{"id":4467,"date":"2009-08-07T13:40:01","date_gmt":"2009-08-07T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/08\/07\/agriculture-la-culture-de-la-prosperite-rurale-au-cameroun\/"},"modified":"2009-08-07T13:40:01","modified_gmt":"2009-08-07T13:40:01","slug":"agriculture-la-culture-de-la-prosperite-rurale-au-cameroun","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/08\/07\/agriculture-la-culture-de-la-prosperite-rurale-au-cameroun\/","title":{"rendered":"AGRICULTURE: La culture de la prosp\u00e9rit\u00e9 rurale au Cameroun"},"content":{"rendered":"<p>YAOUNDE, 7 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Emilie Nyate a un sourire pour deux millions de francs CFA sur son visage ces jours-ci. Elle est l\u2019une des b\u00e9n\u00e9ficiaires du Programme national de d\u00e9veloppement des racines et tubercules (PNDRT), qui est en train de transformer les vies des petits agriculteurs au Cameroun, en Afrique centrale.  <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Lanc\u00e9 en septembre 2004, le PNDRT est un programme conjoint du gouvernement camerounais et du Fonds international de d\u00e9veloppement agricole (FIDA). Son principal objectif est d\u2019accro\u00eetre les revenus des agriculteurs \u00e0 travers une augmentation de la production, un meilleur acc\u00e8s aux march\u00e9s, l\u2019organisation de la coop\u00e9ration parmi les fermiers, et l\u2019am\u00e9lioration de l\u2019infrastructure rurale telle que les routes et les ponts.  Plus de 550 hectares ont \u00e9t\u00e9 mis de c\u00f4t\u00e9 pour produire des semences et des boutures am\u00e9lior\u00e9es \u00e0 distribuer aux agriculteurs \u00e0 des taux subventionn\u00e9s: des paysans dans 221 villages ont re\u00e7u du PNDRT 5,5 millions de boutures de manioc am\u00e9lior\u00e9es.  En 2004, Emilie Nyate \u00e9tait un exemple de femmes dans le village de Ngam \u2013 vivant avec son mari et ses six enfants dans leur maison \u00e0 quatre chambres. Son mari avait perdu son emploi de pompier \u00e0 la d\u00e9funte compagnie a\u00e9rienne &#39;Cameroon Airlines&#39;, dans les plans de privatisation des ann\u00e9es 1990 impos\u00e9s par le Fonds mon\u00e9taire international (FMI), et les fortunes de la famille avaient r\u00e9guli\u00e8rement baiss\u00e9 depuis lors.   Paul Nyate m\u2019a offert une chaise en bois avant de dispara\u00eetre derri\u00e8re la maison. Il est r\u00e9apparu peu apr\u00e8s avec du vin de palme frais, pendant qu\u2019Emilie me raconte leur vie avant le PNDRT.<\/p>\n<p> &#8220;Je faisais habituellement 200.000 FCFA (environ 400 dollars) par an, mais aujourd\u2019hui, je peux r\u00e9unir 2.000.000 FCFA (4.000 dollars) dans mon compte&#8221;, d\u00e9clare-t-elle. Elle indique fi\u00e8rement un nouveau pavillon en construction et d\u2019autres innovations sur leur vieille maison comme des signes de son succ\u00e8s agricole.  Plus tard, me faisant visiter son champ de manioc, Nyate d\u00e9crit comment en utilisant des boutures de manioc \u00e0 rendement \u00e9lev\u00e9 m\u00fbrissant rapidement, elle a augment\u00e9 la superficie emblav\u00e9e de sa terre arable d\u2019un hectare \u00e0 cinq hectares.  Le PNDRT insiste sur la participation des femmes au programme et elle a saisi l\u2019opportunit\u00e9 \u00e0 deux mains. Son mari lui a g\u00e9n\u00e9reusement permis l\u2019acc\u00e8s \u00e0 sa part des terres du village, et travaillant ensemble avec ses deux gar\u00e7ons, un beau-fr\u00e8re et son mari, elle a rapidement acquis de l\u2019exp\u00e9rience, devenant l\u2019un des plus grands producteurs de manioc du village.  Ses aptitudes ne sont pas pass\u00e9es inaper\u00e7ues: elle est la pr\u00e9sidente du comit\u00e9 local de coordination et la secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9rale du PNDRT pour tout le district. &#8220;Je suis parfois employ\u00e9e par le minist\u00e8re de l\u2019Agriculture et du D\u00e9veloppement rural et par d\u2019autres groupes comme formatrice dans des ateliers pour des groupes de femmes impliqu\u00e9es dans la culture des racines et tubercules.<\/p>\n<p> &#8220;Je suis tr\u00e8s respect\u00e9e aujourd\u2019hui gr\u00e2ce \u00e0 mon r\u00f4le dans l\u2019affaire de manioc. Je parraine tous mes enfants \u00e0 l\u2019\u00e9cole \u2013 deux d\u2019entre eux au niveau universitaire&#8221;, souligne-t-elle fi\u00e8rement.<\/p>\n<p> L\u2019histoire de Nyate est un exemple remarquable de l\u2019impact de ce programme sur ses 7.500 b\u00e9n\u00e9ficiaires.  Le PNDRT a consid\u00e9rablement augment\u00e9 la production du manioc et d\u2019autres cultures dans les r\u00e9gions o\u00f9 il est actif. Environ 93 pour cent du programme est domin\u00e9 par le manioc; une racine comestible qui est en train de g\u00e9n\u00e9rer des profits, de mani\u00e8re spectaculaire, comme la cons\u00e9quence d\u2019une recherche intensive. Le manioc se d\u00e9veloppe tr\u00e8s bien dans presque toutes les r\u00e9gions du Cameroun gr\u00e2ce aux nombreuses vari\u00e9t\u00e9s am\u00e9lior\u00e9es et \u00e0 l\u2019adaptation \u00e0 plusieurs types de sols.  Le programme du PNDRT a organis\u00e9 des agriculteurs pr\u00e9c\u00e9demment isol\u00e9s dans des Comit\u00e9s villageois de coordination (CVC). Les 250 CVC sont impliqu\u00e9s dans la construction et la gestion des infrastructures rurales telles que les march\u00e9s, les ponts et l\u2019entretien des voies, toutes financ\u00e9es par le programme.  &#8220;C\u2019\u00e9tait n\u00e9cessaire de d\u00e9courager l\u2019individualisme et d\u2019inculquer un esprit d\u2019entreprise \u00e0 travers la formation&#8221;, affirme Benjamin Bidjoh, le coordonnateur r\u00e9gional du PNDRT dans le sud du Cameroun qui dispose de quelque 50 CVC. Cette r\u00e9gion est frontali\u00e8re avec le Gabon et \u00e0 la Guin\u00e9e Equatoriale, o\u00f9 les agriculteurs ont d\u00e9couvert un march\u00e9 en expansion pour le manioc sous toutes ses formes.  &#8220;Je pense que nous avons concr\u00e8tement traduit en pratique l\u2019esprit qu\u2019il y a derri\u00e8re le PNDRT \u2013 celui d\u2019organiser et de faciliter la vie pour les paysans \u00e0 travers la cr\u00e9ation de l\u2019infrastructure et la sensibilisation pour la commercialisation des produits agricoles&#8221;, ajoute-t-il.<\/p>\n<p> En plus du manioc, les pommes de terre r\u00e9ussissent \u00e9galement assez bien sous le projet du PNDRT.  Dans la r\u00e9gion de l\u2019ouest du Cameroun, bon nombre de fermiers ont quasiment abandonn\u00e9 d\u2019autres cultures pour se concentrer sur la production de la pomme de terre, selon Gilbert Focachouet, le chef traditionnel du village de Latchouet.<\/p>\n<p> &#8220;Les commer\u00e7ants ou commer\u00e7antes gabonais viennent jusqu\u2019au village pour acheter des pommes et c\u2019est ce qui nous donne l\u2019inspiration&#8221;, a confi\u00e9 Facachouet \u00e0 IPS au t\u00e9l\u00e9phone. Il affirme que la culture de la pomme de terre a \u00e9t\u00e9 transform\u00e9e \u00e0 partir d\u2019une activit\u00e9 de subsistance en une production en s\u00e9rie, gr\u00e2ce \u00e0 des semences am\u00e9lior\u00e9es et l\u2019utilisation de pesticides.  &#8220;Avant l\u2019arriv\u00e9e du PNDRT, nous plantions habituellement des pommes de terre en petites quantit\u00e9s et c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te avec d\u2019autres cultures; mais aujourd\u2019hui, nous plantons des hectares de pommes de terre seules&#8221;, explique Tsakeu Daniel, un producteur de la semence de pomme de terre dans le village de Latchouet.  &#8220;De 2005 \u00e0 2009, nous avons atteint 40 pour cent de nos objectifs vis\u00e9s en termes des activit\u00e9s: la production, la transformation, le renforcement des capacit\u00e9s&#8221;, d\u00e9clare Ngue Thomas Bissa, le coordonnateur national du PNDRT. &#8220;Je pense que nous avons suffisamment pos\u00e9 la base. D\u2019ici \u00e0 2012, lorsque le programme devrait s\u2019achever, nous devrions avoir couvert les 60 pour cent restants&#8221;, ajoute-t-il.<\/p>\n<p> Selon Ngue, l\u2019ex\u00e9cution du projet a radicalement am\u00e9lior\u00e9 la production du manioc de 8-10 tonnes \u00e0 l\u2019hectare \u00e0 25-30 tonnes \u00e0 l\u2019hectare aujourd\u2019hui. &#8220;L\u2019am\u00e9lioration de la production a cr\u00e9\u00e9 d\u2019autres besoins. Nous avons construit deux magasins pour le manioc au co\u00fbt de 17 millions de FCFA (environ 34.000 dollars) et cinq centres de s\u00e9chage pour ceux produisant des boulettes de manioc en vue d\u2019une \u00e9ventuelle transformation en farine&#8221;.  Dans l\u2019ensemble, le PNDRT produira environ 24.000 tonnes de manioc en 2009. &#8220;Cette ann\u00e9e, notre objectif est de mettre 800 hectares de boutures am\u00e9lior\u00e9es \u00e0 la disposition des agriculteurs pour ce programme qui est en train d\u2019avoir un impact sur 250 villages &#8211; sur les 6.000 environ que compte le Cameroun&#8221;, conclut Lydie Ngiumbous, l\u2019experte de l\u2019\u00e9valuation du programme.  Dans le processus \u00e9largissant les sourires et la confiance, des femmes comme Emilie Nyate.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>YAOUNDE, 7 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Emilie Nyate a un sourire pour deux millions de francs CFA sur son visage ces jours-ci. 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