{"id":4677,"date":"2010-01-08T13:40:01","date_gmt":"2010-01-08T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/01\/08\/environnement-congo-des-forets-artificielles-detruites-non-loin-des-villes\/"},"modified":"2010-01-08T13:40:01","modified_gmt":"2010-01-08T13:40:01","slug":"environnement-congo-des-forets-artificielles-detruites-non-loin-des-villes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/01\/08\/environnement-congo-des-forets-artificielles-detruites-non-loin-des-villes\/","title":{"rendered":"ENVIRONNEMENT-CONGO: Des for\u00eats artificielles d\u00e9truites non loin des villes"},"content":{"rendered":"<p>KINTELE, Congo, 8 jan (IPS) &#8211; Occup\u00e9 sur une vaste \u00e9tendue \u00e0 dessoucher les troncs d\u2019eucalyptus, Adrien Otsali est l\u2019un des occupants dits &#8220;anarchiques&#8221; de la for\u00eat artificielle de Kintel\u00e9, une bourgade situ\u00e9e \u00e0 20 kilom\u00e8tres au nord de Brazzaville, la capitale congolaise.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>L\u2019Etat qui a bois\u00e9 plus de 300 hectares dans ce massif, peine aujourd\u2019hui \u00e0 prot\u00e9ger ces eucalyptus, d\u00e9truits quotidiennement par des populations en qu\u00eate de terrains pour construire leurs maisons.<\/p>\n<p> &#8220;Je suis venu arracher les derni\u00e8res souches d&#39;eucalyptus sur mon terrain avant de commencer la construction. J&#39;ai abattu tous les arbres ici pour d\u00e9gager mon terrain&#8221;, affirme Otsali \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Michel Epoua, un autre habitant de Brazzaville, vient d&#39;acqu\u00e9rir un terrain \u00e0 Kintel\u00e9. &#8220;Dans quelques jours, je raserais tous ces arbres&#8221;, indique-t-il \u00e0 IPS, tr\u00e8s d\u00e9termin\u00e9.  Plus loin, poussant une brouette pleine de charbon de bois, un r\u00e9fugi\u00e9 rwandais h\u00e9site \u00e0 parler \u00e0 IPS. En se faufilant entre les hautes herbes, il s&#39;\u00e9crie: &#8220;Si nous ne coupons pas ces arbres, comment allons-nous vivre?&#8221;.  Depuis 1996, une forte communaut\u00e9 rwandaise fuyant la guerre dans son pays, s&#39;est install\u00e9e \u00e0 Kintel\u00e9. Ces r\u00e9fugi\u00e9s ont d\u00e9j\u00e0 saccag\u00e9, d&#39;apr\u00e8s le Service national de reboisement (SNR), plus d&#39;une centaine d&#39;hectares d&#39;eucalyptus, pour en faire du charbon et du bois de chauffe, leur principale source de revenus.<\/p>\n<p> Selon des organisations de d\u00e9fense des droits de l&#39;Homme bas\u00e9es \u00e0 Brazzaville, quelque 5.000 r\u00e9fugi\u00e9s rwandais ont trouv\u00e9 asile dans la p\u00e9riph\u00e9rie nord de la capitale congolaise (Kintel\u00e9).<\/p>\n<p> &#8220;C&#39;est tout le monde qui vient couper les arbres ici. Il n&#39;y a pas que les Rwandais, m\u00eame les bourgeois qui construisent en \u00e9tage viennent. J&#39;ai beau les emp\u00eacher, mais personne ne m&#39;\u00e9coute. D&#39;ailleurs, ils reviennent me menacer, et je suis impuissant&#8221;, se plaint le chef du village Kintel\u00e9, Dominique Ngambio.  Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, on assiste \u00e0 une vraie ru\u00e9e des populations de Brazzaville vers ces terrains. &#8220;Nous ne pouvons pas acheter des parcelles en ville car elles co\u00fbtent tr\u00e8s cher&#8221;, explique Otsali \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> &quot;Sur les 300 hectares plant\u00e9s \u00e0 Kintel\u00e9, plus de la moiti\u00e9 a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 saccag\u00e9e&quot;, d\u00e9plore \u00e0 IPS, Gaston Boulingui, chef de station du SNR dans la zone.<\/p>\n<p> Le Congo a lanc\u00e9, depuis 1986, un programme de boisement et de reboisement, non loin des villes, et chaque ann\u00e9e, une journ\u00e9e de plantation d&#39;arbres est organis\u00e9e dans le pays. &#8220;En 1986, on ne parlait m\u00eame pas de changement climatique. Aujourd&#39;hui, nous sommes tr\u00e8s avanc\u00e9s&#8221;, avait d\u00e9clar\u00e9, avec satisfaction, le pr\u00e9sident Denis Sassou Nguesso, le 6 d\u00e9cembre dernier alors qu&#39;il plantait un arbre \u00e0 Brazzaville \u00e0 l\u2019occasion de la Journ\u00e9e nationale de l&#39;arbre et \u00e0 la veille du sommet sur le changement climatique de Copenhague.<\/p>\n<p> Mais l&#39;Etat est incapable de prot\u00e9ger ces espaces bois\u00e9s, squatt\u00e9s par des occupants anarchiques et de pauvres collecteurs de bois de chauffe.  A Pointe-Noire, ville c\u00f4ti\u00e8re et capitale \u00e9conomique de ce pays d&#39;Afrique centrale, le massif forestier de Mont Kamba est en train d&#39;\u00eatre d\u00e9truit par les populations. Sur les 42.000 hectares d&#39;eucalyptus plant\u00e9s, 500 hectares ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 d\u00e9truits par les occupants anarchiques, selon la direction d\u00e9partementale de l&#39;\u00e9conomie foresti\u00e8re de Pointe-Noire. Ces eucalyptus servent pourtant \u00e0 l&#39;\u00e9quilibre \u00e9cologique dans cette ville d&#39;exploitation p\u00e9troli\u00e8re o\u00f9 la pollution est tr\u00e8s forte.<\/p>\n<p> &#8220;C&#39;est un g\u00e9nocide forestier, il n&#39;y a pas un autre mot. Et \u00e9tonnamment, l&#39;Etat ne fait rien&#8221;, constate Jean Chrysostome Nziona, directeur de publication de l&#39;hebdomadaire &#39;L&#39;Observateur&#39;, paraissant \u00e0 Brazzaville.  Malgr\u00e9 la pr\u00e9sence des garde-forestiers, les populations n&#39;arr\u00eatent pas. &#8220;Elles viennent m\u00eame de nuit couper les arbres. Je vous assure que rien ne les arr\u00eate, c&#39;est pour certains une source de revenus&#8221;, t\u00e9moigne \u00e0 IPS, Jean de Dieu Ihouangou, garde-forestier \u00e0 Mont Kamba.<\/p>\n<p> Le gouvernement est en bataille ouverte avec les propri\u00e9taires terriens, r\u00e9habilit\u00e9s en 1991 par un acte de la Conf\u00e9rence nationale souveraine qui a mis fin au parti unique et instaur\u00e9 la d\u00e9mocratie dans le pays.  &#8220;Si l&#39;Etat veut de ces terrains, il doit les acheter. Il y a eu en 1991 un retour au domaine. Pourquoi l&#39;Etat ne veut pas reconna\u00eetre notre droit de lotir et de vendre les terrains ici?&#8221;, demande Jean Philippe Edzoualiko, propri\u00e9taire terrien \u00e0 Kintel\u00e9.<\/p>\n<p> &#8220;Nous ne vendons pas anarchiquement les parcelles, il s&#39;agit de nos terrains que l&#39;Etat avait spoli\u00e9s \u00e0 l&#39;\u00e9poque du monopartisme. Nous sommes chez nous, que l&#39;Etat enl\u00e8ve ses arbres, ou on les coupe&#8221;, d\u00e9clare \u00e0 IPS, Joseph Tchiniambi, membre de l&#39;Association des terriens du Kouilou (ATK), dans le sud-ouest du pays.  Devant ce dilemme des textes juridiques, la directrice du SNR, Rosalie Matondo, propose l&#39;expulsion de ces occupants. &#8220;Nous avons une loi qui reconna\u00eet les propri\u00e9taires fonciers, et une autre loi sur les for\u00eats. Devant la superposition de ces lois, on ne sait plus qui a droit \u00e0 quoi. Mais, la solution, c&#39;est que l&#39;Etat doit reconqu\u00e9rir tous ces terrains bois\u00e9s en proc\u00e9dant par des expulsions&#8221;, indique-t-elle, \u00e0 IPS.  Cette option ne para\u00eet pourtant pas facile car l&#39;Etat a maintes fois perdu les proc\u00e8s en justice contre ces propri\u00e9taires terriens. &#8220;Nous ne pouvons que jeter l&#39;anath\u00e8me sur l&#39;Etat car il n&#39;y a aucun texte qui prouve que ces terrains bois\u00e9s lui appartiennent. Avant de d\u00e9guerpir les occupants, l&#39;Etat doit le prouver&#8221;, explique \u00e0 IPS, Nina Alida Kiyindou, juriste et charg\u00e9 des for\u00eats \u00e0 l&#39;Observatoire congolais des droits de l&#39;Homme, une ONG bas\u00e9e \u00e0 Brazzaville.  L&#39;ATK est m\u00eame r\u00e9guli\u00e8rement consult\u00e9e par le tribunal de grande instance de Pointe-Noire pour des conflits fonciers. &#8220;L&#39;Etat s&#39;est mis la corde au cou en reconnaissant que l&#39;ATK pouvait vendre ces terrains bois\u00e9s. Et ces jugements sont douteux car la loi dit que la terre appartient \u00e0 celui qui la met en valeur, et c&#39;est l&#39;Etat qui l&#39;a fait (qui a mis en valeur ces terres)&#8221;, souligne \u00e0 IPS, Guy Roger Kinga, avocat \u00e0 Brazzaville.<\/p>\n<p> Toutefois, le ministre du D\u00e9veloppement durable et de l&#39;Economie foresti\u00e8re, Henri Djombo, a pr\u00e9vu de chasser en 2010 tous ceux qui occupent ces lieux. &quot;Nous les avons d\u00e9j\u00e0 identifi\u00e9s&quot;, a-t-il affirm\u00e9 devant des journalistes.  La for\u00eat congolaise repr\u00e9sente 2,5 millions d&#39;hectares, soit 60 pour cent du territoire national. Le Congo couvre 10 pour cent des for\u00eats du Bassin du Congo, le deuxi\u00e8me poumon vert du monde apr\u00e8s l&#39;Amazonie en Am\u00e9rique du sud.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>KINTELE, Congo, 8 jan (IPS) &#8211; Occup\u00e9 sur une vaste \u00e9tendue \u00e0 dessoucher les troncs d\u2019eucalyptus, Adrien Otsali est l\u2019un des occupants dits &#8220;anarchiques&#8221; de la for\u00eat artificielle de Kintel\u00e9, une bourgade situ\u00e9e \u00e0 20 kilom\u00e8tres au nord de Brazzaville,&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2010\/01\/08\/environnement-congo-des-forets-artificielles-detruites-non-loin-des-villes\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":430,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[31,5,11,12,1,3],"tags":[],"class_list":["post-4677","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-africa-centrale","category-afrique","category-developpement","category-environnement","category-headlines","category-population-refugies"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4677","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/430"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4677"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4677\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4677"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4677"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4677"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}