p> Les experts des changements climatiques conviennent que la seule fa\u00e7on d&#39;\u00e9viter un impact \u00e9conomique majeur est de changer la fa\u00e7on dont l&#39;agriculture est faite.<\/p>\n<p> &#8220;La seule fa\u00e7on d&#39;avancer est d\u2019\u00e9duquer les agriculteurs sur les meilleures pratiques agricoles, puisque la plupart utilisent encore des m\u00e9thodes agricoles d\u00e9mod\u00e9es, tandis que d&#39;autres pratiquent l&#39;agriculture dans les zones o\u00f9 le niveau de pr\u00e9cipitations est inad\u00e9quat&#8221;, a indiqu\u00e9 Marc Baker, directeur ex\u00e9cutif de &#39;Carbon Tanzania&#39;, une organisation \u00e0 but non lucratif qui aide les fermiers dans le village d\u2019Arkaria, \u00e0 35 kilom\u00e8tres \u00e0 l&#39;ouest d&#39;Arusha, \u00e0 s&#39;adapter aux changements climatiques.<\/p>\n<p> Le gouvernement tanzanien a constat\u00e9 qu&#39;il doit agir rapidement et a lanc\u00e9 un Programme d&#39;action national d&#39;adaptation (NAPA) qui vise \u00e0 r\u00e9duire les \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre et \u00e0 aider les petits agriculteurs \u00e0 s\u2019adapter aux nouvelles pratiques et technologies agricoles.<\/p>\n<p> Il envisage d\u2019\u00e9duquer les agriculteurs sur des pratiques alternatives, telles que la rotation des cultures, z\u00e9ro p\u00e2turage et la production de cultures qui n\u00e9cessitent peu d&#39;eau, telles que le millet et le sorgho. Le NAPA fait \u00e9galement la promotion de la plantation de ma\u00efs r\u00e9sistant \u00e0 la s\u00e9cheresse.<\/p>\n<p> &#8220;L\u2019objectif du NAPA est de renforcer les capacit\u00e9s d&#39;adaptation des communaut\u00e9s vuln\u00e9rables, puisque l\u2019\u00e9conomie de la Tanzanie est largement tributaire de l&#39;agriculture [&#8230;]&#8221;, a confirm\u00e9 Abubakar Rajabu, secr\u00e9taire permanent au bureau du vice-pr\u00e9sident.<\/p>\n<p> Dans tout le pays, les temp\u00e9ratures sont susceptibles d&#39;augmenter de deux \u00e0 quatre degr\u00e9s Celsius d&#39;ici \u00e0 2100, pr\u00e9dit le MoA. Cela semble une p\u00e9riode lointaine, mais c\u2019est un signe que les cultures p\u00e9rennes, telles que le ma\u00efs et les haricots, ne pourront plus finalement pousser et devront \u00eatre remplac\u00e9es par des cultures annuelles, telles que le millet et le sorgho.<\/p>\n<p> La production de ma\u00efs, l\u2019aliment de base en Tanzanie, devrait baisser d&#39;un tiers dans les prochaines d\u00e9cennies, car cette culture a besoin de beaucoup d&#39;eau pour pousser, avertissent davantage les cadres du MoA. Dans les r\u00e9gions centrales plus s\u00e8ches du pays, la r\u00e9colte de ma\u00efs pourrait m\u00eame baisser de pr\u00e8s de 84 pour cent.<\/p>\n<p> La saison de plantation de l&#39;ann\u00e9e derni\u00e8re indique bien que les pr\u00e9visions se r\u00e9alisent, peut-\u00eatre m\u00eame plus t\u00f4t que pr\u00e9vu. Les agriculteurs dans la province d&#39;Iringa ont dit aux cadres du MoA qu&#39;ils ont r\u00e9colt\u00e9 entre trois et cinq sacs de ma\u00efs par demi-hectare de terre en 2009. Cela est bien loin de la moyenne de 15 \u00e0 18 sacs r\u00e9colt\u00e9s il y a quelques ann\u00e9es.<\/p>\n<p> Les agriculteurs ont \u00e9galement observ\u00e9 les effets du changement des tendances de pr\u00e9cipitations. &#8220;Le ma\u00efs n&#39;est plus tr\u00e8s bien&#8221;, affirme Mama Mrema, un petit agriculteur d&#39;Arusha. &#8220;Maintenant, je me suis tourn\u00e9 vers la production d&#39;autres cultures, telles que le manioc et les patates douces, qui ne n\u00e9cessitent pas beaucoup de pluies, pour gagner ma vie&#8221;.<\/p>\n<p> A Mwitikilwa, un autre village dans la province d&#39;Iringa, les villageois disent qu&#39;il y a eu des changements drastiques dans les tendances climatiques au cours des trente derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n<p> Dr Emma Liwenga, un chercheur \u00e0 l&#39;Institut d&#39;\u00e9valuation des ressources \u00e0 l&#39;Universit\u00e9 de Dar-es-Salam, qui a effectu\u00e9 des recherches dans le village l&#39;ann\u00e9e derni\u00e8re, confirme que les changements climatiques ont emp\u00each\u00e9 les fermiers de Mwitikilwa de planter des haricots, du caf\u00e9, des pois et des patates douces. Sa recherche montre \u00e9galement une augmentation des insectes nuisibles du fait de l&#39;augmentation des temp\u00e9ratures.<\/p>\n<p> Les agriculteurs luttent pour s&#39;adapter aux tendances climatiques changeantes. &#8220;La derni\u00e8re d\u00e9cennie a \u00e9t\u00e9 vraiment mauvaise en termes de production alimentaire, notamment dans notre village o\u00f9 nous n&#39;avons jamais utilis\u00e9 d&#39;engrais chimiques pour produire nos cultures. Nous enregistrons des r\u00e9coltes moins grandes, parce que les p\u00e9riodes de s\u00e9cheresse ont \u00e9t\u00e9 plus longues et plus s\u00e9v\u00e8res alors que les pluies ont \u00e9t\u00e9 irr\u00e9guli\u00e8res&#8221;, observe Maimuna Hamadi, une agricultrice.<\/p>\n<p> Les pr\u00e9cipitations g\u00e9n\u00e9ralement courtes qui arrivent entre avril et juillet sont devenues sporadiques, alors que les temp\u00e9ratures entre avril et ao\u00fbt sont devenues anormalement \u00e9lev\u00e9es, indiquent les agriculteurs.<\/p>\n<p> &#8220;Nous ne savons plus avec certitude \u00e0 quel moment commencer \u00e0 pr\u00e9parer la terre pour la plantation ou \u00e0 quel moment commencer \u00e0 planter. C\u2019est presque un pari avec la nature. Le temps n&#39;est plus pr\u00e9visible comme il \u00e9tait il y a environ 10 ou 15 ans&#8221;, d\u00e9plore Mwanaisha Mwampamba, une autre agricultrice de Mwitikilwa.<\/p>\n<p> &#8220;Parfois, les pluies ne sont pas suffisantes pour la production des cultures, alors que d&#39;autres fois, elles sont importantes. Elles inondent et d\u00e9truisent les cultures&#8221;, ajoute-t-elle. &#8220;Si la situation persiste, alors la plupart d&#39;entre nous, qui avons de petites fermes, vont sombrer davantage dans la pauvret\u00e9, car nous d\u00e9pendons de l&#39;agriculture pour prendre soin de nos familles&#8221;.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DAR-ES-SALAAM, 16 mars (IPS) &#8211; Les changements des tendances climatiques ont transform\u00e9 l&#39;agriculture en un pari avec la nature pour les agriculteurs tanzaniens. 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