{"id":4706,"date":"2010-01-27T13:40:01","date_gmt":"2010-01-27T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/01\/27\/cote-divoire-une-mesure-pour-relancer-un-secteur-avicole-en-agonie\/"},"modified":"2010-01-27T13:40:01","modified_gmt":"2010-01-27T13:40:01","slug":"cote-divoire-une-mesure-pour-relancer-un-secteur-avicole-en-agonie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/01\/27\/cote-divoire-une-mesure-pour-relancer-un-secteur-avicole-en-agonie\/","title":{"rendered":"COTE D\u2019IVOIRE: Une mesure pour relancer un secteur avicole en agonie"},"content":{"rendered":"<p>ABATTA, C\u00f4te d\u2019Ivoire, 27 jan (IPS) &#8211; Dans sa ferme de volailles \u00e0 Abatta, dans le sud-est de la C\u00f4te d\u2019Ivoire, Charles Kon\u00e9 discute avec Amadou Traor\u00e9, son principal fournisseur de ma\u00efs et de tourteaux de coton pour ses poussins et poulets. Kon\u00e9 passe une commande des deux produits pour 100.000 francs CFA (environ 222 dollars).\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>&#8220;Depuis trois ans, j\u2019approvisionne les diff\u00e9rentes fermes du secteur et cela est autant b\u00e9n\u00e9fique pour moi que pour les fermiers. Cela, gr\u00e2ce \u00e0 mes dix hectares de ma\u00efs et trois hectares de coton&#8221;, affirme Traor\u00e9 \u00e0 IPS. &#8220;Je vends aux fermes une partie de ma production&#8221;.  Il r\u00e9v\u00e8le \u00eatre pass\u00e9 d\u2019un chiffre d\u2019affaires de 500.000 FCFA (environ 1.110 dollars) en 2005 \u00e0 quatre millions FCFA (8.890 dollars) en 2009, ajoutant qu\u2019il esp\u00e8re atteindre six millions FCFA (13.330 dollars) cette ann\u00e9e.  Pour sa part, Abdoulaye Sanogo est le fournisseur en aliments de volaille de huit fermes install\u00e9es dans la zone nord d\u2019Abidjan, la capitale \u00e9conomique ivoirienne, et environs. Avec en moyenne deux tonnes de produits vendues par an, il d\u00e9clare s\u2019en sortir annuellement avec 10 millions FCFA (environ 22.222 dollars) de b\u00e9n\u00e9fice. &#8220;La hausse du prix des aliments import\u00e9s a fait notre affaire et cela nous soulage&#8221;, dit-il \u00e0 IPS.  &#8220;Nous sommes plus \u00e0 l\u2019aise avec les fournisseurs locaux qui pr\u00e9sentent les tarifs les plus abordables, alors que nous payions trois fois plus cher avec les importateurs. C\u2019est bien dommage que l\u2019Etat n\u2019ait pas pris de mesures assez t\u00f4t pour soutenir un secteur qui joue un r\u00f4le important dans l\u2019\u00e9conomie en milieu rural. Il se serait d\u00e9velopp\u00e9 tr\u00e8s vite et aurait permis de cr\u00e9er de nombreux emplois dans le pays&#8221;, assure Ettien Koffi, fermier \u00e0 Anyama, une commune au nord d\u2019Abidjan.  Koffi livre quotidiennement cent poulets \u00e0 ses clients pour la consommation. &#8220;La production locale a pris le pas sur les poulets import\u00e9s&#8221;, souligne-t-il, l\u2019air satisfait. Selon lui, c\u2019est la cons\u00e9quence d\u2019une d\u00e9cision gouvernementale visant \u00e0 soutenir ce secteur, et qui a \u00e9t\u00e9 b\u00e9n\u00e9fique pour les aviculteurs de ce pays d\u2019Afrique de l\u2019ouest.  En fait, il y a plus de cinq ans, le secteur avicole ivoirien subissait une forte concurrence impos\u00e9e par les sous-produits (aliments de volaille) et produits import\u00e9s (\u0153ufs, poulets congel\u00e9s) qui inondaient le march\u00e9 local. Une situation qui avait eu pour cons\u00e9quence un net recul de la production locale et l\u2019appauvrissement progressif d\u2019un million de personnes qui vivent directement ou indirectement de l\u2019aviculture.  Puis en 2005, dans le budget de l\u2019Etat, le gouvernement ivoirien prend une mesure compensatoire relevant la taxe pr\u00e9lev\u00e9e sur les sous-produits de la volaille import\u00e9s. Il fait passer le prix du kilogramme des produits import\u00e9s des pays europ\u00e9ens et d\u2019Am\u00e9rique du sud de 500 \u00e0 1.000 FCFA (d\u2019un dollar \u00e0 deux dollars environ) afin de d\u00e9courager l\u2019importation et de soutenir la production locale, selon des analystes.  &#8220;Du coup, nous sommes parvenus \u00e0 surmonter cette concurrence sauvage qui nous \u00e9tait impos\u00e9e. Et nous sommes satisfaits que cette mesure n\u2019ait pas entra\u00een\u00e9 la moindre p\u00e9nurie et la flamb\u00e9e des prix de poulets et d\u2019\u0153ufs sur le march\u00e9 national&#8221;, indique \u00e0 IPS, Philippe Ackah, pr\u00e9sident de l\u2019Interprofession avicole de C\u00f4te d\u2019Ivoire.  Selon Ackah, gr\u00e2ce \u00e0 la mesure compensatoire, le secteur a enregistr\u00e9 un investissement de pr\u00e8s de cinq milliards FCFA sur quatre ans. R\u00e9sultat: de plus de 9.000 tonnes de viande de volaille produite en 2005, l\u2019aviculture ivoirienne est pass\u00e9e \u00e0 20.000 tonnes en 2009 pour un chiffre d\u2019affaires de 50 milliards FCFA, soit dix fois plus que l\u2019investissement. La production d&#39;\u0153ufs a atteint 800 millions d\u2019unit\u00e9s contre 435 millions pour la m\u00eame p\u00e9riode, avec environ 39.000 emplois cr\u00e9\u00e9s. (Un USD = environ 450 FCFA).  En outre, indique Ackah, le secteur a g\u00e9n\u00e9r\u00e9 entre 2005 et 2009, 15 milliards de FCFA aux cultivateurs de ma\u00efs et de tourteaux de coton, qui ont r\u00e9alis\u00e9 respectivement 24.000 hectares de ma\u00efs et 33.000 hectares de coton ces derni\u00e8res ann\u00e9es.  Le gouvernement ivoirien a reconduit, d\u00e9but janvier, la mesure \u00e0 la demande des aviculteurs.<\/p>\n<p> &#8220;Cette mesure compensatoire du gouvernement se pr\u00e9sente comme une d\u00e9cision salvatrice pour le secteur avicole ivoirien. Il y a quelques ann\u00e9es, le d\u00e9couragement avait commenc\u00e9 \u00e0 gagner du terrain dans le milieu et personne ne savait \u00e0 quel saint se vouer&#8221;, commente Alain Bouabr\u00e9, \u00e9conomiste \u00e0 Abidjan.  &#8220;Si elle (la mesure) n\u2019\u00e9tait pas intervenue \u00e0 ce moment, il \u00e9tait \u00e0 craindre un d\u00e9clin total. Maintenant, il faut que le secteur soit mieux organis\u00e9 pour profiter de la situation. Car les importateurs vont se donner les moyens de contourner la d\u00e9cision et faire entrer leurs produits sur le march\u00e9. Ce serait alors le retour \u00e0 la case d\u00e9part&#8221;, pr\u00e9vient Bouabr\u00e9.  En r\u00e9ponse, les acteurs du secteur avicole annoncent, pour les dix prochaines ann\u00e9es, un investissement de 150 milliards de FCFA et la cr\u00e9ation de 10.000 emplois suppl\u00e9mentaires. Ils invitent par ailleurs les autorit\u00e9s \u00e0 prendre les mesures n\u00e9cessaires pour surveiller les eaux territoriales. Et ils souhaitent b\u00e9n\u00e9ficier des avantages fiscaux pr\u00e9vus par le Code d&#39;investissement en C\u00f4te d&#39;Ivoire pour am\u00e9liorer leur comp\u00e9titivit\u00e9.  &#8220;Si nous sommes de nouveau confront\u00e9s \u00e0 une forte pr\u00e9sence de produits import\u00e9s, ce sera de la responsabilit\u00e9 de l\u2019Etat&#8221;, avertit Koffi qui se r\u00e9jouit que le secteur ait r\u00e9ussi \u00e0 se maintenir en d\u00e9pit de la grippe aviaire qui avait emmen\u00e9 le gouvernement \u00e0 proc\u00e9der \u00e0 l\u2019abattage des volailles en 2006.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ABATTA, C\u00f4te d\u2019Ivoire, 27 jan (IPS) &#8211; Dans sa ferme de volailles \u00e0 Abatta, dans le sud-est de la C\u00f4te d\u2019Ivoire, Charles Kon\u00e9 discute avec Amadou Traor\u00e9, son principal fournisseur de ma\u00efs et de tourteaux de coton pour ses poussins&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/01\/27\/cote-divoire-une-mesure-pour-relancer-un-secteur-avicole-en-agonie\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":330,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,37,11,6,1,3,20,29],"tags":[],"class_list":["post-4706","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-afrique-cultiver-le-futur","category-developpement","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines","category-population-refugies","category-travail","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4706","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/330"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4706"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4706\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4706"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4706"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4706"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}