{"id":4655,"date":"2009-12-18T13:40:01","date_gmt":"2009-12-18T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/12\/18\/agriculture-congo-rafistoler-les-pistes-rurales-pour-evacuer-les-productions\/"},"modified":"2009-12-18T13:40:01","modified_gmt":"2009-12-18T13:40:01","slug":"agriculture-congo-rafistoler-les-pistes-rurales-pour-evacuer-les-productions","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/12\/18\/agriculture-congo-rafistoler-les-pistes-rurales-pour-evacuer-les-productions\/","title":{"rendered":"AGRICULTURE-CONGO: Rafistoler les pistes rurales pour \u00e9vacuer les productions"},"content":{"rendered":"<p>NGOUHA II, Congo, 18 d\u00e9c (IPS) &#8211; Pierre Ngoro, Le chef du village de Ngouha II, dans le sud du Congo-Brazzaville, organise un dimanche le travail de r\u00e9paration de la piste agricole permettant aux v\u00e9hicules d\u2019acc\u00e9der au march\u00e9 agricole de mardi. A Kolila, \u00e0 deux kilom\u00e8tres du village, le pont en grumes est cass\u00e9, et un grand bourbier emp\u00eache les v\u00e9hicules de passer.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\u00abSi nous ne faisons pas \u00e7a nous-m\u00eames, personne ne viendra \u00e0 notre aide, et nos produits agricoles vont pourrir. C\u2019est pourquoi tout le village est mobilis\u00e9 \u00e0 transporter la pierre, le bois et la terre. C\u2019est une solution efficace\u00bb, d\u00e9clare Ngoro \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Sous l\u2019ambiance des chants, les paysans travaillent toute la journ\u00e9e \u00e0 traiter le bourbier et r\u00e9parer le vieux pont, construit il y a une dizaine d\u2019ann\u00e9es par une soci\u00e9t\u00e9 foresti\u00e8re.  \u00abL\u00e0, c\u2019est bien fait! La derni\u00e8re fois, nous avons \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9s de transporter, sur la t\u00eate, les courges, l\u2019arachide, les tarots, les fruits, les l\u00e9gumes, le manioc roui et la chikwangue jusqu\u2019ici, le pont \u00e9tant cass\u00e9\u00bb, affirme Pierre Mavinda, un agriculteur.<\/p>\n<p> A des dizaines de kilom\u00e8tres de l\u00e0, les jeunes de Ndiba, village situ\u00e9 non loin de la gare ferroviaire de Bouansa, dans le sud-ouest, un grand grenier du Congo, ont pris l\u2019initiative de r\u00e9parer la piste agricole, suite aux multiples plaintes des agriculteurs qui voient pourrir leurs produits aux champs. Munis de pelles, de houes et de pioches, ils traitent les bourbiers, et les crevasses, notamment le passage \u00e0 la rivi\u00e8re Loua, o\u00f9 le pont n\u2019existe plus depuis quelques ann\u00e9es.  Jean Louamba, grand producteur de foufou (farine de manioc), de patates et de ma\u00efs \u00e0 Ndiba, \u00e9prouve de difficult\u00e9s pour transporter ses produits jusqu\u2019\u00e0 la gare. \u00abTous les v\u00e9hicules refusent car la route est tr\u00e8s mauvaise. Mon seul espoir, ce sont ces jeunes qui bricolent ici\u00bb, souligne-t-il \u00e0 IPS.  \u00abEn dehors de la ration que nous donnent les agriculteurs, nous demandons cinq dollars \u00e0 chaque v\u00e9hicule qui rentre au village. C\u2019est notre travail, nous devons y trouver notre compte, n\u2019est-ce pas?\u00bb, s\u2019interroge Armand Mpandzou, un des jeunes, entre deux rigolades.<\/p>\n<p> Mais, dans d\u2019autres localit\u00e9s, la situation est pire, comme celle que vit Gilbert Koumba, un producteur de bananes \u00e0 la gare ferroviaire de Les Saras. \u00abVoici une semaine que j\u2019attends le train marchandises pour \u00e9vacuer ces bananes \u00e0 Pointe-Noire. Il n\u2019y a que le train comme moyen de transport. J\u2019ai peur de tout perdre ici\u00bb, se lamente-t-il, accroupi devant son stock de bananes mures.<\/p>\n<p> A Kibangou, le pont sur la rivi\u00e8re Niari, construit par l\u2019administration coloniale des ann\u00e9es 1950, a \u00e9t\u00e9 bris\u00e9 par un grumier, coupant ainsi le bassin agricole de Diveni\u00e9, du centre de consommation de Dolisie, au sud-ouest.  \u00abQuelle que soit notre volont\u00e9, je ne vois pas comment on peut reconstruire ce pont\u00bb, regrette le d\u00e9put\u00e9 Serge Victor Ignoumba Maliga. Au Congo, les d\u00e9put\u00e9s construisent \u00e9galement, \u00e0 la place de l\u2019Etat, des pistes agricoles pour soulager leurs \u00e9lecteurs. Les d\u00e9put\u00e9s prennent de l\u2019argent dans leur salaire pour mobiliser les paysans pour des travaux d\u2019int\u00e9r\u00eat public dans un village, ou louer un engin pour r\u00e9habiliter une route, mais ces fonds ne leur sont pas rembours\u00e9s.   Face \u00e0 la d\u00e9gradation des pistes agricoles, les paysans sont oblig\u00e9s de prendre les initiatives pour ne pas voir pourrir leurs produits dans les camps ou dans les villages.  \u00abL\u2019enclavement est g\u00e9n\u00e9ral au Congo. Il n\u2019y a pas de pistes agricoles vers les grands bassins de production. Et les plaintes sont partout les m\u00eames\u00bb, d\u00e9clare, \u00e0 IPS, Ir\u00e8ne Mboukou-Kimbatsa, responsable de suivi-\u00e9valuation du Projet de d\u00e9veloppement agricole et de r\u00e9habilitation des pistes agricoles, financ\u00e9 \u00e0 50 pour cent par l\u2019Agence internationale de d\u00e9veloppement (IDA), qui est une filiale de la Banque mondiale.<\/p>\n<p> Le gouvernement qui apporte les 50 pour cent restants, a d\u00e9cid\u00e9, en coop\u00e9ration avec la Banque mondiale et l\u2019IDA, de r\u00e9aliser, en quatre ans, 1.321 km de pistes agricoles dans l\u2019ensemble du pays. \u00abCe n\u2019est rien par rapport aux besoins\u00bb, commente Mboukou-Kimbatsa.<\/p>\n<p> \u00abLe gouvernement n\u2019est pas indiff\u00e9rent car s\u2019il n\u2019y a pas de pistes, il n\u2019y aura pas de production agricole et nous mourrons de faim dans les grandes villes. M\u00eame si l\u2019Etat n\u2019ach\u00e8te pas les produits, les priv\u00e9s vont s\u2019int\u00e9resser \u00e0 cette production d\u00e8s lors qu\u2019il y a des pistes. Mais dans l\u2019\u00e9tat actuel des routes, je ne vois pas qui enverra casser son v\u00e9hicule\u00bb, explique Jean Isben Moukouba, coordonnateur des projets de coop\u00e9ration multilat\u00e9rale au minist\u00e8re de l\u2019Agriculture et de l\u2019Elevage, en charge des pistes agricoles.<\/p>\n<p> Par ailleurs, le Projet sur le d\u00e9veloppement rural (PRODER Sud), financ\u00e9 par le Fonds international de d\u00e9veloppement agricole (FIDA), compte construire 400 km de pistes agricoles. \u00abSur les 400 km \u00e0 r\u00e9aliser, nous avons d\u00e9j\u00e0 \u00e9tudi\u00e9 la moiti\u00e9 et les appels d\u2019offres pour commencer les travaux ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9s. La s\u00e9lection des pistes \u00e0 r\u00e9habiliter a \u00e9t\u00e9 faite en tenant compte des bassins agricoles\u00bb, explique \u00e0 IPS, Paul Bizibandoki, responsable du PRODER Sud.<\/p>\n<p> \u00abIl ne s\u2019agira pas de construire des kilom\u00e8tres lin\u00e9aires. La strat\u00e9gie du FIDA, c\u2019est traiter les goulots tels que les ponts, les dalots, les bourbiers. Mais l\u00e0 o\u00f9 c\u2019est normal, on ne traitera pas. La priorit\u00e9 du FIDA, c\u2019est permettre \u00e0 l\u2019agriculteur d\u2019acc\u00e9der au march\u00e9\u00bb, indique, pour sa part, Dominique Kenga, responsable du PRODER 3.<\/p>\n<p> Toutefois, les travaux n\u2019ont pas encore d\u00e9marr\u00e9 sur l\u2019ensemble des chantiers, malgr\u00e9 les attentes des agriculteurs. \u00abEn 2009, il \u00e9tait pr\u00e9vu qu\u2019on r\u00e9alise d\u00e9j\u00e0 123 km de pistes. Mais, la proc\u00e9dure des \u00e9tudes, des passations de march\u00e9 et de financement nous a donn\u00e9 du retard\u00bb, constate Mboukou-Kimbatsa.<\/p>\n<p> \u00abQuel que soit le rythme, r\u00e9habiliter les routes est une n\u00e9cessit\u00e9 pour nous. Par le pass\u00e9, beaucoup de pistes agricoles ont \u00e9t\u00e9 construites, mais les paysans ne s\u2019impliquent pas dans l\u2019entretien. Et d\u00e8s qu\u2019il pleut, rien n\u2019est plus praticable\u00bb, observe Moukouba.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>NGOUHA II, Congo, 18 d\u00e9c (IPS) &#8211; Pierre Ngoro, Le chef du village de Ngouha II, dans le sud du Congo-Brazzaville, organise un dimanche le travail de r\u00e9paration de la piste agricole permettant aux v\u00e9hicules d\u2019acc\u00e9der au march\u00e9 agricole de&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/12\/18\/agriculture-congo-rafistoler-les-pistes-rurales-pour-evacuer-les-productions\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":430,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[31,5,37,11,6,1,3],"tags":[],"class_list":["post-4655","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-africa-centrale","category-afrique","category-afrique-cultiver-le-futur","category-developpement","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines","category-population-refugies"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4655","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/430"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4655"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4655\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4655"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4655"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4655"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}