{"id":4466,"date":"2009-08-07T13:40:01","date_gmt":"2009-08-07T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/08\/07\/commerce-senegal-les-tisserands-concurrences-par-les-tissus-asiatiques\/"},"modified":"2009-08-07T13:40:01","modified_gmt":"2009-08-07T13:40:01","slug":"commerce-senegal-les-tisserands-concurrences-par-les-tissus-asiatiques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/08\/07\/commerce-senegal-les-tisserands-concurrences-par-les-tissus-asiatiques\/","title":{"rendered":"COMMERCE-SENEGAL: Les tisserands concurrenc\u00e9s par les tissus asiatiques"},"content":{"rendered":"<p>DAKAR, 7 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Les tisserands de Dakar, au S\u00e9n\u00e9gal, peinent \u00e0 \u00e9couler leurs produits apr\u00e8s un travail qui peut durer plusieurs heures ou parfois deux jours selon les motifs et le format du pagne tiss\u00e9. La difficult\u00e9 provient de la concurrence des textiles import\u00e9s des pays d\u2019Asie, notamment de Chine.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Le b\u00e9n\u00e9fice par pagne tiss\u00e9, selon les tisserands, varie de 2.000 \u00e0 3.000 francs CFA (environ 4,3 \u00e0 6,5 dollars), mais la chert\u00e9 des intrants et la conjoncture \u00e9conomique difficile plombent le secteur du pagne tiss\u00e9. Pour freiner cette concurrence, les tisserands de Dakar se sont regroup\u00e9s en coop\u00e9ratives.  Selon Victor Sagna, g\u00e9rant des Ateliers de la communaut\u00e9 manjak \u00e0 Dakar (quartier Fann), un groupe ethnique originaire du sud du S\u00e9n\u00e9gal, la coop\u00e9rative compte plus de cent membres.  \u00abNotre coop\u00e9rative compte sept membres qui travaillent \u00e0 plein temps, 14 tisserands et leurs apprentis et des vendeuses qui sont plus nombreux. Outre le tissage de pagne, nous confectionnons aussi des sacs, des cartables, des porte-monnaie, des porte-documents et des chaussures\u00bb, explique Sagna \u00e0 IPS. \u00abNous ne vendons plus de pagne comme avant; \u00e0 peine arrivons-nous \u00e0 vendre deux \u00e0 trois pagnes par semaine\u00bb.  \u00abLa concurrence des tissus asiatiques ne nous favorise pas la t\u00e2che, mais ce qui nous d\u00e9range le plus aussi, c\u2019est le manque de financement et la chert\u00e9 des intrants. Une bobine de coton co\u00fbte 7.500 FCFA (environ 16 dollars) et celle de la soie co\u00fbte 10.000 FCFA (environ 21,7 dollars)\u00bb, se plaint-il. \u00abOn a d\u00e9but\u00e9 cette coop\u00e9rative avec nos fonds propres. Apr\u00e8s la cotisation de chaque membre, on avoisinait les 200.000 FCFA (environ 434,7 dollars)\u00bb.  En dehors des coop\u00e9ratives, certains tisserands travaillent pour leur propre compte. C\u2019est le cas de Dione Corr\u00e9a que IPS a rencontr\u00e9 \u00e0 M\u00e9dina, un quartier de Dakar. Il manie avec habilet\u00e9 la navette contenant la bobine de fils de coton. Il est aid\u00e9 par un assistant et des apprentis. \u00abJ\u2019ai d\u00e9but\u00e9 ce m\u00e9tier en 1984. Ce travail nourrissait son homme et la client\u00e8le, qui est essentiellement f\u00e9minine, s\u2019est rar\u00e9fi\u00e9e\u00bb, d\u00e9clare-t-il \u00e0 IPS.  \u00abJusqu\u2019\u00e0 un pass\u00e9 r\u00e9cent, je vendais trois \u00e0 cinq pagnes par semaine, et l\u2019unit\u00e9 co\u00fbtait 25.000 \u00e0 30.000 FCFA (entre 54 et 65 dollars). Les cr\u00e9dits nous \u00e9taient aussi accord\u00e9s avec des b\u00e9n\u00e9fices raisonnables, mais actuellement, personne ne veut nous financer\u00bb, d\u00e9plore Batho Dasylva, un autre tisserand ind\u00e9pendant.  Cheikh Diaw, chef de la division financement au Partenariat pour la mobilisation de l&#39;\u00e9pargne et du cr\u00e9dit au S\u00e9n\u00e9gal (PAMECA), une structure de cr\u00e9dit pour des petites et moyennes entreprises, \u00e0 Dakar, affirme que les micro-finances ne refusent jamais de financer les projets de ces entreprises, mais qu\u2019elles rechignent \u00e0 appuyer certains lorsqu\u2019ils ne sont pas en r\u00e8gle.  \u00abCertains tisserands veulent de financement, or ils n\u2019ont pas de compte chez nous. Ce n\u2019est pas possible. Et puis, on ne finance pas ainsi les gens, on fait de petites enqu\u00eates pour voir si l\u2019entreprise fonctionne normalement\u00bb, explique-t-il \u00e0 IPS.  Diaw r\u00e9v\u00e8le que sa structure a d\u00e9j\u00e0 financ\u00e9 la coop\u00e9rative &#39;Jappo tisserands&#39; de aux Parcelles assainies, un quartier de la banlieue dakaroise.  Jer\u00f4me Dem, le responsable des ateliers de cette coop\u00e9rative a confirm\u00e9 \u00e0 IPS avoir re\u00e7u en 2006 un financement de 450.000 FCFA (environ 978 dollars). \u00abOn avait un compte \u00e0 PAMECA, apr\u00e8s on a demand\u00e9 un financement qui nous a \u00e9t\u00e9 accord\u00e9\u00bb, indique-t-il.  Dem a aussi fustig\u00e9 la concurrence des tissus chinois, qui fait que les pagnes tiss\u00e9s n\u2019ont plus de valeur. \u00abLes femmes pr\u00e9f\u00e8rent maintenant payer les tissus chinois que d\u2019acheter nos pagnes tiss\u00e9s. Ce qui fait que nos pagnes s\u2019accumulent chez nous en attendant de potentiels acheteurs\u00bb, dit-il.  Lee Yan, un commer\u00e7ant chinois \u00e0 Dakar, qui a voulu s\u2019exprimer sur la question de la concurrence affirme que les Chinois ne sont pas responsables de la m\u00e9vente des pagnes tiss\u00e9s. Selon lui, les responsables sont d\u2019abord les S\u00e9n\u00e9galais eux-m\u00eames. \u00abLes S\u00e9n\u00e9galais travaillent avec les Chinois. Certains aident ces Chinois \u00e0 vendre les tissus ou les friperies et d&#39;autres viennent chercher des tissus asiatiques chez les Chinois pour les revendre encore aux S\u00e9n\u00e9galais et \u00e0 moindre co\u00fbt\u00bb, explique-t-il \u00e0 IPS.  Yan ajoute que le coton du S\u00e9n\u00e9gal est export\u00e9, ce qui fait que les S\u00e9n\u00e9galais n\u2019ont m\u00eame plus de fils pour tisser. \u00abEnsuite, ce sont les S\u00e9n\u00e9galais qui nous disent de faire tel pantalon, telle jupe, et nous commandons cela. S\u2019ils le faisaient aussi avec leurs tisserands, il n\u2019y aurait pas de concurrence\u00bb.  Interrog\u00e9e sur la ru\u00e9e vers les commer\u00e7ants chinois, Ndela Diagne, une cliente de 30 ans environ r\u00e9pond que c\u2019est parce que leurs produits co\u00fbtent moins chers. \u00abC\u2019est ce qui nous arrange. On habille bien nos enfants et \u00e0 moindre co\u00fbt. Parfois, tu peux tomber sur des habits neufs qui, une fois lav\u00e9s et repass\u00e9s, n\u2019ont rien \u00e0 envier aux grandes marques\u00bb, d\u00e9clare-t-elle \u00e0 IPS.  Isiane Faye, une \u00e9tudiante en sociologie \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), affirme qu\u2019au d\u00e9but, il y avait beaucoup de contrefa\u00e7ons, mais actuellement, il y a un l\u00e9ger mieux dans les marchandises chinoises. \u00abJe viens acheter des habits ici et apr\u00e8s, je les revends \u00e0 des amies de l\u2019UCAD, et le plus souvent, j\u2019ai un b\u00e9n\u00e9fice\u00bb, souligne-t-elle.  Cependant, Anta Niang, une autre \u00e9tudiante de l\u2019UCAD, ne partage pas cette opinion. Pour elle, il faut plut\u00f4t valoriser les pagnes traditionnels. \u00abLes pagnes tiss\u00e9s de chez nous ont de valeur, surtout lors des c\u00e9r\u00e9monies. Une femme s\u00e9n\u00e9galaise doit avoir des pagnes tiss\u00e9s, nous ne sommes pas des Chinoises\u00bb, explique-t-elle, un peu agac\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DAKAR, 7 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Les tisserands de Dakar, au S\u00e9n\u00e9gal, peinent \u00e0 \u00e9couler leurs produits apr\u00e8s un travail qui peut durer plusieurs heures ou parfois deux jours selon les motifs et le format du pagne tiss\u00e9. 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