{"id":4760,"date":"2010-03-10T13:40:01","date_gmt":"2010-03-10T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/03\/10\/economie-senegal-le-systeme-bancaire-ne-profite-pas-aux-pme\/"},"modified":"2010-03-10T13:40:01","modified_gmt":"2010-03-10T13:40:01","slug":"economie-senegal-le-systeme-bancaire-ne-profite-pas-aux-pme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/03\/10\/economie-senegal-le-systeme-bancaire-ne-profite-pas-aux-pme\/","title":{"rendered":"ECONOMIE-SENEGAL: Le syst\u00e8me bancaire ne profite pas aux PME"},"content":{"rendered":"<p>DAKAR, 10 mars (IPS) &#8211; Malgr\u00e9 la floraison des banques au S\u00e9n\u00e9gal, les Petites et moyennes entreprises (PME), qui repr\u00e9sentent plus de 90 pour cent du tissu industriel de ce pays, peinent \u00e0 acc\u00e9der au financement pour leur d\u00e9veloppement, affirment leurs repr\u00e9sentants.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Pour booster les PME S\u00e9n\u00e9gal, une somme de plus de 600 milliards de francs CFA (environ 1,2 milliard de dollars) est n\u00e9cessaire, d\u00e9clare \u00e0 IPS, Ibrahima Diouf, directeur des PME dans ce pays d\u2019Afrique de l\u2019ouest.   Diouf explique \u00e0 IPS que si le niveau de rejet des demandes de financement des PME aupr\u00e8s des banques est \u00e9lev\u00e9, c\u2019est parce que les demandeurs de cr\u00e9dit ne ma\u00eetrisent pas l\u2019information financi\u00e8re. Et \u00e0 cette lacune, s\u2019ajoute l\u2019absence, au sein des banques, un personnel capable d\u2019analyser et de comprendre le profil de croissance des PME.  \u00abUne PME qui d\u00e9marre ses activit\u00e9s, n\u2019a pas les m\u00eames besoins que celle qui se restructure. La demande n\u2019arrive pas souvent \u00e0 \u00eatre formul\u00e9e de mani\u00e8re optimale pour rassurer l\u2019offreur de cr\u00e9dit. Cela est d\u00fb \u00e0 l\u2019absence d\u2019informations financi\u00e8res et d\u2019\u00e9tats financiers fiables de la part du demandeur. Mais aussi, la demande n\u2019arrive pas \u00e0 apporter le plus souvent la garantie que lui exige l\u2019offreur de cr\u00e9dit\u00bb, explique-t-il.   Malgr\u00e9 la diversification de l\u2019offre et la pr\u00e9sence de nouveaux acteurs sur la place bancaire et financi\u00e8re, on constate l\u2019absence des ressources humaines qui soient \u00e0 m\u00eame de conna\u00eetre le profil de la PME, ajoute Diouf.   Selon une enqu\u00eate financ\u00e9e par la coop\u00e9ration allemande, portant sur plus de 703 entreprises \u00e0 Dakar entre novembre 2008 et janvier 2009 et publi\u00e9e en f\u00e9vrier 2010, le secteur informel est quasi-absent du champ d\u2019orientation des PME. Ceci signifie que dans les plans \u00e9tablis par les banques pour l&#39;octroi de financement aux PME, le secteur informel n&#39;est pas pris en compte.  De m\u00eame, les secteurs d\u2019activit\u00e9s qui pr\u00e9dominent sont peu articul\u00e9s avec les p\u00f4les de d\u00e9veloppement retenus dans le cadre de la strat\u00e9gie de croissance acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e, notamment l\u2019agriculture, la p\u00eache et le textile, ajoute le rapport de l\u2019enqu\u00eate. Ce qui signifie que des secteurs comme la p\u00eache, l&#39;agriculture et le textile, qui sont dominants, n&#39;ont pas une strat\u00e9gie de d\u00e9veloppement solide.  \u00abIl existe des d\u00e9calages entre le tissu \u00e9conomique et le cadre des PME. Du fait de la conjoncture difficile et de la morosit\u00e9 des affaires, les institutions de financement n\u2019interviennent qu\u2019\u00e0 hauteur de cinq pour cent dans les PME\u00bb, explique Vincent Aku\u00e9, chef de l\u2019\u00e9quipe des consultants \u00e9conomiques \u00e0 Dakar. \u00abPour les pr\u00eats, les garanties accept\u00e9es par les institutions sont, pour les PME structur\u00e9es, \u00e0 35 pour cent constitu\u00e9es de cautions personnelles tandis que pour les entreprises de l\u2019informel, elles sont plut\u00f4t \u00e0 39 pour cent des hypoth\u00e8ques\u00bb.   Selon Aku\u00e9, du fait de la contrainte bancaire pour acc\u00e9der au cr\u00e9dit, les entreprises sont le plus souvent oblig\u00e9es de rechercher du cr\u00e9dit dans des cercles des proches des chefs d\u2019entreprise. Certaines institutions de microfinance utilisent, dit-il, des m\u00e9thodes \u00e0 la limite abusives pour mettre le maximum de pression sur l\u2019emprunteur et se donner les moyens de recouvrer rapidement les cr\u00e9ances en difficult\u00e9.   \u00abEnviron 60 pour cent des entreprises interrog\u00e9es pensent \u00e0 se d\u00e9velopper. Les investissements planifi\u00e9s dans cet objectif concernent surtout les terrains et constructions, les d\u00e9penses d\u2019investissement et l\u2019achat de mati\u00e8res premi\u00e8res. De ce fait, le manque de financement pour investir et augmenter les stocks constitue un goulot d\u2019\u00e9tranglement majeur\u00bb, indique-t-il \u00e0 IPS. \u00abL\u00e0 o\u00f9 les structures formelles de financement s\u2019engagent, 65 pour cent des entreprises financ\u00e9es sont en phase de consolidation\u00bb, ajoute-t-il.   Selon Nd\u00e8ye Lo, une promotrice des produits \u00e0 base de c\u00e9r\u00e9ales locales, les conditions pour une intensification de l\u2019offre de financement aux PME ne semblent pas encore r\u00e9unies. \u00abSi les PME ont des difficult\u00e9s pour avoir de financement c\u2019est d\u2019abord par le manque de formation, et ensuite par la non sensibilisation des entrepreneurs de microfinance sur le financement bancaire. La formation est didactique car elle permet d\u2019\u00eatre outill\u00e9 et de mieux g\u00e9rer son entreprise\u00bb, d\u00e9clare-t-elle \u00e0 IPS.   Aminata Ndione, membre du Syndicat des femmes pour la transformation des poissons, explique \u00e0 IPS que le manque de financement freine \u00e9norm\u00e9ment son entreprise. \u00abLorsqu\u2019on demande de financement, on ne nous consid\u00e8re m\u00eame pas. Cette ann\u00e9e, on a encore constitu\u00e9 un dossier en bonne forme, mais on nous a rejet\u00e9 le dossier, simplement parce qu\u2019ils n\u2019ont pas confiance en nous. Or sur les m\u00e9dias, les banques font chaque fois de la publicit\u00e9 sur le financement des PME\u00bb, d\u00e9plore-t-elle.   Ndione estime qu\u2019au S\u00e9n\u00e9gal, on ne pr\u00eate qu\u2019aux riches. \u00abVous savez, ce travail de poisson, si je vous dis qu\u2019on fait des millions de francs CFA par mois, vous n\u2019allez pas croire. Le poisson s\u00e9ch\u00e9 est envoy\u00e9 au Togo, au B\u00e9nin et au Mali. Seulement, nous voulons de financement pour moderniser les fourneaux afin que le travail de fumage et de s\u00e9chage du poisson soit rapide et moins \u00e9puisant, mais ce n\u2019est pas facile\u00bb, se lamente-t-elle.   Fatou Sankar\u00e9, tr\u00e9sori\u00e8re de l\u2019Association des femmes pour la transformation des c\u00e9r\u00e9ales, affirme \u00e9galement que son PME est confront\u00e9e aux difficult\u00e9s de financement qui freinent son d\u00e9veloppement.   \u00abAvec le ma\u00efs, on fait une sorte de p\u00e2te qu\u2019on vend, on fabrique des jus d\u2019oseille (bissap) et de gingembre. On utilise toujours la main pour faire tout \u00e7a; or il existe des machines pour le faire, on a constitu\u00e9 des dossiers pour avoir de financement, mais rien\u00bb, explique-t-elle \u00e0 IPS. \u00abCe qu\u2019on a constat\u00e9, c\u2019est que des fois, le taux d\u2019int\u00e9r\u00eat ne nous arrange pas; parfois, le d\u00e9lai de remboursement est \u00e0 court terme par rapport \u00e0 nos pr\u00e9visions\u00bb.   Sankar\u00e9 reconna\u00eet que l\u2019illettrisme constitue un grand frein pour le d\u00e9veloppement de son entreprise. \u00abVous savez, parmi toutes les femmes que vous voyez ici, presque personne ne ma\u00eetrise le domaine financier, cela nous joue beaucoup de tours. J\u2019aurais souhait\u00e9 que l\u2019Etat organise des s\u00e9ances de formation pour nous les femmes entrepreneurs. Cela nous aiderait \u00e0 mieux g\u00e9rer nos entreprises\u00bb, d\u00e9clare-t-elle.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DAKAR, 10 mars (IPS) &#8211; Malgr\u00e9 la floraison des banques au S\u00e9n\u00e9gal, les Petites et moyennes entreprises (PME), qui repr\u00e9sentent plus de 90 pour cent du tissu industriel de ce pays, peinent \u00e0 acc\u00e9der au financement pour leur d\u00e9veloppement, affirment&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/03\/10\/economie-senegal-le-systeme-bancaire-ne-profite-pas-aux-pme\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":576,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,6,1,30,29],"tags":[],"class_list":["post-4760","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines","category-special-culture-religion-et-genre","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4760","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/576"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4760"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4760\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4760"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4760"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4760"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}