{"id":4558,"date":"2009-10-12T13:40:01","date_gmt":"2009-10-12T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/10\/12\/commerce-des-africains-menacent-de-bloquer-les-negociations-a-lomc-sur-les-subventions-agricoles\/"},"modified":"2009-10-12T13:40:01","modified_gmt":"2009-10-12T13:40:01","slug":"commerce-des-africains-menacent-de-bloquer-les-negociations-a-lomc-sur-les-subventions-agricoles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/10\/12\/commerce-des-africains-menacent-de-bloquer-les-negociations-a-lomc-sur-les-subventions-agricoles\/","title":{"rendered":"COMMERCE: Des Africains menacent de bloquer les n\u00e9gociations \u00e0 l\u2019OMC sur les subventions agricoles"},"content":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 12 oct (IPS) &#8211; Les ministres du Commerce des pays de l\u2019Initiative coton ou C4 (B\u00e9nin, Burkina Faso, Mali et Tchad) menacent pour la premi\u00e8re fois de bloquer toutes les futures n\u00e9gociations sur la lib\u00e9ralisation du commerce si la question des subventions agricoles, notamment celle du coton, n\u2019\u00e9tait pas r\u00e9solue.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\u00abJe ne vous cache pas que nous avons des armes\u00bb, a lanc\u00e9 le ministre malien de l\u2019Industrie, des Investissements et du Commerce, Ahmadou Abdoulaye Diallo, \u00e0 l\u2019issue d\u2019une rencontre de concertation des ministres du C4, jeudi dernier \u00e0 Ouagadougou, la capitale burkinab\u00e9.<\/p>\n<p> En avril 2003, le B\u00e9nin, le Burkina Faso, le Mali et le Tchad avaient soumis \u00e0 l\u2019Organisation mondiale du commerce (OMC) une initiative sectorielle en faveur du coton. Ces pays appel\u00e9s C4 \u00e0 l\u2019OMC demandaient l\u2019\u00e9limination rapide des subventions des pays riches pour le coton et un soutien transitoire pour compenser les pertes de revenus chez les producteurs africains.<\/p>\n<p> La premi\u00e8re arme, selon le ministre malien, tient \u00e0 ce que les n\u00e9gociations du Cycle de Doha sur la lib\u00e9ralisation des \u00e9changes sont des n\u00e9gociations globales qui ne peuvent \u00eatre mises en \u0153uvre que si tous les pays approuvent les accords.<\/p>\n<p> \u00abSi nous ne trouvons pas notre compte en ce qui concerne particuli\u00e8rement le coton, nous allons nous dissocier de tout le reste des n\u00e9gociations. Donc, les autres pays n\u2019ont pas int\u00e9r\u00eat de ce que nous ne soyons pas signataires de l\u2019accord global\u00bb, avertit Diallo.<\/p>\n<p> Lors de leur r\u00e9cente rencontre \u00e0 Pittsburg, aux Etats-Unis, les pays membres du G-20 avaient souhait\u00e9 une conclusion des n\u00e9gociations du Cycle de Doha d\u2019ici \u00e0 l\u2019ann\u00e9e prochaine au plus tard.<\/p>\n<p> Mais les ministres du C4 annoncent qu\u2019ils pourraient aller, le cas \u00e9ch\u00e9ant, au r\u00e8glement des diff\u00e9rents, ou recourir aux repr\u00e9sailles commerciales pour bloquer ces n\u00e9gociations.<\/p>\n<p> \u00abPour nous, l\u2019essentiel, c\u2019est de d\u00e9fendre la cause du coton, c\u2019est de faire entendre la voix des producteurs de coton africains\u00bb, d\u00e9clare le ministre burkinab\u00e9 du Commerce, de la Promotion, de l\u2019Entreprise et de l\u2019Artisanat, Mamadou Sanou.<\/p>\n<p> \u00abL\u2019essentiel c\u2019est de mettre la pression sur les Am\u00e9ricains et les Europ\u00e9ens pour les amener \u00e0 r\u00e9duire, sinon \u00e0 supprimer les subventions qu\u2019ils apportent \u00e0 leurs producteurs. C\u2019est parce qu\u2019il n\u2019y a pas de garantie que nous allons en rang serr\u00e9\u00bb, ajoute Sanou.<\/p>\n<p> Par ailleurs, les ministres du C4 insistent pour que le coton soit d\u00e9sormais trait\u00e9 en priorit\u00e9 lors des n\u00e9gociations sur le commerce et non relay\u00e9 au dernier jour des n\u00e9gociations.  Les pays citent, en exemple, le mini-sommet minist\u00e9riel de l\u2019an dernier \u00e0 Gen\u00e8ve, au cour de laquelle, seul le coton n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 abord\u00e9 car il \u00e9tait inscrit en dernier point des n\u00e9gociations sur l\u2019agriculture qui comportaient cinq autres \u00e9l\u00e9ments comme l\u2019acc\u00e8s au march\u00e9, les produits sensibles, les produits sp\u00e9ciaux, et les m\u00e9canismes de sauvegarde sp\u00e9ciale.<\/p>\n<p> Selon les ministres africains, malgr\u00e9 les pressions, les subventions am\u00e9ricaines et europ\u00e9ennes \u00e0 leurs producteurs de coton atteignent respectivement 2,5 milliards de dollars et 360 millions d\u2019euros par an.  Apr\u00e8s l\u2019\u00e9chec des n\u00e9gociations de l\u2019OMC \u00e0 Doha en 2001 suite au refus des pays pauvres de lib\u00e9raliser davantage les \u00e9changes tant que les aspects du d\u00e9veloppement n\u2019\u00e9taient pas pris en compte dans les accords, les pays membres de l\u2019OMC avaient conclu en 2005, \u00e0 Hong Kong, qu\u2019il fallait traiter, de fa\u00e7on \u00abambitieuse, rapide et sp\u00e9cifique\u00bb, le coton en raison du caract\u00e8re vital de l\u2019activit\u00e9 pour certains pays africains.<\/p>\n<p> La d\u00e9claration de Hong Kong appelait \u00e0 l\u2019\u00e9limination de toutes les formes de subvention \u00e0 l\u2019exportation par les pays d\u00e9velopp\u00e9s en 2006 et la r\u00e9duction des soutiens internes \u00e0 la production de coton.<\/p>\n<p> \u00abOn a plus de chance d\u2019\u00eatre \u00e9cout\u00e9 cette fois\u00bb, se r\u00e9jouit Fran\u00e7ois Traor\u00e9, le pr\u00e9sident de l\u2019Association des producteurs de coton africains (APROCA) cr\u00e9\u00e9e en 2004 pour faire face \u00e0 la crise de la fili\u00e8re coton qui affecte environ 20 millions de personnes en Afrique de l&#39;ouest et du centre.<\/p>\n<p> &#8220;Il faut que les pays d\u00e9velopp\u00e9s, qui subventionnent leurs producteurs, comprennent que nous ne pouvons pas d\u00e9velopper notre \u00e9conomie, et nous ne pourrons pas acheter leurs productions car nous sommes pauvres \u00e0 cause de leur distorsion du commerce. Il faut donc permettre que notre richesse augmente&#8221;, explique Traor\u00e9.  Selon une \u00e9tude de l\u2019ONG Oxfam, la suppression compl\u00e8te des subventions pour le coton am\u00e9ricain entra\u00eenerait une augmentation mondiale du prix du coton de six \u00e0 14 pour cent. Cela se traduirait par un revenu suppl\u00e9mentaire de cinq \u00e0 12 pour cent pour les producteurs, ce qui permettrait de nourrir un million d\u2019enfants suppl\u00e9mentaires par an ou de payer les frais scolaires pour au moins deux millions d\u2019enfants de fermiers d\u2019Afrique de l\u2019ouest d\u00e9pendant de la production du coton.<\/p>\n<p> Une r\u00e9forme des subventions sur le coton pourrait en outre am\u00e9liorer consid\u00e9rablement le bien-\u00eatre de plus d&#39;un million de foyers en Afrique occidentale, soit 10 millions de personnes en augmentant leurs revenus issus du coton de huit \u00e0 20 pour cent, ajoute Oxfam.<\/p>\n<p> Le soutien direct et total \u00e0 la production du coton s\u2019\u00e9levait \u00e0 plus de trois milliards de dollars au cours de la p\u00e9riode 2008-2009, soit l\u2019\u00e9quivalent de 50 centimes de dollars par livre de production r\u00e9elle, selon le Comit\u00e9 consultatif international pour le coton (CCIC).<\/p>\n<p> En juin 2003, le pr\u00e9sident du Burkina Faso, Blaise Compaor\u00e9, s\u2019\u00e9tait rendu au si\u00e8ge de l\u2019OMC \u00e0 Gen\u00e8ve, accompagn\u00e9 de deux producteurs de coton et des ministres du Commerce du Mali, du B\u00e9nin et du Tchad, pour d\u00e9fendre les cotonculteurs de ces pays et ceux d\u2019Afrique de l\u2019ouest et du centre qui souffrent des subventions agricoles. C\u2019\u00e9tait la premi\u00e8re fois qu\u2019un pr\u00e9sident d\u00e9fendait un dossier \u00e0 l\u2019OMC.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 12 oct (IPS) &#8211; Les ministres du Commerce des pays de l\u2019Initiative coton ou C4 (B\u00e9nin, Burkina Faso, Mali et Tchad) menacent pour la premi\u00e8re fois de bloquer toutes les futures n\u00e9gociations sur la lib\u00e9ralisation du commerce si la&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/10\/12\/commerce-des-africains-menacent-de-bloquer-les-negociations-a-lomc-sur-les-subventions-agricoles\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":13,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,6,1,3,29,32],"tags":[],"class_list":["post-4558","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines","category-population-refugies","category-west-africa","category-wto-conference-hong-kong"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4558","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4558"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4558\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4558"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4558"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4558"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}