{"id":4699,"date":"2010-01-22T13:40:01","date_gmt":"2010-01-22T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/01\/22\/burkina-faso-ameliorer-le-systeme-de-financement-de-lagriculture\/"},"modified":"2010-01-22T13:40:01","modified_gmt":"2010-01-22T13:40:01","slug":"burkina-faso-ameliorer-le-systeme-de-financement-de-lagriculture","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/01\/22\/burkina-faso-ameliorer-le-systeme-de-financement-de-lagriculture\/","title":{"rendered":"BURKINA FASO: Am\u00e9liorer le syst\u00e8me de financement de l\u2019agriculture"},"content":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 22 jan (IPS) &#8211; Les m\u00e9canismes de financement de l\u2019agriculture ne permettent pas son d\u00e9veloppement et ne favorisent pas l\u2019autosuffisance alimentaire au Burkina Faso, affirme la plus grande association de producteurs de ce pays sah\u00e9lien d\u2019Afrique de l\u2019ouest. <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Selon Bassiaka Dao, pr\u00e9sident de la Conf\u00e9d\u00e9ration des professionnels agricoles du Burkina Faso (CPF), un syst\u00e8me de cr\u00e9dit ad\u00e9quat \u00e0 l\u2019agriculture devrait venir appuyer les subventions que le gouvernement accorde d\u00e9j\u00e0 aux producteurs.<\/p>\n<p> La CPF qui compte neuf f\u00e9d\u00e9rations et plus d\u2019un million de membres r\u00e9partis \u00e0 travers le Burkina Faso, est la plus grande organisation paysanne du pays.<\/p>\n<p> Au cours des deux derni\u00e8res campagnes, l&#39;Etat a apport\u00e9 des semences am\u00e9lior\u00e9es et une forte subvention des engrais et de certains \u00e9quipements, pour permettre aux agriculteurs d\u2019accro\u00eetre leurs productions. Le gouvernement esp\u00e9rait aussi que ces mesures permettraient aux producteurs d\u2019avoir acc\u00e8s au cr\u00e9dit des banques et des caisses populaires.<\/p>\n<p> \u00abAujourd\u2019hui, celui qui veut moderniser son agriculture a besoin d\u2019un cr\u00e9dit de long terme, 15 ans pour prendre un tracteur, un \u00e9quipement complet pour rentabiliser les investissements. Or, on prend le cr\u00e9dit pour payer les intrants en juin et rembourser d\u00e8s la fin de la campagne au plus tard le 31 janvier\u00bb, s\u2019insurge Dao.<\/p>\n<p> \u00abAucune agriculture ne peut se d\u00e9velopper sans le soutien du secteur public. Et ce soutien-l\u00e0, il doit le continuer apr\u00e8s la subvention, en mettant en place un certain nombre de services permettant l\u2019acc\u00e8s au cr\u00e9dit pour des organisations professionnelles\u00bb, souligne-t-il \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Selon Dao, \u00e0 d\u00e9faut d\u2019un syst\u00e8me de financement ad\u00e9quat, les organisations qui prennent des cr\u00e9dits ne travaillent qu\u2019\u00e0 rembourser les institutions financi\u00e8res en raison du taux d\u2019emprunt \u00e9lev\u00e9 dans les banques classiques.<\/p>\n<p> Dao sugg\u00e8re pour le cr\u00e9dit que l\u2019Etat mette en place un fonds de roulement qui permettra aux organisations professionnelles d\u2019acc\u00e9der au cr\u00e9dit \u00e0 taux bonifi\u00e9; aujourd\u2019hui, les banques classiques accordent le cr\u00e9dit aux organisations paysannes \u00e0 un taux de 12 pour cent, qui est encore frapp\u00e9 d\u2019une TVA (taxe sur la valeur ajout\u00e9e) de 18 pour cent.<\/p>\n<p> \u00abAvec le taux bonifi\u00e9, l\u2019Etat prendrait en charge un certain nombre d\u2019actions comme la TVA, et en dehors de la TVA, arriverait \u00e0 mettre en place un taux de cinq, six, sept pour cent, ce qui permettrait \u00e0 la profession agricole d\u2019avoir une assise financi\u00e8re solide\u00bb, ajoute Dao.<\/p>\n<p> \u00abEn fait, depuis plusieurs ann\u00e9es, on a attir\u00e9 l\u2019attention des autorit\u00e9s sur les probl\u00e8mes du financement du secteur agricole\u00bb, affirme Emmanuel Niki\u00e8ma, charg\u00e9 des questions agricoles au bureau de la Banque mondiale au Burkina Faso.<\/p>\n<p> Par ailleurs, la seule banque agricole du Burkina a \u00e9t\u00e9 r\u00e9cemment privatis\u00e9e et reprise par une banque commerciale.<\/p>\n<p> Selon Niki\u00e9ma, le statut actuel de la caisse nationale de cr\u00e9dit agricole ne prend pas en compte \u00ables int\u00e9r\u00eats d\u2019un producteur agricole qui n\u2019a pas de garantie, qui a des besoins r\u00e9els, et qui doit d\u00e9velopper des activit\u00e9s dans un domaine o\u00f9 il y a beaucoup d\u2019al\u00e9as\u00bb.<\/p>\n<p> \u00abIl y a eu cette \u00e9volution de la caisse nationale de cr\u00e9dit agricole qui devait appuyer le secteur agricole, mais son statut fait qu\u2019elle doit r\u00e9pondre aux exigences du syst\u00e8me bancaire, et ce n\u2019est pas toujours facile de lier cette vie de banque commerciale avec celle de banque agricole\u00bb, explique Niki\u00e8ma.<\/p>\n<p> Selon Niki\u00e8ma, le banquier ne veut pas prendre des risques car les producteurs travaillent dans un domaine al\u00e9atoire qui d\u00e9pend des pluies.  \u00abLa question de l&#39;acc\u00e8s au cr\u00e9dit a toujours \u00e9t\u00e9 une dol\u00e9ance forte des producteurs. Cet acc\u00e8s au cr\u00e9dit devrait faciliter l&#39;acc\u00e8s aux \u00e9quipements agricoles et aux intrants comme les semences, les engrais et les pesticides\u00bb, admet Robert Ou\u00e9draogo, le directeur des productions v\u00e9g\u00e9tales au minist\u00e8re burkinab\u00e9 de l\u2019Agriculture, de l\u2019Hydraulique et des Ressources halieutiques.<\/p>\n<p> \u00abUn syst\u00e8me de cr\u00e9dit assorti de faible taux d&#39;int\u00e9r\u00eat permettrait sans nul doute d&#39;accro\u00eetre l&#39;efficacit\u00e9 du soutien gouvernemental \u00e0 l&#39;effort de production\u00bb, ajoute Ou\u00e9draogo.<\/p>\n<p> Sans cette aide financi\u00e8re, les agriculteurs craignent un \u00e9chec des mesures du gouvernement visant \u00e0 accro\u00eetre la production agricole et \u00e0 r\u00e9aliser la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire en distribuant seulement des engrais et des semences am\u00e9lior\u00e9es.  Pour la saison agricole 2009-2010, pr\u00e8s de 7.300 tonnes de semences ont \u00e9t\u00e9 distribu\u00e9es dans les 351 communes du Burkina et 1.824 tonnes d\u2019engrais ont \u00e9t\u00e9 subventionn\u00e9es \u00e0 hauteur de 50 pour cent pour les cultures de riz et du ma\u00efs. Une ann\u00e9e plus t\u00f4t, des subventions de 50 pour cent avaient \u00e9t\u00e9 accord\u00e9es aux producteurs qui voulaient acqu\u00e9rir des machines.<\/p>\n<p> Selon Dao, si certaines branches du secteur agricole peuvent trouver leur compte dans ces subventions, les petits producteurs, qui sont les plus nombreux, ne peuvent pas pr\u00e9tendre au cr\u00e9dit.  Pour la m\u00eame saison, par exemple, malgr\u00e9 la subvention de 50 pour cent, l\u2019engrais NPK et l\u2019ur\u00e9e qui co\u00fbtaient respectivement 16.000 francs CFA et 16.500 FCFA (environ 35,5 dollars et 36,6 dollars), restent inaccessibles pour la majorit\u00e9 des petits producteurs.<\/p>\n<p> \u00abOr, tant que ces petits producteurs, plus nombreux, ne pourront pas am\u00e9liorer leur situation, cela tirera les efforts (de l\u2019ensemble) vers le bas\u00bb, pr\u00e9vient Dao.<\/p>\n<p> Par ailleurs, affirme Dao, \u00aben distribuant aux plus vuln\u00e9rables, il n\u2019y a pas de suivi car les plus vuln\u00e9rables qui re\u00e7oivent les semences, ne font que les faire passer \u00e0 la casserole\u00bb en les consommant simplement.  \u00abDonner les semences aux plus vuln\u00e9rables signifie que le gouvernement puisse mettre en place un certain nombre de services, c&#39;est-\u00e0-dire, dans un premier temps, un service d\u2019acc\u00e8s au cr\u00e9dit adapt\u00e9 aux conditions de production. Car aujourd\u2019hui, rien ne sert de donner des semences am\u00e9lior\u00e9es \u00e0 quelqu\u2019un qui n\u2019aura pas acc\u00e8s aux engrais\u00bb, explique Dao.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 22 jan (IPS) &#8211; Les m\u00e9canismes de financement de l\u2019agriculture ne permettent pas son d\u00e9veloppement et ne favorisent pas l\u2019autosuffisance alimentaire au Burkina Faso, affirme la plus grande association de producteurs de ce pays sah\u00e9lien d\u2019Afrique de l\u2019ouest.<\/p>\n","protected":false},"author":13,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,37,11,6,1,3,29],"tags":[],"class_list":["post-4699","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-afrique-cultiver-le-futur","category-developpement","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines","category-population-refugies","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4699","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4699"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4699\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4699"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4699"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4699"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}