{"id":4725,"date":"2010-02-11T13:40:01","date_gmt":"2010-02-11T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/02\/11\/kenya-assurer-les-eleveurs-contre-des-risques-croissants\/"},"modified":"2010-02-11T13:40:01","modified_gmt":"2010-02-11T13:40:01","slug":"kenya-assurer-les-eleveurs-contre-des-risques-croissants","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/02\/11\/kenya-assurer-les-eleveurs-contre-des-risques-croissants\/","title":{"rendered":"KENYA: Assurer les \u00e9leveurs contre des risques croissants"},"content":{"rendered":"<p>NAIROBI, 11 f\u00e9v (IPS) &#8211; Les s\u00e9cheresses dans la r\u00e9gion de Turkana \u00e9taient moins s\u00e9v\u00e8res quand elle grandissait, d\u00e9clare Laura Letapalel, et les \u00e9leveurs pouvaient encore trouver un peu d&#39;herbe et d&#39;eau pour leurs animaux. Maintenant, regrette-t-elle, les s\u00e9cheresses sont plus longues et il n&#39;y a rien \u00e0 manger.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Andrew Mude, \u00e9conomiste \u00e0 l&#39;Institut international de recherche sur l\u2019\u00e9levage (ILRI), affirme que la s\u00e9cheresse est le plus grand danger mena\u00e7ant les \u00e9leveurs.<\/p>\n<p> &#8220;Ceci est particuli\u00e8rement vrai pour le nord du Kenya, o\u00f9 plus de trois millions de m\u00e9nages d\u2019\u00e9leveurs sont r\u00e9guli\u00e8rement touch\u00e9s par des s\u00e9cheresses de plus en plus s\u00e9v\u00e8res. Au cours des 100 derni\u00e8res ann\u00e9es, le nord du Kenya a enregistr\u00e9 28 grandes s\u00e9cheresses, dont quatre ont eu lieu au cours des 10 derni\u00e8res ann\u00e9es&#8221;, explique Mude.<\/p>\n<p> &#8220;Dans notre communaut\u00e9, c\u2019est la taille de votre troupeau qui d\u00e9termine votre statut \u00e9conomique. Toutefois, nous avons r\u00e9cemment remarqu\u00e9 des conditions m\u00e9t\u00e9orologiques drastiques qui ont caus\u00e9 la mort de nos troupeaux, transformant des hommes autrefois riches en des pauvres&#8221;, confie Letapalel, une \u00e9leveuse dans la r\u00e9gion de Turkana, au Kenya.<\/p>\n<p> Esekon Longuramoe, un autre \u00e9leveur de Turkana, t\u00e9moigne que les conditions climatiques irr\u00e9guli\u00e8res ont chang\u00e9 ses richesses.<\/p>\n<p> &#8220;Quand nous sommes arriv\u00e9s ici pour la premi\u00e8re fois, j&#39;ai vu deux belles choses: il y avait tellement d&#39;herbes et beaucoup d&#39;animaux sauvages. C&#39;\u00e9tait un bon p\u00e2turage. Mais aujourd\u2019hui, il n\u2019y a pas de pluie, et j&#39;ai perdu 100 moutons et 50 bovins.&#8221; &#8220;Apr\u00e8s avoir perdu presque tout mon b\u00e9tail, je suis devenu si pauvre que je ne peux pas me comparer \u00e0 la fa\u00e7on dont j&#39;\u00e9tais autrefois. M\u00eame si je veux me d\u00e9placer, je ne dispose pas d&#39;un \u00e2ne pour transporter mes biens; je dois emprunter un&#8221;, dit-il.<\/p>\n<p> La question de savoir comment prot\u00e9ger les communaut\u00e9s pastorales contre les effets d\u00e9vastateurs de la s\u00e9cheresse a \u00e9t\u00e9 un casse-t\u00eate pour le gouvernement du Kenya.<\/p>\n<p> Un nouveau projet lanc\u00e9 par l&#39;ILRI et ses partenaires promet d&#39;aider les \u00e9leveurs.<\/p>\n<p> &#8220;Des milliers d&#39;\u00e9leveurs dans le district de Marsabit, une zone recul\u00e9e et aride dans le nord du Kenya, seront en mesure de prendre des polices d&#39;assurance pour leur b\u00e9tail, sur la base d\u2019un programme, in\u00e9dit en Afrique, qui utilise des images satellites des herbes et d\u2019autres v\u00e9g\u00e9tations pour indiquer si la s\u00e9cheresse exposera leurs chameaux, vaches, ch\u00e8vres et moutons au risque de la famine&#8221;, souligne Mude.<\/p>\n<p> Le programme utilisera des images satellites pour \u00e9valuer l&#39;\u00e9tat des p\u00e2turages. Les informations obtenues seront compar\u00e9es aux donn\u00e9es recueillies sur les d\u00e9c\u00e8s du b\u00e9tail au cours des dix derni\u00e8res ann\u00e9es pour calculer les pertes de b\u00e9tail pour les besoins de l&#39;assurance. Ce syst\u00e8me d&#39;assurance index\u00e9e \u00e9limine la n\u00e9cessit\u00e9 de v\u00e9rifier les d\u00e9c\u00e8s individuels des animaux.<\/p>\n<p> Le district de Marsabit &#8211; adjacent \u00e0 Turkana &#8211; a \u00e9t\u00e9 divis\u00e9 en deux groupes en fonction du risque. Assurer les animaux co\u00fbtera 5,5 pour cent de la valeur du b\u00e9tail dans les divisions de Maikona et de North Horr; et 3,25 pour cent \u00e0 Laisamis, Loyangalani, Central et Gadamoji.<\/p>\n<p> &#8220;Nous croyons que ce programme a un potentiel parce qu\u2019il offre les \u00e9l\u00e9ments dont les assureurs ont besoin pour op\u00e9rer: un risque (s\u00e9cheresse) bien connu et un indicateur externe qui est v\u00e9rifiable et non manipulable, dans ce cas des images satellites de la v\u00e9g\u00e9tation&#8221;, explique James Wambugu, directeur g\u00e9n\u00e9ral de \u2018UAP Insurance\u2019, la compagnie qui fournit la couverture contre les risques.<\/p>\n<p> Les ventes du projet d&#39;assurance ont commenc\u00e9 en janvier dans tout le district. Les primes d\u2019assurance peuvent \u00eatre pay\u00e9es au niveau des branches de Equity Bank \u00e0 Marsabit, ou aux agents des Points de vente sous les Programmes couvrant la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire &#8211; un projet qui accorde des subventions r\u00e9guli\u00e8res en esp\u00e8ce \u00e0 300.000 m\u00e9nages vuln\u00e9rables dans les districts arides du nord du Kenya et qui est pr\u00e9sent dans la plupart des principales communaut\u00e9s \u00e0 Marsabit.<\/p>\n<p> Selon Mude, le district de Marsabit soutient actuellement environ 86.000 t\u00eates de b\u00e9tail et quelque deux millions de moutons et de ch\u00e8vres qui d\u00e9pendent, pour leur survie, de la v\u00e9g\u00e9tation qui pousse naturellement. Le b\u00e9tail \u00e0 Marsabit seul est estim\u00e9 \u00e0 67 millions de dollars, bien que les animaux soient rarement vendus ou abattus.<\/p>\n<p> Compte tenu de la complexit\u00e9 du projet d&#39;assurance, un jeu de simulation a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9 pour aider les communaut\u00e9s locales \u00e0 comprendre les caract\u00e9ristiques cl\u00e9s de la police d&#39;assurance. Mude affirme que bon nombre des \u00e9leveurs qui ont jou\u00e9 le jeu sont devenus tr\u00e8s impliqu\u00e9s dans la simulation.<\/p>\n<p> &#8220;La simulation les aide \u00e0 comprendre comment l&#39;assurance peut les prot\u00e9ger contre les pertes. Ils semblent \u00e9galement aimer simplement jouer le jeu lui-m\u00eame qui g\u00e9n\u00e8re beaucoup de d\u00e9bats anim\u00e9s&#8221;, explique-t-il.<\/p>\n<p> L&#39;assurance est valable, m\u00eame sans que les d\u00e9c\u00e8s du b\u00e9tail ne d\u00e9clenchent des paiements.<\/p>\n<p> La police peut \u00eatre utilis\u00e9e pour obtenir un cr\u00e9dit avec lequel acheter des vivres ou des m\u00e9dicaments qui pourraient aider les animaux \u00e0 supporter les conditions difficiles. On peut \u00e9galement agrandir plus facilement la taille des troupeaux; les cr\u00e9anciers priv\u00e9s seront plus dispos\u00e9s \u00e0 pr\u00eater si le risque de perdre de nouveaux animaux \u00e0 cause de la s\u00e9cheresse est assur\u00e9.<\/p>\n<p> Mude d\u00e9clare que le projet-pilote durera trois ans, durant lesquelles des \u00e9tudes seront men\u00e9es pour \u00e9tablir la viabilit\u00e9 commerciale du produit. Si sa r\u00e9ussite est av\u00e9r\u00e9e, la possibilit\u00e9 de l&#39;\u00e9tendre \u00e0 des parties de l&#39;Ouganda, du sud de l&#39;Ethiopie, de l\u2019Afrique occidentale et m\u00eame de l\u2019Asie sera \u00e9galement explor\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>NAIROBI, 11 f\u00e9v (IPS) &#8211; Les s\u00e9cheresses dans la r\u00e9gion de Turkana \u00e9taient moins s\u00e9v\u00e8res quand elle grandissait, d\u00e9clare Laura Letapalel, et les \u00e9leveurs pouvaient encore trouver un peu d&#39;herbe et d&#39;eau pour leurs animaux. 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