{"id":4607,"date":"2009-11-13T13:40:01","date_gmt":"2009-11-13T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/11\/13\/droits-afrique-la-lutte-contre-lexcision-continue-de-gagner-des-voix\/"},"modified":"2009-11-13T13:40:01","modified_gmt":"2009-11-13T13:40:01","slug":"droits-afrique-la-lutte-contre-lexcision-continue-de-gagner-des-voix","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/11\/13\/droits-afrique-la-lutte-contre-lexcision-continue-de-gagner-des-voix\/","title":{"rendered":"DROITS-AFRIQUE: La lutte contre l\u2019excision continue de gagner des voix"},"content":{"rendered":"<p>KAMPALA, 13 nov (IPS) &#8211; Il y a plus de trois d\u00e9cennies, une fille de 14ans, sa s\u0153ur et un groupe de jeunes adolescentes originaires de Bukwo se dirigeaient vers le fleuve Amana pour une c\u00e9r\u00e9monie qui changerait leurs vies \u00e0 jamais.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Depuis l\u2019enfance, Gertrude Chebet avait \u00e9t\u00e9 inform\u00e9e du jour o\u00f9 elle allait devenir une femme. Elle a \u00e9t\u00e9 amen\u00e9e \u00e0 croire que ce serait un grand moment de changement et que c\u2019\u00e9tait quelque chose \u00e0 esp\u00e9rer avec beaucoup de joie.<\/p>\n<p> Pendant qu\u2019elle et sa s\u0153ur ont commenc\u00e9 cette randonn\u00e9e matinale, \u00e0 partir de leur village dans l\u2019est de l&#39;Ouganda, dans le froid et \u00e0 travers les buissons vers le lieu de l&#39;initiation, elle esp\u00e9rait que cela devait \u00eatre le plus beau jour de sa vie.  Mais elle s\u2019\u00e9tait tromp\u00e9e. Il s&#39;est av\u00e9r\u00e9 \u00eatre le plus p\u00e9nible.<\/p>\n<p> &#8220;L&#39;une des femmes les plus \u00e2g\u00e9es qui supervisait l\u2019excision a pris un \u00e9chantillon de notre salive, de notre urine et de nos poils pubiens, puis a enterr\u00e9 le tout. Elle nous a ensuite ordonn\u00e9 de nous allonger sur le sol et apr\u00e8s la premi\u00e8re coupe, j&#39;ai perdu conscience et je ne peux pas me souvenir de ce qui s&#39;est pass\u00e9 par la suite&#8221;, se souvient-elle maintenant.<\/p>\n<p> M\u00eame apr\u00e8s avoir perdu connaissance, elle et les autres filles n&#39;ont pas \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9es \u00e0 utiliser la m\u00e9decine moderne pour soigner leurs blessures. Elle a \u00e9t\u00e9 plut\u00f4t forc\u00e9e \u00e0 utiliser l&#39;urine de vache, prescrite par ses a\u00een\u00e9es.  Aujourd&#39;hui, Chebet est une enseignante au primaire et fait des campagnes contre l&#39;excision, autrement appel\u00e9e &#39;mutilation g\u00e9nitale f\u00e9minine&#39; (MGF).<\/p>\n<p> Chebet la condamne comme \u00e9tant inutilement cruelle et inhumaine. Elle est la pr\u00e9sidente de &#39;Kapchorwa\/Bukwo Women in Peace Initiative&#39; (Initiative des femmes en paix de Kapchorwa\/Bukwo), un groupe de pression militant pour la promulgation de lois visant \u00e0 abolir la MGF.  Mais il s&#39;est av\u00e9r\u00e9 \u00eatre un long et dur combat pour changer une tradition s\u00e9culaire. M\u00eame ceux qui sont en position de pouvoir ont du mal \u00e0 changer la culture de la mutilation faite aux jeunes filles.  Bien que l&#39;Ouganda soit un signataire du Protocole de Maputo &#8211; une charte adopt\u00e9e par l&#39;Union africaine qui garantit les droits des femmes, y compris le droit de mettre fin \u00e0 la mutilation g\u00e9nitale f\u00e9minine &#8211; il n&#39;a pas adopt\u00e9 une loi proscrivant la pratique.  Alors qu\u2019au d\u00e9but de cette ann\u00e9e, le pr\u00e9sident Yoweri Museveni a condamn\u00e9 la pratique, son gouvernement a \u00e9t\u00e9 lent \u00e0 passer une interdiction totale sur l&#39;excision, en partie parce que son parti a besoin des voix de ceux qui soutiennent largement la pratique.<\/p>\n<p> La force des \u00e9lecteurs est particuli\u00e8rement \u00e9vidente dans les communaut\u00e9s o\u00f9 l&#39;excision est une pratique r\u00e9pandue. Ici, les femmes qui n&#39;ont pas \u00e9t\u00e9 mutil\u00e9es ont des difficult\u00e9s \u00e0 \u00eatre \u00e9lues et certaines ont perdu les \u00e9lections \u00e0 cause de leur campagne anti-MGF.<\/p>\n<p> Jane Frances Kuka, l&#39;ancienne ministre du Genre et ancienne femme d\u00e9put\u00e9e pour le district de Kapchorwa, une r\u00e9gion qui a des lois interdisant l&#39;excision, a perdu son si\u00e8ge parlementaire, partiellement pour avoir fait campagne contre la MGF.<\/p>\n<p> &#8220;Mes adversaires ont utilis\u00e9 ma position contre la mutilation g\u00e9nitale f\u00e9minine comme une arme contre moi. Des a\u00een\u00e9s disaient qui est celle-ci (elle) pour contrarier notre culture?&#8221;, indique-t-elle.  L&#39;excision est pratiqu\u00e9e chez les Sabiny, les Sebei et les Pokot dans l\u2019est de l\u2019Ouganda. Elle se fait de diff\u00e9rentes mani\u00e8res \u00e0 travers le monde, mais en Ouganda, elle implique l&#39;ablation totale du clitoris et le raclement des parties intimes de la femme.<\/p>\n<p> &#8220;Il est courant que les filles saignent \u00e0 mort apr\u00e8s l\u2019excision. D&#39;autres sont infect\u00e9es par des maladies, certaines meurent de t\u00e9tanos. Beaucoup de filles d\u00e9veloppent des probl\u00e8mes qui les affectent pendant l&#39;accouchement&#8221;, d\u00e9clare Chebet.<\/p>\n<p> En 2007, les conseils du district de Kapchorwa et de Bukwo ont adopt\u00e9 des arr\u00eat\u00e9s qui interdisent l&#39;excision. Toutefois, ces textes sont largement ignor\u00e9s et en d\u00e9cembre 2008, pr\u00e8s de 40 filles \u00e0 Kapchorwa et plus de 100 \u00e0 Bukwo ont \u00e9t\u00e9 soumises \u00e0 ce rituel.  Chebet estime que la route vers l&#39;\u00e9limination de la MGF est longue et difficile. Cependant, quelques progr\u00e8s consid\u00e9rables sont en train d\u2019\u00eatre faits \u00e0 travers la promulgation des arr\u00eat\u00e9s contre la pratique par des sous-comt\u00e9s \u00e0 Kapchorwa et \u00e0 Bukwo. Elle affirme que la cl\u00e9 r\u00e9side dans une loi nationale contre la mutilation g\u00e9nitale f\u00e9minine.  En avril 2007, les femmes activistes, sous leur organisation fa\u00eeti\u00e8re appel\u00e9e &#39;Law and Advocacy for Women in Uganda&#39; (Loi et plaidoyer pour les femmes en Ouganda), ont pr\u00e9sent\u00e9 une p\u00e9tition \u00e0 la Cour constitutionnelle dans un effort visant \u00e0 interdire l\u2019excision.  Elles affirment que la mutilation g\u00e9nitale f\u00e9minine est une violation des droits constitutionnels des femmes et que c&#39;est une forme de torture qui constitue un traitement cruel et inhumain.  Le cabinet du procureur g\u00e9n\u00e9ral, \u00e9galement minist\u00e8re de la Justice, a demand\u00e9 \u00e0 la cour de rejeter la p\u00e9tition. La Cour constitutionnelle a d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019elle n\u2019avait pas encore statu\u00e9 sur l&#39;affaire.<\/p>\n<p> Rukia Nakadama, ministre de la Culture de l\u2019Ouganda, affirme que le gouvernement est maintenant d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 travailler avec les communaut\u00e9s o\u00f9 la MGF est pratiqu\u00e9e en vue de l&#39;interdire.  Elle dit que le gouvernement appuiera \u00e9galement le projet de loi anti-MGF pr\u00e9sent\u00e9 au parlement par un d\u00e9put\u00e9 de base &#8211; qui est un membre du parti au pouvoir le &#39;National Resistance Movement&#39; (Mouvement national de r\u00e9sistance).  Chris Baryomunsi, d\u00e9put\u00e9 de Kinkizi East (Kinkizi-est), un docteur en m\u00e9decine originaire d&#39;une r\u00e9gion o\u00f9 la MGF n\u2019est pas pratiqu\u00e9e, a d\u00e9pos\u00e9 au parlement ougandais une proposition de loi visant \u00e0 interdire la pratique.  Les d\u00e9put\u00e9s ougandais, aux termes de l&#39;article 94 de la constitution, peuvent initier une loi (en vertu de la proposition de loi faite par un simple) s\u2019ils sentent que l\u2019organe ex\u00e9cutif du gouvernement n&#39;a pas initi\u00e9 une.<\/p>\n<p> Baryomunsi dit \u00e0 IPS qu&#39;il se sent oblig\u00e9, en tant que m\u00e9decin et l\u00e9gislateur, de faire quelque chose pour les filles et les femmes dans cette partie de l&#39;Ouganda.  &#8220;Je ressens de la douleur et la tristesse que cela se passe en Ouganda. Que des femmes, volontaires ou involontaires, soient soumises \u00e0 des m\u00e9thodes grossi\u00e8res pour faire couper une partie de leurs corps alors qu\u2019il n&#39;y a aucun avantage m\u00e9dical. J&#39;ai d\u00fb prendre les devants pour lutter contre cette injustice&#8221;, explique-t-il.<\/p>\n<p> Baryomunsi est soutenu par certaines femmes activistes, notamment la vice-pr\u00e9sidente du parlement ougandais, Rebecca Kadaga, et il souhaite que la loi criminalise la mutilation g\u00e9nitale f\u00e9minine.  Le projet de loi propose des sanctions s\u00e9v\u00e8res pour les chirurgiens traditionnels et les parents qui encouragent la MGF; elle sugg\u00e8re qu\u2019ils prennent jusqu\u2019\u00e0 15 ans d\u2019emprisonnement, s\u2019ils sont impliqu\u00e9s.  Baryomunsi souhaite \u00e9galement que la loi pr\u00e9voie que le consentement d&#39;une fille ou d\u2019une femme ne sera pas une justification valable, \u00e9tant donn\u00e9 les risques de sant\u00e9 li\u00e9s \u00e0 la MGF.<\/p>\n<p> Gertrude Kulany, \u00e9galement une ancienne d\u00e9put\u00e9e, d\u00e9clare que l&#39;interdiction de la pratique, \u00e0 travers la loi uniquement, peut ne pas \u00eatre la solution. Elle indique \u00e0 IPS qu&#39;il devrait y avoir une discrimination positive visant \u00e0 accro\u00eetre l&#39;\u00e9ducation des enfants filles afin que les jeunes filles elles-m\u00eames soient assez \u00e9duqu\u00e9es pour refuser de subir la pratique.  Baryomunsi esp\u00e8re que le projet de loi gagnera le soutien des deux-tiers n\u00e9cessaires pour son adoption et pour qu&#39;il devienne une loi. Les s\u00e9ances pl\u00e9ni\u00e8res n\u2019ont pas encore eu lieu au parlement, mais plusieurs d\u00e9put\u00e9s se sont d\u00e9j\u00e0 engag\u00e9s \u00e0 soutenir son adoption comme loi.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>KAMPALA, 13 nov (IPS) &#8211; Il y a plus de trois d\u00e9cennies, une fille de 14ans, sa s\u0153ur et un groupe de jeunes adolescentes originaires de Bukwo se dirigeaient vers le fleuve Amana pour une c\u00e9r\u00e9monie qui changerait leurs vies&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/11\/13\/droits-afrique-la-lutte-contre-lexcision-continue-de-gagner-des-voix\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":616,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,13,11,10,27,1,4,30],"tags":[],"class_list":["post-4607","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-culture-religion-sport","category-developpement","category-droits-humains","category-east-africa","category-headlines","category-sante","category-special-culture-religion-et-genre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4607","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/616"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4607"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4607\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4607"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4607"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4607"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}