{"id":4470,"date":"2009-08-11T13:40:01","date_gmt":"2009-08-11T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/08\/11\/sante-congo-preparer-les-enfants-a-vivre-avec-le-sida\/"},"modified":"2009-08-11T13:40:01","modified_gmt":"2009-08-11T13:40:01","slug":"sante-congo-preparer-les-enfants-a-vivre-avec-le-sida","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/08\/11\/sante-congo-preparer-les-enfants-a-vivre-avec-le-sida\/","title":{"rendered":"SANTE-CONGO: Pr\u00e9parer les enfants \u00e0 vivre avec le SIDA"},"content":{"rendered":"<p>BRAZZAVILLE, 11 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Ang\u00e9lique Moubi, 40 ans, s\u2019empressait samedi dernier de rejoindre \u00abl\u2019Ecole des parents\u00bb, une s\u00e9ance d\u2019\u00e9ducation des tuteurs des enfants vivant avec le VIH\/SIDA \u00e0 Brazzaville, la capitale congolaise. \u00abJe ne jure que par cette \u00e9cole qui m\u2019a permis de reprendre en main le traitement de mon enfant\u00bb, a-t-elle confi\u00e9 \u00e0 IPS.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>D\u00e9nomm\u00e9es \u00abEcole des parents\u00bb, ces s\u00e9ances sont organis\u00e9es au Plateau des 15ans, un quartier de Brazzaville, par Serment universel, une organisation non gouvernementale (ONG) bas\u00e9e \u00e0 Brazzaville. \u00abIl s\u2019agit en fait d\u2019un suivi psychologique des enfants vivant avec le SIDA afin de les inciter \u00e0 accepter cette difficile \u00e9preuve des m\u00e9dicaments\u00bb, a expliqu\u00e9 \u00e0 IPS, Julien Makaya, pr\u00e9sident de l\u2019ONG, qui suit actuellement 200 enfants au Congo.  \u00abMa fille de neuf ans ne voulait plus prendre les m\u00e9dicaments, je la mena\u00e7ais, la frappais et lui disais qu\u2019elle allait mourir si elle ne suivait pas son traitement. Et elle a connu un \u00e9chec th\u00e9rapeutique \u00e0 cause de mon manque de savoir-faire\u00bb, a ajout\u00e9 Moubi.<\/p>\n<p> Bernadette Oyoul\u00e9, 60 ans, t\u00e9moigne aussi \u00e0 IPS : &#8220;Au d\u00e9part, mon petit-fils de 11 ans ne voulait pas prendre les m\u00e9dicaments, il disait qu&#39;il ne boirait pas parce que ses fr\u00e8res n&#39;en prenaient pas. Il fallait le forcer \u00e0 boire une dose. J&#39;ai pein\u00e9. Mais depuis que je viens \u00e0 Serment universel, vraiment l&#39;enfant prend tranquillement ses m\u00e9dicaments, et il a pris du poids, il a maintenant tr\u00e8s bonne mine&#8221;.   De son c\u00f4t\u00e9, le psychologue Parfait Richard Bitsindou, agent du Centre de traitement ambulatoire (CTA) de Brazzaville, re\u00e7oit tous les derniers samedis du mois, des enfants malades pour les pr\u00e9parer \u00e0 vivre avec le SIDA. \u00abJe leur apprends des choses \u00e0 partir des dessins. Les enfants discutent entre eux jusqu\u2019\u00e0 dire ce que je veux entendre : fatigu\u00e9 de prendre les m\u00e9dicaments ou ne pas savoir pourquoi les prendre\u00bb, a-t-il indiqu\u00e9 \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Selon les m\u00e9decins et plusieurs parents, les enfants non suivis au plan psychologique, r\u00e9sistent \u00e0 la prise des m\u00e9dicaments. Leur traitement n\u2019est pas r\u00e9gulier et les parents sont angoiss\u00e9s.  \u00abNous avons re\u00e7u une fille de 13 ans qui agressait ses parents d\u00e8s qu&#39;on lui tendait les m\u00e9dicaments\u00bb, a affirm\u00e9 Fleur Makosso, la chef de projet \u00abD\u00e9pistage pr\u00e9coce et prise en charge des enfants vivant avec le VIH\/SIDA\u00bb \u00e0 Serment universel. Ce projet est financ\u00e9 cette ann\u00e9e par Sidaction, une ONG bas\u00e9e en France.<\/p>\n<p> \u00abAvant, je ne voulais pas prendre ces m\u00e9dicaments tous les jours. Mes parents ne me disaient rien, mais gr\u00e2ce \u00e0 Tonton Parfait, j\u2019ai compris pourquoi, et je prends mes m\u00e9dicaments pour ne pas faire le SIDA\u00bb, a t\u00e9moign\u00e9 \u00e0 IPS, Benjamin, un des enfants suivis par Bitsindou.<\/p>\n<p> Ce psychologue &#8211; que les enfants appellent \u00abTonton Parfait\u00bb &#8211; a lanc\u00e9 cette strat\u00e9gie en 2006 avec l\u2019aide du Fonds des Nations Unies pour l\u2019enfance (UNICEF). \u00abLorsque j\u2019ai commenc\u00e9, personne ne me croyait. C\u2019\u00e9tait trop risquer de dire aux enfants qu\u2019ils avaient le SIDA. Mais aujourd\u2019hui, on me donne raison\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Bitsindou qui suit actuellement 145 enfants, tous identifi\u00e9s au CTA.<\/p>\n<p> \u00abNous avons r\u00e9alis\u00e9 que c\u2019\u00e9tait une bonne exp\u00e9rience, et nous soutenons ce travail qui se fait ici m\u00eame au bureau de l\u2019UNICEF\u00bb, a dit \u00e0 IPS, Martin Inana, administrateur de programme SIDA \u00e0 l\u2019UNICEF Brazzaville.<\/p>\n<p> Le travail se fait au bureau de l&#39;UNICEF qui apporte un appui logistique. &#8220;J&#39;avais pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 un endroit loin de l&#39;h\u00f4pital pour \u00e9gayer les enfants&#8221;, a expliqu\u00e9 Bitsindou.<\/p>\n<p> Selon l\u2019UNICEF et le gouvernement congolais, plus de 17.000 enfants de z\u00e9ro \u00e0 18 ans sont infect\u00e9s par le VIH\/SIDA dans ce pays d\u2019Afrique centrale.  \u00abMais nombreux ont besoin d\u2019un suivi psychologique. Ici, depuis 2007, nous avons suivi 645 enfants et 200 parents. Cela ne repr\u00e9sente que 25 pour cent de ceux qui sont dans le besoin\u00bb, a soulign\u00e9 Inana, ajoutant que si cette exp\u00e9rience est valid\u00e9e par des experts internationaux, elle serait \u00e9tendue dans tout le pays.<\/p>\n<p> Le psychologue Bitsindou pr\u00e9pare les enfants \u00e0 l\u2019annonce de leur statut, pour qu\u2019ils prennent sans rel\u00e2che ces m\u00e9dicaments. \u00abLes enfants sont r\u00e9partis en trois groupes: les plus petits de six \u00e0 neuf ans qu\u2019on encourage juste \u00e0 prendre les m\u00e9dicaments; ceux de 10 \u00e0 12 ans qu\u2019on pr\u00e9pare \u00e0 l\u2019annonce; et ceux de 13 ans et plus qui connaissent leur s\u00e9rologie\u00bb, a-t-il expliqu\u00e9. Les adolescents aident, par des causeries, les plus jeunes \u00e0 prendre les m\u00e9dicaments sans r\u00e9sister, a-t-il indiqu\u00e9.<\/p>\n<p> En 2007, Bitsindou a aid\u00e9 ces enfants \u00e0 cr\u00e9er un groupe de partage, le Club des adolescents plus (CAP+), regroupant tous les enfants s\u00e9ropositifs du pays. En 2008, les plus grands ont cr\u00e9\u00e9 le Club d\u2019observance, regroupant 20 enfants qui servent de conseils \u00e0 d\u2019autres. Tous les enfants du deuxi\u00e8me club connaissaient leur statut.  \u00abIl n\u2019y a plus, chez nous, des enfants qui r\u00e9sistent \u00e0 la prise de m\u00e9dicaments. Maintenant, c\u2019est eux-m\u00eames qui vont les chercher \u00e0 l\u2019heure indiqu\u00e9e. Les plus petits d\u00e9rangent leurs parents pour ne pas manquer la prise\u00bb, a affirm\u00e9 Bitsindou.<\/p>\n<p> \u00abC\u2019est une tr\u00e8s bonne exp\u00e9rience pour nous, le Conseil national de lutte contre le SIDA (CNLS), et nous appuyons Serment universel pour faire plus\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS, Dr Franck Fortun\u00e9 Mboussou, conseiller technique au CNLS \u00e0 Brazzaville.<\/p>\n<p> Pour Makaya de l\u2019ONG Serment universel, l\u2019Etat doit faire plus. \u00abLe gouvernement n\u2019a rien pr\u00e9vu pour prendre ces enfants en charge. Si on veut prot\u00e9ger les 95 pour cent des Congolais qui ne sont pas encore malades, il faut suivre normalement ces enfants\u00bb, a-t-il dit.<\/p>\n<p> \u00abIl n\u2019y a pas encore un plan ou une strat\u00e9gie nationale pour le suivi psychologique des enfants vivant avec le SIDA\u00bb, d\u00e9plore Bitsindou.  Mais, le gouvernement vient d\u2019int\u00e9grer, dans son programme de lutte contre le SIDA 2009-2013, la p\u00e9diatrie du SIDA o\u00f9 le suivi psychologique a une place importante. Ce programme a \u00e9t\u00e9 valid\u00e9 et financ\u00e9 par le Fonds mondial contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme.<\/p>\n<p> Le taux de pr\u00e9valence du SIDA au Congo-Brazzaville est 4,2 pour cent, selon une statistique officielle.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BRAZZAVILLE, 11 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Ang\u00e9lique Moubi, 40 ans, s\u2019empressait samedi dernier de rejoindre \u00abl\u2019Ecole des parents\u00bb, une s\u00e9ance d\u2019\u00e9ducation des tuteurs des enfants vivant avec le VIH\/SIDA \u00e0 Brazzaville, la capitale congolaise. \u00abJe ne jure que par cette \u00e9cole&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/08\/11\/sante-congo-preparer-les-enfants-a-vivre-avec-le-sida\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":430,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[31,5,11,1,4],"tags":[],"class_list":["post-4470","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-africa-centrale","category-afrique","category-developpement","category-headlines","category-sante"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4470","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/430"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4470"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4470\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4470"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4470"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4470"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}