{"id":4383,"date":"2009-06-08T13:40:01","date_gmt":"2009-06-08T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/06\/08\/economie-la-chine-en-afrique-de-lexploitation-sud-sud\/"},"modified":"2009-06-08T13:40:01","modified_gmt":"2009-06-08T13:40:01","slug":"economie-la-chine-en-afrique-de-lexploitation-sud-sud","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/06\/08\/economie-la-chine-en-afrique-de-lexploitation-sud-sud\/","title":{"rendered":"ECONOMIE: La Chine en Afrique \u2013 De l\u2019exploitation Sud-Sud?"},"content":{"rendered":"<p>WINDHOEK, 8 juin (IPS) &#8211; C\u2019est un samedi, autour de 17 heures, que le charpentier Thomas Haimbodi arr\u00eate le travail. Il attend le camion qui le prendra avec ses coll\u00e8gues du site de construction \u2013 l\u2019immeuble du nouveau minist\u00e8re des Affaires domaniales et de R\u00e9installation \u00e0 Windhoek \u2013 \u00e0 Katutura, la banlieue de Windhoek, la capitale namibienne.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>&#8220;Je travaille neuf heures par jour, sept jours par semaine&#8221;, d\u00e9clare Haimbodi. &#8220;Ce n\u2019est pas nous tous qui le faisons, mais j\u2019ai besoin des heures suppl\u00e9mentaires&#8221;. Ses patrons chinois encouragent les heures infernales. &#8220;Il offre un accord informel qui d\u00e9passe un peu le salaire normal&#8221;. &#8220;Normal&#8221;, dans le cas de Haimbodi, s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 environ 10 dollars par jour.  La plupart gagnent beaucoup moins que cela, mais les 40 pour cent de ch\u00f4mage, ahurissants, de la Namibie font qu\u2019il est difficile de refuser toute sorte de travail.<\/p>\n<p> &#39;China Nanjing International&#39;, l\u2019employeur de Haimbodi, est fier de fournir &#8220;une Construction de qualit\u00e9 pour le d\u00e9veloppement national&#8221;, selon un grand panneau publicitaire sur le site.  Pourtant, les entreprises de construction locales namibiennes ont tra\u00een\u00e9 Nanjing devant le tribunal au sujet des 8,7 millions de dollars d\u2019appel d\u2019offres du gouvernement qui, selon eux, a \u00e9t\u00e9 injustement accord\u00e9 \u2013 toutefois sans r\u00e9sultat.  &#8220;Les entreprises d\u2019Etat chinoises (SOE) ont r\u00e9duit les entreprises locales parce qu\u2019elles m\u00e9prisent la r\u00e9glementation du travail&#8221;, affirme Herbert Jauch de l\u2019Institut namibien des ressources et de recherche sur le travail (LaRRI). Il est co-\u00e9diteur d\u2019une \u00e9tude \u00e0 para\u00eetre bient\u00f4t sur les investissements chinois en Afrique et leurs impacts sur les conditions de travail.<\/p>\n<p> Les effets secondaires de la politique de &#8220;Regarder vers l\u2019Est&#8221;, que beaucoup de pays africains ont adopt\u00e9e, sont alarmants, r\u00e9v\u00e8le l\u2019\u00e9tude.  Dix pays subsahariens ont particip\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tude men\u00e9e par le R\u00e9seau africain de recherche sur le travail (ALRN). &#8220;Dans l\u2019\u00e9tude de cas de la Namibie, nous avons constat\u00e9 que, en 2008, la plupart des entreprises de construction chinoises payaient environ 35 cents US par heure pour les ouvriers alors que le salaire minimum national pour l\u2019industrie s\u2019\u00e9levait \u00e0 un dollar&#8221;.<\/p>\n<p> Selon Jauch, jusqu\u2019\u00e0 70 pour cent des grands projets de construction dans le pays sont d\u00e9tenus par les entreprises chinoises. &#8220;Elles n\u2019ont pas souvent les documents de travail n\u00e9cessaires, tels que les certificats d\u2019\u00e9quit\u00e9 en emploi, mais b\u00e9n\u00e9ficient pourtant des appels d\u2019offres de valeur&#8221;.<\/p>\n<p> Les chercheurs africains d\u00e9plorent les pertes d\u2019emplois qui d\u00e9coulent de l\u2019emploi de grands nombres de travailleurs chinois sur des projets de construction sur le continent, ainsi que la concurrence des produits d\u2019importation bon march\u00e9 dans &#8220;les boutiques chinoises&#8221; au niveau local.<\/p>\n<p> Ces chercheurs \u00e9crivent que &#8220;la Chine a attach\u00e9 de l\u2019importance aux prestations politiques et \u00e9conomiques et s\u2019est d\u00e9crite comme un partenaire \u00e9conomique attirant et un ami politique&#8221;.  &#8220;Pour les gouvernements africains, cela constituait une alternative au &#39;Consensus de Washington&#39; et a \u00e9t\u00e9 appel\u00e9 le &#39;Consensus de Beijing&#39;, c\u2019est-\u00e0-dire, appuyer sans interf\u00e9rence dans les affaires internes&#8221;.  Les investissements chinois en Afrique sont concentr\u00e9s dans l\u2019\u00e9nergie, l\u2019exploitation mini\u00e8re, la transformation, la construction, les secteurs du d\u00e9tail et des finances, indique l\u2019\u00e9tude. Les principaux pays vis\u00e9s sont l\u2019Afrique du Sud, l\u2019Egypte, le Nigeria et le Ghana.  La Chine est le troisi\u00e8me plus grand partenaire commercial du continent, apr\u00e8s les Etats-Unis et la France. Pourtant, l\u2019Afrique repr\u00e9sente seulement trois pour cent de l\u2019investissement \u00e9tranger direct de la Chine.  Sur le terrain, les investissements chinois entra\u00eenent des probl\u00e8mes.<\/p>\n<p> &#8220;Il existe un type de pratiques d\u00e9loyales de travail, non-conformit\u00e9 avec les r\u00e9glementations locales, violation des conventions internationales, violation des pratiques bancaires et des r\u00e9glementations des devises \u00e9trang\u00e8res, des salaires bas et une absence totale de contrats et de profits&#8221;, d\u00e9clare Jauch \u00e0 IPS.   La Chine offre aux gouvernements des incitations attractives pour qu\u2019ils ouvrent leurs portes aux investissements. La Namibie, par exemple, a un volume commercial de 400 millions de dollars avec la Chine, mais au-dessus de cela, le pr\u00e9sident chinois, Hu Jintao, a \u00e9tendu un pr\u00eat concessionnel de 100 millions de dollars \u00e0 ce pays, ainsi qu\u2019une ligne de cr\u00e9dit de 72 millions de dollars.  Contre une telle aide au d\u00e9veloppement, affirme Jauch, le gouvernement chinois obtient un acc\u00e8s facile aux march\u00e9s africains \u2013 quelque chose dont elle a plus que jamais besoin maintenant.<\/p>\n<p> &#8220;La situation du ch\u00f4mage en Chine, exacerb\u00e9e par la baisse du cr\u00e9dit, entra\u00eene l\u2019envoi, par le gouvernement, de grands nombres de ses travailleurs \u00e0 l\u2019\u00e9tranger&#8221;, explique Jauch. &#8220;Ces ouvriers gagnent souvent plus que leurs homologues africains&#8221;.  L\u2019\u00e9tude de cas de la Namibie mentionne des rumeurs persistantes selon lesquelles des prisonniers chinois seraient en train d\u2019\u00eatre transf\u00e9r\u00e9s pour travailler sur des projets en Afrique.<\/p>\n<p> Un propri\u00e9taire d\u2019une entreprise de construction, parlant le Oshiwambo, confirme cela \u00e0 IPS. &#8220;Nous passons un temps difficile pour obtenir du gouvernement des emplois, alors que le navire chinois d\u00e9charge des conteneurs de prisonniers pour travailler sur des projets publics&#8221;.  Sur le site de construction de Haimbodi, \u00e0 Windhoek, il y a 15 contrema\u00eetres, tous des Chinois. &#8220;La communication est un grand probl\u00e8me&#8221;, se plaint-il. &#8220;C\u2019est un m\u00e9lange de mauvais anglais et des gestes de la main. Bien s\u00fbr, quand ils nous insultent dans leur propre langue, nous comprenons le message&#8221;.<\/p>\n<p> Haimbodi et ses coll\u00e8gues se plaignent des bas salaires, du fiasco syndical, des relations de travail tendues et du manque de v\u00eatements de protection. &#8220;Regardez leurs pieds&#8221;. Haimbodi indique du doigt ses coll\u00e8gues travailleurs : &#8220;Ils portent des sandales ouvertes&#8221;.  Hou Xue Cheng poss\u00e8de une boutique \u00e0 \u2018China Town\u2019 (Ville de Chine) dans la zone industrielle de Windhoek, o\u00f9 il vend des l\u00e9gumes de sa ferme situ\u00e9e en dehors de Windhoek. Selon lui, ces 20 ouvriers namibiens ou presque gagnent environ 50 dollars par mois. &#8220;Ce n\u2019est pas un probl\u00e8me, ils sont contents&#8221;, insiste-t-il.    La Namibie n\u2019a pas un salaire minimum l\u00e9gif\u00e9r\u00e9.  Hou ne donne pas de contrats. &#8220;Les ouvriers volent souvent et c\u2019est un grand probl\u00e8me. J\u2019ai d\u00fb recruter des agents de s\u00e9curit\u00e9. Si les gens ont des contrats, ils initieront un proc\u00e8s au commissaire du travail. Je ne veux pas cela. Si vous volez, vous \u00eates vir\u00e9. C\u2019est aussi simple que cela&#8221;.  En dehors des l\u00e9gumes, la boutique de Hou vend tout, des produits de cheveux \u00e0 l\u2019alcool, tous \u00e9tiquet\u00e9s en Cantonais et soigneusement entass\u00e9s dans des rang\u00e9es de casiers.  Ce propri\u00e9taire d\u2019entreprise constate \u00e9galement que les Namibiens ne sont pas tr\u00e8s productifs. &#8220;Ils partent t\u00f4t le week-end, mais nous restons ici jusqu\u2019\u00e0 20 heures, sept jours par semaine. C\u2019est n\u00e9cessaire parce que les gens travaillent pendant la semaine et veulent faire les emplettes le week-end&#8221;.  Jauch r\u00e9fute cette d\u00e9claration au sujet de la productivit\u00e9 : &#8220;Une \u00e9tude de 2007 de la Banque mondiale montre que les travailleurs namibiens obtiennent de bons r\u00e9sultats en Afrique subsaharienne.  C\u2019est &#8220;contradictoire&#8221;, \u00e0 la lumi\u00e8re des n\u00e9gociations embarrassantes pour un accord de partenariat \u00e9conomique (APE) avec l\u2019Union europ\u00e9enne, de dire que les produits et services chinois ont un acc\u00e8s virtuel illimit\u00e9 aux march\u00e9s africains, estime Jauch.<\/p>\n<p> &#8220;Ce qui se vend comme commerce Sud-Sud, ce sont en fait des pratiques hautement exploiteuses. Les Chinois ont une chance de jouer le jeu en leur propre faveur&#8221;.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>WINDHOEK, 8 juin (IPS) &#8211; C\u2019est un samedi, autour de 17 heures, que le charpentier Thomas Haimbodi arr\u00eate le travail. Il attend le camion qui le prendra avec ses coll\u00e8gues du site de construction \u2013 l\u2019immeuble du nouveau minist\u00e8re des&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2009\/06\/08\/economie-la-chine-en-afrique-de-lexploitation-sud-sud\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":654,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[31,5,11,10,27,6,26,1,7,28,20,29],"tags":[],"class_list":["post-4383","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-africa-centrale","category-afrique","category-developpement","category-droits-humains","category-east-africa","category-economie-finances-le-commerce","category-energy","category-headlines","category-politique","category-southern-africa","category-travail","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4383","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/654"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4383"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4383\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4383"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4383"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4383"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}