{"id":4666,"date":"2009-12-29T13:40:01","date_gmt":"2009-12-29T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/12\/29\/developpement-mali-quand-des-paysans-profitent-du-marche-de-carbone\/"},"modified":"2009-12-29T13:40:01","modified_gmt":"2009-12-29T13:40:01","slug":"developpement-mali-quand-des-paysans-profitent-du-marche-de-carbone","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/12\/29\/developpement-mali-quand-des-paysans-profitent-du-marche-de-carbone\/","title":{"rendered":"DEVELOPPEMENT-MALI: Quand des paysans profitent du march\u00e9 de carbone"},"content":{"rendered":"<p>BAMAKO, 29 d\u00e9c (IPS) &#8211; En plantant des &#39;acacias senegal&#39; pour pi\u00e9ger le carbone, gaz contribuant au r\u00e9chauffement climatique, des paysans maliens affirment gagner de quoi vivre. Mais, des revenus plus importants sont attendus de ces plantations.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\u00abCette p\u00e9pini\u00e8re est un motif de fiert\u00e9 pour moi, puisqu\u2019il me permet de nourrir ma famille\u00bb, d\u00e9clare \u00e0 IPS, Mohamed Abd Khib\u00e9, gardien de la p\u00e9pini\u00e8re d\u2019acacias du village de Dialoub\u00e9, dans le nord-ouest du Mali. Ce village maure se trouve dans cette r\u00e9gion de savane clairsem\u00e9e d\u2019arbustes, non loin de la Mauritanie. A une centaine de m\u00e8tres des maisons b\u00e2ties en pis\u00e9, se trouve la p\u00e9pini\u00e8re, entour\u00e9e d&#39;un grillage qui sifflote tant\u00f4t, battu par l&#39;harmattan, un vent sec et froid soufflant du Sahara.   Mais plus loin de ces jeunes pousses, se trouve une plantation de 50 hectares, r\u00e9alis\u00e9e en 2007 : une \u0153uvre du projet &#39;Mali acacia&#39; qui compte planter 6.000 hectares d\u2019acacias dans quatre villages de la zone. Le projet est un partenariat entre les communaut\u00e9s locales, la Banque mondiale, et &#39;Deguessi vert&#39;, une entreprise agro-industrielle du Mali.   Au d\u00e9but des plantations en 2007, chaque village avait plant\u00e9 50 hectares. Ces plants sont en quelque sorte l\u2019application du M\u00e9canisme de d\u00e9veloppement propre (MDP), l\u2019un des principaux outils du Protocole de Kyoto. Le principe du MDP veut que les pays pauvres, qui r\u00e9alisent des projets de r\u00e9duction du r\u00e9chauffement climatique, b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019un soutien de d\u00e9veloppement quelconque de la part des pays riches.   Par ailleurs, le cr\u00e9dit-carbone (une unit\u00e9 de mesure, g\u00e9n\u00e9ralement une tonne de gaz \u00e0 effet de serre) de ces projets est une source de revenus pour le d\u00e9veloppement des pays pauvres. \u00abEn dehors des autres formes d\u2019aide du MDP, il y a le march\u00e9 de carbone o\u00f9 on peut \u00e9changer les cr\u00e9dits-carbones des projets\u00bb, souligne \u00e0 IPS, Mamadou Dembel\u00e9, le point focal des projets MDP du Mali.   Quant au projet &#39;Mali acacia&#39;, il ambitionne de planter 10.000 hectares de cette plante pour l&#39;ensemble des zones concern\u00e9es par le projet au Mali. Ces arbres auront un impact positif sur le climat en s\u00e9questrant 100.000 tonnes de CO2 d&#39;ici \u00e0 2012 et plus de 500.000 tonnes d&#39;ici \u00e0 2017 (le prix de la tonne de carbone varie entre trois et 10 dollars). \u00abUne partie du carbone qui contribue \u00e0 la destruction de la couche d\u2019ozone est absorb\u00e9e par les plantes qui \u00e9mettent de l\u2019oxyg\u00e8ne\u00bb, affirme Dr Hamidou Konar\u00e9, chef de laboratoire \u00e0 L\u2019Institut d\u2019\u00e9conomie rurale (IER) de Bamako, la capitale malienne.   Mais, dans les villages de la zone de Dialoub\u00e9, les plants n\u2019ont pas encore atteint 1,30 m\u00e8tre, la taille d\u2019un arbre \u00e9ligible au cr\u00e9dit-carbone (son diam\u00e8tre doit avoir 2,5 centim\u00e8tres). Cependant, pour la premi\u00e8re fois, gr\u00e2ce \u00e0 ces plantations, les paysans de la localit\u00e9 seront des exportateurs de produits agricoles. \u00abDans cinq ans ou plus, les plants produiront de la gomme arabique que des usines de produits alimentaires (une marque de boisson et le chewing gum) pourront acheter\u00bb, explique \u00e0 IPS, Jean Ke\u00efta, un animateur du projet.   M\u00eame s\u2019il faut encore attendre un peu pour avoir ces revenus importants qui serviront \u00e0 construire des \u00e9coles et centres de sant\u00e9 dans les villages, le projet a d\u00e9j\u00e0 chang\u00e9 le quotidien des villageois. \u00abChaque ann\u00e9e, 33 familles migraient momentan\u00e9ment en Mauritanie ou en C\u00f4te d\u2019Ivoire pour chercher de l\u2019argent. Maintenant, seules \u00e0 peu pr\u00e8s trois familles le font\u00bb, t\u00e9moigne \u00e0 IPS, l\u2019ancien maire de Dialoub\u00e9, Cheick Billal Khib\u00e9.   Quelques villageois sont employ\u00e9s dans les plantations de fa\u00e7on permanente et gagnent 1.000 francs CFA (environ 1,5 euro) par jour. Par contre, chaque ann\u00e9e, au moment d\u2019activit\u00e9s intenses dont le remplissage des pots qui servent \u00e0 produire les p\u00e9pini\u00e8res, tous les bras valides trouvent du travail. \u00abJe gagne au moins 5.000 FCFA (environ huit euros) par jour en remplissant les pots\u00bb, d\u00e9clare le gardien de la plantation de Dialoub\u00e9.    Les populations locales utilisent cet argent pour se nourrir notamment car les r\u00e9coltes de leurs champs sont le plus souvent mauvaises \u00e0 cause du manque de pluies. A cet \u00e9gard, Les villages concern\u00e9s par le projet ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de 156 tonnes de c\u00e9r\u00e9ales en 2009, offertes par le Programme alimentaire mondial (PAM) contre leur travail dans les plantations.    En dehors de l\u2019argent que gagnent les villageois, les plantations ont d\u2019autres avantages imm\u00e9diats, notamment sur le plan agricole. Les sols de la zone sont pauvres, mais en les enrichissant, les pieds d\u2019acacias favorisent les cultures intercalaires que les paysans font entre les plants pendant la courte saison des pluies (de juillet \u00e0 septembre).   Toutefois, bien que l\u2019acacia soit un arbre tr\u00e8s r\u00e9sistant, les plants connaissent des difficult\u00e9s dans cette partie du Mali. \u00abL\u2019eau des puits traditionnels peu profonds et sal\u00e9e est impropre \u00e0 l\u2019agriculture et \u00e0 la consommation des m\u00e9nages. Et les forages modernes sont insuffisants pour ravitailler les populations et arroser les jeunes plants\u00bb, d\u00e9plore \u00e0 IPS, Moussa Tour\u00e9, responsable technique de la plantation du village de Tendj\u00e9, \u00e0 une vingtaine de kilom\u00e8tres de Dialoub\u00e9.   Au manque d\u2019eau, s\u2019ajoute la divagation des animaux. Chaque ann\u00e9e, des millions de petits ruminants transhument du sud de la Mauritanie au nord-ouest du Mali, d\u00e9truisant de nombreux jeunes plants sur leur passage. Un autre probl\u00e8me est le manque de moyen financier. En 2009, 600 hectares ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s dans les quatre villages de cette zone faute de ressources, ce qui est loin des 1.000 hectares pr\u00e9vus chaque ann\u00e9e.   Concernant l\u2019Etat malien, il s\u2019int\u00e9resse \u00e0 ces projets qu\u2019il d\u00e9fend aupr\u00e8s des pays d\u00e9velopp\u00e9s. En effet, le gouvernement demande la prolongation des d\u00e9lais d\u2019ex\u00e9cution des projets MDP lors des rencontres de n\u00e9gociation sur le changement climatique. \u00abVoici une trentaine d\u2019id\u00e9es de projet qui nous ont \u00e9t\u00e9 soumises. Le probl\u00e8me est que ces projets prennent du temps pour \u00eatre r\u00e9alis\u00e9s par leurs initiateurs\u00bb, rapporte Demb\u00e9l\u00e9.<\/p>\n<p> Les initiateurs des projets sont des communaut\u00e9s locales, des organisations non gouvernementales et des entrepreneurs qui collaborent avec la Banque mondiale, le plus grand acheteur des cr\u00e9dits-carbones. Le Mali demande une prolongation car les initiateurs rencontrent parfois des difficult\u00e9s pour r\u00e9aliser les projets dans les d\u00e9lais propos\u00e9s.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BAMAKO, 29 d\u00e9c (IPS) &#8211; En plantant des &#39;acacias senegal&#39; pour pi\u00e9ger le carbone, gaz contribuant au r\u00e9chauffement climatique, des paysans maliens affirment gagner de quoi vivre. 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