{"id":4704,"date":"2010-01-26T13:40:01","date_gmt":"2010-01-26T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/01\/26\/niger-timide-participation-des-femmes-a-la-vie-politique\/"},"modified":"2010-01-26T13:40:01","modified_gmt":"2010-01-26T13:40:01","slug":"niger-timide-participation-des-femmes-a-la-vie-politique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/01\/26\/niger-timide-participation-des-femmes-a-la-vie-politique\/","title":{"rendered":"NIGER: Timide participation des femmes \u00e0 la vie politique"},"content":{"rendered":"<p>NIAMEY, 26 jan (IPS) &#8211; La participation de la femme nig\u00e9rienne \u00e0 la vie politique conna\u00eet une am\u00e9lioration ces derni\u00e8res ann\u00e9es gr\u00e2ce \u00e0 une loi sur le quota, mais ce progr\u00e8s est en de\u00e7\u00e0 de leur nombre au sein de la soci\u00e9t\u00e9. <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Apr\u00e8s les \u00e9lections l\u00e9gislatives et locales d\u2019octobre et de d\u00e9cembre 2009, la question de la repr\u00e9sentativit\u00e9 des femmes dans les instances d\u00e9cisionnelles refait surface. Aux derni\u00e8res l\u00e9gislatives, seulement 11 femmes \u00e9taient \u00e9lues sur un total de 113 d\u00e9put\u00e9s au parlement. En 2004, elles \u00e9taient 14 d\u00e9put\u00e9es pour le m\u00eame nombre de si\u00e8ges.  Pourtant, selon les statistiques de l\u2019Institut national de la statistique (INS), les femmes repr\u00e9sentent plus de 50 pour cent de la population nig\u00e9rienne estim\u00e9e \u00e0 environ 14 millions d\u2019habitants.<\/p>\n<p> \u2018\u2019Malgr\u00e9 ce poids d\u00e9mographique, les femmes ont \u00e9t\u00e9 marginalis\u00e9es et ne prenaient pas part au d\u00e9bat politique. Cela explique leurs petites prouesses aux diff\u00e9rentes \u00e9lections\u2019\u2019, explique \u00e0 IPS, Amadou Boubacar, sociologue bas\u00e9 \u00e0 Niamey, la capitale nig\u00e9rienne.<\/p>\n<p> Au Niger la principale cause de la faible participation des femmes \u00e0 la gestion de la cit\u00e9 est le taux d\u2019analphab\u00e9tisme. La fillette en \u00e2ge d\u2019aller \u00e0 l\u2019\u00e9cole a moins de chance que son fr\u00e8re de poursuivre une scolarit\u00e9 normale.  \u2018\u2019Pendant longtemps dans notre pays, on a estim\u00e9 que la scolarisation des filles n\u2019\u00e9tait pas n\u00e9cessaire, vu que ces derni\u00e8res sont appel\u00e9es \u00e0 quitter leurs parents apr\u00e8s le mariage\u2019\u2019, commente Hadjia Ramatou, candidate aux derni\u00e8res \u00e9lections municipales de d\u00e9cembre. Autrement dit, ajoute-t-elle \u00e0 IPS, on pr\u00e9f\u00e8re plut\u00f4t investir dans la vie scolaire des gar\u00e7ons, en ville comme en campagne.  Aujourd\u2019hui seulement 38,52 pour cent des filles sont scolaris\u00e9es et le taux des femmes analphab\u00e8tes avoisine les 88 pour cent, selon l\u2019INS.  \u2018\u2019Cet analphab\u00e9tisme f\u00e9minin est la cause directe de la rel\u00e9gation de la femme en citoyenne de seconde zone\u2019\u2019, soutient Amadou Moussa, 67 ans, enseignant \u00e0 la retraite. Les femmes demeurent sous repr\u00e9sent\u00e9es dans les instances de d\u00e9cision au Niger, et la sph\u00e8re politique est largement domin\u00e9e par les hommes.<\/p>\n<p> Cependant, les femmes nig\u00e9riennes ne cessent de lutter, aux c\u00f4t\u00e9s des hommes, pour la construction et la consolidation d\u2019un r\u00e9gime multipartite et d\u00e9mocratique dans leur pays.<\/p>\n<p> Selon Abdoulaye Moussa, militant du Mouvement national pour la soci\u00e9t\u00e9 de d\u00e9veloppement (MNSD), la question de la repr\u00e9sentation des femmes au parlement ne d\u00e9pend pas uniquement de l\u2019\u00e9ducation des femmes, mais des orientations et des choix des formations politiques.<\/p>\n<p> \u2018\u2019Les obstacles \u00e0 la participation politique des femmes sont nombreux. Elles doivent faire face \u00e0 des difficult\u00e9s d\u2019ordre familial tout en luttant contre les pesanteurs socioculturelles et la discrimination au sein des partis politiques\u2018\u2019, a expliqu\u00e9 \u00e0 IPS, Aissata Mounkaila, \u00e9lue deux fois d\u00e9put\u00e9e nationale sous la banni\u00e8re du MNSD.  Aichatou Sidikou, membre du bureau de la section de Niamey de l\u2019Organisation r\u00e9volutionnaire pour une d\u00e9mocratie nouvelle, d\u00e9nonce une discrimination au sein des partis politiques, qui contribue \u00e0 rendre difficile la vie de la femme politique nig\u00e9rienne.  \u2018\u2019C\u2019est surtout les heures auxquelles se tiennent les r\u00e9unions d\u00e9cisives des partis politiques qui excluent les femmes. Les r\u00e9unions se tiennent \u00e0 des heures tardives, et le plus souvent, les femmes sont absentes \u00e0 cause de leurs devoirs familiaux. C\u2019est un complot des hommes pour nous \u00e9carter\u2019\u2019, a-t-elle d\u00e9plor\u00e9.  Les derni\u00e8res \u00e9lections l\u00e9gislatives d\u2019octobre 2009 ont montr\u00e9, une fois encore, que les partis politiques ne sont pas dispos\u00e9s \u00e0 soutenir leurs candidates, malgr\u00e9 l\u2019existence d\u2019une loi sur le quota.  \u2018\u2019Les partis politiques ont respect\u00e9 la loi sur le quota, mais les femmes sont toujours minoritaires\u2019\u2019, regrette Halimatou Abdou, une militante de la Convention d\u00e9mocratique et sociale (CDS).  Face aux in\u00e9galit\u00e9s cruciales qui existent entre les femmes et les hommes dans leur participation \u00e0 la vie publique, le gouvernement nig\u00e9rien a approuv\u00e9 en 1996 une politique nationale de la promotion des de la femme. Elle a abouti en 2000 \u00e0 l\u2019adoption d\u2019une loi sur le quota qui fixe un seuil minimal de participation de chaque sexe \u00e0 la gestion des affaires publiques.  Aux termes de cette loi, la proportion des candidats \u00e9lus de l\u2019un ou de l\u2019autre sexe ne doit pas \u00eatre inf\u00e9rieur \u00e0 10 pour cent dans la proclamation des r\u00e9sultats d\u00e9finitifs d\u2019une \u00e9lection l\u00e9gislative ou locale. De m\u00eame, lors de la nomination des membres du gouvernement et de la promotion aux emplois sup\u00e9rieurs de l\u2019Etat, cette proportion ne doit pas \u00eatre inf\u00e9rieure \u00e0 25 pour cent.  La loi sur le quota, entr\u00e9e en vigueur en 2002, a beaucoup favoris\u00e9 l\u2019\u00e9mergence politique des femmes pendant les \u00e9lections g\u00e9n\u00e9rales de 2004. Quatorze femmes \u00e9taient \u00e9lues d\u00e9put\u00e9es, soit une proportion de 12 pour cent, alors qu\u2019en 1999, sur les 83 d\u00e9put\u00e9s, il n\u2019y avait qu\u2019une seule femme \u00e9lue. Aux municipales de 2004, 671 d\u2019entre elles devenaient conseill\u00e8res sur 3.747 postes \u00e0 travers les 256 communes du Niger.  Toutefois, Moussa Ali, juriste \u00e0 Niamey, ne partage pas l\u2019id\u00e9e de progr\u00e8s des femmes. \u2018\u2019Cette avanc\u00e9e favoris\u00e9e par la loi sur le quota n\u2019est que de la poudre aux yeux. Ce sont toujours les hommes qui tiennent les r\u00eanes du pouvoir et continuent de d\u00e9signer des femmes aux postes de responsabilit\u00e9\u2019\u2019, dit-il \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Dans une r\u00e9cente \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e par le sociologue Moussa Zangaou sur la participation de la femme aux instances de d\u00e9cision, le quota est seulement plus respect\u00e9 dans les minist\u00e8res dirig\u00e9s par des femmes.  Pour Fatimata Abdoulaye, une militante du Parti nig\u00e9rien pour la d\u00e9mocratie et le socialisme, les femmes sont encore minoritaires dans les instances dirigeantes des partis et n\u2019ont donc pas le poids qui leur permettait d\u2019imposer leur volont\u00e9. C\u2019est au niveau local que les femmes peuvent r\u00e9gler le probl\u00e8me de leur repr\u00e9sentativit\u00e9 \u00e0 travers un travail de proximit\u00e9, souligne-t-elle.  Zeinabou Issa, membre de la CDS, partage cet avis. Elle affirme que pour promouvoir la situation des femmes en politique, il faut envisager des quotas dans chaque parti. Les femmes doivent avoir confiance en elles-m\u00eames tout en cr\u00e9ant une cha\u00eene de solidarit\u00e9.  Les femmes constituent pourtant la cheville ouvri\u00e8re des partis politiques du point de vue de mobilisation des \u00e9lecteurs.  \u2018\u2019Le manque d\u2019argent pour entretenir financi\u00e8rement les \u00e9lecteurs est un grand handicap pour les femmes. Chaque candidate r\u00e9unit, par ses propres moyens, l\u2019argent pour mobiliser les \u00e9lecteurs. Cela se fait \u00e0 coup de billets de francs CFA. Malheureusement, les femmes n\u2019ont pas les moyens\u2019\u2019, explique \u00e0 IPS, Hadjia Haoua, militante du Rassemblement d\u00e9mocratique du peuple.  \u2018\u2019Dans un pays comme le Niger o\u00f9 la d\u00e9mocratie se con\u00e7oit au sein des partis politiques comme un processus qui permet au plus riche d\u2019invertir et de tirer le maximum de profits une fois l\u2019objectif atteint, il ne peut y avoir de places pour la femme\u2019\u2019, affirme, pour sa part, Dr Amina Balla Kalto, enseignante \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Niamey.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>NIAMEY, 26 jan (IPS) &#8211; La participation de la femme nig\u00e9rienne \u00e0 la vie politique conna\u00eet une am\u00e9lioration ces derni\u00e8res ann\u00e9es gr\u00e2ce \u00e0 une loi sur le quota, mais ce progr\u00e8s est en de\u00e7\u00e0 de leur nombre au sein de&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/01\/26\/niger-timide-participation-des-femmes-a-la-vie-politique\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":704,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,36,13,10,2,1,7,30,29],"tags":[],"class_list":["post-4704","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-afrique-dune-election-a-une-election","category-culture-religion-sport","category-droits-humains","category-education","category-headlines","category-politique","category-special-culture-religion-et-genre","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4704","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/704"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4704"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4704\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4704"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4704"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4704"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}