{"id":4509,"date":"2009-09-09T13:40:01","date_gmt":"2009-09-09T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/09\/09\/senegal-moderniser-lagriculture-pour-la-securite-alimentaire\/"},"modified":"2009-09-09T13:40:01","modified_gmt":"2009-09-09T13:40:01","slug":"senegal-moderniser-lagriculture-pour-la-securite-alimentaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/09\/09\/senegal-moderniser-lagriculture-pour-la-securite-alimentaire\/","title":{"rendered":"SENEGAL: Moderniser l\u2019agriculture pour la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire"},"content":{"rendered":"<p>DAKAR, 9 sep (IPS) &#8211; Le S\u00e9n\u00e9gal a adopt\u00e9 une strat\u00e9gie nationale de production agricole locale diversifi\u00e9e visant \u00e0 promouvoir les revenus et \u00e0 relever le d\u00e9fi de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire. Cependant, les m\u00e9thodes de culture pratiqu\u00e9es dans les quelque 440.000 exploitations du pays sont trop simples requ\u00e9rant une modernisation.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Cette strat\u00e9gie nationale a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e cette ann\u00e9e sous le nom de la Grande offensive agricole pour la nourriture et l\u2019abondance (GOANA 2). A cela, s&#39;ajoute le Programme de d\u00e9veloppement des march\u00e9s agricoles du S\u00e9n\u00e9gal, qui soutient l&#39;agriculture avec 13,5 milliards de francs CFA (environ 29,3 millions de dollars).<\/p>\n<p> Bien que le secteur agricole fasse vivre environ 60 pour cent de la population s\u00e9n\u00e9galaise et repr\u00e9sente 18 pour du produit int\u00e9rieur brut, la plupart des agriculteurs se contentent de cultiver leurs modestes lopins au moyen de simples outils manuels, sans pratiquement aucun engrais ou aide ext\u00e9rieure autre que les pr\u00e9cipitations quand elles sont bonnes.  Mamadou Sall, pr\u00e9sident du Conseil national de concertation et de coop\u00e9ration des ruraux, explique que les probl\u00e8mes, qui se posent aux agriculteurs s\u00e9n\u00e9galais, ne datent pas d&#39;hier et touchent \u00e0 la fois les cultivateurs de produits vivriers et les producteurs de cultures commerciales, en particulier d&#39;arachide.   Sall souligne que la productivit\u00e9 agricole demeure tr\u00e8s faible et que la plupart des agriculteurs vivent en dessous du seuil national de pauvret\u00e9. \u00abDans les r\u00e9gions, le sol est \u00e9rod\u00e9 ou acidifi\u00e9. Cette situation a contribu\u00e9 \u00e0 la paup\u00e9risation des populations rurales et \u00e0 l&#39;ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire dans les r\u00e9gions; et dans tout ceci, l\u2019Etat n\u2019\u00e9tablit que des projets utopiques\u00bb, d\u00e9clare-t-il \u00e0 IPS.  Le rapport de 2008 du Programme des Nations Unies pour le d\u00e9veloppement (PNUD) sur le d\u00e9veloppement humain du S\u00e9n\u00e9gal indique qu\u2019environ 85 pour cent de la population rurale de ce pays d\u2019Afrique de l\u2019ouest vit en dessous du seuil de pauvret\u00e9. Ce taux est sensiblement sup\u00e9rieur \u00e0 la moyenne de 60 pour cent pour l&#39;ensemble de la population s\u00e9n\u00e9galaise.  Abdou Gueye, agronome et agriculteur, pense que bon nombre de projets \u00e9tablis pour d\u00e9velopper le secteur de agricole par le gouvernement du pr\u00e9sident Abdoulaye Wade n&#39;ont toutefois pas eu d&#39;effets dans les campagnes. Pis encore, certaines ann\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9es par des pr\u00e9cipitations insuffisantes.  Ces conditions, selon Gueye, ont contribu\u00e9 \u00e0 une diminution constante de la production c\u00e9r\u00e9ali\u00e8re du pays, qui est pass\u00e9e de plus de 1,2 million de tonnes de millet, de sorgho, de riz et de ma\u00efs au cours de la saison agricole 1999-2000, \u00e0 seulement 650.000 tonnes en 2007-2008.  Miniane Diouf, membre du Forum social s\u00e9n\u00e9galais, soutient que la souverainet\u00e9 premi\u00e8re d\u2019un peuple, c\u2019est sa capacit\u00e9 \u00e0 se nourrir. Selon lui, la production locale du riz ne couvre que 20 pour cent des besoins annuels. Le pays d\u00e9pend, \u00e0 hauteur de 75 pour cent, des importations d\u2019un seul pays (la Tha\u00eflande) dont l\u2019offre risque d\u2019\u00eatre absorb\u00e9e par la Chine voisine qui est devenue importatrice de riz.  Pourtant, faisant le bilan de la campagne agricole, le ministre de l\u2019Agriculture et de la Pisciculture, Fatou Gaye Sarr, a affirm\u00e9 que les perspectives c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res pour 2008-2009 ont couvert 69 pour cent des besoins des populations, estim\u00e9s \u00e0 2,3 millions de tonnes, contre 38 pour cent l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente. Pour le riz, le taux de couverture des besoins du pays est pass\u00e9 de 19 pour cent \u00e0 40 pour cent.<\/p>\n<p> Selon Gaye Sarr, la Goana 1 \u2013 adopt\u00e9e en 2008 &#8211; a \u00e9t\u00e9 une r\u00e9ussite gr\u00e2ce aux efforts de l\u2019Etat dans la subvention des intrants (engrais et semences notamment) et \u00e0 une forte mobilisation des acteurs du monde rural pour concr\u00e9tiser la vision et l\u2019appel du chef de l\u2019Etat afin d\u2019atteindre la souverainet\u00e9 alimentaire.<\/p>\n<p> Pour la campagne agricole 2009-2010, les objectifs de production des principales cultures c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res sont fix\u00e9s \u00e0 750.000 tonnes pour le riz, un million de tonnes pour le ma\u00efs, et 1,5 million de tonnes pour le mil, le sorgho, le bl\u00e9 et le fonio, explique-t-elle \u00e0 IPS.  Pour sa part, Bineta Coulibaly, directrice g\u00e9n\u00e9rale de la Vivri\u00e8re, une association locale de femmes, plaide pour le retour \u00e0 la terre et au \u00abconsommer local\u00bb pour r\u00e9ussir la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire au S\u00e9n\u00e9gal. \u00abL\u2019activit\u00e9 de transformation des c\u00e9r\u00e9ales comme le riz peut pr\u00e9senter des produits pr\u00eats \u00e0 l\u2019emploi\u00bb.  \u00abSi on arrive au S\u00e9n\u00e9gal \u00e0 avoir du mil en quantit\u00e9 et en qualit\u00e9, avec des \u00e9quipements de production, suivi d\u2019une bonne sensibilisation de la population, on peut arriver \u00e0 prendre en charge une bonne part du march\u00e9 du riz\u00bb, soutient-t-elle.  Cependant, Laye Diop, professeur d\u2019\u00e9conomie \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Cheikh Anta Diop de Dakar, estime qu\u2019il sera difficile au S\u00e9n\u00e9gal d\u2019atteindre l\u2019autosuffisance alimentaire, et ne croit pas au redressement \u00e9conomique. Selon lui, le pays est tr\u00e8s endett\u00e9. \u00abLes entreprises cr\u00e9atrices d\u2019emplois, et susceptibles de d\u00e9velopper et de transformer les produits locaux, sont mises en faillite par ce m\u00eame gouvernement qui veut d\u00e9velopper l\u2019agriculture. Ce n\u2019est pas possible\u00bb, d\u00e9clare-t-il \u00e0 IPS.  \u00abLes terres cultivables sont surexploit\u00e9es. Les paysans ne trouvent m\u00eame pas de la bonne graine pour semer. L\u2019engrais est pratiquement introuvable. Il n\u2019est pas concevable qu&#39;entre 2002 et 2003, les paysans soient pass\u00e9s d&#39;un rendement moyen de 1,2 tonne \u00e0 quatre tonnes \u00e0 l\u2019hectare pour les c\u00e9r\u00e9ales. Comment peut-on atteindre donc la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire?\u00bb, se demande-t-il.  Alioune Ndiaye, p\u00e8re de famille r\u00e9sidant \u00e0 Dakar-Plateau, affirme que le S\u00e9n\u00e9gal a recul\u00e9 de plus de dix ans depuis l\u2019av\u00e8nement du r\u00e9gime Wade en 2000. \u00abAvant, avec le Parti socialiste, on disait que \u00e7a n\u2019allait pas, mais on trouvait qu\u2019en m\u00eame \u00e0 bien manger, mais avec le gouvernement Wade, on ne vit plus\u00bb.  \u00abLes S\u00e9n\u00e9galais souffrent trop, on ne mange plus bien. Tout est cher et apr\u00e8s on nous parle de la GOANA, du Plan R\u00e9va et autres pour que les S\u00e9n\u00e9galais mangent \u00e0 leur faim, c\u2019est faux\u00bb, dit-il, un peu \u00e9nerv\u00e9.  Le ministre conseiller charg\u00e9 du Nouveau partenariat pour le d\u00e9veloppement de l\u2019Afrique (NEPAD), Ibrahima Mbaye, a estim\u00e9 qu\u2019en remettant l\u2019agriculture et la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire au c\u0153ur des politiques \u00e9conomiques, le S\u00e9n\u00e9gal s\u2019est engag\u00e9 \u00e0 ne plus compter sur l\u2019aide internationale pour nourrir ses populations.  \u00abIl faut travailler \u00e0 la modernisation de notre agriculture, \u00e0 sa diversification et \u00e0 la mise en place des conditions optimales pour la commercialisation de nos produits. Ceci \u00e0 travers un appui au secteur priv\u00e9 agricole en termes de restructuration et de professionnalisation\u00bb explique-t-il \u00e0 IPS.  Mbaye ajoute qu\u2019au niveau national, d&#39;importantes mesures ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 prises pour encourager davantage la production du coton, du s\u00e9same, du soja, du tournesol, du riz et d&#39;autres produits alimentaires et d&#39;exportation, de mani\u00e8re \u00e0 r\u00e9duire la d\u00e9pendance de l&#39;\u00e9conomie \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019arachide.  \u00abDans les champs, une production agricole plus vari\u00e9e offrira une plus grande marge de man\u0153uvre aux agriculteurs pour mieux les prot\u00e9ger contre les fluctuations du march\u00e9 et du climat. Le S\u00e9n\u00e9gal a irrigu\u00e9 70.000 hectares dans le bassin du fleuve S\u00e9n\u00e9gal. Des projets plus modestes sont en cours d&#39;ex\u00e9cution ailleurs dans le pays, notamment pour la culture du riz\u00bb, indique-t-il.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DAKAR, 9 sep (IPS) &#8211; Le S\u00e9n\u00e9gal a adopt\u00e9 une strat\u00e9gie nationale de production agricole locale diversifi\u00e9e visant \u00e0 promouvoir les revenus et \u00e0 relever le d\u00e9fi de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire. 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